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lundi 6 février 2017

L’épouse française d’Ennâma Asfari expulsée du Maroc


Lundi, 6 Février, 2017
Humanite.fr


Le militant sahraoui Ennaâma Asfari, condamné sans preuves par un tribunal militaire à trente ans de prison en 2013. Photo : SPS
Le militant sahraoui Ennaâma Asfari, condamné sans preuves par un tribunal militaire à trente ans de prison en 2013. Photo : SPS
Bloquée depuis dimanche à l’aéroport de Casablanca, Claude Mangin Asfari a été priée de quitter le territoire. Les autorités refusent de la laisser rendre visite à son mari, militant sahraoui injustement condamné à trente ans de prison.
Claude Mangin Asfari, épouse du militant sahraoui Ennaâma Asfari, condamné sans preuves par un tribunal militaire à trente ans de prison en 2013, a été expulsée, ce lundi, par les autorités marocaines à l'aéroport de Casablanca, où elle avait passé la nuit. Venue rendre visite à son mari, cette professeure d’Histoire-Géographie avait déjà été expulsée arbitrairement une première fois, au mois d’octobre 2016. 

Comme l’avocate du détenu, Ingrid Metton, elle-même interpellée à Rabat et retenue durant trois heures dans un commissariat, puis expulsée le 6 avril dernier, alors qu’elle venait rendre visite à son client.
Arrêtés dans le cadre du démantèlement du camp de protestation de Gdeim Izik près de Laâyoune, en 2010, Ennâama Asfari et ses vingt-trois compagnons sont accusés du meurtre de onze policiers. Problème, les noms des victimes qu’ils sont présumés avoir tuées n’ont même pas été mentionnés lors du premier procès, en 2013. Sans autopsie, sans preuves matérielles, ni témoignages, les 24 ont été condamnés à des peines allant de vingt ans de prison à la perpétuité, sur la seule base d’aveux extorqués sous la torture.
 Ce qui vaut au Maroc une condamnation du Comité de l'ONU contre la torture. Le 27 juillet dernier, la Cour de cassation annulait la condamnation du tribunal militaire à l’encontre de ces militants sahraouis. Un procès en appel s'est ouvert le 25 décembre dernier à Salé. Plusieurs fois reporté, il doit se poursuivre le 13 mars. Embarrassées par la condamnation onusienne, les autorités marocaines veulent mettre en scène un procès équitable, transparent, ouvert aux médias et aux observateurs étrangers. Tout en refusant obstinément l’application du droit humanitaire international qui devrait s’appliquer au Sahara occidental, territoire non autonome occupé depuis 1975 par le Maroc.

« Je suis dans l’avion »

« Depuis six ans, Claude Mangin Asfari est allée régulièrement visiter son mari en prison, sans problème jusqu’en octobre 2016. C’est un droit qui relève de la simple humanité », souligne dans un communiqué l’Association des amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD), en qualifiant de « représailles »  ces entraves au droit de visite. Claude Mangin, elle, refusait ce lundi matin de remonter dans un avion à destination de Genève, son lieu de provenance, comme l’y invitait la police marocaine. Jointe au téléphone, elle déplorait la passivité des autorités françaises, qui se réfugient derrière « une décision souveraine » de Rabat. « Avec un mari en prison depuis six ans, j’ai appris la patience. Seule la pression politique peut faire bouger les choses, insistait-t-elle. Ils veulent m’user, mais je veux pouvoir rendre visite à mon mari et, surtout, assister au procès le 13 mars ». Avant d’envoyer ce message : « Je suis dans l’avion ».
 Rosa Moussaoui
Journaliste à la rubrique Monde
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 ACAT - Maroc - Nouveau refoulement de la femme du militant sahraoui Naama Asfari

ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture)
Communiqué de presse
Pour publication immédiate

L’ACAT condamne le refoulement par les autorités marocaines de Claude Mangin, ressortissante française et épouse du défenseur des droits de l’homme sahraoui Naama Asfari. Claude Mangin est arrivée à l’aéroport de Casablanca à 18 heures dimanche 5 février. Elle venait passer une semaine à Rabat pour rendre visite à son époux, emprisonné dans le cadre du procès de Gdeim Izik. La police aux frontières l’a gardée toute la nuit dans une pièce de l’aéroport pour finalement la contraindre à embarquer dans un avion pour Genève ce midi.

Cela fait des années que Claude Mangin se rend au Maroc plusieurs fois par an pour visiter son mari emprisonné depuis 2010. Elle avait déjà été refoulée une première fois lors de sa précédente visite, le 19 octobre 2016. En avril 2016, c’est l’avocate française de Naama Asfari qui avait été expulsée du territoire marocain sans avoir le temps de voir son client.

Il s’agit manifestement de représailles contre Naama Asfari qui est actuellement rejugé par la Cour d’appel de Rabat, aux côtés de ses 23 coaccusés qui ont tous, comme lui, été condamnés sur la base d’aveux signés sous la torture. Leur nouveau procès a démarré le 23 janvier 2017. Il a été suspendu après trois jours d’audience entachés d’iniquité. Il reprendra le 13 mars.

Le 12 décembre 2016, le Comité contre la torture a condamné le Maroc pour la torture de Naama Asfari, sa condamnation sur la base d’aveux forcés, l’absence d’enquête sur les allégations de torture. Dans sa décision, le Comité a demandé au Maroc de « s'abstenir de tout acte de pression, d'intimidation ou de représailles susceptibles de nuire à l'intégrité physique et morale du plaignant et de sa famille qui constituerait autrement une violation des obligations de l'État partie en vertu de la Convention [contre la torture] de coopérer de bonne foi avec le Comité pour l'application des dispositions de la Convention, et de permettre au plaignant de recevoir des visites de la famille en prison ».

« En refoulant une nouvelle fois Claude Mangin, le Maroc signifie clairement au Comité onusien qu’il n’a que faire de sa décision » estime Hélène Legeay, responsable Maghreb / Moyen-Orient à l’ACAT. « Soit il s’agit de représailles désespérées contre Naama Asfari, soit Claude Mangin est considérée comme une menace pour la sécurité nationale marocaine, et on attend alors les éléments de preuve pour étayer une telle accusation  ».

Contact presse :

Pierre Motin, Responsable des relations médias 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 - pierre.motin@acatfrance.fr