jeudi 19 septembre 2019

Maroc – France : Les Enfants de Zellidja au chevet de Sidi Boubker

Société Publié Le 17/09/2019

Au sein des Marocains vivant en France, plusieurs sont issus du village de Sidi Boubker, emblème historique de l’activité minière des années 1920 à 1980. Aujourd’hui, l’association Les Enfants de Zellidja et de l’Oriental (ENZO) les rassemble autour d’initiatives sociales et économiques bénéficiant à leur région d’origine.

Ce mois de septembre marque le lancement d’un projet d’envergure pour Les Enfants de Zellidja. Issus de Sidi Boubker (Oriental) et principalement émigrés en France, ils lancent une initiative socio-économique au bénéfice de vingt femmes, essentiellement veuves et célibataires, dans leur région d’origine, pour renforcer leur autonomie à travers le lancement de projets générateurs de revenu.
«L’amélioration des conditions socioéconomiques des femmes passe par la diversification de leurs activités», nous explique l’association Les Enfants de Zellidja et de l’Oriental (ENZO), qui envisage ainsi de faire bénéficier vingt femmes du «Projet d’Appui aux Femmes de Taghajrt (commune d’Aghbal / Ahfir) par l’élevage des caprins», afin d’améliorer leur condition sociale.
Ce projet est le pendant d’une première initiative en partenariat avec le Club marocain pour l’environnement et le développement (CMED), l’association des amis du Maroc et l’Association pour agir citoyen (APAC).
Investir pour lutter contre l’exode
Président d’honneur et responsable de projets à ENZO, Majid Chaadi explique à Yabiladi que ce projet inclut également la construction de chèvrerie, la prise en charge de l’alimentation, des soins vétérinaires et des frais de suivi sanitaire sur la première année du projet.
«Il s’agit d’appuyer ces activités d’abord pour la production laitière et de viande, mais, à terme, celle-ci inclura également la production fromagère destinée au commerce local comme à l’exportation, ou encore le développement de l’industrie des matières premières pour l’artisanat (peau, cuir, poil…)», ambitionne celui qui a été président d’ENZO.
En effet, les conditions climatiques semi-arides ainsi que les hauteurs de la région n’auront pas raison de la patience des habitants locaux en les poussant à l’exode, puisque «le cheptel caprin est caractérisé par son adaptation aux conditions climatiques du pays et se trouve concentré essentiellement dans les zones de montagne et de parcours dégradés, où il constitue une activité économique importante», nous explique l’association.

mardi 17 septembre 2019

Didier Reynders, actuel chef de la diplomatie belge et futur commissaire européen et sa pratique des droits de l'Homme

Didier Reynders : ce que tout parlementaire européen doit savoir

Ali Aarrass torturé (image d'une vidéo montrée
au tribunal de première instance 
de Bruxelles en 2014)

La nomination de Didier Reynders en tant que commissaire européen à la Justice « avec pour mission les Droits fondamentaux et la défense de l’État de droit » est une gifle magistrale à toutes celles et tous ceux qui l’ont croisé sur le chemin de la défense des droits de l’homme en Belgique.

À l’annonce de sa nomination, Didier Reynders, dont le nom a été cité dans des affaires comme le Kazakhgate, la loi sur la transaction pénale, la gestion des fonds libyens et, tout récemment, le blanchissement d’argent et de corruption au Congo, a déclaré : « L'Union (européenne) n'est pas uniquement un grand marché : il faut une surveillance des droits fondamentaux et de la séparation des pouvoirs, comparable à celle déjà appliquée aux finances ». Commencer par aborder la question des droits de l’homme en prenant le libre marché et le monde financier comme référence en dit beaucoup sur Reynders. C’est ce monde qu’il connaît le mieux et les intérêts économiques et financiers ont toujours été sa première préoccupation. On pourrait déjà s’interroger : si les droits de l’homme en Europe seront surveillés comme le sont les multinationales et les banques, ça promet.

Dorénavant, Reynders se chargera d’un "rapport annuel objectif" sur ces questions, dans lequel la situation de chaque État membre devra être analysée « sur pied d'égalité et de manière impartiale ». Comme on le verra, là aussi, on ne peut qu’avoir des doutes sur « l’objectivité et l’impartialité » de monsieur Reynders dans l’évaluation des droits de l’homme. Lui qui n’a jamais voulu écouter les rapports des instances onusiennes ou des organisations comme la Ligue des droits humains ou Amnesty international, que ce soit dans le dossier d’Ali Aarrass, de Wafi Kajoua ou de Mustapha Awad.

Quelques faits sur Monsieur Reynders qui auraient leur place dans « un rapport objectif » sur les droits de l’homme en Belgique.

On sait que Didier Reynders s’est toujours montré un des plus fidèles soldats des États-Unis et de l’OTAN dans la Global War on terror déclenchée par Georges Bush, en acceptant, avec son collègue à la Défense, quasi toutes les demandes des États-Unis sur l’engagement militaire de la Belgique dans cette guerre. La défense de la paix et le refus de soutenir les guerres américaines sans fin, comme la guerre en Afghanistan qui dure depuis 18 ans, ne font-ils pas partie des qualités nécessaires d’un commissaire européen à la justice et à la défense des droits de l’homme ?

Les inondations au Maroc : un habitant de Taroudant raconte l'enchainement des drames



Par Amal Lahoucine

Pièces jointes
Début septembre, les  drames des inondations ont commencé sur la route entre Marrakech et Taroudant, quand une voiture a été bloquée par l'arrivée d'une énorme rivière déferlant des montagnes du Haut-Atlas. Les boues ont couvert la voiture toute entière, enfoncée dans une épaisseur de boue atteignant presque 6 mètres. 
15 personnes sont mortes dans cette brusque inondation.  toutes originaires de Taliouine.
 
Le deuxième drame est celui du terrain de sport construit dans un oued et brusquement inondé, faisant 7 mort .voir la vidéo.
Le troisième drame est c'est celui d'un car dans une rivière à Errachidia, jusqu'à maintenant 28 morts il y a peut-être encore des disparus ! voir la vidéo.
D'autres morts sont à déplorer dans différentes régions, mais il n'y a pas encore de statistiques exactes. 

En plus, il y a  d'énormes dégâts dans les maisons, les écoles et les champs, du bétail a péri...C'est un terrible drame.

 Je crois que ces énormes inondations ne sont pas naturelles, on commence à penser que c'est à cause des pluies artificielles. Au Maroc, on emploi depuis longtemps la méthode du bombardement de nuages. D'abord les prévisions météorologiques annoncent la pluie et peu  après tombent d'énormes trombes d'eau qui ne s'étaient jamais vues avant ! 
Vidéos 





lundi 16 septembre 2019

Des médecins soutiennent leur confrère arrêté dans l'affaire Hajar Raissouni



Des médecins soutiennent leur confrère arrêté dans l'affaire Hajar RaissouniDes médecins signent un communiqué de solidarité vis-à-vis de Mohammed Jamal Belkziz, gynécologue accusé dans l’affaire de la journaliste Hajar Raissouni. Ils appellent à la révision du cadre législatif régissant les relations entre le médecin et ses patients dans le cadre du secret médical.

Quatre organisations marocaines de médecins ont publié, ce samedi 14 septembre, un communiqué conjoint pour exprimer leur soutien au docteur Mohammed Jamal Belkeziz, gynécologue obstétrique impliqué dans l’affaire Hajar Raissouni, journaliste jugée pour des accusations d’avortement illégal.
Les signataires du communiqué le Syndicat national des endocrinologues diabétologues libéraux du Maroc, l’Association des médecins cardiologues du privé et la région Rabat et Kénitra, la Fédération marocaine des pédiatres et l’Association des gastroentérologues du privé de Rabat.
Tous se déclarent « être profondément préoccupés par les conditions d’interpellation, d’arrestation et de détention de leur confrère ». Accusé de pratiquer l’avortement de manière « habituelle », M. Belkeziz risque jusqu’à 10 ans de réclusion criminelle.
Les quatre organisations disent accorder leur « totale confiance » aux déclarations leur confrère qui a affirmé avoir « agi dans une situation d’urgence à laquelle tout médecin se doit d’intervenir en favorisant avant toute considération, la préservation de la vie de son patient ».
Dans le même communiqué, on affirme, en outre, « sa totale solidarité » au prévenu « qui jouit d’une réputation honorable, d’une moralité exemplaire et du respect du code de déontologie dans l’exercice de sa profession ».
Les signataires soutiennent par ailleurs la position du CNDH appelant à harmoniser le cadre législatif de pays avec les dispositions de sa constitution et les conventions internationales. A ce titre, ils appellent à « une révision » des dispositions portant sur « les relations entre le médecin et ses patients dans le cadre du secret médical, notamment en situation d’urgence ». L’objectif étant de « préserver » le premier lorsqu’il agit dans « le cadre de sa profession tout en lui permettant de protéger la vie privée et l’intimité des malades », conclut le communiqué.

dimanche 15 septembre 2019

Sauvetages en Méditerranée : les ONG ont-elles une politique?


Plusieurs navires de sauvetage en Méditerranée ont erré en mer cet été, faute de trouver un port d'accueil pour les migrants secourus. Face au blocage de certains pays européens, les ONG adaptent leur stratégie. Faut-il forcer les ports? Comment faire pour que les pays ouvrent leurs frontières ?

1004 migrants débarquant dans le port de Salerne (Italie) à bord de l'Aquarius, le navire de l'ONG SOS Méditerranée
1004 migrants débarquant dans le port de Salerne (Italie) à bord de l'Aquarius, le navire de l'ONG SOS Méditerranée Crédits : Getty
Ces dernières semaines ont été marquées par l’épopée de plusieurs navires venant secourir des migrants en pleine Méditerranée. Qu’ils s’appellent Sea Watch 3, piloté par la capitaine Carola Rackete, ou encore Open Arms et enfin Ocean Viking, ces bateaux ont recueilli en Méditerranée des centaines de migrants et ont tenté ensuite de convaincre les pays limitrophes de les accueillir sur leur sol.
Pour autant, les dirigeants politiques européens ont toujours soupçonné ces associations de vouloir imposer à l’Europe l’accueil de ces migrants: y a-t-il une ou plusieurs politiques de ces associations ? Quelle est-elle ?
Nous allons en débattre avec trois invités ce soir un historien de la Méditerranée et de son droit maritime, Guillaume Calafat et deux acteurs de terrain le président d’SOS Méditerranée et Ariane Masson qui était mécanicienne sur le Sea Watch 3, le bateau de Carola Rackete.
Pour aller plus loin :
[Abonnés] Interview de Carolina Rackete, capitaine du Sea-Watch. L'Obs, le 08/07/2019
[Abonnés] Interview de François Thomas, Président de l'association SOS Méditerranée France. Les Inrocks, le 05/08/2019
"De héros à "complices": 5 ans d'opérations d'ONG en Méditerranée", TV5 Monde, le 25/08/2019
Sur le droit de la mer: "Secours en mer. Le port sûr n’est pas toujours le plus proche" Article de Nicolas Gros-Verheyde, le 25/09/2018
Rapport de l'activité 2018 de SOS Méditerranée

ARTE-TV : Le Sahara occidental en quête d’indépendance

ARTE-TV : Le Sahara occidental en quête d’indépendance

Disponible sur ARTE tv du 17/09/2019 au 14/09/2025
Prochaine diffusion le mardi 17 septembre à 05:55
Découvrez l’offre VOD-DVD de la boutique ARTE

Le Maroc occupe le Sahara occidental depuis 1975. Il y a érigé une barrière de séparation de 2720 km, le « mur des Sables », pour contrôler près de 80% du territoire. 100 000 soldats marocains gardent ce mur, achevé en 1987. L’objectif ? Faire taire les revendications du Front Polisario, qui jusqu’en 1991, s’est battu pour l’indépendance du Sahara occidental.
#Frencharms une enquête initiée par le média néerlandais indépendant Lighthouse reports en coopération avec Disclose et le soutien d’ARTE, Bellingcat, Mediapart et Radio France.
Cette année-là, 1991, une trêve entre le Maroc et le Front Polisario a été négociée et un accord a été signé : le Maroc a promis un référendum sur le droit à l’autodétermination des Sahraouis. Il n’a jamais eu lieu.
Aujourd’hui encore, le Maroc revendique le contrôle administratif du territoire. Pendant toutes ces années, il a exercé une répression sur les Sahraouis. Une grande partie d’entre eux a été forcée de quitter leur pays d’origine pour s’entasser dans des camps de réfugiés dans le désert algérien. À cet exode, s’est ajoutée la politique de colonisation du Maroc incitant de nombreux civils à s’installer au Sahara occidental. Résultat : en 2015, on estime que les Marocains y sont au moins deux fois plus nombreux que les Sahraouis… Le transfert de la population est considéré comme un crime de guerre par la Convention de Genève.

De quoi le Maroc est-il accusé ? 
Voici le principal chef d’accusation : refuser le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, pourtant garantie par une résolution de l’ONU votée en 1952. Pour y parvenir, le gouvernement marocain n’a jamais cessé d’utiliser la répression et de bafouer les droits de l’homme. Ce rapport d’Amnesty international d’avril 2019 fait état des « restrictions persistantes de la liberté d’expression, d’association et de réunion » visant notamment des personnes favorables à l’autodétermination.

Que fait l’ONU ? 
 Le Conseil de sécurité des Nations unies a créé le 29 avril 1991 la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Depuis 28 ans, un détachement de 230 militaires est chargé du maintien de la paix sur ce territoire. Il est aussi chargé de l’organisation du référendum. Le processus est enlisé devant la réticence marocaine.

Que fait l’Union européenne ? 
 La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a jugé en 2018 que l’Union européenne devait respecter le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Elle a notamment invalidé un accord commercial de pêche entre l’UE et le Maroc. L’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne en explique les raisons : cet accord « ayant été conclu par le Maroc sur la base de l’intégration unilatérale du Sahara occidental à son territoire et de l’affirmation de sa souveraineté sur ce territoire, le peuple sahraoui n’a pas librement disposé de ses ressources naturelles, comme l’impose pourtant le droit à l’autodétermination ». Un avis qui n’a pas été suivi par le Parlement européen : un an plus tard, il a voté un texte incluant le Sahara occidental dans l’accord commercial entre l’UE et le Maroc. Et cela, alors que l’UE ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur ce territoire. Une position bien ambivalente.

De quoi est accusée la France ? 
Malgré les condamnations du droit international et des organisations internationales, la France vend de grandes quantités d’équipements militaires qui sont acheminés au Sahara occidental. Ces derniers contribuent à :
– assurer l’occupation militaire et soutenir la politique colonialiste du Maroc
- faciliter l’exploitation des ressources en territoire occupé
Notre enquête a permis de repérer les équipements militaires français déployés sur le territoire du Sahara occidental.

Journaliste : Maud Jullien
Pays : France
Année : 2019
Source : ARTE-TV




vendredi 13 septembre 2019

Sahara occidental occupé : 10 jeunes condamnés à des années de prison pour la manifestation du 19 juillet à El Ayoun

Ce 4 septembre s’est tenu à El Aaiun le procès de dix jeunes des territoires occupés, neuf Sahraouis et un Marocain.
Les policiers ont bloqué les rues menant au tribunal. Ils en ont empêché l’accès à Mohamed Dadach, président de CODAPSO, ainsi qu’à Laila Lili et Hadi Matou. Ces deux militantes des droits humains ont pu entrer dans la salle d’audience dans l’après-midi.
La salle était pleine de membres de la DGST (Direction Générale de la Surveillance du Territoire), un service de renseignement. Étaient aussi présentes les familles des prévenus, et des militants sahraouis des droits de l’homme.
Aucun observateur international n’était présent à ce procès.
Les prévenus ont été arrêtés après les manifestations qui fêtaient la victoire de l’Algérie à la Coupe d’Afrique des Nations. La répression de cette manifestation a été très dure. Une jeune fille est morte écrasée par une voiture des forces d’occupation. Nous avons diffusé des vidéos à l’opinion publique où l’on peut voir les tabassages, les coups de fusil, les camions-citernes lançant de l’eau sous pression.
Les chefs d’inculpation étaient les suivants :
Humiliation des forces de l’ordre.
Entrave à la circulation.
Dégradations de propriétés avec usage de la force.
Le procureur a mis les accusés au défi de prouver que les forces de l’ordre n’avaient pas respecté les usages civilisés et légaux dans leur intervention pour disperser les manifestations d’El Ayoun le 19 juillet.
Et la défense n’a pas bronché alors qu’elle avait des preuves –des vidéos d’Équipe Média et autres- montrant toute la répression de ce jour du 19 juillet. Au contraire, l’un des avocats  a fait les louanges du roi et des forces de l’ordre « grâce auxquelles nous vivons dans un espace de paix et de stabilité ». La défense était composée de deux avocats sahraouis et de deux avocats marocains. Leur seul plaidoyer a consisté à exposer des vices de forme : la police n’a pas prévenu les familles des détenus de leur arrestation, et les avocats n’ont eu accès aux dossiers que 72 heures plus tard, c’est-à-dire le 22 juillet.
Ils ont demandé que, étant donnée la spécificité des détenus –jeunes étudiants-, de ne pas donner l’opportunité à certains partis d’exploiter le dossier pour des motifs politiques.
Le juge a demandé aux prévenus s’ils voulaient demander le pardon à la Direction Générale de la Sûreté Nationale. Les détenus ont répondu qu’ils n’avaient commis ni crime ni infraction et n’avaient donc rien à se faire pardonner.
Les prévenus ont nié tous les chefs d’inculpation et affirmé leur innocence.
Ils ont été condamnés à :
Deux ans et demi pour quatre des accusés.
Un an et demi pour trois d’entre eux.
Un an pour les trois autres.
Après le verdict, les policiers ont agressé les prisonniers avant de les menotter pour les envoyer à la Prison Noire. La réaction d’un des prisonniers a été de lancer une bouteille d’eau en direction du juge et du procureur.
Les quatre mineurs qui avaient aussi été arrêtés restent en liberté provisoire.
Avec EM, El Aaiún, Sahara Occidental occupé
Le 04/09/2019

Sahara occidental : voir Laâyoune et repartir (de force)






Depuis 1975, le Maroc occupe le Sahara occidental au mépris du droit international. Pour avoir tenté d’y rencontrer des indépendantistes, Nicolas Marvey en a été expulsé illico. De la Courneuve à Laâyoune, récit d’une incursion écourtée.
La première fois que je rencontre des Sahraouis, c’est en septembre dernier, dans les allées du « village du monde », à la fête de l’Humanité. Le Sahara occidental, je suis au courant : c’est la zone située au sud du Maroc, territoire « non autonome », enjeu d’un conflit entre le Maroc et le Front Polisario qui perdure depuis plus de quarante ans (lire l’encart historique ci-dessous). Et pourtant, après avoir discuté avec Mbareck, membre de la communauté sahraouie installée à Paris, et Michèle, fervente militante de la cause de ce peuple [1], je repars ébranlé par tout ce que je viens d’apprendre.
Un mois plus tard, je suis le conseil de Mbareck et prends un billet d’avion pour Laâyoune, la capitale du Sahara occidental, afin de voir de mes propres yeux…
Béton, palmiers, coupoles et roseaux…
Laâyoune se situe à 500 km au sud d’Agadir et à une vingtaine de la côte atlantique. Cette ville de près de 300 000 habitants [2] s’étend sur la berge sud de l’oued Saguia El Hamra. Tout autour, le désert, plus rocailleux que sableux.
On est samedi soir, il est 23 h, les terrasses des cafés sont bondées, on fait la queue au drive du McDonald’s de la place Dchira ; dans les ruelles adjacentes, on se bouscule dans la fumée des sardines grillées. Stationné à un angle, un fourgon bleu des Forces auxiliaires, dont les vitres sont protégées par des grilles, laisse à penser que le climat n’est pas si serein qu’il y paraît.
Le lendemain, je parcours de larges boulevards, remarque les nombreuses banques, les parcs et les immenses esplanades en travaux avec leurs palmiers fraîchement plantés. J’aperçois le chantier entouré de palissades d’une polyclinique internationale, le stade de 30 000 places et sa pelouse gazonnée, l’immense bibliothèque (la troisième plus grande d’Afrique)… Pas de doute, le pouvoir chérifien investit massivement à Laâyoune.
Plus au nord, vers l’oued, je déambule dans des quartiers populaires. Les édifices datant de la colonisation espagnole sont bas, dans les tons ocre et saumon, surmontés d’une coupole afin de maintenir une certaine fraîcheur. Beaucoup ont été rasés. Partout on surélève et les fers à béton hérissent les constructions inachevées. Au bout d’une rue, une dune de sable barre l’horizon : la berge opposée de l’oued Saguia El Hamra que l’on aperçoit au loin. En bas d’un talus aux allures de dépotoir s’ouvre un autre monde. À cet endroit l’oued forme une retenue ; l’eau est d’un bleu intense, la terre brun-rouge et une brise agite les plumeaux blancs des roseaux. Des flamants roses et des aigrettes plongent le bec dans la vase tandis que des ibis noirs remontent le cours en rasant l’eau.
« Pas d’alternative à l’auto-détermination ! »
« Nicolas, me dit Michèle au téléphone, Saïd [3] aimerait te rencontrer, c’est un militant.
– Il n’est pas surveillé ?, je demande.
– Ne t’inquiète pas, il a l’habitude ! »
J’appelle Saïd par WhatsApp, il me fixe rendez-vous en fin d’après-midi. À l’heure dite, j’attends en bord de rue, songeant que ce lieu de rencontre n’est pas bien discret. Saïd me rappelle et me dit de marcher en direction de la mosquée. Cent mètres plus loin une Mercedes me dépasse lentement, on me crie par la fenêtre ouverte de tourner à droite, la Mercedes s’engage dans la ruelle à droite, je la suis : « Monte vite ! », je monte vite. Le chauffeur, casquette rabattue sur les lunettes de soleil, démarre en trombe, tourne à gauche puis encore à gauche, s’arrête au milieu de la rue, vérifie dans le rétro si nous ne sommes pas suivis puis, tranquillisé, me salue avec un grand sourire.
Saïd a intensément participé au campement de protestation de Gdeim Izik, moment sans précédent de résistance non violente, qui a rassemblé quelque 20 000 Sahraouis dans le désert en 2010 [4].
Nous pénétrons dans le quartier Maâtallah, le cœur de la résistance sahraouie à Laâyoune. Lors de l’intifada de 2005 qui a embrasé tout le Sahara occidental, c’est ici que les affrontements entre Sahraouis et Forces auxiliaires ont été les plus violents. Ainsi que la répression. À Maatallah, les façades décrépites sont décorées de carrés de peinture rouge ou noire, destinés à effacer les graffitis indépendantistes et drapeaux sahraouis qui fleurissent à la moindre occasion. Des rues sont percées de tranchées, des tas de sable occupent une partie de la chaussée dans une atmosphère générale d’abandon qui contraste avec le luxe ostensible des villas à quelques rues de là. Une femme sur le trottoir tient son fils par la main. Saïd passe la tête par la fenêtre et crie « Labadil labadil ! ». Illico le marmot répète le mot et forme un V avec ses petits doigts tandis que la mère nous gratifie d’un grand sourire. Saïd éclate de rire. « Labadil labadil, an takrir el massir ! » : « Il n’y a pas d’alternative à l’auto-détermination ! »
Nous traversons un large boulevard. « Arrête de filmer et baisse la tête ! », m’ordonne Saïd. Nous passons devant une demi-douzaine de véhicules de la Sûreté nationale stationnés là pour disperser les manifestations qui ont fréquemment lieu dans le secteur. Plus au nord, Saïd me montre l’endroit où il a été torturé et abandonné, au bord de l’oued, après avoir été enlevé par des policiers en civil suite à une manifestation. Nous passons ensuite devant la Carcel Negra, la « prison noire » où 700 personnes sont entassées derrière les hauts murs blancs dans des conditions effroyables, puis devant le quartier général de la Minurso, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, incapable d’accomplir son mandat depuis 1991 du fait de l’opposition acharnée du Maroc. Et l’université, elle est où ? « Il n’y en a pas », me répond Saïd : pour étudier, les jeunes Sahraouis doivent aller au Maroc, ou à l’étranger. Pour finir, il me dépose à proximité de la place Dchira. À l’angle du McDo’, le fourgon bleu est toujours là.
https://cqfd-journal.org/Sahara-occidental-voir-Laayoune-et

jeudi 12 septembre 2019

Sahara Occidental : L’Espagne lâche le Maroc

L’Espagne, alliée traditionnelle du Maroc sur la question sahraouie tout comme la France, vient de lâcher subitement son partenaire aux abois ces deux dernières années. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez plaide, désormais, pour un élargissement de la mission de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme au Sahara Occidental, une vieille revendication du Polisario qui a toujours été combattue par le Maroc, qui ferraille dur pour l’écarter des discussions bilatérales. Car les atteintes aux droits de l’Homme dans les territoires occupés sont monnaie courante.
Les services de sécurité marocains pratiquent une véritable chasse aux sorcières en ce qui concerne tous les citoyens sahraouis soupçonnés à tort ou à raison de sympathie à l’égard du Polisario : tortures, sévices corporel multiples, arrestations arbitraires, chasse à l’homme, traques policière, emprisonnements sont en effet le lot quotidien des citoyens sahraouis dans les territoires occupés.
Aussi l’élargissement de cette question des droits de l’Homme gêne considérablement le régime marocain. Assistons-nous enfin à un véritable tournant dans les relations maroco-espagnoles ? Le PSOE de Pedro Sanchez a opéré une révision profonde de sa position sur le Sahara occidental. Le parti socialiste a exhumé une vieille revendication du Polisario déclarant : " Le gouvernement espagnol soutient les processus de négociations sur le Sahara occidental, tant au niveau des Nations unies que dans d’autres cadres, basé sur un total respect des obligations du droit international"  .
Mieux encore, le PSOE s’est engagé officiellement à élargir les prérogatives de la MINURSO. » Nous appuierons un élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme » dans la région « , dit il. Une mesure inscrite dans le document » Proposition ouverte pour un programme commun progressiste « , élaboré par les socialistes et révélé le mardi 3 septembre à Madrid.
Elle constitue une nouveauté par rapport à la ligne observée jusque- là par la gauche classique mais également par le PP quand il était au pouvoir. En effet, aux élections anticipées du 28 avril, ils avaient plutôt plaidé pour une » solution du conflit qui soit juste et mutuellement acceptée » par les parties. Aucun parti espagnol au pouvoir ne s’est engagé à soutenir publiquement la surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental par la mission onusienne.
Le régime marocain qui a appris cette nouvelle est pour l’instant incapable de réagir. Groggy, il observe les évènements sans broncher. Le ministre des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, questionné lors d’une conférence de presse sur cette volte-face espagnole est resté muet : » Je n’ai pas l’habitude de commenter les programmes électoraux de partis étrangers « , a affirmé le ministre.
Visiblement, la réponse de Mustapha El Khalfi n’a pas vraiment convaincu les représentants des médias présents lors de sa conférence de presse, au point qu’un autre journaliste a plus tard posé la même question. Une nouvelle fois, Mustapha El Khalfi s’est refusé de commenter la proposition du PSOE. Il a également rappelé que l’élargissement des prérogatives de la MINURSO à la surveillance de la situation des droits humains a été définitivement balayée par les Nations unies en 2013.
La représentante du Front Polisario en Espagne, Khira Boulahi, a exprimé récemment sa condamnation la plus ferme de la politique du régime marocain et du blocus imposé aux zones occupées du Sahara occidental en empêchant l’accès au territoire à des journalistes et observateurs internationaux.
Dans une déclaration publiée après l’expulsion, par les autorités d’occupation marocaines, de l’avocate espagnole Cristina Martinez Benitez, Mme Boulahi a averti que » l’expulsion des observateurs internationaux, le manque de pression de la communauté internationale et l’absence de mécanismes des droits de l’Homme pour la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental encouragent une puissance occupante à prononcer des peines sévères et illégales à l’encontre de militants pacifiques « .
La représentante du Polisario a dénoncé » l’attitude préoccupante du Maroc et l’impunité avec laquelle il opère « , demandant aux pays de l’Union européenne, principalement l’Espagne et la France, » de garantir la libre circulation de leurs citoyens et de garantir l’accès des observateurs internationaux dans les zones occupées du Sahara occidental « .
Dans ce contexte, l’avocate espagnole Cristina Martinez a été empêchée, pour la deuxième fois en moins d’un mois, par l’occupant marocain de se rendre dans la ville d’El Ayoun occupée où elle devait assister au procès intenté contre 8 militants sahraouis. La jeune militante sahraouie Sabah Hamida été tuée par un véhicule de la police marocaine qui a foncé à pleine vitesse sur la foule sortie célébrer pacifiquement la victoire de l’équipe algérienne face à la sélection sénégalaise. C’est en l’absence des observateurs internationaux et avec une procédure jugée » illégale » par des organisations de défense des droits de l’Homme.
Durant l’année 2019, le Maroc a expulsé plus de 30 observateurs internationaux, avocats et journalistes, qui devaient se rendre au Sahara occidental occupé pour s’enquérir notamment de la situation des droits de l’Homme et des conditions de détention des militants politiques sahraouis. Plusieurs organisations internationales ont condamné cette attitude marocaine, exigeant le respect de la légalité internationale et l’entrée libre aux observateurs des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés.
Source : Tribune des Lecteurs, 8 sept 2019

Ariane Ascaride, meilleure interprète à Venise, dédie son prix aux migrants morts en mer


Femme engagée, Ariane Ascaride a reçu samedi le prix d'interprétation à la Mostra de Venise pour son rôle de mère courage dans "Gloria Mundi" de Robert Guédiguian.
Ariane Ascaride reçoit la coupe Volpi de la meilleure interprète à la Mostra de Venise le 7 septembre 2019
Ariane Ascaride reçoit la coupe Volpi de la meilleure interprète à la Mostra de Venise le 7 septembre 2019 (LAURENT VU/SIPA)

lundi 9 septembre 2019

Maroc, 1999-2019 : vingt ans de nouveau règne pour rien ?


Morad Diani
En vingt ans de règne, Mohammed VI a raté plusieurs occasions de réformer le système politique et pour créer un modèle économique égalitaire décevant ainsi les espoirs que le jeune roi avait suscités il y a deux décennies
Le roi est mort, vive le roi ! Le 23 juillet 1999, le roi Hassan II décédait, au terme de 38 ans d’exercice du pouvoir. Son fils aîné accéda de facto et de jure au trône pour devenir le troisième roi du Maroc après l’indépendance, dans une longue lignée de sultans alaouites depuis le milieu du XVIIe siècle.
L’accession au trône de celui qu’on appellera désormais Mohammed VI marqua un tournant dans l’histoire moderne du pays, dans le sens où elle déclencha de vastes espérances que le pays bascule dans une nouvelle ère.
Car ce jeune monarque, alors âgé de 36 ans, réussit très vite à impressionner l’opinion publique nationale et internationale en déclinant une image publique moderne et une « cool attitude », tout en étant proche du peuple et en adoptant nombre de mesures symboliques, en faveur des libertés publiques, de la réconciliation avec le passé sombre de son prédécesseur et de l’émancipation de la femme…
« Le style, c’est l’homme », disait Hassan II. Mohammed VI ne va pas ainsi déroger et, très vite, va se distinguer de son père par son propre style, par une communication soignée et des actions liminaires fortes.
Le bon filon Moins de trois semaines après son intronisation, le 20 août 1999, dans un discours, il allait briser un interdit en évoquant les disparus et les victimes d’arrestations arbitraires.
Un peu plus tard, il limogea Driss Basri, ministre de l’Intérieur et homme fort de l’ancien régime, qui avait mené une politique de répression pendant près de trois décennies.
Dans la même veine, certains des exilés les plus emblématiques ont été autorisés à revenir au Maroc, comme Abraham Serfaty ou la famille de Mehdi Ben Barka, alors que d’autres étaient libérés comme le cheikh Abdeslam Yassine.

Taourirt sous les eaux après de fortes pluies (VIDEO)




Au cours des dernières heures, de fortes pluies ont frappé de plein fouet la ville de Taourirt.
Des vidéos postées sur les réseaux sociaux montrent l’ampleur des dégâts dans les principales artères de la ville.
La météo nationale avait annoncé de fortes averses orageuses avec chute de grêle, de niveau orange, ce samedi de 14H00 à 24H00 dans plusieurs provinces du Royaume.
De très fortes averses orageuses, de niveau orange, avec chute de grêle ont touché les provinces de Berkane, Boulemane, Fahs-Anjra, Guercif, Jerada, Mdiq-Fnideq, Ouezzane, Oujda-Angad, Sefrou, Taounate, Taourirt et Taza.
La situation ne va pas s’améliorer puisque la météo de dimanche annonce des “pluies avec averses orageuses fortes dès le début de la matinée, avec chutes de grêle et rafales possibles sur la méditerranée, le Rif, les reliefs de l’Atlas, les plaines à l’Ouest de l’Atlas, l’Oriental, le Saiss, pouvant aussi toucher les versants Sud-Est”.