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samedi 18 février 2017

Tétouan : «Princess Auto», le garage fait par des femmes pour des femmes


Jazia El Hammari,Yabiladi.com, Publié 14/02/2017 
 


Un ras le bol auquel font face bon nombre de Marocaines : le dénigrement des garagistes et le sexisme dû, trop souvent, à leur machisme. Pour répondre à ces agissements, Najlae et Rajae ont voulu exercer le métier de garagiste, généralement assimilé aux hommes, afin de servir leurs consœurs et leur éviter de passer par la gente masculine pour réparer leur véhicule.
C’est à Tétouan, nichée au nord du royaume, que Najlae Lachqar, 23 ans, et sa petite sœur Rajae, 22 ans, veulent réaliser leur rêve : voir un jour s’ouvrir leur garage pour réparation de voiture, entièrement féminin. Une idée, elles se souviennent, qui trotte dans leur tête depuis leur plus jeune âge.

Fascinées par l’automobile et la moto depuis petites, elles ont aussi «choisi ce métier pour casser les stéréotypes et les barrières car ce métier n’est pas purement masculin», confie l’aînée à la caméra de TV2Africa. C’est dans le quartier Tanjawa à Tétouan, où elles vivent avec leurs parents, qu’a mûri cette aventure qu’elles ont décidé de vivre ensemble.

USAID au service des régions en difficulté
Soutenues par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et en collaboration avec le programme Forsaty (ma chance), les deux jeunes femmes poursuivent aujourd’hui leur deuxième année d’études dans le domaine. Elles étaient toutes deux étudiantes en infirmerie lorsqu’elles ont appris qu’USAID offrait des formations aux jeunes pour entrer dans le marché du travail. Cette organisation, qui vient en aide aux jeunes vulnérables, s’engage prioritairement à apporter les compétences requises et ouvre de nouvelles opportunités à la jeunesse du monde en prenant en charge les formations. Tout ceci afin de répondre aux attentes d’une dite région mais aussi dans le but de dynamiser et développer cette même région. Une surprise d’autant plus savourée lorsqu’elles ont su que la mécanique faisait partie d’un des programmes proposés. Une obsession oubliée quand elles ont pris de l’âge compte tenu des qu’on dira-t-on.
Ayant des cours de pratique toute la semaine, cet apprentissage permet aux sœurs avant tout d’acquérir les bases du métier de mécanicien automobile en mettant à profit les acquis des cours théoriques sur le terrain. Sachant qu’elles sont les deux seules filles du groupe complètement masculin, elles tiennent à ne pas reculer face à cela pour montrer qu’une femme est capable de travailler dans n’importe quel domaine.
Ainsi, une fois leur diplôme en poche Najlae et Rajae compte ouvrir leur propre garage dans le but premier de le consacrer à la gente féminine mais aussi pour pallier aux refus de patrons et le manque d’opportunité. Un point qu’elles ne cessent de mettre en avant en assurant que dans la région le taux de chômage est élevé, ce qui pousse la jeunesse à émigrer voire à fuir. «Lorsqu’on postule pour un emploi, on nous dit souvent que l’on va nous appeler plus tard mais cela reste sans suite», confient-elles à USAID.
C’est d’ailleurs le destin qu’ont connu trois de leurs frères, qui vivent aujourd’hui en Espagne. Loin de l’idylle et du paysage de carte postale qu’expose Tétouan, la réalité des obstacles est toute autre. Ce qui persiste dans cette région, tant dans les mentalités que dans le marché de l’emploi, a laissé place à la motivation et la volonté de ces deux femmes unies dans ce désir de changement.


Un rêve proche de la réalité
Il ne manque aux deux sœurs que le précieux sésame car les plans du futur atelier sont déjà dessinés dans leur tête. «Princess Auto» sera un lieu aux couleurs et design intégralement féminin, totalement dédié à la réparation de véhicules des conductrices marocaines. La femme en premier notamment pour combattre les préjugés liés à la place de la fille dans la société et lui favoriser un déplacement elle-même au garage sans être dénigrée ou mal reçue.
Des faits auxquels ont dû faire face les deux sœurs et qui leur ont permis de mieux appréhender la question. Nombreuses sont les personnes qui n’ont pas accepté le métier que Najlae et Rajae ont choisi mais elles ont su prouver le contraire à leurs pairs. La famille Lachqar compte onze enfants, dont six filles et cinq garçons, de quoi voir évoluer une multitude de rêves qu’il n’est pas impossible de réaliser !
Les mécaniciennes, couvertes ou non de graisse, continuent leur épopée et combattrons les clichés coûte que coûte. «Princess Auto», l’atelier des deux sœurs pour un public de dame devrait voir le jour prochainement. En attendant, elles terminent leur formation dans l’espoir de vivre de leur passion. Une reconversion bénéfique et au goût des sœurs, qui touchent du bout des doigts ce rêve empli d'embûches. «Je ne peux pas décrire mon bonheur», explique Najlae à USAID, «j'ai réalisé quelque chose que je pensais impossible.»
Jazia El Hammari
Yabiladi.com
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Publié Le 14/02/2017 à 18h30

Tétouan : «Princess Auto», le garage fait par des femmes pour des femmes

Un ras le bol auquel font face bon nombre de Marocaines : le dénigrement des garagistes et le sexisme dû, trop souvent, à leur machisme. Pour répondre à ces agissements, Najlae et Rajae ont voulu exercer le métier de garagiste, généralement assimilé aux hommes, afin de servir leurs consœurs et leur éviter de passer par la gente masculine pour réparer leur véhicule.
C’est à Tétouan, nichée au nord du royaume, que Najlae Lachqar, 23 ans, et sa petite sœur Rajae, 22 ans, veulent réaliser leur rêve : voir un jour s’ouvrir leur garage pour réparation de voiture, entièrement féminin. Une idée, elles se souviennent, qui trotte dans leur tête depuis leur plus jeune âge.
Fascinées par l’automobile et la moto depuis petites, elles ont aussi «choisi ce métier pour casser les stéréotypes et les barrières car ce métier n’est pas purement masculin», confie l’aînée à la caméra de TV2Africa. C’est dans le quartier Tanjawa à Tétouan, où elles vivent avec leurs parents, qu’a mûri cette aventure qu’elles ont décidé de vivre ensemble.
USAID au service des régions en difficulté
Soutenues par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et en collaboration avec le programme Forsaty (ma chance), les deux jeunes femmes poursuivent aujourd’hui leur deuxième année d’études dans le domaine. Elles étaient toutes deux étudiantes en infirmerie lorsqu’elles ont appris qu’USAID offrait des formations aux jeunes pour entrer dans le marché du travail. Cette organisation, qui vient en aide aux jeunes vulnérables, s’engage prioritairement à apporter les compétences requises et ouvre de nouvelles opportunités à la jeunesse du monde en prenant en charge les formations. Tout ceci afin de répondre aux attentes d’une dite région mais aussi dans le but de dynamiser et développer cette même région. Une surprise d’autant plus savourée lorsqu’elles ont su que la mécanique faisait partie d’un des programmes proposés. Une obsession oubliée quand elles ont pris de l’âge compte tenu des qu’on dira-t-on.
Ayant des cours de pratique toute la semaine, cet apprentissage permet aux sœurs avant tout d’acquérir les bases du métier de mécanicien automobile en mettant à profit les acquis des cours théoriques sur le terrain. Sachant qu’elles sont les deux seules filles du groupe complètement masculin, elles tiennent à ne pas reculer face à cela pour montrer qu’une femme est capable de travailler dans n’importe quel domaine.
Ainsi, une fois leur diplôme en poche Najlae et Rajae compte ouvrir leur propre garage dans le but premier de le consacrer à la gente féminine mais aussi pour pallier aux refus de patrons et le manque d’opportunité. Un point qu’elles ne cessent de mettre en avant en assurant que dans la région le taux de chômage est élevé, ce qui pousse la jeunesse à émigrer voire à fuir. «Lorsqu’on postule pour un emploi, on nous dit souvent que l’on va nous appeler plus tard mais cela reste sans suite», confient-elles à USAID.
C’est d’ailleurs le destin qu’ont connu trois de leurs frères, qui vivent aujourd’hui en Espagne. Loin de l’idylle et du paysage de carte postale qu’expose Tétouan, la réalité des obstacles est toute autre. Ce qui persiste dans cette région, tant dans les mentalités que dans le marché de l’emploi, a laissé place à la motivation et la volonté de ces deux femmes unies dans ce désir de changement.
Un rêve proche de la réalité
Il ne manque aux deux sœurs que le précieux sésame car les plans du futur atelier sont déjà dessinés dans leur tête. «Princess Auto» sera un lieu aux couleurs et design intégralement féminin, totalement dédié à la réparation de véhicules des conductrices marocaines. La femme en premier notamment pour combattre les préjugés liés à la place de la fille dans la société et lui favoriser un déplacement elle-même au garage sans être dénigrée ou mal reçue.
Des faits auxquels ont dû faire face les deux sœurs et qui leur ont permis de mieux appréhender la question. Nombreuses sont les personnes qui n’ont pas accepté le métier que Najlae et Rajae ont choisi mais elles ont su prouver le contraire à leurs pairs. La famille Lachqar compte onze enfants, dont six filles et cinq garçons, de quoi voir évoluer une multitude de rêves qu’il n’est pas impossible de réaliser !
Les mécaniciennes, couvertes ou non de graisse, continuent leur épopée et combattrons les clichés coûte que coûte. «Princess Auto», l’atelier des deux sœurs pour un public de dame devrait voir le jour prochainement. En attendant, elles terminent leur formation dans l’espoir de vivre de leur passion. Une reconversion bénéfique et au goût des sœurs, qui touchent du bout des doigts ce rêve empli d'embûches. «Je ne peux pas décrire mon bonheur», explique Najlae à USAID, «j'ai réalisé quelque chose que je pensais impossible.»
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Publié Le 14/02/2017 à 18h30

Tétouan : «Princess Auto», le garage fait par des femmes pour des femmes

Un ras le bol auquel font face bon nombre de Marocaines : le dénigrement des garagistes et le sexisme dû, trop souvent, à leur machisme. Pour répondre à ces agissements, Najlae et Rajae ont voulu exercer le métier de garagiste, généralement assimilé aux hommes, afin de servir leurs consœurs et leur éviter de passer par la gente masculine pour réparer leur véhicule.
C’est à Tétouan, nichée au nord du royaume, que Najlae Lachqar, 23 ans, et sa petite sœur Rajae, 22 ans, veulent réaliser leur rêve : voir un jour s’ouvrir leur garage pour réparation de voiture, entièrement féminin. Une idée, elles se souviennent, qui trotte dans leur tête depuis leur plus jeune âge.
Fascinées par l’automobile et la moto depuis petites, elles ont aussi «choisi ce métier pour casser les stéréotypes et les barrières car ce métier n’est pas purement masculin», confie l’aînée à la caméra de TV2Africa. C’est dans le quartier Tanjawa à Tétouan, où elles vivent avec leurs parents, qu’a mûri cette aventure qu’elles ont décidé de vivre ensemble.
USAID au service des régions en difficulté
Soutenues par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et en collaboration avec le programme Forsaty (ma chance), les deux jeunes femmes poursuivent aujourd’hui leur deuxième année d’études dans le domaine. Elles étaient toutes deux étudiantes en infirmerie lorsqu’elles ont appris qu’USAID offrait des formations aux jeunes pour entrer dans le marché du travail. Cette organisation, qui vient en aide aux jeunes vulnérables, s’engage prioritairement à apporter les compétences requises et ouvre de nouvelles opportunités à la jeunesse du monde en prenant en charge les formations. Tout ceci afin de répondre aux attentes d’une dite région mais aussi dans le but de dynamiser et développer cette même région. Une surprise d’autant plus savourée lorsqu’elles ont su que la mécanique faisait partie d’un des programmes proposés. Une obsession oubliée quand elles ont pris de l’âge compte tenu des qu’on dira-t-on.
Ayant des cours de pratique toute la semaine, cet apprentissage permet aux sœurs avant tout d’acquérir les bases du métier de mécanicien automobile en mettant à profit les acquis des cours théoriques sur le terrain. Sachant qu’elles sont les deux seules filles du groupe complètement masculin, elles tiennent à ne pas reculer face à cela pour montrer qu’une femme est capable de travailler dans n’importe quel domaine.
Ainsi, une fois leur diplôme en poche Najlae et Rajae compte ouvrir leur propre garage dans le but premier de le consacrer à la gente féminine mais aussi pour pallier aux refus de patrons et le manque d’opportunité. Un point qu’elles ne cessent de mettre en avant en assurant que dans la région le taux de chômage est élevé, ce qui pousse la jeunesse à émigrer voire à fuir. «Lorsqu’on postule pour un emploi, on nous dit souvent que l’on va nous appeler plus tard mais cela reste sans suite», confient-elles à USAID.
C’est d’ailleurs le destin qu’ont connu trois de leurs frères, qui vivent aujourd’hui en Espagne. Loin de l’idylle et du paysage de carte postale qu’expose Tétouan, la réalité des obstacles est toute autre. Ce qui persiste dans cette région, tant dans les mentalités que dans le marché de l’emploi, a laissé place à la motivation et la volonté de ces deux femmes unies dans ce désir de changement.
Un rêve proche de la réalité
Il ne manque aux deux sœurs que le précieux sésame car les plans du futur atelier sont déjà dessinés dans leur tête. «Princess Auto» sera un lieu aux couleurs et design intégralement féminin, totalement dédié à la réparation de véhicules des conductrices marocaines. La femme en premier notamment pour combattre les préjugés liés à la place de la fille dans la société et lui favoriser un déplacement elle-même au garage sans être dénigrée ou mal reçue.
Des faits auxquels ont dû faire face les deux sœurs et qui leur ont permis de mieux appréhender la question. Nombreuses sont les personnes qui n’ont pas accepté le métier que Najlae et Rajae ont choisi mais elles ont su prouver le contraire à leurs pairs. La famille Lachqar compte onze enfants, dont six filles et cinq garçons, de quoi voir évoluer une multitude de rêves qu’il n’est pas impossible de réaliser !
Les mécaniciennes, couvertes ou non de graisse, continuent leur épopée et combattrons les clichés coûte que coûte. «Princess Auto», l’atelier des deux sœurs pour un public de dame devrait voir le jour prochainement. En attendant, elles terminent leur formation dans l’espoir de vivre de leur passion. Une reconversion bénéfique et au goût des sœurs, qui touchent du bout des doigts ce rêve empli d'embûches. «Je ne peux pas décrire mon bonheur», explique Najlae à USAID, «j'ai réalisé quelque chose que je pensais impossible.»
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