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mercredi 22 février 2017

Le Maroc est-il un cheval de Troie à l'UA pour neutraliser la RASD, s'interroge le Washington Post



AFRICAN UNION SUMMIT
Le Maroc est-il un cheval de Troie à l'UA pour neutraliser la République Arabe sahraouie démocratique (RASD) au sein de l’UA, s'interroge le Washington Post dans une analyse publiée hier soir sur son site.
Intitulée ‘‘ Les explications de l’Adhésion du Maroc à l’UA’‘, le Washington Post affirme que cette adhésion est susceptible de poser des défis en matière de paix à l’organisation panafricaine, alors que cette dernière avait réussi pendant les 14 dernières années à réduire les conflits armés dans le continent et à faire progresser le programme ‘‘des solutions africaines aux problèmes africains ‘‘.
Selon l'auteure de l'analyse Hannah Armstrong, Rabat ‘‘voit son appartenance à l’UA comme une opportunité pour neutraliser l'influence sahraouie au sein du bloc ‘‘ africain.
‘‘Les responsables de la RASD ont décrit la candidature du Maroc (pour adhérer à l’UA) comme un cheval de Troie envoyé pour détruire l’Union africaine’‘, écrit cette spécialiste de l’Afrique du Nord et du Sahel, citant des propos tenus par des responsables sahraouis à ce sujet.

Hannah Armstrong souligne que plusieurs pays africains, comme l’Afrique du Sud, qui soutiennent l'autodétermination du peuple sahraoui se méfient des motivations réelles du Maroc à vouloir rejoindre l’organisation.
Citant des diplomates et des observateurs africains, l’analyste précise que le vote de l’adhésion du Maroc a été motivé par le besoin de renforcer l’intégration économique du continent.
Elle explique que le Maroc a usé d’une diplomatie économique à coup de milliards de dollars pour convaincre certains pays favorables à l’autodétermination du Sahara Occidental d’accepter sa candidature à devenir membre de l’Union africaine. Mais en réalité c’est le Maroc qui tire profit économiquement de son adhésion à l’UA et non pas le continent africain, estime-t-elle.
‘‘L’adhésion du Maroc à l’UA pour laquelle ont voté 39 des 54 membres de l’Organisation devrait renforcer les intérêts économiques du Maroc, y compris ses investissements bancaires, miniers, de construction et d'assurance sur le continent’‘, explique encore Armstrong.
Il n’a jamais été question de cautionner l’occupation marocaine, la cause sahraouie bénéficie encore du soutien et de l’appui de nombreux pays africains, affirme l’auteur.
‘‘Le vote n'était pas un référendum sur le contrôle du Sahara occidental par le Maroc’‘ . Actuellement de nombreux Etats africains, y compris les poids lourds de l’UA - l'Algérie, le Nigeria et l'Afrique du Sud - soutiennent encore l'autodétermination du Sahara Occidental ‘‘, constate-t-elle.
Le Washington Post rappelle que l’organisation panafricaine a exercé des pressions sur le Maroc pour l’amener à renoncer à ses revendications fallacieuses sur le Sahara Occidental.
Le journal américain souligne à ce propos ‘‘ le rôle proactif ‘‘ joué par l’ancienne présidente de la Commission africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma pour relancer le processus de paix onusien, à l’arrêt, et ouvrir la voie à l’organisation du référendum d’autodétermination.
Dlamini Zuma, enchaîne le Washington Post, a nommé le premier envoyé spécial de l’UA pour le Sahara Occidental, Joachim Chissano, qui a pressé le Conseil de sécurité de fixer une date à l’organisation du référendum d’autodétermination et d’étendre le mandat de la MINURSO à la surveillance des droits de l’homme dans les territoires occupés.
L’Union Africaine, tout comme l’ONU, soutiennent la tenue d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui que le Maroc bloque depuis 26 ans, note le quotidien.
Le Maroc, qui a déjà manœuvré pour l’expulsion de la RASD de l’UA en semant la division entre les blocs africains régionaux, doit faire preuve de bonne foi pour résoudre le conflit au Sahara Occidental, affirme encore le Washington Post.
‘‘Cela signifie qu'il appartient à l'Union africaine de démontrer son potentiel de trouver des solutions locales aux problèmes locaux ‘‘, a conclu le quotidien américain.