مدوّنة شبكة التضامن مع الشعب المغربي والصحراء الغربية في الخارج. تأسست هذه الشبكة في فبراير 2009 بمبادرة من التضامن مع المغرب 05، AZLS و شبكة تلاكسكالا.
للاتصال بنا أكتبوا إلى solidmarO5@gmail.com

jeudi 24 avril 2014

Maroc, une destination de rêve ... derrière la façade, la torture ! Dossier à lire !

"Sous la dictature, un mot, un message peut valoir son pesant d'or et être salutaire. Un dernier mot : les dictatures sont lâches : elles craignent la menace plus que l'agression."
Jalel El Gharbi, poète tunisien. Lettre à André Chenet

«J'étais attaché par les pieds. J'avais du sang qui coulait des oreilles. C'était un cauchemar. C'est psychologiquement et physiquement intenable. On est prêt à tout. S'ils voulaient que j'avoue que j'étais responsable des attentats de New York du 11-Septembre, je suis prêt à le faire. Ça fait presque quatre ans. Je n'en dors pas la nuit»,  Adil Lamtaoui, franco-marocain de 31 ans détenu au Maroc depuis octobre 2008.
«La multiplication des plaintes pour torture démontre la réalité du système tortionnaire marocain». ... 
«la France, en sa qualité de meilleure amie du Maroc, s'honorerait à aider le Royaume chérifien à mettre un terme à ces pratiques. Des enquêtes judiciaires indépendantes et impartiales semblent le meilleur moyen d'y parvenir»
Mr Joseph Breham, Avocat
***
L'avocat (Me Ziane, ex-ministre des droits de l’homme (le seul ministre marocain qui ait volontairement démissionné de son poste), actuel bâtonnier et chef du Parti Libéral Marocain) affirme que son client, Abdelkader Belliraj, lui a écrit une lettre où il explique qu'il a été  "torturé durant deux mois sans arrêt"  et que ses aveux lui ont été arrachés sous la torture, qu'il a dû les signer avant même de pouvoir les lire. Il détaille également les tortures subies: électrocution, pendaison par les jambes, coups,… etc.
"l'ONG Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat). Ce sont en effet les plaintes de cette ONG ainsi que celle du boxeur, l'ancien champion Zakaria Moumni, visant le patron du contre-espionnage marocain Abdellatif Hammouchi pour des faits de torture..."
Malgré tout ce faisceau de preuves, Rabat, par la voix de son ministre de l’Intérieur, Taieb Cherakoui, continue de s’enferrer dans ses dénégations, alors que Mohammed VI vient de céder à la pression de la rue en accordant sa grâce à de nombreux prisonniers politiques. Des prisonniers qui ont pour la plupart goûté aux charmes de son mouroir de Témara.
«Ce que l’on ne voit pas, par contre, c’est la prison souterraine dont les cellules servent de salles de torture, comme ont pu témoigner plusieurs hôtes, marocains et étrangers, qui y ont été "invités"», Témoignage sur le site Demain.

Tel père, tel fils : Bagnes et torture au Maroc sous Mohammed VI

"Au Maroc, on réprime, on torture, on assassine dans l’impunité totale", rappellent les militants des droits de l’homme marocains, affirmant ne pas pouvoir se résigner à cette situation et qu’il est "urgent que se développe un large mouvement de solidarité contre la pratique de la torture et la répression sous toutes ses formes au Maroc".
 La militante des droits de l’homme Khadija Ryadi a relevé mardi soir (1é  février 2014 à Paris un "retour remarquable" aux procès politique "inéquitables" au Maroc où la justice demeure, selon elle, "instrumentalisée". Après les acquis arrachés dans les années 1990, nous constatons de plus en plus un retour aux procès politiques au Maroc où le régime instrumentalise la justice, tantôt en prétextant une lutte contre le terrorisme et tantôt en maquillant des procès politiques en procès de Droit commun", a-t-elle indiqué lors d’une rencontre-débat, organisée par la section d’Ile-de France de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) Pour la Coordinatrice du Collectif Marocain des Instances des Droits Humains (CMIDH, composé de 22 organisations de défense des droits humains), les attentats de Casablanca en 2003 avaient servi de "prétexte pour revenir à des pratiques répressives" au Maroc au nom de la lutte anti-terroriste... Aux yeux de la lauréate du Prix des Nations Unies 2013 pour la cause des droits humains, ce ne sont pas seulement les islamistes qui ont été la "cible de cette répression", mais cela s’est "généralisé par la suite, en atteignant d’autres catégories sociales et professionnelles, dont les journalistes, les défenseurs des droits humains et autres étudiants activistes". (consulte SaharaPressService )
Au Maroc, royaume shérifien, al makhzan tue, mais il le fait dans des "abattoirs spécialisés"  et cela passe presque inaperçu. La torture au Maroc, par son côté systémique, est une politique d'État et a essentiellement pour but la soumission et l’asservissement du peuple."Elle est un des maillons d’un système répressif ancré au coeur des mécanismes du pouvoir. Comme le reste des régimes despotiques, malgré une façade démocratique, le pouvoir en place dispose d’un vaste arsenal d’interventions pour contrer les mouvements sociaux et démocratiques qui combattent l’arbitraire policier, la corruption et les politiques anti sociales au service d’une logique de prédation internationale et locale menée et soutenue au plus haut niveau de l’appareil d’Etat", précisent des militants des Droits Humains (appartenant au Mouvement du 20 février 2011) dans une déclaration conjointe parvenue à l'APS le 10 mars 2014. On sait aussi que les Américains font torturer leurs prisonniers de Guatanamo au Maroc ( et ailleurs ). à Témara, alors on peut en déduire que c'est à cet endroit qu'atterrissent les avions de la CIA ( et du Pentagone ) .
Cet horrible endroit fait partie d’une toile d’araignée maléfique à travers tout le Maroc, que Hassan II a jeté sur la tête du peuple marocain, pour l’étouffer et le dominer. C’est ce qu’il avait comme programme à offrir à ce brave peuple après l’indépendance, pour lui prendre ses richesses, en disposer à sa guise et ruiner le pays. Son fils continue sur la même voie. ( Sinon, pourquoi garder cette toile d’araignée diabolique ? )
Il a fallu le témoignage de Mr. Charef pour que les marocains découvrent la torture au Maroc. Il n’y a pas que Témara, les pires sévices sont perpetrés au quotidien dans toutes les brigades de gendarmerie, et dans les commissariats de quartiers, sans que personne n’y trouve à redire. Il est vrai que la torture a été banalisée par la fala9a du msid, au sein de la société marocaine.
En 2000-2001, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) avait publié une liste des noms de responsables (certains toujours en poste), pour lesquels l’association dispose de présomptions sur leur implication dans les crimes d'enlèvements, d'assassinats, d'arrestations arbitraires et de torture.
Au terme de sa mission menée du 15 au 22 septembre 2012 au Maroc, le rapporteur spécial des Nations Unies, Juan Mendes, avait évoqué, dans un rapport rendu public, un "recours accru aux actes de torture et aux mauvais traitements lors de l'arrestation et pendant la détention", se disant "vivement préoccupé par plusieurs témoignages relatifs au recours à la torture et aux mauvais traitements dans des cas présumés de terrorisme ou de menace contre la sécurité nationale".
Un constat d'ailleurs corroboré par le Conseil marocain des droits de l’homme qui, dans un rapport officiel publié en octobre 2012, concédait que les détenus subissent des "traitements cruels, inhumains ou dégradants" dans la plupart des prisons du royaume. (Sahara Press Service)
Il se pourrait que la tempête qui se prépare à l’Est, se mette à souffler bientôt sur le Maroc pour le nettoyer de fond en comble, et redonne au peuple marocain ses droits ainsi que les commandes des Institutions de sa nation.
Cadavre Exquis en copier-coller, agrémenté de notes, réalisé par André Chenet

Le bagne localisé via Google Earth

A l'époque de Hassan II, Témara, à quelques kilomètres au sud de Rabat, était plutôt synonyme de farniente et de douceur de vivre. Cette petite agglomération doublée d’une agréable station balnéaire a depuis radicalement changé de réputation. 
Sous Mohammed VI, les services secrets marocains y perpétuent la pratique de la torture, les sévices les plus sadiques, dans des conditions de détention effroyables. Des centaines d’hommes et de femmes –aucun chiffre précis n'est connu– y sont passés, dans des cellules exiguës qui ne seraient guère plus que des culs de basse-fosse.
Le complexe de Témara –officiellement siège de la Direction de la sécurité du territoire (DST, rebaptisée DGST depuis 2003)–, «n’est pas seulement un simple complexe de bureaux. Il est étalé sur plusieurs hectares où sont installées des antennes satellitaires. On peut remarquer également d’autres types d’antennes et même une sorte de route à deux voies qui peut permettre l’atterrissage de petits avions, genre Cessna», commente pour sa part le site d’information Demain.  
«Ce que l’on ne voit pas, par contre, c’est la prison souterraine dont les cellules servent de salles de torture, comme ont pu témoigner plusieurs hôtes, marocains et étrangers, qui y ont été "invités"», ajoute Demain.
La vidéo montre que le site de Témara n’est qu’à 2 km à vol d’oiseau de la résidence royale de Dar-Es-Salam.
.../...
Amnesty International avait accumulé plus de 45 témoignages, dont 20 très détaillés, de détenus, de leurs familles, de leurs avocats et d'autres ONG marocaines, qui ont enquêté sur leurs cas.
«Des fonctionnaires conduisent la personne interpellée à bord d’une voiture banalisée (comme dans les années 70). Parfois même, les agents DST les brutalisent avant de leur bander les yeux et de les emmener vers un lieu inconnu (…). Outre les sévices que subissent les détenus, il y a surtout les menaces de viol auprès de leurs épouses et autres abus sexuels dont ils sont victimes sur place», avait rapporté l’ONG, qui exhortait le Maroc à «reconnaître les agissements de la DST et à enquêter sur les agissement des agents concernés».
«Presqu'un an avant les événements du 16 mai 2003, l'opinion publique marocaine découvre que les méthodes d'interpellation et le phénomène de la détention arbitraire qu'elle croyait quasi révolues avaient fait leur réapparition. 
Les sévices sous supervision étrangère, le recours à des «kapos» marocains entraînés pour la torture tels que les a décrits Binyam à l’association Reprieve, qui a fourni une aide juridique à de nombreux détenus de Guantanamo, tendent à confirmer que les geôliers de Témara agissent bien dans le cadre d'un système carcéral hors-la-loi assumé en secret par l’Etat marocain, avec la bénédiction de ses chaperons américain et britannique.
Lire l'article complet  sur : Slate Afrique
Je me nomme Alain Combe j’ai vécu l’enfer durant deux années dans les geôles marocaines alors que les Autorités chérifiennes comme françaises connaissaient mon innocence.
J’ai survécu dans des conditions abominables et confirme l’existence de la torture.
Je confirme l’intégralité des propos rapportés par le Haut Diplomate français en poste aux Etats Unis (NDLR: Gérard Araud, ambassadeur auprès des Nations unies : « Le Maroc est une « maîtresse avec laquelle on dort toutes les nuits, dont on n’est pas particulièrement amoureux mais qu’on doit défendre »)
Oui le Maroc se comporte comme une sirène qui attire par ses charmes les subventions et autres dons des pays occidentaux et s’offusque lorsque des vérités sont exprimées.
Oui je me prépare a porter officiellement plainte contre les Autorités marocaines (M. Mustafa Ramid, Ministre de la Justice et M. Abdennabaoui, Directeur des Affaires Pénales et des Libertés) pour acte de torture et complicité de détention illégale, en autres chefs d’accusation.
Oui les diplomates français connaissent tous, je l’affirme, cette situation qui ne peut rester impunie.
Non le Maroc n’est pas une pucelle effarouchée comme elle essaye de le prétendre mais une vieille maîtresse passée maître dans l’Art de la dissimulation et du simulacre.
Une grâce royale avait été demander en ma faveur par la République Française, balayée par les autorités Marocaines . Là, oui, c’était un véritable incident diplomatique, car comme je l’ai crié haut et fort à l’époque  » Le Maroc a pissé sur la France  .»
Lire l'intégralité du témoignage sur : Dreuz
Zakaria Moumni a porté plainte en France contre une autorité marocaine, l'accusant de l'avoir torturé en 2010, réclamant "une enquête approfondie, indépendante et impartiale" dans une missive à François Hollande : Lire sur Huffinghton Post Maghreb
Une histoire de torture et de traitements inhumains et dégradants
Luk VERVAET
Ces dernières semaines, au Maroc, les tortionnaires ont été touchés en plein cœur. En France, Mostafa Naim, animateur social, Adil Lamtalsi, producteur de cinéma, Naama Asfari, militant sahraoui, son épouse, Claude Mangin et Zakaria Moumni, champion du monde de boxe thaïe, ont tous déposé plainte contre la torture dont ils ont été victimes après leur arrestation au Maroc.
Suite à ces plaintes, déposées par ces (ex-) détenus et l’ACAT (Action des Chrétiens contre la torture), et en particulier suite à celle déposée contre le tortionnaire Abdellatif El Hammouchi, le Maroc a annoncé le 26 février dernier «  la suspension de l’exécution de tous les accords de coopération judiciaire avec la France ". 
Les détenus au Maroc : entassés comme du bétail
Lire : ICI
Ce sont en effet les plaintes de cette ONG ainsi que celle du boxeur, l'ancien champion Zakaria Moumni, visant le patron du contre-espionnage marocain Abdellatif Hammouchi pour des faits de torture, qui ont déclenché les hostilités. Le boxeur affirme notamment avoir «aperçu Abdellatif Hammouchi lors d'une des séances» de sévices qu'il dit avoir subies au centre de détention de Temara, dépendant de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST). L'ancien champion avait été arrêté en septembre 2010 à son arrivée au Maroc de France, où il réside et dont il a la nationalité. Il affirme avoir signé sous la torture les aveux selon lesquels ... Lire sur :  Le Parisien http://www.leparisien.fr/international/le-boxeur-qui-a-porte-plainte-au-maroc-pour-torture-ecrit-a-hollande-08-03-2014-3654817.php
Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme
2 - Les dérives policières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2-1- Des arrestations par milliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2-2- Des arrestations et des perquisitions illégales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2-3- Gardes à vue irrégulières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2-4- Torture et mauvais traitements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2-5- Des décès suspects. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2-6- Extraditions et coopération policière: de Guantanamo à Témara?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
CONSULTER LE RAPPORT : ICI

Ali Aarrass, de nationalité belge & marocaine
récemment torturé dans les geôles de sa majesté Mohammed VI


Voici comment le Maroc en JUIN 2010 pas en en 1971 sous Hassan II mais bien sous le régime du roi des pauvres Mohamed VI. Les services de polices TORTURENT des citoyens, médecins, professeurs, pharmaciens, fonctionnaires, pas des pauvre gars des bidonvilles manipulés pour l’occasion !!!!!!! Harcèlement, menaces de viol, privation des vêtements sont quelques unes des pratiques décrites ci dessous.
A TOUS  voici dans ce texte le témoignage de 7 détenus durant ce mois de juin 2010 dans une cave d'un commissariat de Casablanca au Maroc. Que vous soyez des élus ou membres d’une organisation des droits de l'homme ou pas, un journaliste ou simple citoyen lisez cela et faites comme bon vous semble... les sources de ce document se trouvent en fin de page.
Les détenus d’Al Adl Wal Ihsane racontent les détails de leur torture :
La Torture au Maroc, quelques liens :

France : Scandale du "Progrès" : le CRAN interpelle le Défenseur des droits, la CNIL et le ministre de l'intérieur



Scandale du Progrès : le CRAN interpelle le Défenseur des droits, la CNIL et le ministre de l'intérieur
 
(23-04-2014) Ce mardi 22 avril, le quotidien lyonnais Le Progrès a publié un dossier sur la criminalité dans le Rhône en identifiant les « spécialités » en fonction des nationalités.
Ainsi, on y apprend que la prostitution (qui apparemment est un crime) serait le fait principalement des « Africaines, Roumaines, Bulgares, Albanaises, Roms, Russes, Ukrainiennes » . Le vol de ferraille serait le fait « des Roms et des gens du travail ». Le piratage de distributeurs de billets serait plutôt la spécialité des « gens du voyage, des Roumains, des Russes et des groupes des cités marseillaises », etc.
Devant les nombreuses réactions, la rédaction a présenté des excuses, tout en maintenant son discours et ses affirmations. Dans ces conditions, le CRAN ne peut que condamner cet article indigne, qui a d'ailleurs été salué par le vice-président du FN, Florian Philippot, ce qui en dit long sur la lepénisation des esprits en France. « On n'arrête pas Le Progrès, a déclaré Louis-Georges Tin, quotidien qui semble être désormais la gazette locale du FN ».
« Par ailleurs, a ajouté le président du CRAN, j'aimerais que Le Progrès nous dise aussi si les 60 à 80 milliards d'euros de fraude fiscale qui ont été volés à la France en 2013 sont la spécialité des Roms ou des Africaines. Si les milliers de personnes empoisonnées ces dernières années par l'amiante, par le médiator ou par le chlordécone ont été tuées par des Roumains ou par des groupes des cités marseillaises. Si les discriminations raciales qui affectent des dizaines voire des centaines de milliers de personnes chaque année sont dues aux Ukrainiens ou aux Albanais. »

Dans ces conditions, le CRAN demande que la CNIL et le Défenseur des droits soient saisis de ce dossier. En outre, dans la mesure où le journal prétend tenir ses informations du ministère de l'intérieur, le CRAN entend demander des explications à Bernard Cazeneuve. Enfin, le CRAN demande à rencontrer sans délai la rédaction du journal, et adresse toutes ses condoléances aux journalistes du Progrès qui ont été souillés par l'attitude ignoble de leur rédaction.
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------


 
Le collectif Marseille-égalité, le CRAN, le CRAN PACA condamnent les propos de Guy TessierLe collectif Marseille-égalité, le CRAN, le CRAN PACA condamnent les propos de Guy Tessier

(19-04-2014) Lors de sa première visite officielle au sein des équipes de collectes de Marseille Provence Métropole, le nouveau président de la communauté urbaine a déclaré : « Et il est sûr que certains compatriotes doivent changer leurs gestes, ne plus jeter des déchets par terre. Il faut trouver des moyens pédagogiques pour éviter que certains comportements ne s’africanisent ». Pour étoffer son propos, Guy Tessier a plus tard expliqué : « Vous êtes déjà allé en Afrique ? Et alors ? Ce que j’ai dit est une réalité. Je pense qu’en Afrique, la propreté n’est pas une priorité. »
Le CRAN, le CRAN PACA et Marseille Egalité condamnent avec force ces propos racistes, passibles de poursuites pénales. L'Afrique serait-elle le berceau de la saleté de l'humanité, les Africains seraient-ils génétiquement inaptes à toute propreté ? Le CRAN, le CRAN PACA et Marseille Égalité souhaitent rencontrer le nouveau Président de la communauté urbaine afin de demander des explications. 

Il s'agit de lui rappeler que « l'Africanisation » de Marseille ne date pas d'hier. Elle a commencé le 15 août 1944, avec l'opération « Dragoon » qui a permis le débarquement de Provence. Ce sont des milliers d'Africains en effet, Algériens, Marocains, Sénégalais, et autres descendants d’Afrique, qui ont contribué à libérer la ville de Marseille.
Monsieur Guy Tessier, président de la communauté urbaine, doit retirer ses propos et présenter des excuses officielles et publiques. Il ferait mieux de suivre l'exemple du maire de Marseille, qui a récemment mis en place une délégation chargée de la lutte contre les discriminations.


Nassurdine Haidari, président du CRAN PACA, souhaite rencontrer Monsieur Guy Tessier afin de clarifier la situation.


Signataires : le collectif Marseille-égalité, le CRAN, le CRAN PACA. Contact : Nassurdine Haidari, 06 20 14 03 41
http://www.le-cran.fr/communique-cran-associations-noires-de-france_lire_le-collectif-marseille-egalite--le-cran--le-cran-paca-condamnent-les-propos-de-guy-tessier_160_0_0.html

14 millions de sans-terres indiens marchent derrière le nouveau Gandhi



Rajagopal Puthan Veetil © Ekta ParishadRédigé par , 10/4/2014

S’inspirant du père de l’indépendance indienne, Rajagopal organise d’immenses marches pacifiques. Objectif : permettre aux déshérités des campagnes, dont il est devenu le héros, d’accéder à la propriété de terres cultivables.

Rajagopal Puthan Veetil © Ekta Parishad
Rajagopal Puthan Veetil © Ekta Parishad
Article issu de We Demain n°6
Article issu de We Demain n°6
Rajagopal dégage une aisance qui lui vient peut-être de son passé de danseur classique indien. L’accolade est franche, le sourire, large. « You’re doing a great job, my friend », lance-t-il aux quelques journalistes et responsables d’association venus le rencontrer à Paris, début décembre, dans les loges d’une petite salle de spectacle du 2e arrondissement. Difficile d’imaginer qu’on est ici face au héros de millions d’Indiens, « quasi inaccessible » dans son pays, nous a-t-on prévenu, tant il y est sollicité, dans la rue, et par téléphone – celui-ci sonne sans cesse.

Contrôle de la terre

À 7000 km de là, ce n’est pas en dansant que l’homme est devenu célèbre, mais en marchant. Rajagopal est l’initiateur de l’une des plus grandes marches non-violentes de l’histoire de l’humanité. C’était en 2012. Le 2 octobre, 100 000 paysans indiens cheminent de la ville de Gwalior vers le Parlement, à New Delhi, la capitale. Leur objectif : obtenir le droit à posséder leur propre terre. Femmes, hommes, jeunes, vieux : une marée de tenues multicolores et de drapeaux se met en marche pacifiquement. Au bout de dix jours, quand le cortège est à Agra, avant même d’arriver à destination, le gouvernement cède. Un accord est conclu. Il prévoit une réforme agraire qui fournira des terres cultivables et des terrains habitables aux déshérités des campagnes. Une victoire pour des millions d’Indiens. Parmi les marcheurs, on trouve aussi une dizaine de paysans français, venus soutenir en Inde une agriculture responsable et équitable. De cette rencontre entre producteurs du Nord et du Sud naîtra un documentaire, Un nouveau monde en marche. C’est ce qui nous donnera l’occasion de rencontrer Rajagopal, de passage en France pour la projection du film.

Rajagopal Puthan Veetil est le fondateur et président d’Ekta Parishad, un mouvement populaire créé en 1991 pour aider les communautés marginalisées d’Inde à se réapproprier les ressources fondamentales. « Impossible de combattre la pauvreté sans contrôle de la terre, des forêts et de l’eau », explique-t-il. Ekta Parishad milite aussi pour la sauvegarde des cultures tribales, l’émancipation des femmes et une agriculture respectueuse de l’environnement. Son arme ? La marche.

[Vidéo] Un nouveau monde en marche, rencontre entre Alter Eco et Ekta Parishad

Une marche organisée par Ekta Parishad en 2007 © Ekta Parishad
Une marche organisée par Ekta Parishad en 2007 © Ekta Parishad
En 2005, un premier groupe de quelque 5 000 paysans s’élance de l’État du Chhattisgarh pour demander réparation des dégâts provoqués par une usine de la région. Direction New Delhi. Ils n’auront qu’à marcher 300 km avant d’être entendus par le gouvernement. En 2007, au départ du Madhya Pradesh, État au centre de l’Inde, un nouveau cortège rassemble 25 000 personnes. Au fil du chemin vers la capitale, 100 000 autres participants s’y joignent. Cette fois, 123 km suffisent à faire plier l’État. Sans débordements, par leur seule présence, les manifestants obtiennent du gouvernement le Forest Rights Act, une loi qui reconnaît des droits à 1,2 million de ruraux sur les terres qu’ils habitent. Jamais, depuis le combat de Gandhi pour l’indépendance de l’Inde, on n’avait vu une telle foule se mobiliser.
 
On dénombre encore aujourd’hui 14 millions de sans-terre en Inde. « Des ressources, il y en a pourtant. Le gouvernement en distribue aux grands groupes, l’eau à Coca Cola par exemple, dénonce Rajagopal, non-violent mais pas naïf pour autant. À mesure que le pays croît, les bidonvilles s’agrandissent, les fermiers s’appauvrissent, les suicides augmentent. Misère, exploitation, corruption, injustice créent une immense colère dans ce pays ! » Cette colère, il veut la tourner à l’avantage de ceux qui la ressentent. À la façon d’un Stéphane Hessel, l’homme vante les mérites de la révolte contre l’ordre des choses : « Il y a l’énergie du vent et du soleil, l’énergie nucléaire, et puis celle de la colère. L’homme révolté voit sa volonté décuplée. C’est un énorme gisement d’énergie, disponible partout. La vraie question est de savoir comment la mobiliser de façon constructive. »

« Une manif, ça se prépare »

Pour réussir une campagne non violente : préparation, discipline, endurance. La préparation, de 2005 à 2007, a conduit Rajagopal à travers son pays pour parler aux sans-terres et les préparer à agir. La discipline a permis à Ekta Parishad de parler d’une voix pour lancer des ultimatums aux puissants. Et l’endurance, c’est celle de ces milliers de personnes qui ont marché des jours durant, parfois pieds nus, dormant sur la route, avec un repas par jour. La méthode serait-elle exportable ? Le conseil de Rajagopal aux manifestants occidentaux est sans appel : « Vous êtes trop désorganisés ! Il ne suffit pas de jeter dans la rue des mécontents. Un rassemblement, ça se prépare. Il faut se fixer une ligne de conduite. Par exemple, en apprenant à ne pas réagir aux provocations de la police. »


Les marcheurs dorment sur le bord du chemin durant la nuit © Ekta Parishad
Les marcheurs dorment sur le bord du chemin durant la nuit © Ekta Parishad
L’homme ne voit pas la manif comme une guerre mais comme un acte mutuel de transformation. Il s’agit de faire « changer l’autre pour se changer soi-même », plutôt que d’attiser les dissensions. Comme ces policiers indiens qui, à force de surveiller la procession, sont venus apporter aux manifestants vêtements et nourriture, une fois la nuit et l’uniforme tombés. Mais ne nous y trompons pas, le procédé puise aussi son efficacité dans une culture bien ancrée : « c’est Gandhi qui a popularisé le Satyagraha : la résistance à l’oppression par la désobéissance non violente. Après lui, beaucoup d’autres Indiens ont pratiqué la marche pacifique. Il y a une vraie tradition sur ce continent. »

Gandhi des grands chemins

La figure du mahatma Gandhi a profondément marqué Rajagopal. Son père était de ceux qui, aux côtés de l’icône, ont lutté pacifiquement pour l’indépendance indienne. Souvent absent, il laisse grandir Rajagopal dans un ashram, dans le sud de l’État du Kerala. Au sein de cet ermitage perdu dans la nature règne un doux esprit communautaire inspiré de la philosophie du mahatma : « Nous vivions ensemble, travaillions ensemble, respections toutes les religions. » c’est pour revenir vers ce village que Rajagopal décide, à l’âge de 19 ans, d’arrêter la danse. Une discipline « bonne pour les classes moyennes ! » lance-t-il en riant. Il passe alors un diplôme d’ingénieur agricole, avec l’idée d’aider les fermiers locaux.

C’est paradoxalement Gandhi qui, même mort, va le mener ailleurs. En 1969, Rajagopal vient de terminer ses études et, pour fêter le centenaire de la naissance du héros, embarque à bord du Gandhi Express, un train spécial qui sillonne l’Inde pour enseigner son héritage à la nouvelle génération. Son voyage dure un an. Il échange avec de nombreux jeunes, avant de poser le pied dans la vallée du Chambal. Depuis longtemps, la région est terrorisée par les dacoïts, des bandes armées souvent composées de sans-terres et d’intouchables qui attaquent les trains, kidnappent les habitants et tiennent même tête à l’armée.

Rajagopal va mettre sa philosophie à l’épreuve. « C’était un test. » Avec des jeunes de la région, il part marcher sur les terres des bandits. Ils chantent, ils dansent. Des leaders gandhiens rejoignent le mouvement. « Cela a créé une atmosphère particulière. Les gens se sont dit qu’une grande énergie peut-être utilisée pour mener du travail constructif. » Lentement, gandhiens et bandits apprennent à se connaître. Rajagopal passe un marché avec le gouvernement : ceux qui se rendent iront en prison mais sauveront leur tête. « Ce n’est pas facile de convaincre quelqu’un d’aller passer vingt ans sous les verrous, se rappelle-t-il. Nous leur répétions qu’eux aussi pouvaient espérer une bonne vie et une famille. Plusieurs fois, nous avons été passés à tabac. »

Violence structurelle

Victoire en avril 1972. Des milliers de dacoïts déposent les armes devant le portrait de Gandhi. Au grand dam de certains policiers corrompus, la région acclame l’exploit. « C’est là, plus que dans mon enfance, qu’il faut chercher l’origine de ma foi en la non-violence », éclaire Rajagopal. Son groupe aidera ensuite les prisonniers et leurs familles à se réinsérer.

Rajagopal est un héros en Inde © Ekta Parishad
Rajagopal est un héros en Inde © Ekta Parishad
Cet épisode conduit Rajagopal à s’engager contre ce qu’il appelle la « violence structurelle ». « On ne parle de la violence que lorsqu’il y a guerre ou meurtre. Mais la violence commence lorsque l’on refuse à des populations l’accès à une vie digne », explique-t-il. Son combat contre la corruption, l’accaparement des terres et l’esclavage s’appuie sur la jeunesse pour transformer la société indienne. En 1985, il est nommé à la Cour suprême pour enquêter sur les travailleurs asservis. Le poste lui permettra d’émanciper des milliers de travailleurs de leur condition de quasi-esclave, dans les carrières et sur les chantiers. Vice-président de la Gandhi Peace Foundation, Rajagopal a besoin d’une structure pour fédérer ses actions, qui se développent à travers tout le pays. C’est ainsi qu’en 1991 naît Ekta Parishad – « forum de l’unité » en hindi. Un an plus tard, Rajagopal rencontre Jill Carr-Harris, une Canadienne engagée pour le changement social en Inde depuis 1986. Il l’épouse en 2000.

« Il y a assez de richesses dans le monde pour répondre aux besoins de tous, mais pas assez pour l’avidité de tous. » Près d’un siècle plus tard, la phrase de Gandhi sert de boussole à Rajagopal. Sa philosophie, son mode d’action peuvent-ils faire des émules? « Je le crois, avance-t-il. Le problème de l’accaparement des terres n’est pas propre à l’Inde. Les paysans d’Afrique font face aux mêmes difficultés. » D’ailleurs, celui que plusieurs médias internationaux ont surnommé « le nouveau Gandhi » trouve aussi son inspiration hors d’Inde : Evo Morales, en Bolivie, pour les droits donnés aux indigènes ; le Dalaï-Lama, au Tibet, pour son action non-violente ; José Mujica, président de l’Uruguay, pour sa défense d’un développement sobre. Et Nelson Mandela, bien entendu, qui lui, attends son successeur.