samedi 19 octobre 2019

Khadija Ryadi : L’État marocain s'est progressivement transformé en un régime policier



Khadija Ryadi, lauréate du Prix des Nations Unies pour les droits de l'homme et ancienne présidente de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), nous livre son analyse de la situation des libertés au Maroc, des prémisses d'une seconde vague du " Printemps arabe" ainsi que de la réaction de la communauté internationale face à l'offensive de l’armée turque contre les Kurdes. Entretien. 
Comment évaluez-vous, brièvement, la situation des droits humains au Maroc?
Khadija Ryadi © DR
Khadija Ryadi © DRj
‎‏Elle est en régression depuis quelques années. L’État s’est transformé progressivement en un régime policier. La dissidence est violemment réprimée. La justice est instrumentalisée par le pouvoir pour blanchir les exactions des services de sécurité tout en les légitimant. L’impunité des fonctionnaires auteurs de crimes de torture et des détentions arbitraires est systématique. Des droits élémentaires sont bafoués quotidiennement tels que la liberté d’association, le droit de réunion pacifique, ou encore la liberté d’expression. Ce qui fait qu’au Maroc il n’y a presque plus de presse indépendante. Ceci est aussi le cas pour les droits économiques, sociaux et culturels: ce qui se manifeste dans la faillite quasi-totale de l’enseignement public négligé et délaissé par les pouvoirs publics et suite à une politique d’encouragement de l’enseignement privé élitiste. La situation alarmante des hôpitaux publics en est l’autre aspect non moins dramatique.

‎‏Vous ne dramatisez pas un peu.. Le Roi vient de gracier la journaliste Hajar Raissouni (*)
‎‏Cette décision est le résultat de la grande mobilisation nationale et internationale qui a eu lieu pour la libération de Hajar. Mais comme le pouvoir veut toujours profiter des situations même celles qui lui sont le moins favorable, cette grâce a eu lieu pour dire que le roi est clément. Le problème n’est pas le type d’accusation, car en tout cas celle-ci n’a même pas été prouvée devant le tribunal, c’est le contraire qui a été prouvé. Le problème c’est l’intervention du roi avant la fin de la procédure judiciaire. Ceci montre que c’est une décision politique qui répond à une situation de détention politique causée par des services sécuritaires qui deviennent de plus en plus hégémoniques et dominants sur tous les aspects de fonctionnement de l’État. Et cela est liberticide à tous les points de vue. N'oublions pas qu'il reste d'autres journalistes en prison comme Taoufik Bouachrine et Hamid El Mahdaoui et des dizaines d'autres prisonniers d'opinion non journalistes mais pour lesquels la mobilisation n'est pas assez forte. Le régime survit par la peur qu’il instille. L’élite est tétanisée par la peur, et la crainte de la diffamation [voir l’enquête du Desk] qui est érigée en un système de contrôle et de soumission. La situation est insoutenable.

‎‏Avec le Hirak du Rif et les soulèvements pacifiques au Soudan, en Algérie, et d'autres pays dans la sous-région, pensez-vous qu'on est entrain de vivre les prémisses d'une seconde vague du Printemps arabe?
‎‏Oui beaucoup d’analyses en ont parlé bien avant le début des nouveaux soulèvements. Vu la suite dramatique des premières insurrections qu’ont connues certains pays de la région maghrébine et arabe, il était clair que les aspirations des peuples ont été avortées par des forces aussi bien internes qu’externes. Et donc il était clair que les choses ne s’arrêteraient pas là. C’est vrai que les horreurs que vivent quelques pays depuis 2011 ont fait tarder cette nouvelle vague, suite à la terreur semée au sein des peuples de la région. Les régimes autoritaires en ont bien profité en se présentant comme les garants de la stabilité, et même comme de véritables sauveurs.
‎‏La situation finira toutefois en boomerang, il y aura bien un retour de flamme contre les dictatures répressives de la région. Car les contradictions sont telles dans ces sociétés… Les fractures ne cessent d’ailleurs de se creuser. Le malaise des couches populaires augmente et le sentiment profond d’injustice ne peut durer à l’infini.

Non à l'ouverture de Casino Geant le dimanche après-midi

Communiqué d'Ensemble 05 :
Les consommateurs sont priés de devenir des caissières, les caissières des caisses automatiques, les caisses automatiques des profits : 41 % du chiffre d’affaire des Géant Casino se fait maintenant par les caisses automatiques. Cela est normal, puisqu’ils y a moins de caissières. Mais le dimanche après midi, c’est encore plus fort, il n’y en a plus du tout ! Que le client se débrouille avec les caisses. A Angers, lieu de l’ouverture du premier Géant Casino le dimanche après midi, au mépris de la loi sur le repos hebdomadaire, le chiffre d’affaire à bondi de 5 % ! 

 Non seulement le consommateur paie une marge sur les produits mais maintenant, il fait gratuitement le travail des caissières. Quelle aubaine pour Casino ! Quel poids pour pôle emploi ! Serons-nous assez aveugles pour ne pas voir que nous mettons en place un monde dans lequel il n’y aura plus que des caisses automatiques, Géant Casino sera comme un immense parking avec des caisses enregistreuses à la sortie : un désert humain ! Et les vigiles loués par Géant Casino seront remplacés par des Robots, alors le rêve capitalistique sera parfait : il aura été créé une machine à « cash » sans humain, une espèce de banque émettrice de monnaie, une espèce de banque européenne locale ! Holà ! Refusons ce monde absurde que l’on nous construit : Sauvons des emplois, sauvons nos dimanche, sauvons le commerce du centre ville, revenons à une consommation responsable, arrêtons les boulimiques du « cash » :

Manifestons contre l’ouverture de Géant Casino :
Joignons-nous à la manifestation contre l’ouverture de Géant Casino dimanche 20 à 14h à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires 05.
Ensemble ! 05

Lire aussi :
https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/09/18/a-angers-le-geant-casino-persite-a...

vendredi 18 octobre 2019

Aucune complaisance avec la haine islamophobe

LDH
La Ligue des droits de l’Homme (LDH) condamne avec la plus grande fermeté les faits qui se sont déroulés le 11 octobre au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, à l’initiative des élus Rassemblement national (RN). Les propos et les comportements tenus par ces élus sont révélateurs d’un climat de haine croissante à l’égard de nos concitoyens de confession musulmane à raison de leurs croyances et pratiques religieuses.
Stigmatiser une mère accompagnatrice d’un groupe d’enfants en raison du port du voile, alors même qu’elle n’était aucunement soumise au principe de neutralité, l’humilier publiquement, faire pleurer son enfant, la contraindre de quitter la salle, la poursuivre en l’invectivant dans les toilettes de l’Hôtel de région, lier sa pratique religieuse à la commission d’actes terroristes, sont des faits intolérables qui ne sauraient demeurer sans conséquences politiques et judiciaires.
La LDH apporte son entier soutien à cette famille ainsi qu’à Madame Marie-Guite Dufay, la présidente de Région qui a immédiatement réagi avec justesse et fermeté face à ces faits islamophobes et qui lui valent un déversement d’insultes sur les réseaux sociaux. La LDH demande l’ouverture dans les meilleurs délais d’une enquête sur tous ces actes insupportables.
Cet événement n’est pas isolé. Il s’inscrit dans un contexte politique et médiatique de multiplication des provocations et des propos islamophobes comme la diffusion sur une chaine nationale de discours politiques véhiculant la thèse complotiste et nauséabonde du grand remplacement ayant conduit aux meurtres de masse de Christchurch. La LDH s’inquiète vivement des derniers discours de l’Exécutif d’appel à la vigilance et au repérage des « signaux faibles » qui alimentent une suspicion généralisée envers les musulmans au nom de la lutte contre le terrorisme. De même, elle dénonce l’insistance de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, à considérer que les mères voilées ne seraient pas les bienvenues dans les sorties scolaires, en contradiction avec la loi en vigueur et stigmatisant une partie des parents d’élèves en raison de leur religion.
La LDH attend une prise de position ferme et sans ambiguïté du gouvernement afin de rappeler les principes de la loi de 1905 sur la laïcité, une condamnation explicite de tous propos et actes islamophobes en particulier lorsqu’ils sont tenus par des représentants de la République et l’engagement d’une action plus générale pour endiguer ce phénomène violant les principes républicains les plus fondamentaux.
Paris, le 13 octobre 2019
Ce "voile" n'était en réalité qu'un foulard, comme ces "fichus" que portaient nos grand-mères.(ndlr)


La souveraineté du peuple sahraoui sur ses ressources naturelles




par bureau Amis RASD, 15/10/2019
Madame, Monsieur, 

Nous sommes vraiment heureux de vous solliciter à nouveau pour assister à la conférence qui va se tenir au Sénat -  Salle Médicis -  ce 15 novembre 2019 à partir de 13H30.

Le sujet concerne le Sahara occidental et plus particulièrement la souveraineté du peuple sahraoui sur ses ressources naturelles. Le Front Polisario, fort des deux arrêts pris par la Cour de Justice européenne en 2016 et 2018, entend poursuivre ce combat. Ces arrêts réaffirment que le Sahara occidental est distinct du royaume du Maroc et qu’aucun accord de commerce avec un tiers ne peut se conclure sans le consentement du peuple sahraoui.  
C’est une « nouvelle bataille » qu’il nous faut mener à ses côtés pour faire en sorte que l’Union européenne respecte sa légalité et la légalité internationale quels que soient les puissants intérêts en jeu. Aussi , avec l’engagement de la sénatrice communiste, Madame Christine Prunaud, nous allons la démarrer dès cette année au Sénat.

Avec vous ? Prenez connaissance du programme joint et ne manquez pas de vous inscrire avant le 8 novembre.

Bien cordialement
Régine VILLEMONT, présidente.
***
Les arrêts rendus par la Cour de justice de l’union européenne (CJUE) en 2016 et 2018 ont clairement dit que le Sahara occidental est un territoire séparé et distinct du Maroc et qu’à ce titre les accords Union européenne/ Maroc ne peuvent s’y appliquer sans le consentement du peuple du Sahara occidental. Le Front Polisario a pris contact pour négocier un accord applicable au territoire, refusé par les dirigeants européens. Comme la CJUE a mis fin à l’application des accords de facto, les dirigeants européens ont décidé d’adopter un processus d’extension express, sans le consentement du peuple du Sahara occidental.
Cette décision européenne viole la souveraineté sahraouie, mais c’est aussi un cadeau empoisonné pour le Maroc qui a été obligé de reconnaître – ce qu’impose le processus d’extension – qu’il n’est pas souverain sur le territoire. Et ce, dans un accord international.
Le Front Polisario a de suite présenté un recours devant la Cour de Justice pour faire respecter la nécessité du consentement du peuple sahraoui, qui relève de son droit inaliénable à  l’autodétermination.


 Association des Amis de la RASD - 
bur.aarasd@wanadoo.fr
Site : association-des-amis-de-la-rasd.org ;  www.ecrirepourlesliberer.com
Facebook : Amis de la République Sahraouie

mardi 15 octobre 2019

Les Sahraouis ont « une mentalité de paix »

par Fabien GOUAULT.

Le premier rassemblement de l’association Solidarité avec les enfants du Sahara occidental s’est tenu à Clazay.

L’association Solidarité avec les enfants du Sahara occidental, tout juste créée, a organisé un premier rassemblement festif et militant samedi 12 octobre, à Clazay.

De la joie, un vrai sens du partage, de la détermination aussi : l’association Solidarité avec les enfants du Sahara occidental a réussi sa première animation samedi 12 octobre, à la salle des fêtes de Clazay.
Créée à la rentrée, elle vise à fédérer cette communauté qui revendique quelques centaines de ressortissants dans la région. Les Sahraouis ont, pour beaucoup, élu domicile à proximité de grands pôles agroalimentaires où ils sont venus travailler : Bressuire, Nueil-les-Aubiers, Pouzauges (Vendée) ou encore Ancenis (Loire-Atlantique). Ils seraient environ 600, dans ce périmètre.

« Il y a, dans cette communauté, un esprit de solidarité »

Fédérer, donc, dans un souci d’ouverture culturelle notamment. Samedi, une khaima avait été installée à deux pas d’une scène animée par la chanteuse Fatata, venue d’Espagne pour l’occasion. Sous cette tente traditionnelle, chacun était reçu à bras ouverts pour prendre part à la fameuse cérémonie du thé ou encore déguster quelques plats traditionnels. Les dattes à la crème fraîche et au beurre et les petits biscuits ont fait leur effet, avant l’incontournable couscous.
Le sens de l’accueil est d’ailleurs l’une des valeurs perpétuées, au fil des générations. « A une personne inconnue, on offre spontanément des dattes et du lait. Pour souhaiter la bienvenue à un homme, on lui remet une tenue, le daraa. Une femme, elle, revêt une melahfa blanche ou noire. C’est très protocolaire », observe Mélanie de Freitas, présidente de l’association Solidarité avec les enfants du Sahara occidental.