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samedi 19 septembre 2015

Maroc : quand un président d’un État de droit rencontre le roi d’un État de non-droit.



par Hayat 18/9/2015

Alors que François Hollande se rend ce weekend au Maroc, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), dirigée par Abdellatif Hammouchi a interdit à Maati Monjib, historien marocain de quitter le territoire alors qu’il devait se rendre à Barcelone pour participer à un séminaire. Président également de l’association de défense de la liberté d’expression Freedom Now, Maati Monjib entame une grève de la faim.
http://www.demainonline.com/2015/09...
Bernard Cazeneuve avait fait une première visite au Maroc pour renouer les relations franco-marocaines alors rompues et promettre la légion d’honneur à ce même A. Hammouchi, accusé pourtant de responsabilité dans la torture de militants. Le mouvement social comme politique en France et au Maroc s’en était indigné. Cette indignation s’est accentuée avec la signature des accords juridiques entre la France et le Maroc. Plusieurs organisations non gouvernementales françaises (Amnesty, HRW, ACAT, FIDH, Syndicat de la Magistrature, etc.) comme marocaines dont l’AMDH ont pointé du doigt le danger de la remise en cause du principe de compétence universelle, un engagement international de la Francet, imposé par la Convention de 1984 contre la torture. Ce accord bilatéral peut constituer un pas vers le morcellement des conventions internationales. Dans un communiqué daté du 13 juillet 2015, l’Association des Droits Humains au Maroc (AMDH) précise : En plus du volet juridique, le pouvoir politique français exprime, à travers cette concession, un soutien fort aux tortionnaires au Maroc .”
La France renoue avec un État où règne l’arbitraire et la corruption, un État où l’islamisme avéré des ministres au pouvoir conduisent à des méthodes d’intimidation sur les femmes et sur tous ceux qui ne se comporteraient pas conformément à ce qu’ils appellent « l’éducation musulmane ».
Encore une fois, lorsque les intérêts tant économiques que stratégiques doivent être consolidés comme en Arabie Saoudite où les femmes sont bâillonnées, un pays de démocratie n’hésite pas à « baiser la main des rois » quel que soit le degré autocratique des pouvoirs en place.
Économiquement, les intérêts sont préservés, les investissements étrangers et particulièrement français fleurissent dans ce « beau pays » où la pauvreté se développe au rythme de la prostitution et du tourisme sexuel qui laisse l’État indifférent.
Les chantiers innovants bénéficient aux investisseurs étrangers et aux Marocains aisés qui ne tiennent aucun compte de la masse de déshérités aux portes de Casablanca. Comme pendant la période coloniale, on innove dans le « Maroc utile » au détriment du « Maroc inutile ». Ce n’est là que la continuité d’une dépendance qui, en aiguisant les contradictions sociales et la pauvreté de certains qui « n’auront plus rien à perdre » créera un autre chaos que ne pourront éteindre ni les investisseurs ni ceux qui profitent de ces investissements.
18 septembre 2015
Hayat Berrada-Bousta, défenseure des droit humains.

L’AFASPA appelle le président Hollande à intervenir pour le respect des droits humains au Sahara occidental


Bagnolet (France), 19 /9/ 2015 (SPS) 

L’association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique (AFASPA) a appelé le président français, François Hollande à intervenir pour le respect des droits de l’homme au Sahara occidental et au Maroc durant sa visite au Royaume du Maroc du 19 au 20 septembre courant.
 
"Aujourd’hui et depuis 18 mois l’accès au territoire occupé du Sahara occidental est interdit par les autorités coloniales marocaines. Ces dernières semaines un avocat et des élues espagnols, ainsi qu’une délégation de la Confédération Syndicale Internationale ont été empêchés de se rendre à El Aaiun pour y rencontrer des syndicalistes sahraouis qui comptaient soulever diverses questions sociales et économiques", a indiqué l’AFASPA.
 
"Cela porte à environ 70 personnes interdites ou enlevées contre leur gré par la police marocaine comme ce fut le cas pour la Secrétaire générale de l’AFASPA pour laquelle votre ministre des Affaires Etrangères s’est borné à s’en tenir à la version des autorités marocaines qui ont menti sur les raisons de son enlèvement", a-t-elle ajouté.  
 
La procédure en cassation déposée en mars 2013 par les avocats des 24 militants sahraouis condamnés par le Tribunal militaire de Rabat à des peines de 2 ans, 20 ans, 30 ans et la perpétuité n’est toujours pas à l’ordre du jour alors que le Maroc a aboli cette instance juridique pour les civils. "Un engagement qui satisfait votre diplomatie mais qui n’entre comme tant d’autres que rarement dans les faits ainsi que l’a souligné le rapporteur de l’ONU sur les Droits de l’Homme", a déploré l’association.
 
Les représailles économiques contre les ex prisonniers politiques et militants sahraouis des droits de l’homme au Sahara occidental s’ajoutent aux arrestations, tortures subies par les manifestants pacifiques, en raison de leur position en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui, a souligné l’AFASPA.
 
En 2014,au Maroc la jeune militante marocaine Wafae Charaf (26 ans) a été condamnée à 2 années de prison et 50 000dh de dommages et intérêts à la partie civile (la police) pour avoir porté plainte pour enlèvement à la suite d’un sit-in de solidarité avec des employés d’une firme de la zone franche, licenciés pour avoir créé une section syndicale, a-telle rappelé.
 
Le professeur Maâti Monjib s’est vu interdire par la DGSE marocaine de participer à un congrès académique sur Historical changes à Barcelone en raison de ses idées et engagements démocratiques. En signe de protestation et de condamnation de cette nouvelle intimidation qui porte atteinte à ses libertés fondamentales, il a commencé ce 16 septembre une grève de la faim pour une durée non limitée, a ajouté l’AFASPA.
 
"Nous vous demandons d’intervenir auprès des autorités marocaines afin qu’elles laissent les observateurs étrangers et les journalistes accéder à l’audience.  Je pense que ces éléments vous permettront d’aborder avec des exemples précis la question du respect des droits élémentaires au Maroc et de soutenir la nécessité de la tenue rapide du référendum d’autodétermination du peuple du Sahara occidental", a conclu l’association. (SPS)

020/090/000 191011 SEPT 015 SPS

Much Loved: Pourquoi ce film sur la prostitution choque le Maroc






En salles ce mercredi 16 septembre, Much Loved de Nabil Ayouch a fait scandale au Maroc, où il a été censuré. Retour sur les raisons d’une polémique. 


Loubna Abidar © Virginie Surd
Loubna Abidar © Virginie Surd

Projeté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes cette année, Much Loved, de Nabil Ayouch, a créé la polémique au Maroc. En salles dans l’Hexagone ce mercredi 16 septembre (assorti d’une interdiction aux moins de 12 ans), le film ne bénéficie pour le moment d’aucune date de sortie dans le pays d’origine de son réalisateur et de ses actrices, où il a été censuré avant même d’avoir été visionné. Il met en scène quatre prostituées de Marrakech qui, entre rejet de leur famille, dédain de la société et violence des forces de l’ordre, se battent pour conserver leur dignité.
Suite à la diffusion d’extraits sur Internet au mois de mai, ses protagonistes ont reçu insultes et menaces de mort.
Suite à la diffusion d’extraits sur Internet au mois de mai, ses protagonistes ont été attaqués en justice par une association marocaine, ont reçu insultes et menaces de mort, et ont été contraints de vivre plusieurs jours ensemble dans une maison sécurisée, en attendant le retour au calme. Après s’être cachée sous une burqa pour éviter d’être reconnue et avoir coupé les ponts avec plusieurs amis et membres de sa famille, l’actrice Loubna Abidar, qui tient le rôle principal, a choisi de quitter son pays pour s’installer en France et y poursuivre sa carrière. On a tenté de comprendre pourquoi, en 2015, un film qui dénonce une vérité peut encore à ce point susciter la haine et le rejet.

Un film volontairement cru

S’il ne montre véritablement rien du sexe lui-même -hormis une sodomie dans l’entrebâillement d’une porte et une scène d’amour plutôt soft-, Much Loved se pose surtout comme un film cru par sa liberté de ton. On y voit des femmes fortes, jamais victimisées, jurer comme des charretiers, boire, parler de leurs règles, ou même sortir d’un vagin ensanglanté une liasse de billets de banques emballés dans un préservatif… Des scènes pas si courantes au cinéma, même en France. Lorsqu’on demande à Loubna Abidar si elle est consciente que le film peut choquer certaines âmes sensibles, elle répond avec aplomb que “c’était l’intention”.
Tout comme les autres actrices du film, cette dernière vient d’un quartier pauvre. Un Marrakech pas assez photogénique pour figurer sur les présentoirs à cartes postales, où les prostituées évoluent au milieu de la population. C’est à ces dernières, ignorées par la société et souvent rejetées par leurs familles -alors même que certaines les entretiennent-, qu’elle a voulu rendre hommage en interprétant Noha.“On les croise au hammam une fois par semaine”, explique-t-elle, heureuse d’avoir pu offrir un corps et un visage à ces femmes dont tout le monde sait qu’elles existent, mais que personne ne veut voir représentées.
“Les réalisateurs
marocains s’intéressent généralement à créer des films qui font l’événement, suscitent la polémique et initient des débats.”
Si jouer le rôle de Noha s’apparente autant à un geste artistique que militant pour Loubna Abidar, dont l’empathie pour les prostituées semble intimement liée à l’amour du cinéma (Petite, quand je regardais un film, ma mère me disait ‘tu regardes encore ces putes’”, raconte-t-elle), le réalisateur Nabil Ayouch n’a pas attendu de traiter le sujet du sexe tarifé pour tenter de réveiller les consciences. Après Les Chevaux de dieu, qui s’intéressait au djihadisme, le réalisateur semble s’être fait une spécialité des films qui secouent. Et ce, même s’il se défend un peu partout d’avoir voulu créer le scandale, assurant que l’ambition de départ était simplement “d’exprimer des idées essentielles”, comme dans cette interview donnée à Philosophie Magazine.
Au Maroc, Nabil Ayouch n’est pas le seul à vouloir faire entendre une voix dissonante. Tarik Mounim, président de l’association Save Cinemas in Morocco, qui œuvre contre l’épidémie de fermeture des cinémas de quartiers dans le royaume, confirme l’intérêt des réalisateurs marocains pour les films choc: “Ils s’intéressent généralement à créer des films qui font l’événement, suscitent la polémique et initient des débats. On se souvient très facilement de Marock de Laïla Marrakchi, Casanegra de Nour Eddine Lakhmari ou des Chevaux de Dieu, explique-t-il.
Much Loved
© Virginie Surd

  Une société hypocrite et misogyne

Ouvrir le débat semble effectivement urgent et salutaire pour la société marocaine, dont une partie dénonce avec véhémence l’hypocrisie. Le sexe y est tabou, les relations sexuelles hors mariage passibles de prison, l’homosexualité condamnée, la prostitution passée sous silence. Militante marocaine et cofondatrice du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles, Ibtissame Lachgar dénonce une société “phallocrate et misogyne”, qui préfère détourner le regard plutôt que d’accepter ses contradictions. “Much Loved est un film de fiction -une fiction qui décrit une réalité, qui évoque la prostitution au Maroc-, villipendé et interdit par des censeurs, citoyen-ne-s et gouvernement, qui ne l’ont même pas vu”, souligne-t-elle. Une condamnation vigoureuse et prononcée a priori, qui renseigne sur l’état d’esprit ultra-conservateur de la population et du gouvernement islamiste en place depuis 2011, alias le Parti de la justice et du développement (PJD):Il y a quelques années, le Maroc connaissait plus de libertés, la société était beaucoup moins conservatrice et la place de la religion, moins importante. Nous avons connu ces dernières décennies une déferlante d’idées rétrogrades et le PJD n’a pas arrangé les choses”, explique Ibtissame Lachgar.
“’La libido des hommes est incontrôlable’, voilà l’idée préconçue de la société et de l’État marocain.” 
Une bienséance de façade pour le Maroc, cinquième population du monde arabe à naviguer sur des sites pornographiques, destination préférée des habitants des pays du Golfe pour le tourisme sexuel (Arabie Saoudite en tête, ce que montre d’ailleurs le film), et dont les citoyens représenteraient l’écrasante majorité de la clientèle (entre 70 et 96% de Marocains, selon une étude menée en 2011 dans quatre villes du pays). Une réalité que l’État a choisi d’ignorer et dont il est devenu, à force de mutisme et de cécité, le complice indiscutable. “L’État marocain est patriarcal et ne voit jamais rien et n’entend rien, surtout en ce qui concerne le droit des femmes. ‘La libido des hommes est incontrôlable’, voilà l’idée préconçue de la société et de l’État marocain. Les femmes seraient donc à leur entière disposition afin d’assouvir fantasmes et autres besoins. Le chef de gouvernement était même allé jusqu’à comparer la Marocaine à un ‘lustre’, s’indigne Ibtissame Lachgar.
Much Loved
© Virginie Surd 


La culture en recul

Et ce n’est pas au cinéma que la société marocaine risque de s’ouvrir à d’autres mentalités. Dans le pays, cette sortie culturelle est loin d’être une activité populaire. Les salles de quartiers y ferment les unes après les autres, au point que le Maroc n’en compte plus que 28 encore en activité, contre 280 il y a une trentaine d’années (à titre de comparaison, la France est dotée de plus de 2000 salles). Pour Tarik Mounim, de Save Cinemas in Morocco, il est urgent de “sensibiliser l’opinion publique à la nécessité de prendre en considération la salle de cinéma comme un moyen indispensable de transmission de la culture, d’un patrimoine, comme un outil de socialisation dans les villes et auprès des jeunes”.
Il est important de souligner que la culture du cinéma, comme la culture tout court, ne sont pas ancrées au sein de la société marocaine.
Selon lui, ces derniers ont déserté les salles obscures, trop chères (60 dirhams environ, soit 5,50 euros le ticket), pour leur préférer les DVD piratés vendus à la sauvette dans la rue pour 5 à 7 dirhams (50 centimes d’euros). “Les nouvelles technologies et le piratage y sont pour beaucoup, confirme Ibtissame Lachgar, mais il est important de souligner que la culture du cinéma, comme la culture tout court, ne sont pas ancrées au sein de la société marocaine.” Le cinéma, tout comme l’accès à la culture en général, apparaît en effet réservé à un public aisé et éduqué, et les tentatives d’ouverture de débats semblent rester vaines: “Il y a un manque d’éducation et un taux d’analphabétisme énormes au Maroc. Ce sont alors des questions bien avant-gardistes que nous essayons de soulever. Le non-dit au sein du système scolaire, de la famille et des médias officiels sur ces sujets ne permettent pas une réelle ouverture des débats”, conclut Ibtissame Lachgar. On salue quand même Nabil Ayouch et ses actrices pour la tentative.
Faustine Kopiejwski 
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 Jeanne Fouet, fb

Je sors de "Much loved" de Nabil Ayouche. Allez-y. Beau film féministe. Il traite de façon naturaliste de tout ce que le Maroc officiel ne veut ni voir ni entendre: la prostitution des femmes, des trans, des enfants. La violence policière (pas la pire, cette fois). La réification par le Saoudien richissime qui veut du cul qui bouge et des postures animales. La femme mère célibataire dont la mère prend le fric et s'offusque de son origine juste quand le voisinage se manifeste. La précarité absolue. La gamine de la campagne qui se vend pour des légumes et 100 dirhams, et dont la culotte pleine de sang quand elle fait une fausse couche a dû être insupportable à ces messieurs de la censure. L'infinie tendresse des femmes entre elles, la solidarité des réprouvées. BRAVO!

Lettre à F Hollande en voyage dans son ancienne colonie.

Fait en France, citoyen Moha Oukziz. le 18 septembre 2015. 

Lettre à F Hollande en voyage dans son ancienne colonie. 

Monsieur le Président, 
Mesdames et Messieurs les Ministres. 
Votre voyage politique et d’affaires prévu le 19 et 20 septembre dans mon premier pays le Maroc m’interpelle à plusieurs niveaux. 
Depuis que vous êtes au pouvoir, vous n’avez pas oublié de souligner le caractère « exceptionnel des relations entre Paris et Rabat », comme l’ ont fait , dit-on, vos prédécesseurs.  L’ancienne force colonialiste que vous représentez et gouvernez s’attache particulièrement à consolider ses liens avec son ancienne colonie et veille à les renforcer aux dépens du progrès et de l’émancipation du peuple marocain et de son droit à un régime démocratique. 

Or, monsieur le Président, mesdames et messieurs les ministres, en voyage, vous faites du régime anti-démocratique du Maroc votre allié, sous protectorat de la Ve République,  bien que  ce régime ait du sang sur les mains, que ses prisons soient un lieu de non droit et que les prisonniers politiques soient entassés dans les prisons royales, sans parler de la situation des détenus de droit commun qui ne disposent d’aucun droit élémentaire de vie d’être humains.  Et pourtant , Mesdames et Messieurs les ministres en voyage avec son Excellence le Président de la République ce week end  à Tanger, la question de la démocratie au Maroc et de la torture ne vous inquiètent point. Je vous invite, monsieur le Président à consulter les communiqués des détenus politiques à Oujda, Taza, Fes, Meknes, Marrakech, Agadir etc et surtout de lire le livre « les tortionnaires », certes rédigé en arabe par des détenus politiques mais dans vos rangs, vous avez d’excellentes ministres qui peuvent vous en traduire fidèlement le contenu. 

Monsieur le Président, mesdames et messieurs les ministres, 
Vous avez fait voter la convention d’entraide judiciaire franco-marocaine. Une des plus rétrogrades conventions signées par la République avec la monarchie depuis 1957. 
L’agenda   de votre voyage ne peut que conforter le régime marocain antidémocratique  et désenchanter le peuple marocain qui aspire à une  vie digne sur le plan économique, politique et social. 
l’agenda de votre voyage ne s’interroge même pas sur la question démocratique du pays et la situation des libertés bafouées au quotidien dans ce pays le Maroc. Le traitement  au quotidien réservé aux administrés marocains libres ou emprisonnés ou en rétention est fait de tortures, humiliations, harcèlements etc. Je sais que les intérêts des entreprises françaises passent avant toute considération politique et humaine. Les 36 entreprises françaises du CAC40 présentes au Maroc  qui exploitent les richesses humaines et naturelles de ce pays ne pourront pas vous permettre de traiter les questions d’avenir  existentielles pour le peuple marocain: disposer de ses richesses et en vivre dignement  sous un régime démocratique. La France est le premier « partenaire économique » du Maroc. La France est le premier client du  Maroc, la somme des exportations des entreprises françaises  au Maroc est de l’ordre de 2,5 Milliards d’euro. Plus de 750 filiales d’entreprises françaises sont implantées au Maroc, dont 36 sont côtées au CAC40, et exploitent 120000 salariés. Vous voyez monsieur le Président, mesdames messieurs les ministres, les relations dites de partenariat économique au Maroc, en réalité relations d’aliénation économique du Maroc sont fortes et bien puissantes. Le résultat, le peuple marocain ne dispose pas de ses richesses spoliées par vos entreprises et pour ce faire, vous avez besoin d’un régime antidémocratique pour arriver à satisfaire le « partenariat économique » autrement dit l’exploitation des richesses du pays et le peuple marocain.  Il est donc naturel pour vous que vous vous envoliez au service de vos entreprises et de votre régime monarchique que vos ancêtres ont mis en place suite aux accords d’ Aix-les-Bains et de renforcer et graver l’aliénation de l’économie au Maroc à celle en France et ce ne sont pas Antoin Frerot ( Véolia) ni Patrice Caine (Thalès), Pierre Mongin (Engie, ex GDF Suez) ou encore Guillaume Pépy (SNCF), ni même Jamel Debbouz et Tahar Benjelloun et Jacque Lang, partie du voyage, qui diront le contraire. 

Monsieur le Président, mesdames et messieurs les ministres.
Contrairement à vos entreprises dans les secteurs de l’automobile, le bâtiment, le transport, les mines , l’énergie et les métaux  qui exploitent à merveille et farouchement les richesses du Maroc et détruisent l’environnement et ses éco-systèmes, le peuple marocain n’attend rien de vous mais permettez –moi, à titre personnel, en tant que citoyen français et marocain à la fois,  de demander: 
 - la liberté de tous les prisonniers politiques au Maroc ( à Fes, Taza, Oujda, Marrakech, Agadir, Tiznit etc), 
 - de mettre fin aux traitements d’humiliation, de torture et de harcèlement dont les détenus font l’objet au quotidien, y compris les détenus de droit commun,
 -  de poursuivre les officiels marocains visés pour actes de torture et de complicité de torture et de permettre aux magistrats français de les traduire en justice en France; 
 - d’interdire de renvoyer les plaintes en France devant les tribunaux au Maroc et de permettre aux magistrats français de ne pas se dessaisir au profit des juges marocains. Oh combien, vous savez que la « justice » au Maroc est au service des pouvoirs politiques et n’est pas indépendante, beaucoup moins que la « justice » en France dont l’indépendance est mise en cause par vos protocoles en faveur de votre cher régime antidémocratique protégé.
Enfin je vous demande d’abandonner la convention « d’entraide judiciaire franco-marocaine » qui se veut confiante «  dans le système judiciaire marocain ».


vendredi 18 septembre 2015

Le Marocain Younis Abdurrahman Chekkouri rapatrié au Maroc après 13 ans de captivité à Guantanamo

YOUNIS ABDURRAHMAN
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TERRORISME - Après treize années passées dans les geôles de Guantanamo, le Marocain Younis Abdurrahman Chekkouri vient d’être rapatrié au Maroc, a annoncé jeudi le Pentagone dans un communiqué.
Les Etats-Unis "se sont coordonnés avec le gouvernement du Maroc" pour assurer le respect des exigences "de sécurité" et de traitement "humain" du détenu, selon le communiqué, relayé par l’Agence France presse.
Selon une fiche de la défense américaine révélée par Wikileaks, Younis Abdurrahman Chekkouri est né en 1968 à Safi. Il s’est rendu au Yémen en 1997 pour rencontrer un Algérien nommé Abdulkadar qui l’a initié au fondamentalisme religieux.
Celui qui a fait ses armes à Damas puis en Afghanistan auprès des talibans en 1998 s’est envolé en 2001 pour Tora bora aux côtés de 84 djihadistes, sous la direction d’un ancien leader d’Al Qaida, avant de se faire arrêter par les forces pakistanaises. Lors d’un transfert à une prison pakistanaise, Younis Abdurrahman Chekkouri était parvenu à s’échapper avant de se faire capturer et livrer aux autorités américaines.
Il s’agit du septième détenu rapatrié en 2015 de la tristement célèbre prison située sur la base navale de la baie de Guantánamo, dans le sud-est de Cuba. Mais comme le rappelle Laurence Haïm, correspondante du groupe Canal+ à Washington, il reste encore 115 détenus dans les geôles de Guantanamo.

« Much Loved », film raté ou public anesthésié ?



A dire d'elles

~ Liberté, égalité, féminisme


J’ai crié. Hier, je suis allée avec une amie, également militante abolitionniste, voir « Much Loved », film sur la prostitution au Maroc, de Nabil Ayouch. Et j’ai crié, crié d’incompréhension et de colère face à la réaction du public, éclatant de rire une bonne partie du film, en regardant et écoutant ces 4 femmes tentant de survivre par la prostitution.
« Much Loved » pourrait être un très bon film, tant il nous renseigne sur tout dans la prostitution, et bien au-delà sur le patriarcat : l’extrême violence des hommes, d’où qu’ils viennent, de l’Arabie Saoudite (« vous êtes mieux que nos femmes), de la rue au Maroc ou des soirées chic, de France et d’Europe. Il nous renseigne aussi sur l’extrême violence et hypocrisie de la société où derrière un jugement social et religieux sur la « bienséance » des femmes, leur « non-obscenité », c’est l’obscénité de la société, de la religion, de la famille, des hommes qui se croient tout-puissants et détruisent les individus qui est mise en avant. La violence envers les trans, l’homosexualité refoulée, la violence envers les enfants. Tout y est.
Tout y est, et on aurait pu imaginer que le film permettrait de faire comprendre brillamment en quoi la prostitution est en soi une violence intolérable et une atteinte profonde à l’humanité. Mieux, les héroïnes du film, les seules qui « s’en sortent » aux yeux du réalisateur et de nous, ce sont bien sûr les femmes prostituées, sont les seules qui ne perdent jamais leur dignité, et conservent entre elles des relations franches, d’empathie et de sororité (très marquée à la fin du film).

Éclater de rire devant humiliation et viol ??!!!
Dans les plus flagrantes scènes de viol -tarifé ou pas, elles sont toujours filmées avec leur visage, qu’on voit en gros plan, l’homme derrière, et donc normalement c’est la violence de ce qu’elles subissent qui devrait nous apparaître, car on a en face leur visage, et leur souffrance. La caméra de Nabil Ayouch tente de ne pas les déshumaniser (clairement loin de l’image pornographique). Mais apparemment, ça ne marche pas. Apparemment, ce n’est pas le même film que nous avons vu, la salle et nous. Car si rire lorsque la gouaille (dont peut-être nous n’avons pas saisi toutes les subtilités de la langue originale) des femmes dans leur appartement, leur humour et leur vitalité malgré les conditions de leur vie, peut encore s’envisager, si parfois, on essaie d’excuser nos voisins en ce disant que c’est la gêne qui les fait rire, si on se dit que le réalisateur a écrit des dialogues truculents pour montrer l’humanité de ces personnes, là le public a dépassé les bornes. Rire quand on voit l’humiliation infligée par les Saoudiens aux femmes en leur donnant de l’argent lorsqu’elles « dansent » par terre (alors que ma voisine pleurait, dans un réflexe d’amour et d’empathie remarquables), c’était juste insupportable.
Rire encore quand la jeune femme enceinte, prostituée parce qu’elle a dû fuir son village en raison de la grossesse qui s’annonçait, est violée, un viol tarifé à quelques kilos de légumes et un billet de 100DH (cela même qui apparemment a fait rire) par un quidam pauvre qui d’un coup se découvre, malgré sa pauvreté, capable lui aussi d’exercer ce « droit de l’homme » de disposer sexuellement d’une femme, c’était juste insupportable.
Alors j’ai crié, « vous êtes cons ou quoi, c’est du viol », parce qu’il fallait bien remettre, même quelques secondes, le monde à l’endroit. Mais c’était aussi un cri de désespoir. Est-il possible, que le film soit à ce point raté que si on n’est pas déjà au courant de la violence prostitutionnelle, qu’on ne comprend pas que la dignité humaine n’est pas à notre place, mais sur l’écran incarnée par ces femmes, on ne puisse pas comprendre ce qui se passe et qu’on sorte du film en se disant que c’était un bon divertissement ? Qu’on puisse penser que « ce n’est que de la fiction » ?
Est-il possible en effet, que le public avait envie de voir un film « divertissant » sur le Maroc, ayant pour sujet la prostitution, sans plus s’interroger ? En effet, en entrant dans la salle, je me suis vraiment demandé ce qui faisait qu’elle était si pleine, pourquoi les gens venaient-ils voir le film ?

La pornographie, industrie de destruction de l’empathie
Et si c’était encore pire ? Pourquoi s’étonner en effet que certains rient devant ces scènes quand on sait que certainement ils sont nombreux à jouir devant les tortures infligées dans la pornographie ? La violence montrée dans le film (encore très en dessous de ce qu’on sait de la prostitution, même si tous ses aspects sont passés en revue), serait alors anodine pour une société baignée de culture du viol, où se moquer de la faiblesse de la vulnérabilité, de la douleur soit devenu la règle, où la pornographie aurait déjà détruit toute forme d’empathie ?
Est-il possible donc que la pornographie, qui dresse tout le monde à jouir et prendre du plaisir à regarder des choses bien pires encore que dans le film, des femmes être humiliées, violées et torturées EN VRAI (même si on le voit sur un écran) ait déjà à ce point réussi son œuvre d’anesthésie sur le public, à tel point qu’il ne soit plus capable d’aucune empathie ?
La violence infligée aux enfants et aux femmes, provoque l’anesthésie collective, et favorise la rupture d’empathie. Ainsi, des millions d’hommes qui infligent des viols à des millions de femmes peuvent le faire sans jamais sembler être effleurés par l’idée que la personne souffre et qu’ils sont en train de la détruire -pis, c’est peut-être ce qui les fait jouir. Mais avec la pornographie, c’est pire.
Il est donc urgent de s’attaquer à la pornographie, qui invite les jeunes gens, garçons et filles, à jouir de la souffrance des femmes et des enfants, provoquant une anesthésie collective. Sinon, on ira définitivement vers notre autodestruction, par une société où l’empathie sera morte. Une société du désespoir, une société de morts-vivants, comme celle que tant de publicitaires nous dessinent déjà*.
J’ajouterais pour conclure: « Much Loved » est donc, malgré des qualités, un film raté, car ce qui s’est passé ici prouve qu’on ne peut pas faire de film de fiction réussi sur le sujet en essayant d’être « réaliste », car la compréhension de l’image dans notre société est trop imprégnée des codes patriarcaux.

Sandrine Goldschmidt
Ajout du 18 septembre : j’ajouterais encore au vu des réactions, qu’une grande partie de la responsabilité incombe peut être aussi à l’intention du réalisateur, qui malgré ce qu’il montre, semblerait ne pas vraiment vouloir remettre en cause la prostitution ?
*et comme ont semblé le découvrir tant de gens avec cette publicité dans Le Monde en page 3 quand une photo nous montrait en « une », la mort d’un enfant, Aylan, provoquant d’un coup un choc de réalité : non ce n’est pas de la fiction, et ce n’est pas drôle.

« Concert pour la fraternité » - Samedi 19/9/2015, sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris


Résultat de recherche d'images pour "« Concert pour la fraternité"De nombreux acteurs de la société civile (associations, organisations de jeunesse, syndicats) se mobilisent sur la situation des réfugiés. L’ensemble des acteurs réunis a décidé de mettre en place un week-end de mobilisation, les 19 et 20 septembre 2015, sur l’ensemble du territoire national afin d’amplifier et d’inscrire dans la durée l’élan de solidarité dont ont fait preuve de nombreux citoyens ces dernières semaines.
« Concert pour la fraternité » - Samedi 19 septembre 2015, à 19h30, sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris
#RefugeesWelcome

APPEL UNITAIRE
Pour une fraternité en acte

Sous la pression du flux migratoire de la route des Balkans et dans le contexte d’une exceptionnelle prise de conscience de la population européenne, un sommet européen des chefs d’Etat et de gouvernement se penchera les 15 et 16 octobre sur la situation des réfugiés, un sujet brûlant depuis de nombreux mois.
Les initiatives citoyennes qui se sont développées ces derniers jours et l’attention médiatique enfin portée sur ces hommes, ces femmes et ces enfants qui risquent leur vie en tentant de rejoindre l’Europe ont permis de porter le débat sur la trop longue inaction des différents pays européens face à d’insupportables drames humains.
Rien ne saurait justifier que les pays européens continuent à tergiverser. Rien ne saurait justifier que la pression des extrêmes droites continue à freiner la mise en œuvre de la solidarité et de la fraternité dont nous avons le devoir de faire preuve à l’égard de centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui prennent les routes de l’Europe. D’ailleurs quel plus bel hommage rendu à l’Union Européenne  que ces Syriens, Irakiens, Soudanais ou Erythréens qui viennent y chercher refuge parce qu’ils y voient la terre où leur vie pourra se reconstruire et leurs enfants grandir et s’épanouir ?
Certes, l’annonce de l’accueil par la France de nouveaux réfugiés constitue un message positif, après des mois d’atermoiement. Mais :
– rappelons que l’asile est un droit, reconnu internationalement
– empêchons l’exploitation populiste de la situation que nous voyons se développer à travers la parole de certains responsables politiques, et notamment de quelques maires.
– affirmons que l’engagement de l’accueil de nouveaux réfugiés nécessite une volonté politique sans faille de la part du gouvernement et de l’ensemble des pouvoirs publics, avec l’adoption des moyens budgétaires et humains nécessaire à l’accueil et à l’intégration de ces populations. C’est la condition de l’effectivité des engagements pris par la France.
– pesons, en lien avec les sociétés civiles des différents pays de l’Union européenne, sur les gouvernements européens. L’Europe doit se comporter de façon solidaire et tourner le dos aux égoïsmes nationaux. Il faut obtenir des pays qu’ils mettent en place non pas une politique à retardement mais bien une réponse sur la longue durée, puisque les causes de l’afflux des réfugiés ne disparaîtront pas à bref horizon.
Atteindre ces objectifs nécessite que la société civile – associations, syndicats, organisations de jeunesse, intellectuels, artistes, citoyens mobilisés – inscrive sa démarche dans la durée, par-delà l’émotion ponctuelle.
C’est pour porter ce message et inscrire notre mouvement  dans la durée que nous appelons, pour le week-end des 19 et 20 septembre 2015 à une mobilisation à Paris et dans toutes les villes de France. Sous des formes diverses, ces mobilisations seront l’occasion de faire partager et amplifier la nécessité de retrouver dans notre pays, au-delà de l’accueil des réfugiés, le chemin qui peut nous permettre de faire France : le chemin de la fraternité.
Organisations signataires :
  • SOS Racisme
  • France Terre d’Asile
  • Ligue des droits de l’Homme
  • MRAP
  • LICRA
  • EGAM [European Grassroots Antiracist Movement]
  • CFDT
  • CGT
  • FSU
  • UNSA
  • UNEF
  • FAGE [Fédération des Associations Générales Etudiantes]
  • UEJF [Union des Etudiant Juifs de France]
  • FIDL [Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne]
  • UNL [Union Nationale Lycéenne]
  • Inter-LGBT
  • Forum réfugiés – COSI
  • CHERPAA
  • Collectif DOM
  • Collectif Marches 98
  • Association « La Paix Maintenant »
  • Association « JCall »
  • Hachomer Hatzaïr
  • Saut Jeune
  • GRAD Guinée (Groupe de Réflexion et d’Appui au Développement de la Guinée)
  • Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
  • CDCA [Comité de Défense de la Cause Arménienne]
  • Urgence Darfour
  • France Syrie Démocratie
  • La Fabrique
  • Ibuka
  • AFVT [Association Française des Victimes du Terrorisme]
  • L’Afrique a du Talent
#RefugeesWelcome