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samedi 18 juin 2016

LIBERTÉS – Des ONG en France montrent de nouveau le Maroc du doigt…




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Au menu de la table ronde qui eu lieu le jeudi à Paris, le procès du 29 juin prochain à Rabat où seront jugés Maâti Monjib, Abdessamad Aït Aïcha, Hicham Mansouri, Hisham Khribchi, Mohamed Sber, Rachid Tarik et Maria Moukrim, a-t-on appris samedi.
C’est une table ronde/conférence de presse sur les droits de l’homme et la liberté d’expression au Maroc qui a attiré pas mal de monde, et beaucoup de personnes n’ont malheureusement pu y accéder, selon un communiqué rendu public.
Organisée par le député français Jean-Louis Roumégas, elle rassemblait les associations suivantes : ASDHOM, AMDH, RSF (Reporters sans frontières), FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’homme), Amnesty international et Free press unlimited.
Le journaliste Omar Brouksy a brossé le contexte politique marocain avant que chacune d’entre elles ne prenne la parole.
Ce procès, déjà reporté trois fois, est particulièrement suivi en France chez les parlementaires des deux chambres représentées comme chez les militants et simples amis, mais aussi dans un certain nombre d’autres pays du monde. Comme l’ont souligné quasiment tous les intervenants, s’il y a eu des avancées significatives au Maroc, il reste inquiétant et inacceptable que le Maroc ne respecte même pas ses engagements internationaux, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et sa propre Constitution qui garantissent la liberté d’expression, souligne le communiqué .
Ces journalistes sont accusés, pour certains d’avoir perçu des subventions de l’étranger sans l’avoir déclaré au secrétariat général du gouvernement, pour les autres d’atteinte à la sûreté nationale/de l’État. Cette dernière accusation, très grave, vise un universitaire et de jeunes journalistes militant pour les droits humains et la liberté d’expression, et se base principalement sur la formation à l’utilisation et la promotion de Story maker, une application pour smartphone permettant de réaliser des reportages de qualité avec des moyens simples, le tout étant développé par l’ONG néerlandaise Free press unlimited (et promu par le journal The Guardian), précise le communiqué .
Cette ONG  a expliqué qu’elle était présente au Maroc depuis 2006, seul pays au monde avec lequel il y a des problèmes liés à ces formations. Pourtant Story maker permet de partager l’information en toute sécurité par les téléphones mobiles et de rester connectés au monde où, on le sait, les nouvelles circulent vite. Le Maroc voudrait-il, dès lors, se déconnecter du monde en interdisant story maker ?
On sait que le Maroc est bien mal placé dans le classement des pays qui respectent la liberté d’expression : 131ème sur 180. Beaucoup de journalistes sont intimidés, menacés, harcelés, arrêtés et accusés de façon insidieuse (on pense notamment à Ali Anouzla sous le coup d’une accusation grave depuis 2013 mais non encore jugé à ce jour).
Le durcissement en matière de liberté d’expression -donc le non respect de la Constitution et des engagements internationaux- concerne aussi les associations dont soit les statuts ne sont pas enregistrés soit les activités sont interdites (l’AMDH étant principalement visée), tout comme les manifestations pacifiques (arrêter des chômeurs handicapés qui manifestaient devant le Parlement est pour le moins singulier et aberrant).
Ce 23 juin, deux des co-accusés avaient pu effectuer le déplacement pour témoigner de cela dans leur vie et leur quotidien, affirme la même source.
Quant à Maâti Monjib, retenu par d’autres obligations, attaqué ces dernières semaines dans des médias proches des services -comme si sa réputation n’avait pas été assez entachée par cette affaire- , on veut en faire un opposant politique ni plus ni moins alors qu’il prône toujours la modération et le dialogue et qu’il analyse systématiquement les mécanismes du pouvoir politique puisqu’il s’agit de sa spécialité académique.
À l’Assemblée nationale, ce 23 juin, le moment était grave mais intéressant et mobilisant, riche de précisions et d’échanges. Toutes les associations présentes et intervenantes s’affirment solidaires de ces sept co-accusés et demandent aux autorités marocaines d’abandonner toutes les charges à leur encontre, ajoute le communiqué .
Affaire à suivre !

Chris Coleman divulgue des documents secrets: le Makhzen embarrassé

Document compromettant le Prince Zeid, Haut Commissaire des NU aux Droits de l'Homme
Les documents secrets du ministère marocain des Affaires étrangères sur le dossier du Sahara Occidental divulgué par le pirate des réseaux sociaux Chris Coleman en 2014, font toujours le buzz et tentent d’embrasser de plus en plus le Royaume Chérifien, selon le journal péruvien La Razon.
Le hacker a pu dévoiler les pratiques "malsaines" auxquelles le Maroc a eu recours pour atteindre son objectif, celui de maintenir sa domination sur le Sahara occidental et "discréditer" le Front Polisario, le représentant légitime du peuple sahraoui, reconnu par les Nations Unies, lit-on dans un article paru mercredi à Lima, au Pérou.
«Les révélations du hacker Chris Coleman dépassent de loin celles de Wikileaks Assange et Snowden confidences et renseignent sur le pourrissement dans lequel évolue la diplomatie marocaine concernant la question sahraouie », selon le même article paru dans le journal.

Le CARASO dénonce la poursuite du pillage des ressources naturelles sahraouies par l'occupant marocain




Paris, 17 juin 2016 (SPS)

 Le Comité d’Action et de réflexion pour l'avenir du Sahara occidental (CARASO) a dénoncé vendredi la poursuite du pillage des ressources naturelles sahraouies par l'occupant marocain,  accusant la France et l'Espagne de complicité.

"Les richesses naturelles du Sahara occidental sont acheminées quotidiennement vers l’Europe", a accusé le CARASO dans un communiqué, soulignant que "de longues investigations ont été menées à cause de la présence d'un grand nombre des navires étrangers appartenant à des sociétés multinationales".
Parmi ces sociétés, l'ONG cite "CEDEIRA S.C. tenerife, BOREAS DURA BULK Panama, BBC Germany,  ALTAIR, PAUL E,  PANAGIA ST JOHN’S IMO N° 9305295 CRYSTAL MOUNTAIN SEL SAHARA SA MINE DE SEL OUM DBA".
"Il s’est avéré que le l’occupant marocain pille chaque jour de 300 à 400 tonnes du sable doré, de sel, de phosphate et de pêche du territoire du Sahara occidental", a révélé l'ONG, affirmant que "ces centaines de tonnes sont acheminés chaque jour des ports du Sahara occidental et en particulier d’El Aaiun.
Ensuite, l’occupant marocain partage les bénéfices avec surtout la France et l’Espagne pendant que la population souffre de la pauvreté et sa jeunesse du chômage".
Rappelant que "c’est malheureusement l'Espagne qui a trahi le peuple sahraoui et l’a vendu comme du bétail en signant l’accord tripartite de Madrid en 1975", le CARASO, a expliqué que "c’est encore la France, qui se vante de son respect des droits de l'Homme, qui détourne son regard et n’a pas bougé le doigt lorsque les forces d’occupation marocaines ont torturé, emprisonné, assassiné les Sahraouis".
"Le Maroc adopte, depuis son invasion en 1975, une politique de génocide envers les Sahraouis qui aspirent à l'autodétermination et à l'indépendance et mène une politique d'appauvrissement et de ségrégation dans le territoire", a encore accusé le Comité, indiquant qu'"il est important de noter qu’aucun pays au monde n’a reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental et que cette occupation constitue un défi pour les Nations Unies".
Pire encore, ajoute le CARASO, l’ONU n’a pas pris ses engagements au sérieux envers le peuple sahraoui pour appliquer et soutenir son droit inaliénable à l'autodétermination et ainsi appuyer la paix et la stabilité dans la région.
"Pourquoi alors la France colonialiste se contredit en soutenant aveuglement l’occupant marocain au Sahara occidental", a conclut l'ONG. (SPS)
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Onu - Sahara occidental, Comité des 24, : Responsabilités non assumées

DR


Le Comité spécial de la décolonisation de l’ONU, dit Comité des 24, a réaffirmé le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et a exprimé son inquiétude sur l’impasse dans laquelle se trouve le processus de paix conduit par les Nations unies au Sahara occidental «dernière colonie en Afrique».


Le représentant de l’Algérie auprès de l’ONU, M. Sabri Boukadoum, a déclaré, au cours de la session ordinaire du comité qui se tient à New York, que le conflit au Sahara occidental est une question de décolonisation qui «ne peut trouver d’issue sans l’exercice par le peuple sahraoui de son droit à l’autodétermination». M. Boukadoum a appelé l’ONU à assumer ses responsabilités en indiquant que plusieurs dizaines de résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité soulignent ce droit à l’autodétermination. Les résolutions du Conseil de sécurité doivent être «bien lues et bien entendue», a-t-il insisté. Le représentant de l’Algérie a particulièrement attiré l’attention sur la question des droits de l’homme dans les territoires occupés et l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental par le Maroc. «La patience du peuple du Sahara occidental ne saurait être acquise», a-t-il prévenu, ajoutant qu’il n’y a pas d’alternative à l’exercice du droit à l’autodétermination.

Extrême droite : La Revue Projet lance une campagne de crowdfunding


Publié le 17 mai 2016

Le Front national devient le premier parti de France, la Revue Projet lance une campagne de crowdfunding face à un enjeu exceptionnel pour revitaliser le lien social et la vitalité démocratique.

Il séduit les couches populaires et les jeunes. Il perce même dans des milieux qui s’en pensaient prémunis. Chez les catholiques, 32% des votants se sont exprimés pour ce parti au premier tour des élections régionales de 2015 (24% chez les pratiquants réguliers, un chiffre en forte progression depuis les élections précédentes).
Cette progression interroge largement, jusqu’au sein de mouvements et associations engagés pour la justice sociale, où les discours frontistes, quand ils font écho aux causes défendues, peuvent susciter une certaine confusion. Mais la montée de l’extrême droite en France ne saurait se résumer au FN. Le discours identitaire excluant, la construction de la peur de l’autre sont des ressorts utilisés bien au‐delà.
Où s’arrête aujourd’hui l’extrême‐droite ? Quels facteurs expliquent sa progression, dans de nombreux pays d’Europe ? Quelles digues ont sauté ? Qu’expriment les électeurs par ce vote ? Quelles questions légitimes posent‐ils à notre société ? Quelles réponses apporter ? Comment expliquer que certains pays, certaines régions ou collectivités résistent plus que d’autres à la rhétorique extrémiste ? Que faire, comme citoyen, comme association, comme mouvement ?

Maroc : Plusieurs personnes arrêtées pour avoir rompu le jeûne publiquement


Les arrestations de non-jeûneurs se sont multipliées ces derniers jours au Maroc. A Marrakech, un homme et sa compagne qui s’embrassaient en plein jour près d’un immeuble du quartier Gueliz ont été interpellés par une patrouille de la police, indique une dépêche de l'agence EFE citant Omar Arbib, le président de la section locale de l’AMDH.  Selon l’article 222 du code pénal, le couple encourt jusqu’à six mois de prison ferme et une amende de 12 à 120 mille dh.
L’ONG a également relevé le passage à tabac d’une fille, qui fumait pendant le jeûne dans une salle de jeu de la ville ocre. La même source a fait état de la détention à Zagora de deux personnes qui buvaient de l’eau. Elles sont poursuivies en liberté provisoire, pour rupture du jeûne dans lieu public « sans motif admis par la religion ».
Et depuis hier un salarié à Rabat se trouve en prison. Son supérieur hiérarchique l’a surpris entrain de fumer une cigarette depuis la fenêtre de son lieu de travail et a appelé la police pour l’arrêter.
Au début du Ramadan, le Collectif « Akaliat » (Minorité), connu pour plaider la cause homosexuelle, a lancé une campagne pour revendiquer le droit des Marocains de ne pas jeûner publiquement. Un appel auquel s’oppose Mohamed El Fizazi. Le cheikh salafiste a demandé aux autorités une stricte application de l’article 222 du code pénal.
Portrait de La rédaction 

Les mots qui fâchent par Philippe Torreton.


Tactique

Philippe Torreton, 17/6/2016
Humanite.fr

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Photo : AFP

Vous voulez baisser drastiquement les salaires pour rendre notre pays plus attractif.
Vous pensez que les protections sociales affaiblissent les remontées de cash vers les actionnaires.
Vous rêvez secrètement d’une France panaméenne attractive et peu regardante.
Vous pensez que la concurrence est mondialisée et que cela autorise et permet tout.
Vous appelez de vos vœux une main d'œuvre sans représentation syndicale, endettée de crédit à la consommation, prête à signer n'importe quel accord interne pour sauver son poste.
Vous pensez que les entreprises sont trop taxées, qu'il est grand temps que la France en finisse avec les conneries ouvrières de 36 et les lois idéalistes et boy scout de lendemain de guerre.
Vous regardez les yeux mouillés quelques jusqu'au-boutiste de la cause qui ont pour mission d'avancer leur gros sabots libéraux dans le terrain miné de la France sociale pour voir là où ça pique encore, vous portez très haut dans votre estime par exemple un Patrick Lelay qui en son temps a eu le courage de dire qu’il ne faisait pas de la télé mais du lavomatic de cerveau, mais vous vous rangez encore et toujours du côté du tout venant libérale, plutôt hypocrite, qui préfère évoquer la liberté d'entreprendre, la souplesse, l'attractivité, l'énormité de la pression fiscale, le coût exorbitant du travail toutes ces expressions que Dominique Seux et ses labadens sont chargés de nous répéter en boucle chaque matin avant le point route de Rosny Sous Bois.
Mais vous sentez instinctivement que vous ne pouvez pas le dire comme ça. 
Et c'est là que la loi El Khomri arrive et vient à leur secours, un pied dans la porte et la main sur le cœur, sous couvert de souplesse et de dialogue se cache ni plus ni moins le chantage à l'emploi. En localisant les débats à la seule entreprise on affaibli la force syndicale, on expose le salarié aux ultra violets libéraux sans lunettes de protection. En cassant l'unicité du code du travail on fragilise les patrons citoyens qui pouvaient bénéficier des mêmes règles et des mêmes codes que les autres les protégeant ainsi du cynisme concurrentiel. El Khomri rétablit la loi de la jungle, mine de rien. Elle prépare le terrain à la droite qui s'échauffe en coulisse et qui devra une fière chandelle au parti socialiste...


Un jeune couple a été interpellé par la police à Marrakech après avoir été surpris en train de s’embrasser durant les heures de jeûne du ramadan.

17 juin 2016

D’après l’Association marocaine des droits humains (AMDH)citée par EFE, les deux jeunes s’étaient cachés derrière un bâtiment pour s’embrasser dans le quartier huppé de Gueliz quand ils ont été arrêtés par la police.

La même ville a connu en début de semaine le cas d’un jeune qui a été tabassé par un groupe d’individus pour avoir fumé une cigarette dans une salle de jeux. Il a été hospitalisé avec de multiples blessures au visage et s’en sort grâce à l’aide d’autres clients qui sont venus à sa rescousse.
Au Maroc, il est strictement interdit de manger et de boire pour les musulmans durant le ramadan, sauf cas d’extrême nécessité. L’article 222 du code pénal punit d’une peine allant jusqu’à six mois de prison.

Assassinat de Jo Cox : un « drame », une « tragédie », une « attaque contre la démocratie »...

Assassinat de Jo Cox : un « drame », une « tragédie », une « attaque contre la démocratie », et même pour François de Brigode au JT hier midi, un « incident »… nulle part cet acte n’est qualifié de terroriste. Normal, il ne s’agit que d’un assassin d’extrême droite, partisan de l’apartheid en Afrique du Sud et de la suprématie britannique. 

Sincères condoléances à la famille de cette jeune femme, victime de la haine raciste et coloniale, qui avait réclamé l'accueil des réfugiés syriens et de leurs enfants..

Des réactions à la tentative d'assassinat de Zakaria Moumni

    Tout mon soutien à Zakaria Moumni, menacé de mort par le régime des prédateurs marocains qui mènent le pays à sa perte.. Faites partager et dénoncer mes chers ami-es, tout silence est un scandale! .
  • Je prie mes ami-e-s de FB de ne pas intervenir dans ce dossier mais de le suivre...Il s'agit de la vie d'un homme que la frivole absurdité d'un pouvoir infantile qui cherche à en faire l'assassin assassiné...Je hais ces méthodes qui rappellent les années de plomb...
    Je ne suis pas Zakaria Moumni mais je suis juste révolté ...
    Je demande à Zakaria de publier tous les documents en sa possession pour prouver les tentatives d'assassinat dont il a été victime...Des documents de la police, à la police judiciaire aux conclusions de la médecine légale...
    Je crois, plus que de raison que Majidi abuse de ses grosses prérogatives indues..

    Je pense fortement, sous le contrôle de Maître Patrick Baudouin, que le mauvais Maroc ne veut pas se relever ..
    Là, je me mets à croire que les services marocains demeurent "des sévices pour leurs opposants"...
    Ne me parlez pas du passé de Zakaria, parlez-moi de ce présent d'ignominie...
    Un jour, pauvre CNDH et pauvres établissements de communications, vous saurez assumer un contrôle continu de connaissances et de bonne conduite...

– Farida Aarrass se bat pour la libération de son frère Ali.




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Farida Aarrass se bat depuis plus de six ans pour la libération de son frère Ali arrêté en Espagne et extradé au Maroc. Citoyen belgo-marocain, il purge une peine de 12 ans à la prison de Salé, accusé de terrorisme. Afin de mieux comprendre cette affaire, Farida a accepté de répondre à quelques questions sur ce combat qu’elle mène pour la liberté de son frère.

– Farida Arrass, bonjour. Tout d’abord, dans quelles conditions avez-vous appris l’arrestation et l’extradition de votre frère ?
J’ai appris son arrestation à distance, deux semaines après qu’elle n’ait eu lieu. J’étais en Belgique, lui a été arrêté en Espagne. J’étais surprise, choquée, outrée par une telle injustice à l’égard d’un homme aussi bon, aussi juste. Il vivait les meilleurs moments de sa vie, puisqu’il avait une petite fille de deux ans qui était devenue sa raison de vivre. Concernant son extradition, je l’ai apprise deux jours après qu’elle n’ait eu lieu, via les médias espagnols. Ni la famille, ni les avocats n’avaient été informés de cet horrible acte inoubliable, si douloureux. Alors que nous avions été rassurés d’une certaine manière par la demande du Haut Commissariat de l’ONU qui demandait à l’Espagne de suspendre l’extradition. L’Espagne a procédé à l’extradition de manière totalement illégale. D’autant plus qu’après plus de deux ans d’enquête menée par le juge bien connu Baltasar Garzon, il avait été prononcé un non-lieu, car il n’y avait aucun élément à charge contre mon frère qui permettait d’organiser un procès. 

Spoliations des biens : Lettre adressée à Sa Majesté Mohammed VI, Roi du Maroc


14/6/2016


L’association pour le Droit et la Justice au MAROC (DJM) interpelle, une fois de plus, les pouvoirs publics marocains et republie sa lettre ouverte adressée, au mois de juillet 2015, à sa Majesté Mohammed VI. La lettre est l’ultime rempart contre le fléau qui terni encore l'image du Maroc et ses institutions (ONG).

Suite aux instructions Royales concernant les mesures de protection en ce qui concerne les problèmes de spoliations dans le Royaume, des avancées significatives et capitales ont eu pour effet de redonner espoir à nombre de victimes ; cependant hélas, force est de constater à travers les nombreux témoignages, que l’association continue à recevoir, démontrent que ces mesures s'opposent toujours à des "Contre-Mesures administratives" de tous types avec le même objectif : anéantir tout espoir aux victimes de récupérer leurs biens.

vendredi 17 juin 2016

Un franco-marocain se dit victime d'une tentative d'assassinat


Un franco-marocain se dit victime d'une tentative d'assassinat

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Zakaria Moumni, un Franco-Marocain qui avait porté plainte en France pour torture contre les services secrets marocains, a récemment déposé à Nancy (est) une plainte pour "tentative d'assassinat", a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Zakaria Moumni, 36 ans, affirme avoir été attaqué et menacé de mort dimanche après un jogging par quatre hommes, dont au moins deux étaient armés, dans le hall de l'immeuble où il logeait. Un des hommes aurait filmé la scène tandis qu'un autre aurait pointé vers lui une arme à feu, selon le texte de la plainte consultée par l'AFP. Zakaria Moumni affirme avoir pu prendre la fuite et se rendre dans un hôpital où des médecins ont constaté des blessures superficielles à l'arme blanche, au niveau du cou et des mains, selon une source judiciaire.

"Il y a de fortes présomptions pour que ces faits dénoncés soient liés aux pressions que subit M. Moumni depuis plusieurs mois", a déclaré son avocat, Me Patrick Baudouin. Zakaria Moumni, ancien compétiteur de kickboxing, affirme avoir été "enlevé, séquestré et torturé" au Maroc en septembre 2010. Il a porté plainte contre les services secrets du Maroc, en février 2014, ce qui lui a valu d'être à son tour poursuivi par les autorités marocaines.

La justice française a jugé le 9 juin dernier irrecevable une plainte en diffamation du Maroc. Les avocats du royaume ont fait part de leur intention de faire appel de ce jugement. La plainte du Franco-Marocain contre le patron du contre-espionnage marocain (DGST) Abdellatif Hammouchi avait nourri, avec d'autres visant aussi ce responsable, une grave crise diplomatique pendant un an entre Rabat et Paris, entre février 2014 et janvier 2015.

jeudi 16 juin 2016

Amnesty International : Les victimes de torture ont droit à la justice


Bonjour
La Journée internationale contre la torture du 26 juin marquera la fin de la campagne Stop Torture qui, durant 2 ans, a ciblé 5 pays : Philippines, Mexique, Ouzbékistan, Maroc et Nigéria. 

 Vous êtes plus de 2 millions à vous être mobilisés, partout dans le monde, et votre engagement a permis des avancées historiques. Aux Philippines, un tribunal a déclaré un policier coupable de torture pour la première fois. Le Mexique a mis en place des outils législatifs pour mettre fin à cette pratique. Des survivants de torture ont retrouvé leur liberté, comme, entre autres, Moses Akatugba au Nigéria, ou encore Ángel Colón et Ádrian Vasquez au Mexique.

mercredi 15 juin 2016

Sur l’instrumentalisation des vitres de l’hôpital Necker - Témoignage d’un parent

"Lorsqu’ils mettent sur le même plan « émotionnel » des plaques de verres cassées et ces centaines de milliers de familles éprouvées, MM. Valls et Cazeneuve, n’ont-ils pas honte ?"

Un lecteur de lundi matin nous a fait parvenir ce témoignage à vif. Hier, il y avait des centaines de milliers de manifestants dans les rues de Paris. En tête, des milliers de personnes, cagoulées ou non, syndiquées ou pas, se sont retrouvées pour tenir la dragée haute à un dispositif policier hors norme.
Je comprends facilement ce qu’il peut y avoir de désespérant là-dedans pour le gouvernement. Alors que l’on pouvait imaginer qu’au fil des semaines et des mois, la rue se fatigue et la violence soit de plus en plus isolée, c’est tout le contraire qui se passe : la peur de la police ne dissuade pas.
Hier, les manifestants ont commis de nombreuses dégradations. Pour celles que j’ai pu constater, elles étaient toutes « ciblées » : banques, assurances et publicités. Je ne suis pas sûr que cela nécessite beaucoup de débat. Il n’est pas certain que le monde de la finance tremble à chaque fois qu’un distributeur de billet est vandalisé mais que la jeunesse y voit un symbole, je le comprends parfaitement. Qu’une assurance doive appeler son assureur et demander le coût de la franchise, je dois avouer que lorsque j’y ai pensé, ça m’a fait rigoler. Ces gens engrangent des milliards en ponctionnant la solidarité. Quant aux publicités détruites, c’est — malgré la méthode—, la meilleure chose qui puisse leur arriver.

Au milieu de tout cela, quelques vitres de l’hôpital Necker ont été brisées. Bien que les vitres en question n’aient pas d’autre rôle que celui d’isolant thermique : j’en conviens grandement, ce n’est pas très malin.
Certes, briser les vitres d’un hôpital, même par mégarde, c’est idiot ; mais sauter sur l’occasion pour instrumentaliser la détresse des enfants malades et de leurs parents pour décrédibiliser un mouvement social, c’est indécent et inacceptable. Et c’est pourtant la stratégie de communication mise en œuvre depuis hier, par MM. Cazeneuve et Valls. Allègrement reprise par la droite et relayée sur un plateau doré par tous les médias.
Je le dis d’autant plus volontiers que l’hôpital Necker, j’y ai passé beaucoup de temps et que la détresse et l’angoisse des parents d’enfants très malades, je vois particulièrement bien ce que c’est. Instrumentaliser cette souffrance à des fins aussi bassement politiciennes est abjecte.
Cette indécence est d’autant plus choquante lorsque l’on connaît la situation de l’hôpital public aujourd’hui. MM. Valls et Cazeneuve, « révoltés » du fond du cœur par cinq vitres brisées, le sont-ils autant par les conditions de travail effarantes des personnels hospitaliers ? Lorsqu’un généticien clinique doit travailler 70h par semaine car la direction de son hôpital n’a pas les moyens d’employer un nouveau docteur ni même une secrétaire, qu’elles en sont les conséquences sur tous ces gentils petits enfants malades au chevet desquels nos ministres accourent depuis hier ? Quand les aides-soignantes et les infirmières sont épuisées, usées jusqu’à la moëlle et rémunérées au minimum, qu’en est-il de la qualité des soins et de l’attention nécessaires à ceux qui passent des mois voire des années dans des couloirs d’hôpitaux ?
Lorsqu’ils mettent sur le même plan « émotionnel » des plaques de verres cassées et ces centaines de milliers de familles éprouvées, MM. Valls et Cazeneuve, n’ont-ils pas honte ? Et tous ces journalistes qui ont titré sur cet horrible assaut contre l’hôpital des « enfants malades », prennent-ils la mesure du sens de leurs mots ?
La palme de l’infamie revient évidemment à M. Cazeneuve qui a tout de même réussi à ajouter à l’équation le fils des deux policiers tués avant-hier.
Des centaines de milliers de personnes défient le gouvernement dans la rue. Une ou deux cassent le double vitrage d’un hôpital. Une ordure tue deux policiers à l’arme blanche. Leur fils de trois ans est en soin à Necker. M. Cazeneuve établit un rapport émotionnel, affectif et psychique entre ces deux séries de faits : le lutte contre la Loi Travail et son gouvernement, le choc produit par la brutalité de ce double meurtre et la situation dramatique de cet enfant. Si les jeunes émeutiers qui ont cassé les vitres de Necker ont été idiots, MM. Valls et Cazeneuve, eux, sont obscènes.
Plutôt que de courir les plateaux télés pour dire des conneries pareilles, retirez la loi travail, financez correctement les hôpitaux et épargnez aux enfants et à leurs parents votre ignoble instrumentalisation. Merci d’avance.
Un parent d’enfant très malade de l’hôpital Necker.

Hamid Oubrka d' IMIDER a été transféré hier à la prison Toulal d'Errachidia.




                                                                                                              
عن لجنة الإعلام و التواصل  15-06-2016
 <3
Suivant un appel venant de notre détenu politique Omar Moujane il y a quelques minutes, ce dernier nous a informés que le détenu Hamid Oubrka a été transféré hier à la prison Toulal d'Errachidia.
A titre d'information, Hamid Oubrka a demandé à énéficier de ce transfert plusieurs fois pendant plus d'une année, son père aussi a correspondu avec les administrations concernées, mais sans réponse, et enfin Hamid a rejoint les cinq autres stars à Toulal, par conséquent, le détenus Ichou Hamdan est le seul qui reste encore à la prison de Ouarzazat après la libération de Ouchttoubane et le transfert des autres détenus à la prison d'Errachidia.
Nos détenus..liberté...innocence...nous sommes sur votre voie 

وردنا الآن......
في اتصال هاتفي بمعتقل قضيتنا العادلة عمر موجان قبل قليل، أكّد لنا هذا الأخير أن معتقل القضية أبركى حميد تمّ نقله من السجن المحلّي بورزازات إلى نظيره بإمتغرن -الراشدية- على مستوى أمس.

و تجدر الإشارة إلى أن حميد أبركى كان يقوم بإرسال طلبات نقله إلى الراشدية منذ أكثر من سنة و راسل والده الجهات المعنية مرات عديدة لكن دون جدوى، ليتم نقله اخيرا و يلتحق بالخمسة نجوم الآخرين القابعين بسجن تولال، و بذلك يكون المعتقل إشو حمدان معتقل القضية الوحيد الذي ما زال يقبع في سجن ورزازات بعدما تم الافراج عن اشطوبان و نقل الآخرون إلى السجن المحلي بالراشدية...
الحرية و البراءة لمعتقلينا...على دربكم سائرون*
Comité de communication et de médiatisation   15-06-2016

Annulation de l’accord agricole UE-Maroc ? Des parlementaires européens exhortent l’UE à respecter le droit international

Mise à jour mercredi 15/6/2016

Des parlementaires européens ont exhorté, jeudi, l’Union européenne (UE) à respecter le droit international en faisant exécuter le jugement du tribunal européen rendu en décembre dernier, annulant l’accord controversé de libéralisation réciproques des produits agricoles entre l’Union et le Maroc.

D.R
Des parlementaires européens ont exhorté, jeudi, l’Union européenne (UE) à respecter le droit international en faisant exécuter le jugement du tribunal européen rendu en décembre dernier, annulant l’accord controversé de libéralisation réciproques des produits agricoles entre l’Union et le Maroc. Dans une question adressée à la Haute représentante de l’UE aux Affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, les eurodéputés Bodil Valero, Igor Soltes, Paloma Lopez Bermejo, Neoklis Sylikiotis , Marisa Matias, Ivo Vajgl, Malin Bjork et Jytte Guteland se sont interrogés sur les mesures prises par les institutions européennes pour exécuter cette décision de justice. 

Ces parlementaires européens ont rappelé, à ce titre, que l'exécution d'un jugement du tribunal européen est «obligatoire» et doit être «applicable immédiatement après avoir été rendue», conformément aux dispositions de l’article 120 du règlement intérieur de ce tribunal, faisant remarquer que l’article 60 des statuts de la Cour de justice de l’UE stipule que l’introduction d’«un appel ne doit pas avoir un effet suspensif». Ils ont appelé, à ce titre, l’UE à respecter le droit du peuple sahraoui à disposer de ses richesses naturelles. Le 10 décembre dernier, la Cour de justice de l'UE (CJUE) a annulé l’accord agricole entre l’UE et le Maroc, en raison de l’application dudit accord au Sahara occidental occupé. Selon le même arrêt, la CJUE estime que le Conseil de l'UE n’a pas vérifié si l'exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental sous occupation marocaine se faisait ou non au profit de la population sahraouie. Des chercheurs de renom en droit international ont déclaré à plusieurs reprises que l’UE viole le droit international au Sahara occidental. Un avis partagé par le service juridique du Parlement européen et plusieurs États membres. Avant la ratification dudit accord par le Parlement européen, en 2012, de nombreux députés avaient soulevé la question de la portée territoriale de l'accord entre l'UE et le Maroc. Ces députés avaient insisté sur le fait que plusieurs États, parmi lesquels les États-Unis, ont signé des accords de libre-échange avec le Royaume du Maroc en excluant expressément le Sahara occidental. Certains États, comme la Suède et les Pays-Bas, ont été très clairs, et énoncé que, selon leur interprétation l'Accord de libre- échange avec le Maroc, celui-ci ne peut s'appliquer au Sahara occidental occupé. Dans une autre question adressée à la chef de la diplomatie européenne, les eurodéputés ont appelé l'UE à clarifier sa position concernant la présence marocaine au Sahara occidental après ce jugement du tribunal européen rendu le 10 décembre dernier. Ils ont rappelé, dans ce contexte, que le tribunal de l’UE ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, et que cette juridiction européenne a même souligné que le royaume chérifien ne dispose pas non plus de statut de puissance administrante au Sahara occidental, et, par conséquent, «le Maroc est considéré comme force occupante».
Les parlementaires européens ont interpellé, par ailleurs, Federica Mogherini sur la publication, sur le site web d'une institution européenne, de cartes géographiques du Maroc incluant les territoires du Sahara occidental, considérant que cet acte est «en contradiction avec la position officielle de l’UE qui ne reconnaît pas la souveraineté du royaume marocain sur ces territoires». Ils ont souligné, à ce titre, que le Maroc ne dispose d'aucun droit sur le Sahara occidental conformément au droit international, rappelant que l’ONU également ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.  

mardi 14 juin 2016

Bonnes feuilles de "MARRAINE des deux plus anciens détenus politiques marocains"

Il y a un an,  Antidote, maison d’édition de Bruxelles, publiait « MARRAINE des deux plus anciens détenus politiques marocains », préfacé par Gilles Perrault et postfacé par Khadija Ryadi
Un petit rappel à travers ces “bonnes feuilles”, extraites du livre.
 
*****
Après leur longue grève de la faim, la condamnation à perpétuité des deux Ahmed a été commuée en 25 ans de prison qu’ils vont terminer, l’un en restant à Oukacha, l’autre à la prison de BourkaÏz, près de Fès.
 
 
«Oukacha et Bourkaïz, accès interdits !

Le samedi 5 mai 2007, j’arrive à la gare d’Aïn Sebaa où m’attend Souad Chahid. Je revois avec plaisir toute la famille qui a retrouvé punch et humour. Abderrahman arrive, je suis contente de faire sa connaissance « en vrai ». Gentillesse et discrétion. Ahmed téléphone : il faut scanner la lettre de Zoulikha Nasri, conseillère du roi. Tous sont persuadés qu’elle m’ouvrira toutes les portes.

Lundi 7 mai, à 14h nous nous rendons à la prison d’Oukacha. Nous passons les deux premières portes. À la troisième on me retient par l’épaule.
- Madame suivez-moi !
- Je suis avec la famille Chahid… j’ai une lettre de Madame Zoulikha Nasri.
- Bien sûr !
- Mais c’est vrai !
Je la lui tends, il la prend, s’arrête pour la lire, interloqué.
- Madame Marie-José ! Mais je vous reconnais ! Vous êtes venue avec Khadija Rouissi.
- Oui et j’ai attendu pendant trois heures pour rien.
- Vous me reconnaissez ?
- Non.
- Vous n’attendrez pas trois heures, je vais voir le directeur.
Il se tourne vers un gardien :
- Apportez un fauteuil à Madame.
Me voilà assise sur un fauteuil Coca Cola, très à l’aise au milieu de tous ces gens debout ! Je n’attends pas grand-chose de ce directeur. J’ai publié beaucoup d’informations sur Oukacha. Il ne doit pas me porter dans son cœur !
Il arrive avec la lettre. Tout miel.
- Vous avez une lettre du Palais royal !
- Oui Monsieur.
- Cette lettre vous a été adressée per-so-nnelle-ment ! (admiration feinte ou envie ?). Je peux vous rassurer, Monsieur Chahid va très bien.
- Est-ce que je peux aller le voir ?
- Je ne peux pas vous donner cette autorisation. Il faut écrire au directeur central de l’administration pénitentiaire.
- Oui, je sais, à Monsieur Lididi, je l’ai fait, mais je n’ai pas encore reçu de réponse. Puis-je lui téléphoner ?
- Non, mais vous pouvez aller tout de suite le voir à Rabat.
Manière de me congédier !
J’ai bien envie d’y aller, à Rabat, mais comment être sûre de le rencontrer ? On téléphone à Abdelillah Benabdessalam, de l’AMDH de Rabat, qui me promet d’aller le voir demain.
Dans la soirée j’ai rendez-vous à Casablanca avec Mohamed Nadrani, le dessinateur, ancien « disparu » pendant 9 ans à Khalat M’Gouna. Selon lui, il faut souhaiter que Ahmed Chahid et Chaïb ne soient pas libérés avant d’avoir terminé les 25 ans. Surtout pas de grâce royale : partir debout ! Ensemble nous allons chez le Docteur Abdelkrim Manouzi, président de l’AMRVT (association médicale de réhabilitation des victimes de la torture). Ils discutent en arabe et à la fin Abdelkrim dit : « Tous pareils, ces militants, ils oublient de s’occuper de leur santé ».
Mohamed nous quitte, nous discutons de Souad, et d’Ahmed. Selon lui, la meilleure réinsertion est la famille. Abdelkrim et le beau-frère d’Ahmed ont fait leurs études ensemble.

Retour en pleine nuit un peu angoissant. Où aller ? Dans quelle direction ? Toutes les inscriptions sont en arabe. Comment retrouver Sidi Bernoussi, en très lointaine banlieue dans ce grouillement de voitures ? Mais au Maroc on s’en sort toujours, « ma kayn mouchkyl ! » (pas de problème !). Il y a toujours quelqu’un pour aider. Je hèle un taxi qui m’indique le numéro du bus ; à l’arrêt une personne m’accompagne jusqu’au taxi qui me ramène à Sidi Bernoussi… et j’arrive à bon port, au grand soulagement d’Aïcha et de Souad.

Mardi 8 mai : Abdelillah Benabdessalam n’arrive pas à joindre Lididi, pour prendre rendez-vous. Abderrahim Mouhtad, le président d’Ennassir, association d’aide aux prisonniers islamistes salafistes, me demande si j’accepte de parler à des journalistes. Pourquoi pas, ce sera l’occasion de dénoncer l’interdiction de visite. Le contact souhaité avec un journaliste de TelQuel n’est pas possible. Finalement rendez-vous est pris pour le lendemain au local d’Ennassir, pour rencontrer un représentant de la presse internationale. Le soir je téléphone à Ahmed Chaïb pour qu’il m’explique un peu le droit pour les visites.
(...)
J’espère avoir plus de chance pour rencontrer Ahmed Chaïb. Je me rends donc à Fès. Younes, un neveu de Rhazi, chauffeur de taxi, m’amène à la prison de Bourkaïz, à une trentaine de km de Fès. Une prison au milieu de nulle part. Personne aux alentours, contraste avec les abords d’Oukacha grouillant de monde.
Je vais frapper à la porte. Un gardien ouvre. « J’ai rendez-vous avec Monsieur Chafik, le directeur ». Ahmed m’avait donné des directives précises. J’attends. Arrive un impressionnant personnage, sapé comme un prince, en uniforme avec médailles et autres bling bling. « Non, je ne suis pas le directeur, suivez-moi ». Autant la prison d’Oukacha ressemble à une fourmilière, autant ici tout est désert, et tout est très propre. Des cours, des escaliers, des couloirs. Il me montre un banc : « Attendez ici ».
Au bout d’un moment une porte s’ouvre devant moi et j’ai à peine le temps de réaliser que c’est Ahmed qui en sort, me serre la main sans s’arrêter et continue sans se retourner, entre deux gardiens. J’ai l’impression d’être dans un film !
On me fait entrer dans le bureau du directeur, d’où est sorti Chaïb. Très poli. Plus accueillant que celui d’Oukacha. Il me pose beaucoup de questions sur notre association, je lui dis nos objectifs, le parrainage, et que j’aimerais rencontrer mon « filleul ». Mais la plupart du temps il ne me laisse pas finir, il n’écoute pas vraiment les réponses. Il me demande mon passeport et disparaît pour prendre des photocopies.
Un merle est installé sur un barreau de la fenêtre ouverte. Il me fait penser à la colombe des reclus du bagne de Tazmamart. Finalement le directeur me fait comprendre qu’il ne peut pas me donner l’autorisation de voir mon « filleul ». Je lui parle de ma visite à Mme Fassi-Fihri qui m’avait assuré qu’un directeur de prison peut donner une autorisation de visite. Aussitôt, piqué au vif, il appelle cette importante personne au téléphone, il parle en arabe. Non, pas possible. Je veux lui montrer la lettre de Zoulikha Nasri. Il ne veut pas la lire.
Il me raccompagne jusqu’à la sortie. Dans une cour je réussis à voir Ahmed qui me fait de grands signes quand le directeur ne peut pas l’apercevoir.
J’écris dans mon carnet :
« Sortie. Triste. Contente quand même de l’avoir aperçu deux fois. Je ne le savais plus si grand. Triste.
Quel gâchis ! »
Le soir je le rappelle. Nous parlons du merle. « Je le vois parfois, il n’a rien à faire dans une prison, il est libre, lui ! ».
Nous en parlerons souvent.»

pour commander:  solidmar05@gmail.com
   10€+0,20 € (port). franco de port pour le Maroc

Prochainement deux livres publiés par Antidote, même auteur :
“Ça va bien, grand-mère?” parrainage de deux prisonniers politiques sahraouis
“Je ne savais pas que les papas pouvaient pleurer" Mémoires d’une fille d’Alsace sous l’occupation allemande”