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mardi 5 avril 2016

Amnesty appelle les autorités marocaines à libérer les détenus politiques sahraouis







L’organisation Amnesty International a lancé samedi un appel urgent aux autorités marocaines à libérer les treize Sahraouis militants des droits de l’homme, détenus dans la prison de Salé au Maroc, et qui observent une grève de la faim depuis le début mars, inscrivant cette question sur la liste de ses actions urgentes.

L’ ONG a dénoncé encore une fois le jugement des 13 militants sahraouis des droits de l’homme en grève, après un procès «inique» par un tribunal militaire en 2013, exhortant les autorités marocaines à les libérer après cinq ans de détention «arbitraire». Les 13 détenus sahraouis, Sidahmed Lemjayed, Ahmed Sbai, Mohamed Bachir Boutanguiza, Naâma Asfari, Hassan Dah, Cheikh Banga, Mohamed Bani, Sidi Abdallah Abhah, Mohamed Bourial, Mohamed Embarek Lefkir, Bachir Khadda, Abdallah Toubali et Brahim Ismaili, ont été condamnés de 20 ans de prison à perpétuité, pour leur militantisme pacifique, lors des manifestations de Gdeim Izik, en novembre 2010. 

Au total, 25 manifestants et militants sahraouis avaient été arbitrairement arrêtés et jugés. Le 1er mars dernier, 13 parmi eux ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention arbitraire, ainsi que celle de huit autres, après un procès inéquitable. Amnesty International tire la sonnette d’alarme quant à leur état de santé, soulignant qu’outre l’importante perte de poids, ils souffrent, à ce stade de leur grève, de «fatigue extrême, maux de tête intenses, douleurs abdominales et perte de conscience». 


L’ONG réaffirme que le procès avait été «entaché d’irrégularités», d’«injustice» et d’«aveux sous la torture», rappelant qu’aucune enquête n’avait été faite par le tribunal militaire avant le procès. 

Amnesty International interpelle la communauté internationale à faire pression sur les autorités marocaines pour qu’ils libèrent les détenus sahraouis, ou qu’ils les rejugent dans le cadre d’un procès équitable, avec respect du principe de présomption de libération dans l’attente du procès, comme défini par le droit international relatif aux droits humains. Il est également demandé de réclamer aux autorités marocaines, de veiller à ce que les 13 grévistes de la faim bénéficient de tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin, et qu’ils diligentent une enquête «indépendante» et «impartiale» sur leurs allégations de torture et d’autres mauvais traitements. 

Détenus politiques sahraouis : le congrès des syndicats britanniques interpellé 

Le congrès des syndicats britanniques (TUC : Trades Union Congress) a été interpellé par le Front Polisario afin qu’il exhorte le gouvernement britannique d’intervenir auprès des autorités marocaines au sujet des détenus politiques sahraouis dans la prison de Salé (Maroc), a-t-on appris samedi auprès de la représentation du Front à Londres. L’officier international au TUC, Bandula Kothalawala, a été sollicité par la représentation du Polisario à Londres, afin de soutenir et d’interpeller, à son tour, le gouvernement britannique sur le cas des 13 détenus politiques sahraouis au Maroc, ayant entamé une grève de la faim le 1er mars 2016. Le TUC est une confédération des syndicats des travailleurs. Elle est la plus grande et la plus importante organisation des travailleurs au Royaume-Uni, rassemblant quelque 7 millions d’adhérents. 

Le Polisario a attiré l’attention sur l’urgence des derniers développements de la question du Sahara occidental depuis la visite du Secrétaire général de l’ONU aux territoires sahraouis libérés, à Bir Lahlou, et aux camps des réfugiés, sahraouis ainsi que la situation «alarmante» des activistes civils sahraouis, connus sous le nom du groupe de Gdeim Izik, détenus par l’occupant marocain. Il est demandé au TUC de soutenir les détenus politiques sahraouis, de «condamner fermement les peines cruelles et sévères» prononcées contre les 24 activistes sahraouis civils et d’exhorter le gouvernement britannique à «intervenir immédiatement pour demander l’annulation des décisions arbitraires du tribunal militaire marocain, et la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis dans les prisons du Maroc», a précisé la même source. 

Le représentant du Polisario à Londres, Mohamed Ali Mohamed Limam, a soutenu que les autorités marocaines «doivent recevoir un message clair et fort sur leurs transgressions constantes des droits fondamentaux des Sahraouis dans les territoires occupés du Sahara occidental qui ne peuvent plus être tolérées et qui doivent cesser». Il a relevé avoir rappelé, dans un message adressé au TUC, les promesses faites par M. Ban Ki Moon aux Sahraouis, afin d’accélérer le processus politique sur le Sahara occidental, et qu’il était maintenant «essentiel» que ces promesses se concrétisent. M. Limam a relevé que la condamnation des détenus du groupe Gdeim Izik était «la plus cruelle des sentences prononcées par le tribunal militaire marocain». «Le procès en question avait été reporté à trois reprises, les accusés étaient en détention provisoire, sans inculpation pendant plus de deux ans, ce qui est illégal en vertu du code criminel marocain», a-t-il expliqué. 

Les prisonniers politiques sahraouis avaient observé quatre grèves de la faim afin d’alerter l’opinion publique et réclamer des améliorations dans leurs conditions de détention et leur libération inconditionnelle, rappelle M. Limam. Ils avaient également contesté la légitimité du tribunal militaire, et exprimé leur attachement au droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination, tout en condamnant les crimes perpétrés par le Maroc contre les citoyens sahraouis. En 2013, le tribunal militaire marocain avait prononcé 9 peines d’emprisonnement à vie et condamné 14 autres accusés entre 20-30 ans de prison chacun. Deux autres accusés ont été libérés après avoir purgé leur peine de deux ans en détention provisoire. Ils avaient été arbitrairement accusés notamment, de «porter atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat, la formation ‘’d’un groupe criminel’’ et d’attaquer les agents publics dans l’exercice de leurs fonctions régulières». 

Les prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik, incarcérés dans la prison de Salé au Maroc, ont commencé le 1er mars une grève de la faim ouverte pour protester contre leur détention arbitraire qui dure depuis plus de 5 ans. Ils exigent, en premier lieu, la reconnaissance de leur statut de prisonniers politiques, leur transfert à la prison d’El Aâyoun pour se rapprocher de leurs familles, qui se trouvent actuellement à plus de 1 200 km. Ils exigent, en outre, un nouveau procès plus équitable, leur libération immédiate et l’annulation du procès de 2013. M. Limam a affirmé que la détermination des 13 détenus est «grande» et que le Polisario «craint que leur grève de la faim va conduire à une dégradation irrémédiable de leur santé»
*entre 20 ans et perpétuité (ndlr)