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mercredi 25 janvier 2017

COMMUNIQUE DE LA FAMILLE DE MEHDI BEN BARKA ET Me MAURICE BUTTIN SUITE AUX PLAINTES DE MILOUD TOUNZI (CHTOUKI)

[Ahurissant.]
Le mercredi 18 janvier 2017, Bachir Ben Barka et Me Maurice Buttin ont été mis en examen, suite aux plaintes pour « diffamation publique » déposées par l'ancien agent marocain, membre des services secrets marocains (CAB 1) Miloud Tounzi. Celui-ci prétend que lorsque nous affirmons qu’il est la même personne que le Chtouki mis en cause dans l’enlèvement et la disparition de Mehdi Ben Barka et condamné par contumace par la Cour d’Assises de la Seine en 1967, cela « porte atteinte à son honneur et sa considération ».
La plainte et les mises en examen concernent également Patrick Ramaël (avant-dernier juge d’instruction en charge du dossier), Joseph Tual (journaliste à France Télévision), Frédéric Ploquin (journaliste à Marianne) et Marc Baudriller (journaliste écrivain). Il faut souligner que, une fois encore, le plaignant n’a pas eu le courage de se déplacer lui-même, laissant le soin du dépôt des plaintes à son avocat français.

Ainsi, au moment où les blocages politiques au nom de la raison d’Etat – aussi bien marocaine que française - continuent d’empêcher la justice de progresser dans l’établissement de la vérité sur la « disparition » criminelle de Mehdi Ben Barka, l’un des personnages clé de la disparition de ce dernier s’en prend scandaleusement à la famille de la victime et à son avocat.

Dès les procès des ravisseurs de Mehdi Ben Barka devant la Cour d’Assises de la Seine en 1966 et 1967, le nom de Miloud Tounzi a été associé à celui de Chtouki. Depuis, aussi bien dans le cadre de l’instruction judiciaire ouverte à Paris que dans de nombreuses publications tant au Maroc qu’en France et, également, lors de son audition par l’Instance Equité et Réconciliation à Rabat en 2005, l’identification entre Miloud Tounzi et Chtouki est devenue un fait établi.
Aujourd’hui, au lieu de contribuer à faire connaître la vérité, Miloud Tounzi (et ceux qui le soutiennent) préfère porter plainte. En usant de tels procédés d’intimidation, ils pensent, décourager la famille Ben Barka et son avocat, ainsi que tous ceux qui aspirent à la vérité et à la justice, de poursuivre le travail acharné, entamé il y a plus de 50 ans, pour connaître les circonstances exactes de la disparation du leader marocain.
Notre indignation devant cette provocation scandaleuse est à la mesure de la responsabilité que portent principalement les autorités françaises et marocaines qui continuent d’entraver l’action de la justice, notamment en maintenant le secret de la défense (France) ou en n’exécutant pas les Commissions rogatoires internationales (Maroc), protégeant ainsi ce plaignant criminel et ses associés, et leur garantissant l’impunité.
Paris le 20 janvier 2017