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lundi 18 juillet 2016

La honte en plein Paris.

Viens de traverser, par hasard, le "camp" de réfugiés entre Jaurès et Colonel Fabien, là où ont les a repoussés, où presque personne ne passe à pied, et d'où on les repoussera bientôt. On longe les jolis quais du canal Saint-Martin, festonnés de groupes de jeunes assis qui festoient gentiment en fumant des pétards. Puis ces jeunes se font de plus en plus rares, parce qu'il y a le carrefour et le métro aérien, et on leur tombe dessus. 
Des centaines de personnes, presque seulement des hommes noirs, allongées par terre et silencieuses, ou attroupées sous le métro et parlant fort, à cause du bruit du métro au dessus, derrière des grilles, comme des grandes cages de zoo qui abritent des tentes Décathlon, pas des cases en pisé ou en bambou comme à l'expo coloniale. Des tas d'ordures entassées très haut, pas ramassées. Personne ne m'a rien demandé et n'ai rien trouvé à faire ou à dire, sauf maintenant à le dire sur facebook. Suis repassé par dessus en métro, depuis la rame, on ne les voit quasiment pas. Mais pour les cacher mieux, je pense, on va sûrement trouver un tunnel, un grand trou. Peut-être pour ceux-là qui ne sont pas au fond de la Méditerranée, leur ouvrir les catacombes ?


Sophie Fesdjian 25 expulsions dans l'année à cet endroit, des bénévoles qui fatiguent, des voisins dépités, la Mairie qui s'en fout sauf à poser des grilles et à payer des vigiles qui stationnent dans leur voiture... La honte en plein Paris.