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samedi 18 juillet 2015

Maroc / Constitution / Ali Lmrabet

Maroc / Constitution / Ali Lmrabet

Relisez la Constitution du Maroc à la lumière de l'état des lieux actuel...
Préambule
Fidèle à son choix irréversible de construire un Etat de droit démocratique, le Royaume du Maroc poursuit résolument le processus de consolidation et de renforcement des institutions d’un Etat moderne, ayant pour fondements les principes de participation, de pluralisme et de bonne gouvernance.
Il développe une société solidaire où tous jouissent de la sécurité, de la liberté, de l’égalité des chances, du respect de leur dignité et de la justice sociale, dans le cadre du principe de corrélation entre les droits et les devoirs de la citoyenneté.


Vraiambule pour les Nuls
Fidèle à son choix irréversible de ne jamais construire un État de droit démocratique, le Royaume du Maroc poursuit résolument le processus d’édifier et de consolider des institutions d’un État primitif, ayant pour fondements les principes de marginalisation, de Moi et de Mon-Bon-Plaisir, et de désastreuse gouvernance.
Il développe une société violente où tous jouissent de l’insécurité, des geôles, de l’inégalité des chances, du non respect de leur dignité et de l’injustice sociale, dans le cadre du principe de corrélation entre le déni de droit, et l'éradication de la citoyenneté.

Le silence de l'ONU sur l'espionnage marocain porte atteinte à sa crédibilité dans le processus de paix au Sahara Occidental


New York, 15 juillet 2015 (SPS) .

- Le silence du Secrétariat Général des Nations Unies sur les opérations d'espionnage du Maroc porte atteinte à sa crédibilité dans le processus de paix au Sahara Occidental, a signalé le site Algérie Patriotique.

Le quotidien algérien Algérie Patriotique affirme dans son édition d'aujourd'hui que “grâce à son comparse Kompass, l’ambassadeur du Maroc, représentant permanent aux Nations unies, Omar Hilale, est aux premières loges pour se mettre au courant de ce qu’il se passe au sujet du Sahara Occidental dans les coulisses de l’Organisation, avec une prédilection pour le secrétariat général, censées être des lieux où la confidentialité absolue est garantie” soulignant que “ cela s’appelle espionnage, et il semble bien que cette pratique mise en œuvre par l’ambassadeur marocain soit un secret de Polichinelle”.

“Selon des échos parvenus à Algeriepatriotique,la question que se posent les diplomates au fait de l’actualité interne onusienne concerne les raisons pour lesquelles il n’y a aucune réaction officielle de la part du secrétariat général au point qu’ils s’interrogent sur l’existence de complicités dont bénéficie le Maroc au sein du secrétariat général même”, indique la même source signalant que “ce silence, font-ils remarquer, malgré tous les mails et appels, est inexplicable et porte atteinte à la crédibilité de la démarche dans les derniers dossiers de décolonisation que l'ONU a à traiter”.

Algérie Patriotique rappelle que le hacker Chris Coleman a dévoilé à plusieurs reprises, à travers des documents confidentiels, le rôle d’Anders Kompass dans les fuites d’informations vers son ami marocain, l’ambassadeur Omar Hilale, mettant l'accent sur une lettre envoyée par l’ancien ambassadeur du Maroc à Genève le 20 mai 2014 à son ministre des Affaires étrangères pour lui rapporter les plaintes de Kompass, exprimées avec «amertume et inquiétude» concernant Christopher Ross et Wolfgang Weisbrod-Weber à propos d’une «campagne féroce» que ces deux hauts fonctionnaires de l’ONU mèneraient contre lui pour, prétendument, le discréditer.

Benkirane sur l'homosexualité: "Les gens souffrant de cette tare devraient se cacher"


BENKIRANE
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SEXUALITÉ - Pour Abdelilah Benkirane, "a-t-on déjà réussi à marier hommes avec les femmes, pour envisager de marier les hommes aux hommes?”.
Présent à Salé mercredi 15 juillet dans le cadre d'une activité religieuse, le Chef du gouvernement a dit son mot sur l'homosexualité au Maroc. Il a estimé que les citoyens qui "souffrent de cette tare devraient se cacher", et que l'homosexualité, en plus d'être "haram, et c'est dans le Coran", ne saurait "être acceptée dans l'espace public".
Le Chef du gouvernement a, en revanche, appelé à "ne pas se mêler de la vie privée des gens", tant que "ce qu'ils font reste contenu dans le cadre privé", et a rappelé que "nul n'a le droit de s'imposer en juge, et d'essayer de changer les choses avec la violence".
La prise de position de Benkirane intervient quelques jours après celle du ministre de la Justice et des libertés Mustapha Ramid qui, lui, a invité les homosexuels à changer de sexe. Sur les ondes de la radio Chada FM, il a estimé que "si un citoyen a une voix d'un homme et qu'à l'intérieur c'est une femme et qu'il se comporte comme tel, je préfère qu'il change de sexe".
LIRE AUSSI: Mustapha Ramid préfèrerait que les "homosexuels changent de sexe"
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Pétition : Sauvons le village palestinien de Susiya,

Le village palestinien de Susiya est menacé de destruction imminente par Israël

Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, vendredi 17/7/2015
#SaveSusiya - Stoppons l’expulsion !


Monsieur le Ministre,
Citoyen(ne) soucieux(se) du respect des droits de l’Homme, je suis particulièrement inquiet(e) par la menace imminente de démolition pesant sur le village de Susiya en Cisjordanie.
La Haute cour de justice israélienne a donné l’autorisation à l’Administration civile de démolir le village de Khirbet Susiya, expulsant ainsi ses résidents de leurs terres. Pourtant, ceux-ci avaient fait appel suite au rejet de leur proposition de plan d’urbanisme pour le village, appel qui est toujours en attente. A tout moment l’Administration civile pourrait démolir les maisons du village, laissant ses résidents sans abris et dans des conditions difficiles. Ce mode opératoire permet aux autorités israéliennes de prendre le contrôle de nouvelles terres et d’évincer les communautés de la zone C. Bien que l’annexion ne soit officielle, la dépossession et l’annexion sont réelles sur le terrain.

Pourquoi agir maintenant ?
A tout moment, l’Administration civile israélienne (AC) pourrait démolir toutes les maisons et structures de Khirbet Susiya, un petit village palestinien situé dans les collines du Sud d’Hébron en Cisjordanie. Le 4 mai 2015, la Haute cour de justice a rejeté la demande de mesure provisoire qui aurait empêché l’AC de mettre en œuvre son ordre de démolition. La demande avait été faite à travers un recours présenté par les habitants du village, dernière mesure possible dans leur bataille contre la décision des autorités israéliennes de les transférer de force de leur foyer situé en zone C, à la zone B ou A. Cette mesure est partie intégrante de la politique israélienne d’annexion de facto de la zone.

Pourquoi des ordres de démolitions ont-ils été émis ?
Les résidents de Khirbet Susiya ont été expulsés de leur village d’origine dans les années 1980, après que l’AC l’ait déclaré « parc national ». Ils se sont donc installés sur leurs terres agricoles mais les autorités israéliennes ont tenté de les expulser à nouveau. Après une bataille juridique prolongée, les habitants ont pu rester sur leurs terres, mais l’AC émit des ordres de démolition concernant toutes les maisons, et refusa le plan d’urbanisme que les résidents avaient élaboré pour le nouveau village. Ceux-ci se sont alors adressés à la Haute cour de justice avec l’aide de l’ONG israélienne Rabbis for Human Rights. Ils ont soulevé le fait que l’AC avait rejeté leur plan sur des bases discriminatoires, et ont demandé à la Cour de suspendre l’ordre de démolition le temps qu’elle étudie le recours. Le juge Noam Solhberg a rejeté la demande.

Pourquoi la démolition constitue une expulsion ?
Sans maisons dans lesquelles vivre, les résidents se retrouveront sans toit, dans des conditions désertiques difficiles. Démolir toutes les structures du village constituerait un acte illégal et cruel. Le droit international humanitaire interdit la démolition de maisons dans de telles circonstances, ainsi que le transfert forcé d’une population sous occupation. Par expérience, si les résidents sont forcés de quitter leurs terres, les colons en prendront le contrôle avec le soutien de l’Etat, comme ils l’ont déjà fait sur 300 hectares du village.

Susiya dans une perspective globale
L’histoire de Khirbet Susiya est l’histoire de beaucoup d’autres communautés palestiniennes de la zone C. Pendant des années, les autorités israéliennes ont utilisé de nombreux moyens pour pousser les Palestiniens de la zone C vers les zone A et B, s’appuyant sur des lois d’urbanisme. La plupart des Palestiniens en zone C vivent dans des villages que les autorités israéliennes refusent de connecter aux réseaux d’électricité et d’eau. Les résidents n’ont d’autre choix que de construire sans permis et vivent constamment sous la menace de démolition et d’expulsion. Parallèlement, dans la même zone, des structures sont construites illégalement dans les colonies et avant-postes israéliens. Non seulement l’AC ferme les yeux sur ces cas, mais aide activement les colons en les connectant aux réseaux d’électricité et d’eau.
Source : B’tselem

Signez la pétition


Délation encouragée : Deux mois de prison ferme pour avoir "dé-jeûné" en forêt


MENOTTES
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CONDAMNATION - Deux mois ferme. C’est la peine retenue contre deux jeunes hommes pour avoir rompu le jeûne à l’abri des regards... ou du moins le pensaient-ils.
Mardi dernier, deux hommes âgés d’une vingtaine d’années ont déjeuné dans une forêt près d’un village situé à 15 km d’Al Hoceima. Repérés par des promeneurs qui ont alerté la gendarmerie, ils ont été arrêtés sur le champ.
Jeudi, lors de leur procès, la sentence est tombée: deux mois de prison ferme, conformément à l’article 222 du Code pénal marocain. L’article condamne en effet la rupture du jeûne pour toute personne "notoirement connue pour son appartenance à la religion musulmane" mais uniquement s’il s’agit d’une rupture faite "ostensiblement […] dans un lieu public".

Pour vivre heureux, vivons cachés?
Le ministre de la Justice, Mustapha Ramid, avait pourtant conseillé en mai dernier aux "dé-jeûneurs" de "manger loin des regards". Il a en outre souligné que "l’intervention des autorités se fait pour éviter une réaction violente des citoyens".
Rappelons que quatre personnes arrêtées lundi 6 juillet pour avoir rompu le jeûne sur la place Jemaâ El Fna ont été condamnées à deux mois de prison avec sursis.

LIRE AUSSI:

Le Point Afrique : le journaliste marocain Ali Lmrabet en grève de la faim à Genève






Le journaliste marocain Ali Lmrabet, fondateur de l'hebdomadaire satirique "Demain". © Ian Hamel






Par notre correspondant à Genève,

Il a été privé de métier pendant dix ans au Maroc. Il est aujourd'hui privé d'identité. Ali Lmrabet est assis sous les arbres, à quelques pas du Palais des nations à Genève, à la recherche d'un peu d'ombre. Sa revendication est basique : il demande à ce que les autorités marocaines lui renouvellent son passeport et lui rendent son attestation de résidence à Tétouan, dans le nord du Maroc, qui lui a été retiré par la police. En clair, l'un des journalistes les plus connus du royaume chérifien ne peut plus bouger, faute de papiers. 

 Dès le début de la grève de la faim, Mohamed Aujjar, ancien journaliste lui-même, ancien ministre chargé des Droits de l'homme et aujourd'hui ambassadeur du Maroc auprès de l'ONU, a évoqué un simple "malentendu administratif". Il s'est entretenu à deux reprises avec Ali Lmrabet. Mais le dossier, depuis trois semaines, n'a pas bougé d'un pouce.

Vous avez dit "malentendu administratif" ?

Ali Lmrabet s'est fait connaître en 2 000 en créant l'hebdomadaire satirique Demain, et sa version arabe Doumane, des publications dont le tirage dépassait 100 000 exemplaires. Il collectionne les scoops, étant le premier journaliste maghrébin à interviewer le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Il franchit le détroit de Gibraltar avec des immigrés illégaux sur une embarcation de fortune. Il n'hésite pas à se rendre à Tindouf, en Algérie, pour interviewer les dirigeants du Front Polisario qui se battent pour l'indépendance du Sahara occidental. En clair, c'est l'empêcheur de tourner en rond, ce qui lui vaut d'être d'abord condamné en 2003 pour "outrage à la personne du roi". "Dans un reportage où le roi n'était même pas mentionné", précise-t-il. Et surtout, en 2005, la justice marocaine lui interdit carrément d'exercer le métier de journaliste pendant dix ans ! Une peine inconnue du Code pénal marocain.  Ali Lmrabet couvre alors le Maghreb pour le quotidien espagnol El Mundo.

Son passeport expiré, il n'a plus de papiers d'identité

L'interdiction passée, en 2015, le journaliste, décidément très obstiné, annonce aussitôt qu'il entend relancer ses publications. Il constitue une équipe à Casablanca et loue des locaux. Seulement voilà, il lui faut un certificat de résidence au Maroc. Apparemment, pas de problème, il habite à Tétouan dans la maison qui l'a vu naître, avec son père. La police lui délivre le document, mais vient le lendemain le lui retirer. Sans cela, Ali Lmrabet ne peut pas obtenir une licence de travail… et par conséquent n'a pas le droit de rouvrir un journal. "On tente de faire croire que je mène une campagne politique contre le Maroc. C'est faux, je n'ai commencé ma grève de la faim à Genève que le jour où mon passeport est arrivé à expiration. Pourquoi l'ambassade du Maroc à Genève ne le renouvelle-t-elle pas ?" interroge ce solide gaillard de 56 ans qui parvient encore à se lever après trois semaines de grève de la faim.

"Si on me donne des papiers..."

L'ancien rédacteur en chef de Demain a saisi les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme, un organe intergouvernemental du système des Nations unies, composé de 47 États, qui a la responsabilité de renforcer la promotion et la protection des droits de l'homme autour du globe. Justement, dans cette instance, le Maroc se montre depuis quelques années particulièrement pugnace pour défendre la liberté d'expression. "Je ne demande pas l'asile politique à la Suisse, je ne demande pas d'aide. Si on me donne des papiers, je prends immédiatement le premier avion pour mon pays", annonce le premier journaliste marocain sans papiers.
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https://youtu.be/UubhpFSry9U
Ajoutée le 13 juil. 2015


Le 9 juillet 2015 , devant le Palais des Nations-Unies à Genève, chaque représentant d'ONG a exprimé avec ses convictions et termes propres son soutien à Ali Lmrabet. AB







  • AmnestyFrance : "Les crimes de guerre pendant le conflit à Gaza"





    Solidarité, découvrez la dernière vidéo publiée sur l'une des chaînes que vous suivez - 17 juil. 2015.

    vendredi 17 juillet 2015

    Travail des "petites bonnes" au Maroc: Nouveau visage de l'esclavage moderne


    Publication:
    CHILD WORK MOROCCO
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    SOCIÉTÉ - Selon le "collectif pour l'éradication du travail des petites bonnes", entre 60.000 et 80.000 fillettes de 8 à 15 ans sont exploitées comme domestiques au Maroc. Une forme de traite humaine qui perdure dans ce pays demeuré très inégalitaire, et qui touche la majorité des pauvres. Comment on en est arrivé là? Et comment s'en sortir?
    Appréhender un tel phénomène n'est pas chose aisée, mais l'on peut structurer les principaux déterminants autour de deux aspects: l'offre et la demande du travail domestique. Du côté de l'offre, le chômage (9,9% en 2014) et son corollaire la pauvreté (15% en 2014), conduisent les parents à devenir incapables de subvenir aux besoins de base de leurs enfants, ce qui les contraint à donner leurs petites filles à des familles plus aisées afin, d'une part, de se décharger du fardeau de subvenir à leurs besoins, et d'autre part, avoir un revenu supplémentaire, quoique modeste, pour être capable d'assumer la charge des autres enfants.
    Étant le lot de familles nombreuses, les parents en position de faiblesse ne pourraient négocier des conditions dignes pour l'accueil de leurs filles, ce qui explique aussi que les familles d'accueil ont tendance à abuser de leur pouvoir, surtout devant le silence des petites filles. Celles-ci deviennent en quelque sorte le bouc émissaire de l'incapacité des parents à assumer leurs responsabilités.
    La rareté des opportunités d'emploi et d'activités génératrices de revenu, rend le travail des petites filles dans les villes inéluctable. L'endettement des parents, se trouvant au pied du mur, les pousse à donner leurs filles sans se préoccuper des conditions de leur travail.

    Les Sahraouis sur France Culture, à écouter ou réécouter !!

    Les Sahraouis sur France Culture, à réécouter ici : 

    http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=5051879#

    Vidéo : Quatre mois dans la belle vie du roi du Maroc



    جلالة الملك تيقوم بواحد الدور كبير في المغرب
    Benkirane: «Il n’y a pas d’avenir pour le Maroc si nous entrons en conflit avec le roi»

    https://youtu.be/7ib3GT2dhsE

    Intervention lors du débat sur l'accord Maroc-France



    Pour votre information, une des  interventions du débat qui a eu lieu au sénat aujourd'hui à propos de l'accord judiciaire Maroc-France.
    Pour voir tout le débat : http://www.senat.fr/cra/s20150715/s20150715_10.html#par_320
    Mme Christine Prunaud (Groupe Communiste). - 

     Ce protocole additionnel vise à réconcilier la France et le Maroc après des mois de brouille diplomatique, après qu'une juge d'instruction française eut souhaité entendre le chef des services de renseignement marocains, de passage en France et visé par des plaintes pour torture. Geste maladroit, sans doute, mais qui prouve l'indépendance de la justice. Cette affaire est exemplaire de la confrontation entre nos valeurs et la réalité concrète des relations internationales. La suspension de l'entraide judiciaire entre nos deux pays a été très préjudiciable. Comment sortir de ce blocage ?
    Amnesty international, la Cour européenne des Droits de l'homme, la CNCDH critiquent l'obligation d'information réciproque entre autorités judiciaires, contraire au principe du secret de l'instruction et la procédure de dessaisissement du juge français qui favorisera l'impunité ou sacrifiera à la raison d'État les victimes de violations des droits humains, sociaux et politiques. Nous ne pourrons voter ce texte.M. Éric Doligé (a voté contre son groupe Les Républicains). - Ce protocole nous est imposé pour mettre fin à la brouille issue de la convocation du chef du contre-espionnage marocain par un juge français. Était-ce une maladresse ?
    Je ne le crois pas. Quand des Français sont arrêtés à tort au Maroc, nul ne s'en émeut. On prétend également ce texte indispensable à la lutte anti-terroriste. Pour ma part, je voterai contre, sans hésitation. Le CDH, Amnesty international, des ONG spécialisées dans la défense des droits de l'homme et la lutte contre la torture, le syndicat de la magistrature, le CNCDH ne peuvent se tromper tous...
    J'ai rencontré des Français brisés par de longs mois passés dans des geôles marocaines. J'ai connaissance de plus de cent cas, et je pourrais vous en dire plus, de manière confidentielle. Pendant deux jours, le prisonnier est d'abord mis en cellule individuelle, dépourvue de fenêtre, pieds et mains enchainés, un bandeau sur les yeux et la bouche bâillonnée, face à un mur. Il subit quatre fois par jour, la torture : violences, pénétration avec un bâton et divers objets, suspension au plafond...
    Les jours suivants, on cherche à lui extorquer des aveux forcés, ou des avantages financiers, car tout s'achète grâce à la technique de la « baignoire » et à l'électrocution des parties choisies. Ces supplices ont lieu à la prison Témara, siège de la DGST marocaine.
    Les responsables ? C'est d'abord le directeur de la sécurité intérieure marocaine, à l'origine de cette brouille. Le protocole va permettre à ses services de continuer à pratiquer des actes odieux. Vous tentez de nous faire croire qu'il facilitera l'application des conventions internationales - qui prohibent la torture, que je sache !
    Le ministre de l'intérieur a annoncé que M. Hamouchi serait élevé à la dignité d'officier de la Légion d'honneur. J'espère que cela interpelle ceux d'entre nous qui portent cette haute distinction.
    Niez-vous les tortures que j'ai décrites, monsieur le ministre, et trouvez-vous normal qu'une personne poursuivie en France pour tortures devienne officier de la Légion d'honneur ?









    Portrait d’un Marocain, chevalier de la Légion d’honneur et recherché par la justice française



    ORIENT XXI > MAGAZINE > OMAR BROUKSY > 15 JUILLET 2015

    Malgré les contestations des ONG de défense des droits humains au Maroc et en France, l’Assemblée nationale française a adopté le 23 juin le projet de loi qui contraint les magistrats à renvoyer les plaintes portant sur les actes commis au Maroc par des Marocains. Y compris lorsque les concernés sont des Français ayant subi des actes de torture ; le Sénat devrait entériner cette décision le 15 juillet.
     Cette adoption intervient plus d’un an après la mise en cause par la justice française du patron du renseignement marocain, Abdellatif Hammouchi, dont l’ascension fulgurante n’a pas été freinée par de forts soupçons de complicité de torture. Retour sur l’itinéraire controversé de l’un des dignitaires les plus puissants du royaume qui a été fait chevalier de la légion d’honneur en 2011.
    Résultat de recherche d'images pour "Hammouchi décoré en espagne"
    Capture d’écran d’une chaîne marocaine.

    Il devait être l’homme le plus secret du royaume  ; il en est devenu le personnage le plus médiatisé. Sa coopération avec les services étrangers (notamment français) dans la lutte contre le terrorisme s’est déployée pendant près de dix ans dans la discrétion et l’apaisement  ; il est désormais un responsable sous tension, parmi les plus cités dans les médias mais également parmi les plus controversés. Abdellatif Hammouchi, 49 ans, est le patron de toutes les polices du royaume : il est non seulement depuis dix ans le patron du renseignement (Direction de la sécurité du territoire, DST), mais il vient en plus d’être nommé directeur de la police marocaine. Hammouchi est incontestablement l’homme le plus informé du royaume et rend compte directement au monarque même s’il dépend administrativement du ministre de l’intérieur.


    Un an d’entraves pour la société civile marocaine