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samedi 16 avril 2016

Sahara occidental: les députés espagnols pour un référendum


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Une majorité de députés espagnols a appelé jeudi le gouvernement à défendre devant les Nations unies le respect des droits de l'Homme et du droit à l'autodétermination du peuple sahraoui, dans une déclaration présentée jeudi à Madrid. Signée par douze partis représentés au Parlement, disposant de 228 élus sur 350 mais sans le Parti populaire au pouvoir, la déclaration fait suite à l'expulsion par le Maroc de la quasi-totalité des experts expatriés de la Mission de l'ONU au Sahara occidental (Minurso). Le Maroc considère depuis 1975 cette ancienne colonie espagnole comme partie intégrante de son territoire.

Les signataires incitent l'Espagne à défendre "un référendum d'autodétermination libre et démocratique pour le peuple sahraoui" et à demander pour la Minurso "un mandat pour la supervision des droits de l'Homme" et "la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis". Sol Sanchez, porte-parole du parti écolo-communiste Izquierda Unida (Gauche unie), à l'initiative du texte, espère que Madrid pourra "exercer une pression, puisque nous sommes membres du Conseil de sécurité, lors de cette réunion" pour "le rétablissement du droit international et de la Minurso". Le sort de la Minurso, mandatée en 1991 pour organiser un référendum sur l'autodétermination du territoire, option que le Maroc rejette catégoriquement, doit être réexaminé par le Conseil de sécurité des Nations unies, dont l'Espagne est membre non permanent.

contre l’absence d’une enquête au Maroc sur l’affaire des Panama papers


Maroc

Panama papers : Une manifestation réclamant une enquête dispersée à Casablanca

  Panama papers : Une manifestation réclamant une enquête dispersée à Casablanca


Une vingtaine de personnes, venues manifester contre l’absence d’une enquête au Maroc sur l’affaire des Panama papers, ont été dispersées par les autorités.

La police a dispersé jeudi 14 avril, un rassemblement d’une vingtaine de personnes à Casablanca, qui manifestaient contre «l’absence d’une enquête» après la divulgation du volet marocain de l’affaire «Panama papers», selon l’agence AFP.
Réunis place des Nations Unies, dans le centre ville de Casablanca, ces activistes ont été encerclés par la police qui leur a confisqué et détruit leurs affiches et banderoles, selon la même source. Avant cela, quelques activistes avaient lancé le 6 avril une page Facebook appelant à manifester contre le «silence du gouvernement» face à «la richesse pillée du Maroc, et contre l’impunité dans les crimes financiers et économiques». La manifestation a été annoncée le 6 avril, par des activistes sur les réseaux sociaux proches de micros partis de la gauche radicale et d’Al Adl Wal Ihssane.

Nuit debout, ou la démocratie méticuleuse


Pierre Duquesne, l'Humanité, 13/4/2016

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AFP
Partager la parole, et donc le pouvoir, est une obsession des assemblées Nuit debout. Si elles ont l’apparence de traditionnelles AG, elles sont en réalité un lieu de rénovation des méthodes existantes pour renforcer l’intervention populaire, la capacité d’agir des citoyens. Décryptage.
C’est Paul, un historique du PSU, qui nous a mis la puce à l’oreille, samedi, sous les bâches de Nuit debout. Jamais ce militant autogestionnaire, qui a commencé à militer contre la guerre d’Algérie, n’avait vu un tel mouvement. « Ils ont un sens de la démocratie jusque dans le moindre détail », avait expliqué ce retraité, âgé de 80 ans. À l’autre bout de l’assemblée populaire, Rémi, 20 ans, se disait impressionné par « l’autodiscipline volontaire » de la foule. « Il y a un tour de parole très chargé. Le micro est ouvert à tous. Le SO, qu’on appelle ici la commission sérénité, n’est pas massif. Et pourtant, tout le monde respecte les règles », explique cet étudiant à Sciences-Po, traumatisé par les dysfonctionnements des AG dans son école.

« On peut réaliser des choses sans leaders »

« Il y a une attention, des petits gestes pour partager équitablement la parole », répète Paul, ébahi, devant des centaines de citoyens aux bras levés. Au début, les activistes aguerris sourient quand ils voient les mains s’agiter dans le ciel. 


Le gouvernement danois interpellé au sujet des derniers développements au Sahara occidental




COPENHAGUE 13/4/2016-
 La commission des relations extérieures auprès du Parlement danois a interpellé récemment le gouvernement du Danemark, au sujet des derniers développements au Sahara occidental notamment en ce qui concerne l'expulsion par l'occupant marocain du personnel civil et administratif de la Mission des Nations unies pour l'Organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso).

La Commission des relations extérieures a reçu douze questions écrites, adressées à la ministre danoise des Affaires étrangères, Kristian Jensen, par le biais du député, Christian Juhl, du parti Red-Green Alliance (Parti de l’Alliance  Rouge-Vert.
Parmi ces questions, le Parlement voulait savoir si le Danemark, en tant que pays nordique et membre de l'Union européenne (UE), allait exercer des pressions sur le Maroc pour l'amener à "reconsidérer sa décision" d'expulser 73 membres de la Minurso et permettre la réouverture du bureau de liaison militaire de la mission à Dakhla occupée.
La commission des relations extérieures auprès du Parlement a jugé que les mesures de Rabat contre la Minurso constituaient une "violation" de la charte des Nations unies.
Elle a évoqué aussi la nécessité de doter la Minurso d'une composante pour la surveillance des droits de l'Homme dans les territoires sahraouis occupés, exhortant dans ce contexte, le gouvernement danois à prendre des initiatives pour que cette mission, à l'instar des autres missions de maintien de la paix, ait un mandat pour la surveillance des droits de l'Homme.
La commission des relations extérieures s'est interrogée, en outre, sur les mesures que pourraient prendre le gouvernement danois afin que les parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, puissent parvenir à une solution au conflit en respectant le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.
Le Parlement danois a, par ailleurs, interpellé le gouvernement à propos du dossier des prisonniers sahraouis du camp Gdeim Izik, l'appelant à "entreprendre des mesures pour sauver la vie en danger" des 13 prisonniers politiques du groupe de Gdeim Izik, emprisonnés illégalement par le Maroc depuis plus de cinq ans.
Il a aussi exhorté le Danemark à "faire pression" sur les autorités d'occupation marocaines pour qu'elles libèrent sans conditions ces détenus rappelant que le Parlement européen et de nombreuses ONGs plaident pour la libération immédiate de tous les prisonniers politiques sahraouis et le respect des droits fondamentaux du peuple du Sahara occidental.
Le Maroc, souligne la commission des relations extérieures du Parlement danois, "doit mettre fin à son blocus imposés aux territoires sahraouis occupés et permettre à des responsables occidentaux des Nations unies, des parlementaires européens, des observateurs indépendants, aux ONG et à la presse internationale l'accès libre aux territoires sahraouis".
Au sujet de la décision, en février dernier, de la Cour européenne de justice d'annuler l'accord de coopération agricole UE-Maroc, les parlementaires danois ont appelé leur gouvernement a "faire connaître sa position" à l'égard de cette mesure.
Rappelant que la présence du Maroc au Sahara occidental est considérée comme une occupation illégale par les Nations unies, le Parlement européen et l'Union africaine (UA), le Parlement danois a appelé le gouvernement de Copenhague et d'autres pays européens à "prendre des mesures", conformément au droit international, pour faire avancer le processus de paix au Sahara occidental, dans l'impasse en raison de l'entêtement du Maroc, qui ne cesse de violer la légalité internationale.
Inscrit depuis 1966 sur la liste des territoires non autonomes et donc éligible à l'application de la résolution 1514 de l'Assemblée générale de l'ONU portant déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupée depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.

IMPORTANT ! Madrid rouvre le 16 avril prochain le dossier sahraoui - L’honneur après la trahison


De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari
Ça bouge de partout pour le peuple sahraoui, New York, Bruxelles, Madrid. Récit d’une manifestation dans la capitale espagnole qui ne sera pas sans suite.
Le 16 avril prochain, les associations — nombreuses — et personnalités politiques qui portent l’autodétermination du peuple sahraoui manifesteront à Madrid. Cette marche pour le droit et pour la paix est très importante au moins pour trois raisons. 

La première est que l’Espagne est l’épicentre de la question.Ex-colonisateur des territoires de Saguia El Hamra et Rio de Oro, elle est en plus identifiée comme la seule puissance administrante au Sahara occidental par l’ONU. Ce statut n’étant pas dévolu au Maroc. La société civile espagnole se base sur cette qualité pour contraindre le gouvernement de Madrid à assumer ses responsabilités en permettant — sans triche — un processus référendaire.
La seconde raison a trait au calendrier du rassemblement madrilène qui coïncide, les organisateurs n’ont pas choisi par hasard la date, avec la remise du rapport du SG de l’ONU sur le dossier aux membres du Conseil de sécurité qui devront trancher en dernière lecture. Les premières indiscrétions indiquent que Ban Ki-moon aurait axé son travail sur trois axes distincts dans la présentation et qui, tous, mènent vers l’inéluctabilité d’un référendum sous le commandement onusien. Elargissement des missions de la mission des Nations-Unies (Minurso) à la défense des droits de l’homme ; inscription de la question sahraouie dans l’agenda international des années 2016 et 2017 ; l’établissement, enfin, d’un calendrier contraignant pour les deux parties en conflit, Polisario et Maroc, pour l’organisation d’une ou de plusieurs journées de vote.
Ban Ki-moon aurait écrit dans sa copie qu’il faudra limiter le nombre de recours pour aboutir et empêcher les manœuvres dilatoires qui risqueraient de plomber les opérations. Selon la Minurso, précisent nos sources, les listes électorales sont prêtes et que leur actualisation ne poserait pas de problèmes particuliers. Les experts onusiens privilégient, toutefois, des arrangements préalables entre Rabat et Tifariti pour mieux baliser. Au niveau des membres permanents du Conseil de sécurité, il semblerait que la France, soutien indéfectible du Maroc, préférerait que le rapport soit plus consensuel et qu’il n’en réfère pas à un calendrier précis pour le processus référendaire de même que Paris ne souhaite pas que la Minurso ne s’occupe pas de droits de l’homme au Sahara occidental. Pourtant, même avec ses réserves françaises fondamentales, la diplomatie marocaine n’est pas tout à fait rassurée. Rabat craint que la pression algérienne sur Paris n’ait apporté quelques résultats probants. La troisième raison de l’importance du rassemblement de Madrid est, sans doute, cruciale.

Le prisonnier politique sahraoui Sikka Brahim meurt à la suite de torture et de la grève de la faim

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Le prisonnier politique sahraoui meurt Sikka Brahim à la suite de la grève de la faim
Publié le 15 Avril, 2016
Le prisonnier politique sahraoui , Brahim Sikka est mort dans l' après-midi du vendredi 15 Avril à l'hôpital à Agadir

Sikka a été arrêté le 1er Avril à la maison de sa famille à Guelmim , au sud du Maroc , alors qu'il était sur ​​le point de participer à une manifestation pacifique appelée par le Coordonnateur des chômeurs sahraouis dans cette ville

 Source : Voice of Sahara Occidental en Argentine / Team Media, des territoires occupés du Sahara Occidental

Photo de Barbara Weingartner.
Une grande perte pour la résistance non-violente sahrahui au Sahara Occidental : le militant sahrahui, défenseurs des droits de l'homme et des prisonniers politiques, brahim saika (* 1984) est mort hier dans un hôpital à Agadir (Maroc). 
 
C'était après son arrestation arbitraire au cours d'une manifestation pacifique le 1. Avril et après des heures de torture sur le poste de policeil a entamé une grève de la faim. Il y a quelques jours, il a été dans un état critique à l'hôpital, où il a jusqu'au moment de sa mort sur le lit d'hôpital.
Brahim Saika, un diplômé, s'est engagé en tant que coordinateur du syndicat des sahraouis diplômés "chômeurs".
Après l'annonce du décès de Brahim Saika a eu lieu dans plusieurs villes du Maroc et le Sahara Occidental,  des protestations contre l'arbitraire des autorités d'occupation marocaine.
http://porunsaharalibre.org/…/muere-el-sindicalista-y-pres…/
 
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Maroc : L'homosexualité encore criminalisée

l'émission du mercredi 13 avril 2016

(ré)écouter cette émission disponible jusqu'au 07/01/2019 05h20
 Regarde, regarde l’Etat qui exalte et encourage l’homosexualité

Nous sommes au Maroc et vous venez d’entendre les manifestants qui s’exprimaient lundi devant le palais de justice de Beni Mellal, une commune populaire au centre du Maroc. Ces manifestants sont venus demander la libération de 4 agresseurs, 4 jeunes qui se sont introduits, début mars, dans un appartement où ils ont surpris un couple d’homosexuels. Ils les ont tabassés, jetés en sang dans la rue, et ont posté la vidéo sur Internet. Victimes et agresseurs étaient jugés ensemble. Cet Etat qui encouragerait l’homosexualité, le punit en fait comme un crime passible de 3 ans de prison. Un procès qui a révélé la violence des opinions marocaines sur le sujet comme nous le montre Anna Ravix.


Devant le palais de justice de Beni Mellal, les manifestants se séparent en deux groupes, les femmes, à gauche, les hommes, à droite. Il y a des enfants, des personnes âgées mais surtout des jeunes, comme Amine Farissi, 19 ans.

Nous sommes ici pour demander la liberté pour Rachid et ses amis. Parce que nous sommes un Etat islamique, et l’Islam interdit ça

Les manifestants demandaient la relaxe immédiate des agresseurs, et la condamnation ferme des homosexuels.

Le juge a fait exactement le contraire : il a libéré le couple gay, qu'il a puni, quand même, de 3 mois de prison avec sursis... Et il a infligé 4 et 6 mois de prison ferme aux deux principaux agresseurs

Ce jugement a choqué les manifestants homophobes.  Qui sont restés tard devant le tribunal, criant à l’erreur judiciaire

Le débat public, au Maroc, est globalement assez défavorable aux droits des homosexuels. Écoutons par exemple les arguments de l’avocat des victimes. Il milite pour l’abrogation de l’article 489, qui criminalise les rapports homosexuels mais avec avec des arguments clairement homophobes.


Lire aussi :  http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/04/12/homosexualite-au-maroc-on-me-disait-que-j-avais-une-maladie-contagieuse_4900410_3212.html

vendredi 15 avril 2016

Droits de l’Homme : Un rapport de John Kerry pointe des « problèmes persistants » au Maroc


©DR


Département d’Etat américain vient de livrer son traditionnel rapport annuel sur les droits de l’Homme à travers le monde. Au Maroc, l’institution note des « problèmes persistants » au respect des droits des citoyens au cours de l’année 2015.
En 2015, les avancées en matière de droits de l’Homme au Maroc sont restées très timides, à en croire le département d’Etat américain qui a livré aujourd’hui, jeudi 14 avril, son rapport mondial annuel. L’institution chapotée par John Kerry a noté la mise en œuvre, par le gouvernement, du plan de « régionalisation avancée » qui a permis de déléguer certains pouvoirs budgétaires et de prise de décision aux organes élus locaux. Et pour la première fois, remarque l’organe, certains fonctionnaires des administrations locales et régionales ont été élu de manière directe.

Corruption, mépris généralisé de l'Etat de droit...
Mais outre quelques points tels que l’absence de cas de disparition politique, le département d’Etat américain a relevé l’année dernière des « problèmes persistants » entravant le respect des droits humains. Les plus importants, explique-t-il, étaient l’incapacité des citoyens à changer les dispositions constitutionnelles établissant la forme de gouvernement monarchique du pays, la corruption, et le mépris généralisé pour la primauté de l'État de droit par des forces de sécurité.
Alors que la loi prévoit des sanctions pénales pour la corruption officielle, le rapport souligne que « le gouvernement n'a pas mis en œuvre efficacement la loi ». Relevant que la corruption est pourtant « un problème sérieux » au sein de l’administration, y compris la police, ainsi qu'au sein de la justice, le département d’Etat regrette l’ « impunité » régnante, l’absence de rapports et d’enquête de haut niveau.
Se basant en outre sur une mission du Groupe de travail des Nations Unies et des rapports des ONG et associations locales, le département d’Etat évoque des cas de« détention arbitraire, d’utilisation excessives de la force, la torture ou encore les conditions de détention ». Certes, le rapport reconnait des « améliorations » en matière de surpopulation des prisons –avec notamment l’achèvement  de 10 nouveaux centres de détention au cours de l'année- mais estime que l’état des prisons est « resté généralement non conforme aux normes internationales ».
Le document évoque également la persistance de la violation des libertés d’expression et de la presse, avec notamment l’arrestation de journalistes, la discrimination contre les femmes et même les entraves gouvernementales à la liberté de réunion de certaines ONG et associations.

Le Maroc peut faire mieux, selon Kerry
Lors de la présentation du rapport devant la presse, le Secrétaire d’Etat américain John Kerry a tenu à rappeler que son travail n’est qu’un appel au respect des normes internationales en matière des droits de l’Homme. « Ce ne sont pas des normes arbitraires américaines que nous cherchons à imposer aux gens. Ce sont des normes universelles des droits humains qui ont été adoptées par la plupart des nations du monde, et même certains pays y ont adhéré, mais les violent », a-t-il fait remarquer.
Selon M. Kerry, ce type de rapport –qui appui ceux des ONG nationales et internationales- devrait servir aux Etats pour s’améliorer, car dit-il, « dans le domaine des droits de l’Homme, tous les gouvernements ont la capacité de faire mieux ». Et pour le Secrétaire d’Etat américain, le respect des droits humains dans un pays est vérifié lorsque « les gens sont plus heureux, plus libres d’entreprendre, de créer, de faire la différence dans la construction de la communauté ».
Ristel Tchounand
Copyright Yabiladi.com

jeudi 14 avril 2016

Le Sahara Occidental de Ban Ki-Moon vu de Bruxelles Crimes et chuchotements



Monde : Le Sahara Occidental de Ban Ki-Moon vu de Bruxelles
Crimes et chuchotements



De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari
 
Le Sahara occidental sous colonialisme marocain est, aujourd’hui, érigé en zone interdite, isolé du reste du monde.
Les observateurs, les ONG de défense des droits de l’Homme, les députés européens, les journalistes autres que ceux agréés par le Makhzen y sont interdits d’accès.
Dernièrement, une délégation de juristes (France, Espagne, Belgique) a été reconduite manu militari par la police marocaine et embarquée de force à partir d’Al Djazira vers le Vieux Continent.
Auparavant, des europarlementaires ont été empêchés de se rendre à Laâyoune pour établir leur rapport sur la situation vécue par les populations dans la capitale sahraouie, à Dakhla et ailleurs. Au jour d’aujourd’hui, la Commission européenne, en définitive, le gouvernement de l’Europe, a toujours insisté sur les «voies» du dialogue avec Rabat pour débloquer les verrous et permettre les visites au Sahara occidental.
Cependant, depuis quelques jours, il paraît évident que le président Jean-Claude Juncker est agacé et préoccupé par les attitudes du Makhzen et du palais. En aparté, les diplomates marocains lui promettent que tout sera mis en œuvre pour que personne ne puisse être empêché d’aller au Sahara occidental, mais les choses évoluent différemment. Le Maroc conscient qu’il est un indu occupant là-bas, ne peut se permettre d’ouvrir les territoires sahraouis, ça causera sa perte. Rabat est obligé de se comporter ainsi, une autre démarche signifierait le début de la fin de sa ruineuse aventure dans un pays d’autrui. Le colonialisme est un et indivisible, il n’est pas configuré pour le consensus, le dialogue avec l’autre, le retrait accepté et ordonné (France au Viêtnam et en Algérie en est l’exemple édifiant). Le colon ne part jamais, il est toujours chassé, coup de pied au derrière. C’est ainsi. Le Maroc est en train de rater une occasion en or de se retirer du Sahara occidental grâce aux Nations-Unies qui lui offrent cette possibilité du référendum. Rabat s’entête et rue sur les brancards, se referme et n’écoute plus. A Bruxelles, ça chuchote, ça discute et ça s’exaspère, y compris dans les milieux traditionnellement taiseux par rapport au dossier sahraoui. Une gorge profonde, s’abreuvant à la source, confie à un parterre de journalistes «l’Union européenne ne pourra plus ignorer le Sahara occidental dans ses rapports avec le Maroc». «Surtout, ajoute-t-il, depuis la décision de la Cour européenne (invalidation de l’Accord agricole avec le Maroc parce qu’englobant le Sahara occidental, ndlr) et la position ferme de Ban Ki-moon qui a parlé «d’occupation».
Asiatique, pas connu pour privilégier la formule au fond, diplomate chevronné et habile, Moon, tient à ajouter cette source, «ne peut pas avoir dit ça comme ça». «N’oubliez pas aussi qu’il (B. Ki-moon) est proche des Américains...»
A. M.


Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2016/04/14/article.php?sid=194790&cid=26

Colère de Farida Aarrass : voilà le résultat de la pourriture véhiculée par les médias !

Et voilà le résultat de la pourriture véhiculée par les médias !
Personne n'est épargné !
Le gars aura eu beau changer de vie, les médias sont là pour ressortir les vieux dossiers et faire basculer sa vie au cauchemar !
Je suis de tout cœur avec lui, avec sa mère, avec la famille.
Les criminels doivent payer, mais il ne faut pas s'en prendre à la famille ! On se croirait au moyen âge à l'époque où on procédait à la chasse aux sorcières !
Pourquoi est ce qu'on ne parle pas un peu plus du terrorisme provoqué par les médias ?!
Le frère des deux terroristes impliqués dans les attentats de Paris perd son poste à l’administration communale.
lalibre.be

[Video] Maroc : Le 11e congrès national de l’AMDH menacé d’interdiction

Politique
 
Ahmed El Hayej, président de l'AMDH / DR
Le 11e congrès de l’AMDH, prévu du 21 au 24 avril, est menacé d’interdiction. De nombreuses associations se disent solidaires avec les camarades d'El Hayej réclamant le respect du droit de réunion. Pour le moment le ministère de l’Intérieur ne s’est pas encore prononcé officiellement sur le sujet.
L’Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH) tiendra-t-elle son 11e congrès national, prévu du 21 au 24 avril ? « Il y n’aura pas de changement », nous confie Ahmed El Hayej, président de l’ONG. « Pour le moment nous avons décidé de tenir notre réunion au club des avocats (sis à Zaër à environ 15 km du centre de Rabat, ndlr). C’est la dernière ligne droite. Nous allons, dans les prochaines heures, envoyer des invitations aux délégations nationales et internationales », ajoute-il. Une solution pour pallier aux refus des « responsables du centre Bouznika qui ont prétexté de travaux de rénovation ou ceux du théâtre Mohammed V qui ont exigé de l’AMDH de fournir une autorisation écrite délivrée par les autorités de la capitale », explique le président.

L’ONG a frappé à la porte de plusieurs ministres
Les menaces qui pèsent sur le raout de l’AMDH constituent le dernier épisode d’une longue série de restrictions ayant frappé les activités de l’ONG depuis juillet 2014. Yabiladi a demandé à El Hayej s’ils ont initié un dialogue avec le ministère de l’Intérieur en vue d’une solution à ce problème avant le 21 avril : « Les médiations menées par certains responsables dont plusieurs ministres de l’actuel gouvernement n’ont rien donné pour le moment. Nous avons tenu le vendredi 8 avril une réunion avec le ministre de la Culture. Amine Sbihi a déclaré qu’il attend le feu vert du ministère de l’Intérieur avant de nous ouvrir les portes du théâtre Mohammed V de Rabat. L’AMDH a également envoyé une lettre à son collègue de la Jeunesse et des Sports, en sa qualité de propriétaire du Centre Bouznika ».
Au cas où l’interdiction est décrétée, l’AMDH compte dans sa besace un plan B. « Une telle décision ne pourrait paralyser le fonctionnement normal de notre organisation. Nous prévoyons d'incorporer nos structures dirigeantes par de nouveaux éléments. Nos statuts internes le permettent ».
Depuis 1989, l’ONG a toujours organisé ses congrès même lorsque les relations avec l’Etat étaient extrêmement tendues. Une interdiction de la grande messe de l’ONG demeure une option plausible. Ces dernières semaines, les autorités ont empêché la tenue de trois réunions d’Attac, dont une internationale, et une de la jeunesse d’Annahj Addimocrati (Voie démocratique).
Mohammed Jaabouk
Copyright Yabiladi.com

http://yabiladi.com/articles/details/43854/maroc-congres-national-l-amdh-menace.html

ACAT : Expulsion d’une délégation de juristes


L'ONG CHRÉTIENNE CONTRE LA TORTURE ET LA PEINE DE MORT

Expulsion d’une délégation de juristes

Le 6 avril, sept juristes européens et leur accompagnatrice ont été arrêtés par la police marocaine puis expulsés le lendemain matin. Le motif invoqué pour justifier leur expulsion : ils seraient « entrés au Maroc pour semer le trouble et porter atteinte à l'ordre public ».
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Me Metton, membre de la délégation
Le 12 / 4 / 2016 

 Le 6 avril, sept juristes européens et leur accompagnatrice ont été arrêtés par la police marocaine puis expulsés le lendemain matin. Ils effectuaient une mission pour le collectif international de juristes en soutien aux prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik. Le motif invoqué pour justifier leur expulsion : ils seraient « entrés au Maroc pour semer le trouble et porter atteinte à l'ordre public ».
Me Ingrid Metton, avocate française, Eric David, professeur de droit international belge, Jesus Maria Martin Morillo, magistrat espagnol ainsi que Me Maria Nieves Cubas Armas, Me Juan Carlos Gomez Justo, Me Altamira Guelbenzu Gonzalo et Francisco Serrano Ramirez, avocats espagnols, et Joëlle Toutain, accompagnatrice, ont été gardés plus de 3h au commissariat de Rabat et expulsés le lendemain, à leurs frais. Ils venaient d’arriver au Maroc pour apporter leur soutien aux 13 prisonniers sahraouis de Gdeim Izik qui ont observé une grève de la faim pendant 36 jours en protestation contre leur torture et leur détention arbitraire. Condamnés le 16 février 2013 par un tribunal militaire à de très lourdes peines à l’issue d’un procès manifestement inique et sur le fondement d’aveux signés sous la torture, les 13 prisonniers et leurs sept codétenus condamnés dans la même affaire attendent depuis près de trois ans que leur pourvoi en cassation soit examiné.
La délégation de juristes projetait notamment de rencontrer les avocats des prisonniers et les autorités marocaines dans l’espoir de mettre fin à l’injustice flagrante subie par les détenus depuis leur arrestation en 2010. Le collectif revendique la libération immédiate des détenus de Gdeim Izik, l’examen sans délai de leur pourvoi en cassation et une enquête sur leurs allégations de torture et de mauvais traitements.

Le Barreau de Paris a vivement condamné l’arrestation et l’expulsion des juristes. Les autorités françaises ont assuré la protection consulaire de leurs ressortissantes mais n’ont pas protesté auprès de leurs homologues marocains contrairement au ministre des Affaires étrangères espagnol qui a convoqué l’ambassadeur du Maroc pour avoir des explications.

Contexte

Cela fait trois ans que Naama Asfari et ses coaccusés ont été condamnés pour leur participation présumée au camp de protestation sahraoui de Gdeim Izik en novembre 2010. Au cours de l’évacuation forcée du camp, des affrontements ont éclaté entre l’armée et des manifestants sahraouis, au cours desquels neuf soldats marocains auraient trouvé la mort. Naama Asfari a été condamné à 30 ans d’emprisonnement pour meurtre alors même qu’il a été arrêté la veille du démantèlement. Torturé, battu, humilié, pendant sa garde à vue en 2010, il avait signé des aveux sous la contrainte. Avec lui, 24 autres militants sahraouis ont subi un sort similaire. Neuf des accusés ont été condamnés à la perpétuité, quatre à 30 ans d’emprisonnement, sept autres à 25 ans, trois à 20 ans et les deux derniers, condamnés à deux ans d’emprisonnement, ont été libérés car ils avaient déjà effectué leur peine en détention préventive. 

Ce verdict a été prononcé à l’issue de neuf jours de procès inéquitable marqué notamment par la prise en compte d’aveux arrachés sous la torture. Plusieurs observateurs internationaux présents aux audiences, ont dénoncé de nombreuses irrégularités parmi lesquelles le fait que les accusés ont été poursuivis devant le tribunal militaire malgré leur qualité de civil. De plus, il n’y a eu aucune autopsie des neuf victimes des forces de sécurité et leur nom n’a même pas été mentionné. Les juges se sont refusés à tenir compte des allégations de torture formulées par les accusés et de satisfaire à leur demande d’expertise médicale, en violation du droit marocain et du droit international. Aucune preuve n’a été présentée prouvant l’implication des accusés dans le meurtre des agents de sécurité.
Les tortures, détention arbitraire et condamnation des détenus de Gdeim Izik ont été dénoncées par le Comité contre la torture, le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et le Groupe de travail sur la détention arbitraire.

Sahara Occidental : L’appel pressant de Ciudadanos au gouvernement espagnol


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le 13/4/2016 

Le parti politique espagnol, Ciudadanos  (parti de la citoyenneté), a demandé au gouvernement espagnol intérimaire de «promouvoir toutes les initiatives politiques pour parvenir à une solution juste et définitive au conflit du Sahara occidental par le biais d’un référendum d’autodétermination».
Cette formation politique estime, dans un communiqué de presse, que l’Espagne devrait utiliser sa position en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour apporter «un soutien fort» à l’actuel envoyé spécial pour le Sahara occidental, Christopher Ross. Le gouvernement espagnol devrait «reprendre la responsabilité historique qu’il a avec le peuple sahraoui et devrait également travailler activement au sein de l’Union européenne et dans les institutions internationales pour la résolution des conflits», a ajouté la même source.
Le parti Ciudadanos estime par ailleurs «nécessaire de reconnaître le Polisario comme représentant légitime du peuple sahraoui en donnant un statut diplomatique à la délégation qui le représente en Espagne», tout en demandant au gouvernement espagnol d’exhorter les autorités marocaines «à cesser la persécution des Sahraouis qui luttent contre l’occupation illégale du Sahara occidental et à libérer les prisonniers politiques sahraouis». Le soutien du travail des organisations humanitaires de l’ONU afin qu’elles puissent «répondre à la situation lamentable des réfugiés sahraouis» a été également soulevé par ce parti qui est représenté dans le groupe des parlementaires espagnols créé récemment pour soutenir la cause sahraouie.
Composé de 14 partis politiques représentés au Parlement espagnol, ce groupe vise à «impulser une nouvelle politique afin de contribuer efficacement à trouver une solution urgente au conflit du Sahara occidental» suite aux dernières évolutions qu’a connues le dossier du Sahara occidental, notamment après les récentes décisions et manœuvres marocaines visant à entraver le processus de décolonisation.
La société civile espagnole, représentée par les associations de solidarité avec le peuple sahraoui, reste mobilisée jusqu’à la libération de tous les prisonniers politiques et le recouvrement par le peuple sahraoui de son indépendance qui va mettre fin aux souffrances infligées par le régime marocain depuis plus de 40 ans. Un regroupement des diverses associations espagnoles solidaires avec le peuple sahraoui est d’ailleurs prévu le 16 avril à Madrid.
R. I.

Béni Mellal : Les deux homosexuels relâchés par la justice

Après les protestations, les pétitions et les commentaires du côté des associations de la société civile comme de la population marocaine, la justice marocaine a tranché l'affaire des homosexuels de Béni Mellal. Le tribunal de première instance de la ville a décidé de libérer les deux homosexuels en même temps qu'il a condamné certains de leurs agresseurs dans cette affaire qui avait pris une tournure internationale. Le bruit de la polémique s'étant atténué, il faut peut être espérer un débat serein sur l'homosexualité au Maroc et sur les personnes qui se substituent à la justice.
Protestation devant le tribunal de première instance de Beni-Mellal/ Crédit Photo: Fadel Senna (AFP)




 
C’était un verdict très attendu du côté des associations comme de la population marocaine. Après 26 jours de détention, les deux homosexuels de Béni Mellal ont été remis en liberté par le tribunal de première instance de la ville, rapporte Libération.
Pour rappel, l’un des deux homosexuels de Béni-Mellal, arrêté le 9 mars dernier, avait été condamné 6 jours plus tard à 4 mois de prison ferme pour « actes sexuels contre-nature » et a vu sa peine être transformée en sursis. Le procès d’hier concernait donc son partenaire qui a écopé de 4 mois de prison avec sursis. Ils ont tous les deux retrouvé la liberté. Parallèlement, le tribunal de première instance de Béni Mellal a décidé de condamner un des agresseurs, poursuivi pour « «entrée par effraction, recours à la violence et port d’armes » à 6 mois de prison ferme, un autre a écopé quant à lui de 4 mois ferme pour les mêmes motifs tandis que deux autres ont été relaxés.
Le procès s’est déroulé hier sous des mouvements de protestation ou de soutien. Avant même l’ouverture du procès, des habitants de Béni -Mellal s’étaient rassemblés devant le tribunal pour réclamer la libération des agresseurs. De l’autre côté, deux militantes françaises du mouvement Femen, ont été maîtrisées puis interpellées alors qu’elles s’apprêtaient à poser seins nus devant le tribunal. Arrivées dimanche au Maroc, elles tentaient de protester contre le procès intenté aux deux homosexuels. Tout de suite après leur interpellation, la Wilaya de Béni Mellal-Khénifra a décidé de les expulser en application de la loi régissant le séjour des étrangers au Maroc. Le mouvement Femen en France a dénoncé cette interpellation et cette expulsion et a réclamé  sur son compte twitter, l’abrogation de l’article 489 du code pénal dans le sillage d’une vingtaine d’association de la société civile.

Après le procès, un débat serein ?
Et pour remonter plus loin cette affaire, il faut aller au 25 mars dernier. Ce jour là, une vidéo diffusée sur Youtube fait réagir sur la toile marocaine. Elle montrait 2 hommes, dénudés, le visage tuméfié, qui se faisaient agresser par une bande de jeunes qui les ont traînés dans la rue. Les faits filmés remontent en fait au 9 mars. La même bande de jeunes avait fait irruption dans un appartement de Béni Mellal avant de filmer l’agression des deux homosexuels qui se trouvaient à l’intérieur. L’un des deux homosexuels avait été arrêté le même jour, le second lui n’a été mis en détention qu’après la diffusion de la vidéo.
L’affaire a provoqué un tollé et avait commencé à s’internationaliser. Une vingtaine d’associations de la société civile s’était alors saisie de l’affaire pour réclamer la libération des deux homosexuels, la condamnation de leurs agresseurs à des peines sévères et l’abrogation de l’article 489 du code pénal sanctionnant « les actes licencieux et contre-nature commis avec un individu de son sexe ». Ces associations avaient reçu le soutien de Human Rights Watch et de plusieurs personnalités dont la chanteuse française Jenifer et de partis politiques marocains comme l’Union constitutionnelle (UC). Une équipe du « Petit Journal », venu tourner sans autorisation un sujet sur l’homosexualité au Maroc, avait été interpellée puis expulsée. La toile marocaine s’était même enflammée, chacun y allant de son commentaire entre soutien et opposition aux homosexuels.
Aujourd’hui, la polémique semble être retombée. Dans un climat plus apaisé, le débat devrait maintenant se centrer sur la question de la (dé)pénalisation de l’homosexualité au Maroc et au-delà sur la lutte contre « les brigades de vertus » qui se substituent à une fonction régalienne de l’Etat : faire la police et rendre la justice !

«Le Maroc est la cause de l’impasse actuelle»

Jacob Mundy. Spécialiste des conflits et enseignant à l’université Colgate (Etats-Unis)

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Zine Cherfaoui, 14/4/2016

Inscrit depuis 1966 sur la liste des territoires non autonomes — et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux —, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc qui est soutenu par la France. Jacob Mundy, enseignant à l’université Colgate de New York, explique les raisons des récentes attaques dirigées par le Maroc contre le secrétaire général de l’ONU.

- Les relations entre le Maroc et les Nations unies se sont considérablement détériorées depuis la visite, en mars, de Ban Ki-moon dans les camps de réfugiés sahraouis. Vous attendiez-vous à une telle situation ?
J’ai été surpris de voir le secrétaire général de l’ONU afficher ouvertement une pareille hostilité à l’égard du Maroc. La source de cette hostilité est bien connue. Durant des années, le Maroc a refusé de travailler avec son envoyé personnel pour le Sahara occidental, l’ambassadeur Christopher Ross. Dans le passé, le secrétariat a montré certains signes de frustration, mais cela est resté discret et gardé sous silence.
Quand le Maroc a décidé de bloquer la visite de Ban Ki-moon dans les territoires (cela inclut aussi le refus d’accorder à son avion l’autorisation d’atterrir à El Ayoun), ce fut la goutte de trop… le coup final. En affichant sa frustration publiquement, le secrétaire général de l’ONU a créé un précédent. De Waldheim à Annan, les secrétaires généraux de l’ONU ont généralement été plus favorables au Maroc qu’au Front Polisario. 

- Que pensez-vous des raisons invoquées par le Maroc pour essayer de disqualifier Ban Ki-moon et l’approche de l’ONU du conflit ?
Les Marocains n’aiment pas entendre la vérité à propos du Sahara occidental. La vérité est que le Sahara occidental est le dernier territoire non autonome d’Afrique. De plus : selon les documents de l’ONU, l’Espagne est officiellement la puissance administrante. Donc, si l’Espagne est la puissance administrante et que le Sahara occidental est non autonome, alors quel est le statut légal du Maroc dans ce territoire ? Cela ne peut être autre chose qu’une occupation.
Ban Ki-moon a dit la vérité quand il a défini la situation comme une occupation. L’Assemblée générale de l’ONU a aussi qualifié la situation d’occupation. L’avis légal émis en 2002 par les Nations unies sur la question est aussi clair. En fait, quand Ban Ki-moon a qualifié le Sahara occidental de «territoire occupé», il a parlé simplement d’un fait reconnu comme tel par la loi internationale.

- Comment décryptez-vous la décision du Maroc d’expulser les membres de la composante politique de la Minurso ? Quel message le roi Mohammed VI a-t-il voulu délivrer ? Le Maroc a toujours eu une relation inconfortable avec la Minurso. Tout d’abord, le nom de la mission onusienne reconnaît que sa vocation est d’organiser un référendum d’autodétermination. Le cessez-le-feu n’était pas le but principal de cette mission. Il ne s’agissait là que d’une étape dans le processus devant mener à l’organisation d’un référendum sur l’indépendance.
Le Maroc s’en est quand même accommodé. Le cessez-le-feu et les observateurs militaires onusiens le long de la berme sont devenus très utiles pour Rabat. Le Maroc sait que beaucoup de Sahraouis veulent que le Polisario reprenne la guerre. Rabat utilise donc les forces de maintien de la paix de la Minurso pour garder un œil sur le Polisario et dissuader les Sahraouis de se lancer dans une nouvelle lutte armée.
Cependant, l’administration civile de la Minurso est un problème pour le Maroc vu la pression internationale grandissante en faveur de la surveillance des droits de l’homme dans les territoires occupés, surtout que la demande est soutenue par les gouvernements américain et britannique.
Si la Minurso est mandatée pour surveiller les droits de l’homme, ce sera forcément ses administrateurs civils qui se chargeront d’accomplir la mission. A certains égards, la Minurso a déjà surveillé les droits de l’homme de façon informelle. Le Maroc a donc fait une action préventive destinée à empêcher la Minurso de surveiller les droits de l’homme.

- Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) vient de se dire «inquiet» au sujet de la situation dans la région. Pour l’UA, la décision du Maroc d’expulser les membres de la composante politique de la Minurso «menace la sécurité régionale». Partagez-vous la même inquiétude ? Pensez-vous que la situation pourrait un jour dégénérer si rien n’est fait pour résoudre ce vieux conflit ?
Je partage les préoccupations de l’UA. Les tensions ne cessent d’augmenter au Sahara occidental. Néanmoins, il est peu probable que le Front Polisario se lance, dans un avenir proche, dans une guerre et cela par respect pour l’Algérie qui se débat avec la question de l’«après-Bouteflika». Le Maroc, quant à lui, attend tout simplement l’élection d’un nouveau président aux Etats-Unis. Il espère une deuxième Administration Clinton qui signifiera probablement le soutien total des Etats-Unis pour «l’autonomie».
Mais si le Maroc et le Conseil de sécurité des Nations unies continuent à fermer toutes les issues qui conduisent concrètement vers un référendum, il est difficile d’imaginer qu’il n’y aura pas de manifestations du conflit. Cela sous une forme ou une autre. Après, AQMI et Daech pourraient tirer profit d’une telle situation, comme ils l’ont déjà fait au Mali.

- Pourquoi le Conseil de sécurité n’a pas condamné l’attitude agressive du Maroc envers le secrétaire général de l’ONU, comme cela a été demandé par Ban Ki-moon lui-même ? Comment le Maroc peut-il se permettre de défier ainsi la communauté internationale ?
La réponse est simple : c’est la France. Le gouvernement français a toujours soutenu le Maroc au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. La France est au Maroc ce que les Etats-Unis sont à Israël. Quand il y avait un consensus total sur le plan Baker en 2003 — qui aurait pu résoudre ce conflit en 2010 —, la France avait sonné la charge et s’y était opposée. Depuis lors, le Maroc ne cesse de se sentir conforté et renforcé dans son attitude. Ban Ki-moon est également sur le point de terminer son mandat. En France et aux Etats-Unis, le Maroc est plus important qu’un secrétaire général sortant.

- Qu’est-ce qui empêche concrètement le règlement du conflit du Sahara occidental, conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies ?
Les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU appellent actuellement une solution politique négociée qui permettra un référendum d’autodétermination au Sahara occidental. Le Polisario est prêt à discuter de l’autonomie dans le contexte d’une solution politique qui équivaudrait au final au vote d’un statut définitif. Cependant, le Maroc estime que sa proposition d’autonomie avancée en 2007 est la solution optimale, même si elle ne prévoit pas de référendum d’autodétermination.
C’est le Maroc qui a généré l’impasse. Mais le Conseil de sécurité ne veut pas mettre de pression sur le Maroc. Et cela, même pas au plan du discours. Comme nous l’avons vu durant les derniers événements, le Maroc est prêt à tout pour parvenir à ses fins, y compris exploiter comme il l’a fait un événement sans conséquence (visite de Ban Ki-moon) ou créer une crise régionale.

- A votre avis, que devons-nous attendre de la prochaine réunion du Conseil de sécurité sur le conflit du Sahara occidental ?
Le rapport du secrétaire général de l’ONU a été retardé. Il semble donc qu’il y ait actuellement des tractations et un intense travail de coulisses. Il n’en sortira probablement pas grand-chose. La dernière fois que nous avons assisté à une levée de boucliers du Maroc concernant la surveillance des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés, le Conseil de sécurité de l’ONU avait fini par trouver le moyen de le calmer. Un processus similaire est probablement en cours.

Bio express

Spécialiste du Maghreb, Jacob Mundy anime actuellement un cours sur la paix et les conflits à l’université Colgate de New York. Il a particulièrement travaillé sur les conflits armés et les interventions humanitaires en Afrique du Nord, une région où il a séjourné de nombreuses fois.
Jacob Mundy a publié des articles très fouillés sur le conflit sahraoui dans plusieurs revues spécialisées. Le dernier remonte à 2014 et est intitulé «Sahara occidental : La résistance non violente comme dernier recours». Il a été coécrit avec Stephen Zune. Jacob Mundy est diplômé des universités d’Exeter et de Seattle.