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samedi 12 mars 2016

Mustapha Ramid: «Le Maroc n'est pas un enfer des droits de l'homme, ni un paradis»

Alors que de nombreuses ONG tirent la sonnette d'alarme sur une nouvelle vague de détentions, le ministre de la justice et des libertés marocain, issu de l'aile dure du parti islamiste PJD, réfute les accusations tout en admettant que la torture existe dans son pays.
  De notre correspondante à Rabat (Maroc). 
Il y a dix ans, Mustapha Ramid recevait avec plaisir les journalistes. L'ancien avocat, qui défendait les salafistes incarcérés dans la foulée des attentats du 16 mai 2003, accordait de longues interviews pour défendre les idées de son parti, alors décrié, le Parti islamiste de la justice et du développement (PJD). Depuis qu'il est devenu ministre de la justice et des libertés, il se fait plus rare dans les médias.
À la tête de ce ministère depuis quatre ans, Mustapha Ramid a traversé non sans habileté plusieurs zones de turbulences : la gestion politique du mouvement de protestation du 20-Février, la libération des détenus salafistes, la grâce royale contestée du pédophile Daniel Galvan et plus récemment la crise franco-marocaine née au lendemain de la convocation de Abdellatif Hammouchi, le directeur général de la sûreté nationale, à la suite de plaintes pour torture en France. Et ce d’autant plus qu'il a souvent dû jouer un rôle éloigné, opposé même, à celui qu'il tenait juste avant l'arrivée aux affaires de son parti, en janvier 2012.

Le combat de trois femmes du monde, trois combattantes opprimées pour leurs opinions

Photo de Voie Democratique Paris-est.

" En cette semaine du 08 mars, j'ai souhaité mettre en avant le combat de trois femmes du monde, trois combattantes opprimées pour leurs opinions qui font avancer la bataille pour la liberté : Fadwa Khader, Palestinienne, Maxima Chaupe, Péruvienne, et Wafaa Charaf, Marocaine.
Je vous invite à les soutenir à travers trois pétitions ci-dessous. Notre soutien, notre solidarité internationale sont essentiels pour que vivent les combats de chacune. Voici des pétitions pour les soutenir :
---> Le combat de Fadwa Khader pour le droit des femmes palestiniennes : https://www.change.org/p/m-ban-ki-moon-secr%C3%A9taire-g%C3…
---> Le combat de Maxima Chaupe pour la survie du peuple de Cajamarca :
https://www.change.org/p/m-jean-marc-ayrault-ministre-des-a

---> Le combat de Wafaa Charaf pour la liberté et en soutien aux syndicalistes du Maroc :
https://www.lepotcommun.fr/pot/ue7mu6lo
En faisant vivre leurs combats, vous faites vivre les droits des femmes partout dans le monde. Merci infiniment.
Laurence Cohen, Sénatrice du Val-de-Marne, Vice-Présidente de la Commission des Affaires Sociales

Groupe de GDEIM IZIK-Rapports 1 et 2 au 9° et 10° jour de grève de la faim




La situation des prisonniers politiques sahraouis -groupe de GDEIM IZIK- est de plus en plus grave.
 La seule visite sanitaire aux détenus date du 02/03/2016,
 Le présumé docteur du prison local de Salé 1 / Maroc EL KOR était en prison Sale2/ Maroc lors du transfert des détenus en 2010 et 2011, et faisait objet de maintes plaintes des détenus.
 En l'absence de cadrage sanitaire de la grève de la faim illimitée débutée il y a 9 jours, tous les grévistes soufrent de maladies chroniques et de séquelles de tortures et de mal-traitements dont ils ont été victimes pendant l'arrestation, la garde a vue et la détention.
 Les détenus souffrent de douleurs au niveau de l'estomac, des maux de tête, des douleurs aux dos, aux reins, d'irrégularité de la pression artérielle, de la faiblesse de mouvement.
 La situation la plus alarmante est celle du détenu politique sahraoui ABD ALLAH TAOUBALI.
 En 9 jours déjà les prisonniers politiques sahraouis - groupe de GDEIM IZIK- en grève de la faim ont perdu du poids:
 MOHAMED BACHIR BOUTENGUIZA: 4 kg
SID AHMED LAMJAIED:                         3kg 
AHMED SBAII:                                         6kg
MOHAMED BANI:                                    4kg
IBRAHIM ISMAILI:                                    4kg
SIDI ABD ALLAH ABHAH:                       6kg
NAAMA ASFARI:                                       5kg
HASSANA DAH:                                        5kg
MOHAMED BOURIAL:                              3kg
CHEIKH BANGA:                                       5kg
MOHAMED MBAREK LAFKIR:                 4kg
ABD ALLAH TAOUBALI:                           6kg
BACHIR KHADDA:                                     5kg
 Rapport sur la situation des PPS -groupe de GDEIM IZIK- en grève de la faim. Jour N : 10

 La situation des grévistes se détériore de plus en plus en l'absence de tout contrôle médical, à cause de la négligence systématique pratiquée par l'administration et d'autre part de la non responsabilité du docteur soignant EL KOR, selon des membres du groupe.
 Pour le 10 è jour, le groupe a souffert des retombés de la grève illimité de la faim et des séquelles de la torture et des mal-traitements durant l'arrestation dans les locaux de la police et/ou la gendarmerie à El Aaiun / Sahara Occidental, et dans le prison Salé1 /Maroc.
 3 cas sont signalée aujourd'hui 10 Mars 2016 parmi les 13 grévistes:
1- le Prisonnier politique sahraoui ABD ALLAH TAOUBALI, qui soufre de douleurs permanentes au niveau de l'estomac.
 2- le Prisonnier politique sahraoui AHMED SBAII, qui soufre de douleurs cardiaques influant son état sanitaire générale.
 3- le Prisonnier politique sahraoui IBRAHIM ISMAILI, qui souffre de douleurs accrues au niveau du dos, des reins et de la tête.

Et si ces trois cas ont marqué cette journée, la situation de tous les grévistes reste alarmante en l'absence de contrôle médical permanent.

Le comité de suivi de la grève illimitée de la faim 
Les PPS - groupe de GDEIM IZIK-
El Aaiun / Western Sahara 12/03/2016
 Hassanna Duihi  activiste de droits humains /  activista de derechos humanos
Membre de l'ASVDH      (  Association Sahraouie des Victimes des violations graves des Droits de l’Homme commises par l’État du Maroc
El-Aaiun, Sahara occidental )

Manifeste en soutien aux prisonniers politiques sahraouis de gdeim izik

Manifiesto en apoyo a los presos políticos saharauis de Gdeim Izik

Retweeté Loles Ripoll (@Lolesripoll):

Manifeste en soutien aux prisonniers politiques sahraouis de gdim gdeim https://t.co/1eoVv56f2I





Pétition de l'ACAT pour la libération de Naâma Asfari et des détenus de Gdeim Izik en grève de la faim illimitée depuis le 1° mars 2016

Claude MANGIN 
36 rue Barbès 
94200 Ivry -sur -Seine
06 81 32 48 55
claudemangin@yahoo.fr     

Je vous invite à signer la pétition en ligne demandant à François Hollande d’exhortez le Maroc à libérer Naâma Asfari et ses codétenus dans l’affaire de Gdeim Izik.
Le 1er mars 2016, les détenus ont entamé une grève de la faim illimitée pour protester notamment contre leur détention. Cela fait plus de 5 ans qu’ils sont emprisonnés. En février 2013, ils ont été condamnés à de lourdes peines sur la base d’aveux signés sous la torture.
 
 
·         Signer la pétition :
 
·         Faire circuler la pétition par twitter :
#saharaoccidental les détenus de Gdeim Izik en grève de la faim illimité : @fhollande exigez leur libération ! https://www.acatfrance.fr/action/je-soutiens-le-defenseur-des-droits-de-l-homme-naama-asfari
 
Merci pour votre soutien,
 
Hélène LEGEAY
Responsable des programmes Maghreb / Moyen-Orient
@HeleneLegeay / 01.40.40.02.10
 


 

vendredi 11 mars 2016

L’ONU clame la « neutralité » après les critiques du Maroc à l’égard de Ban Ki-moon



Le porte-parole de l’ONU insiste sur la neutralité de l’organisation, après un communiqué du Maroc accusant son secrétaire général Ban Ki-moon de partialité.

« Le secrétaire général estime que lui et les Nations unies sont des partenaires neutres » sur le dossier du Sahara, a assuré le porte-parole de l’ONU, Farhan Haq, ce 9 mars, à New-York, rapporte l’AFP. Une déclaration qui intervient deux jours après le communiqué du Maroc dénonçant des « dérapages verbaux [...] et les gestes de complaisance injustifiés » de Ban-Ki Moon, lors de sa visite en Algérie et dans les camps de Tindouf, ce 6 mars.
Le secrétaire général de l’ONU « a fait tout ce qu’il pouvait pour résoudre la situation au Sahara occidental », qui dure « depuis un certain temps », a poursuivi Haq. Avant d’insister sur la volonté de Ban-Ki Moon de faire figurer ce dossier « à l’agenda international » pour sa dernière année de mandat.
Selon le communiqué de l’exécutif marocain, le secrétaire général de l’ONU avait qualifié d’ « occupation » la présence marocaine dans les provinces du Sud, rompant avec « la terminologie traditionnellement utilisée par les Nations Unies s’agissant du Sahara Marocain ». 

Paniqué, le Maroc tire sur Ban ki-moon et l’Algérie

Rabat réagit violemment à la visite du secrétaire général de l’ONU dans les camps de réfugiés sahraouis

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Zine Cherfaoui, El Watan,10.03.16 
 
 Ban Ki-moon, lors de son arrivée à Tindouf où siège le gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique
Ban Ki-moon, lors de son arrivée à Tindouf

Le seul rappel par Ban Ki-moon des constantes de l’ONU par rapport au dossier sahraoui a suffi à réduire en poussière le «plan d’autonomie» concocté par le Maroc pour accaparer le Sahara occidental et ses ressources.

La visite du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Ban Ki-moon, la semaine dernière dans les camps de réfugiés à Tindouf et dans les territoires libérés sahraouis, a visiblement suscité un vent de panique au sein de la monarchie marocaine. La panique et le désarroi du makhzen sont d’autant plus grands que le Sud-Coréen a fait du référendum d’autodétermination un passage obligé pour le règlement définitif du conflit sahraoui qui traîne depuis 40 longues années.
Une étape que les autorités marocaines s’emploient justement depuis des années à «zapper». Mieux, le secrétaire général de l’ONU – qui dit comprendre la frustration et surtout la colère des Sahraouis à l’égard de la communauté internationale qui les a abandonnés – a même annoncé sa décision de relancer les pourparlers entre le Front Polisario et le Maroc.

Cinglante réponse de Ban Ki-moon au Maroc : «Le Sahara Occidental est bel et bien sous occupation»

Houari Achouri, 10/3/2016


Ban Ki-moon lors de sa visite dans les camps de réfugiés sahraouis. Toufik D./New Press
Ban Ki-moon lors de sa visite dans les camps de réfugiés sahraouis. Toufik D./New Press, 10/3/2016
Dans une note aux correspondants en réponse aux questions sur le Sahara Occidental, le secrétariat général de l’ONU réagit fermement au communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères qui a été d’une rare virulence contre Ban Ki-moon suite à ses déclarations sur la question sahraouie (voir article d’Algeriepatriotique).
  L’ONU rappelle que «le statut du territoire du Sahara Occidental reste à déterminer, car il est un territoire non autonome». Ce fait est reconnu par «tous les États membres de l'ONU, y compris le Maroc», et se trouve consigné dans «les résolutions annuelles de l'Assemblée générale adoptées sans vote». Le secrétariat général de l’ONU rappelle également que «le Conseil de sécurité a demandé à l'ONU de faciliter les négociations visant à une "solution politique mutuellement acceptable qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara Occidental"».

 Ce communiqué de l’ONU revient sur le périple de Ban Ki-moon et décrit comment «samedi dernier, le secrétaire général a personnellement été témoin d'une situation désespérée dans un camp de réfugiés du Sahara Occidental résultant de décennies de vie sans espoir dans les conditions les plus difficiles». Il justifie l’emploi du mot «occupation» pour expliquer la situation des réfugiés sahraouis qui «méritent un avenir meilleur». Les réfugiés sahraouis ne peuvent pas rentrer chez eux dans «des conditions qui incluent des arrangements de gouvernance satisfaisants en vertu desquels tous les Sahraouis peuvent exprimer librement leurs désirs», souligne l’ONU, qui insiste sur le fait que la solution passe par de «véritables négociations de bonne foi et sans condition préalable», pour «donner de l'espoir à ces gens et leur permettre de rentrer chez eux». La note du secrétariat général de l’ONU, et particulièrement la fermeté de ton, constitue un autre camouflet pour le Makhzen déjà sérieusement secoué par la visite du premier responsable de l’organisation onusienne dans les territoires sahraouis libérés.

Un film de Kusturica sur Mujica pour montrer une autre forme de politique bien loin de celle du roi du Maroc !





Avec son documentaire actuellement en tournage Le dernier héros, sur l'ancien président uruguayen José Mujica, le cinéaste serbe Emir Kusturica a confié vendredi devant la presse à Montevideo qu'il voulait montrer une autre façon de faire de la politique.
«Il n'y a pas un pays au monde, ni même dans les démocraties les plus développées, dans lequel le président quitte son poste et où le peuple est si heureux de lui témoigner combien il l'aime», a ajouté le réalisateur, après que M. Mujica a remis dimanche le pouvoir à son successeur Tabaré Vazquez.
L'avant-veille de son départ, «Pépé» Mujica, 79 ans, avait été salué par des milliers d'Uruguayens dans les rues de Montevideo.

jeudi 10 mars 2016

RAPPORT SUR LE PROCÈS NON ÉQUITABLE DES ORGANISATEURS DU SIT-IN D’IMIDER AU MAROC EN 1996






Evénements : causes et faits de la protestation pacifique.


La Tribu autochtone amazigh IMIDER qui fait partie de la confédération des tribus des AIT ATTA de la région de Ouarzazate avait signé un contrat de bail d’une partie de ses terre ( 25 hectares) avec la société minière d’imiter, société constituée de B.R.P.M ( Bureau de Recherche et de participations Minières ) qui appartient à l’Etat marocain et à la société Privé O.N.A ( Omnium Nord-Afrique) « Holding Royal » . Ce Contrat dont la durée portant sur la période allant du 15/09/1992 au 19/09/1995 avait été signé, au nom de la tribu, par le ministère de l’intérieur, Ministère de tutelle des collectivités locales.


Contrairement aux dispositions du dit contrat, la société minière a non seulement étendu, de façon unilatérale, la superficie des terres de prospections à 150 ha environ mais elle a refusé d’embaucher les membres de la commune, comme elle en avait convenu avec la confédération. Et nous rappelons ici, qu’en pareil cas, le droit stipule que 75% de la main-d’œuvre doit être local.


Cette extension de la zone des travaux a eu des conséquences catastrophiques sur l’environnement et les conditions de vie de la tribu, la pollution et l’exploitation effrénée des nappes phréatiques a gravement endommagé le cheptel, principale source de vie des habitants, et a contribué au tarissement des puits, unique source d’eau dans la région. Même si la société minière a produit et vendu (environ 5$ l’once) 200 tonnes de minerai d’argent pour la seule année 1993, elle a carrément refusé de payer le surplus qu’elle devait à la collectivité pour les 150 ha supplémentaires, et ceci sous les yeux du ministère, de tutelle.


Dans ces conditions, les habitants ont déposé plusieurs plaintes auprès des responsables et du ministère de l’intérieur. Leurs doléances étant restées sans réponse, ils ont décidé d’observer un sit-in ouvert de 45 Jours, sur leurs terres et sur la route qui y mène sous leurs tentes, ils portaient des banderoles sur lesquelles étaient écrites leurs revendications, leur objectif n’était autre que d’attirer l’attention des responsables.

Imider et le 10 Mars….. Cette tache noire tatouée sur le front du Makhzen !



Imider et le 10 Mars….. Cette tache noire tatouée sur le front du Makhzen !


Ça fait 20 ans que les riverains de la mine d’Argent d’Imider ont vécu une matinée noire pendant leurs protestations pacifiques contre les faits violents de Managem, et c’était après 48 jours  du soulèvement que les forces de répression militaires ont attaqué et dispersé le sit-in des villageois violemment, le sit-in observé a coté de la route N10, des dizaines d’arrestations, de blessures et d’emprisonnement ainsi que la destruction et le pillage des fournitures et des aliments…. Etc. (voir rapport 1996 ci-joint).


Aujourd’hui, les militants du Mouvement Sur la Voie de 96 (MSV96) ont réactualisé cet événement qui fait partie de leur mémoire collective vivante bien sûr par une mobilisation vers le lieu du sit-in dispersé à l’époque. A travers leurs intervention au cercle de débat organisé cet après-midi, les gens ; hommes et femmes, ceux qui ont vécu cette lutte historique, nous ont raconté leurs situations dramatiques lors de l’intervention acharnée de l’armée contre leur mobilisation pacifique défendant notre cause juste.

Les manifestants ont dénoncé aujourd’hui cette attaque violente et injustifiée contre eux et contre leurs parents en 1996, en plus à la mort étrange du militant LAHCEN USBDAN deux ans après son emprisonnement à Ouarzazate !

En ce qui concerne les nombreux détenus de cette cause juste (de 1986, 1996, entre 2011 et 2016..), les participants ont déclaré leur solidarité avec eux et avec leurs familles.

Dimanche 20 mars 2016 15h : Journée de solidarité avec la famille Chaaban.

Par Luk Vervaet, 10/3/2016


Never Forget ! (extrait du livre Guantanamo chez nous ?)


https://www.facebook.com/events/1714340122169742/
 

Il y a dix ans.. ( 2006 - 2007,  extrait du livre Guantanamo chez nous ?  Luk Vervaet, Editions Antidote, www.antidote.be )

"... Le même genre de « violence particulière », cette fois contre « un détenu dangereux », a été exposé lors du procès de Farid Bouhammad contre la prison de Ittre. 
Les faits datent de décembre 2007 et ont été jugés en janvier 2014 (116) . 
Le 6 décembre 2007, Farid Bamouhammad est transféré de la prison d’Andenne à la prison d’Ittre par une brigade spécialisée de la police fédérale, GOTTS, qui s’occupe du transfert « de détenus extrêmement dangereux ». A son arrivée à la prison, la brigade signale que le détenu est calme et coopérant.
En principe la brigade GOTTS conduit le détenu jusque dans sa cellule. Mais ici, c’est un comité d’accueil de gardiens qui reprend le détenu, pour faire clairement comprendre à ce détenu dangereux qui fait la loi dans la prison. Leur premier mot d’accueil est qu’il ne recevra pas son tabac tout de suite, mais plus tard. Quelques secondes plus tard, Farid est plaqué et maintenu au sol. Il est amené jusqu’à sa cellule par quatre gardiens, deux lui tenant les jambes et deux autres les bras. Raison ? « Un comportement menaçant du détenu », « il s’est approché d’un agent qui s’est senti menacé », « un comportement qui laissait croire qu’il allait passer à l’acte », « dans le regard de Farid, il y avait un risque de passage à l’acte ». Et puis, il y a « les antécédents spécifiques qui lui sont propres ». La suite est hallucinante. Le personnel se sentant menacé, le directeur prend à l’encontre de Farid « une mesure de sécurité particulière (selon la loi de 2007 sur les recours à des mesures de coercition directe) prévoyant le placement en cellule sécurisée, une observation toutes les demi-heures de jour et de nuit et le fait que tout mouvement hors cellule se ferait menotté et entravé ». 

Ce qui se cache derrière ces mots est ceci : « Farid Bamouhammad est placé en cellule nue, non chauffée, dans les minutes qui ont suivi son arrivée à la prison d’Ittre, et des entraves lui ont été posées. Suivant les photographies qui sont versées au dossier et la description qui en est faite par les enquêteurs, lesdites entraves sont constituées de deux paires de menottes métalliques (une paire placée aux poignets et la seconde aux chevilles) reliées entre elles par une chaîne métallique, les anneaux des menottes sont reliés entre eux par une chaîne de 30 centimètres et les deux paires de menottes sont reliées entre elles par une chaîne de 80 centimètres. Farid est resté ainsi entravé du 6 décembre 2007, date de son arrivée à la prison d’Ittre, jusqu’au 16 décembre 2007, date de son transfert vers un autre établissement pénitentiaire » . Enchaîné de telle manière, le détenu est blessé aux chevilles par des menottes trop serrées. Il a tout simplement été empêché de se laver, de pouvoir s’essuyer lorsqu’il allait aux toilettes : « ce qui », dit la Cour, « paraît vraisemblable eu égard à la description qui en a été faite ». Un ancien directeur de prison vient confirmer devant le tribunal que les entraves photographiées par les enquêteurs correspondaient à celles pouvant être utilisées dans toutes les prisons belges. La Cour a condamné les responsables et auteurs du traitement infligé à Farid, mais le ministère public a interjeté appel.

On se souvient que le ministère de la Justice, en réaction aux lettres d’ Ashraf Sekkaki, a nié sur tous les tons l’existence de telles pratiques dans les sections de sécurité particulière et individuelle : « Jamais un détenu ne doit se promener avec des menottes aux mains et aux pieds ». Tout en laissant la porte ouverte à leur utilisation : « L’utilisation de menottes aux mains et aux chevilles est strictement réglementée et est toujours motivée par une décision individuelle. Ces décisions sont enregistrées et consultables. L’utilisation de ces restrictions est extrêmement rare, son utilisation est limitée aux transferts vers la section et lorsqu’il est placé dans la cellule de punition. Pour des raisons de sécurité et pour la sécurité du personnel, qui, lui aussi, a droit à la protection contre des crises d’agressivité, elles peuvent être utilisées à l’intérieur de la section et strictement limitées à la durée d’un déplacement.
Bien sûr, elles sont également utilisées par les forces de police pendant le transfert d’un prisonnier.
Les services de police sécurisent le transport d’un détenu et doivent prendre les mesures nécessaires. Il semble logique que ce soient les services de police qui décident, sur base de la dangerosité (d’évasion) du détenu en question ». C’est un texte qui mérite réflexion.

Ce que Farid Bamouhammad a vécu rappelle les circonstances de la mort de Faycal Chaaban, 25 ans, à la prison de Forest le 24 septembre 2006. Multirécidiviste, incarcéré pour vol, il était considéré comme « très agité », et avait reçu plusieurs doses de neuroleptiques. Il avait été retrouvé mort le lendemain. Avec ce détail, rapporté par la presse : « Faycal Chaaban avait été retrouvé mort dans sa cellule, torse nu et allongé sur le dos, pieds et mains liés » (117) . 


L’expérience de Farid vécue à Ittre montre comment la permission d’utiliser « des menottes et entraves aux pieds et aux mains » au nom de la sécurité - fût-ce par « décision réglementée, motivée, enregistrée et consultable » - peut être comprise comme une permission officielle d’infliger les traitements décrits plus haut, sans raison et ce pendant une période de dix jours..."
                                                                                                           
(116).Toutes les citations viennent du Tribunal correctionnel de Nivelles, 3ème chambre en audience publique du lundi 13 janvier 2014

(117). http://www.lacapitale.be/343326/article/regions/bruxelles/actualite/2012-03-07/bruxelles-le-proces-de-deux-medecins-de-la-prison-de-forest-remis-a-septem

Après Christopher Ross, Rabat s’attaque à Ban Ki-moon

A la une / International

Il l’a accusé de « dérapages » et d’absence «neutralité» dans le dossier sahraoui

©D.R.
Après avoir refusé d’accueillir l’émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, auquel il avait également retire retiré sa confiance en 2012, l'accusant de « partialité », le Maroc s’attaque désormais au secrétaire général de l’ONU. 

En effet, Rabat n’a pas apprécié les déclarations de Ban Ki-moon lors de sa dernière visite dans la région pour relancer les pourparlers entre le Royaume du Maroc et le Front Polisario sur le Sahara Occidental. le gouvernement d’Abdelilah Benkirane a accusé, dans un communiqué rapporté mardi par l’agence de presse officielle « MAP », le numéro un des Nations de «dérapages». Le  gouvernement marocain affirme avoir relevé « avec une grande stupéfaction les dérapages verbaux, les faits accomplis et les gestes de complaisance injustifiés » du secrétaire général des Nations unies lors de sa visite dans la région. La même source souligne que « loin d'atteindre l’objectif déclaré du secrétaire général durant sa visite, de relancer les négociations politiques, l'ensemble de ces dérapages risque de les compromettre ». Pour rappel,  Ban Ki-moon avait déclaré durant son séjour à Alger que Rabat et le Front Polisario « n’ont fait aucun progrès réel dans les négociations devant aboutir à une solution juste et acceptable par tous, fondée sur l'autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Le SG des Nations Unies avait notamment affirmé que les membres du personnel de la Mission de l’ONU pour le Sahara occidental (Minurso) étaient « prêts à organiser un référendum s’il y a accord entre les parties ». Ban Ki-moon avait également révélé avoir demandé à son envoyé personnel pour le Sahara occidental, le diplomate américain Christopher Ross de reprendre ses tournées dans la région pour tenter de relancer les pourparlers entre Rabat et le Front Polisario. Ces déclarations du secrétaire général de l’ONU n’ont pas été du goût du Maroc, qui écarte toute idée d’indépendance du Sahara Occidental et veut imposer sa proposition d’une large autonomie de ce territoire sous sa propre souveraineté.
Merzak Tigrine  
(Pour Liberte-algerie.com)