mardi 13 novembre 2018

Lettre ouverte à Mme Nicole Belloubet, garde des Sceaux, ministre de la Justice

Lettre ouverte signée par plusieurs organisations dont la LDH

La décision de la direction de l’administration pénitentiaire de ne pas renouveler la convention la liant au Genepi met cette association étudiante en péril. Considérant que « le rôle du Genepi est essentiel pour le respect de la dignité (des personnes détenues) comme pour notre démocratie » de nombreuses associations et personnalités demandent à la garde des Sceaux de rétablir cette convention.
Le Genepi est une association étudiante œuvrant auprès des personnes incarcérées depuis 42 ans. Le 20 septembre 2018, la direction de l’administration pénitentiaire (DAP) a annoncé de manière brutale au Genepi le non-renouvellement de la convention qui les liait. Suite à cette décision, ses bénévoles se sont déjà vu refuser l’accès à de nombreux établissements pénitentiaires dans toute la France entraînant un arrêt des activités auprès des personnes incarcérées. Cette décision menace aujourd’hui la raison d’être, le décloisonnement du monde carcéral, et l’existence même du Genepi en remettant en cause son fonctionnement, sa liberté d’expression et son indépendance.
Cette volonté de faire taire une association qui compte plus de 800 jeunes bénévoles nous choque. Elle constitue un très mauvais signal pour encourager l’engagement de la jeunesse dans les associations.

Lire : https://www.ldh-france.org/lettre-ouverte-a-mme-nicole-belloubet...

lundi 12 novembre 2018

Le festival Migrant’scène “interdit” par les autorités

09/11/2018 Tanger
 
Les autorités tangéroises n’ont fourni aucun motif pour justifier cette interdiction, d’après le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM). Les organisateurs disent n’avoir reçu aucune notification écrite.

Le festival Migrant’scène devait se tenir à Tanger du 5 au 10 novembre. / DR

Les autorités marocaines ont interdit la tenue de la 9e édition du festival Migrant’scène, qui se produit du 5 au 10 novembre à Tanger, d’après l’agence EFE. Des sources du Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), coorganisateur de l’évènement avec la compagnie d’art DABATEATR, ont indiqué à l’agence EFE que le caïd (agent d’autorité) du 4e arrondissement de Tanger avait notifié au GADEM que le festival avait été «interdit par les autorités», sans présenter aucun écrit dans ce sens.

Une décision que l’association considère comme «une atteinte irresponsable à la liberté d’expression et de création artistique». Les organisateurs n’ont décidé de rendre publique cette interdiction qu’hier soir seulement. «Le caïd du 4e arrondissement qui a informé les partenaires du GADEM de cette interdiction a notamment déclaré qu’il ne tolérerait pas à Tanger les activités, selon ses dires, ‘d’une association gauchiste venue de Rabat, et qui attaque le gouvernement’», ont indiqué des membres de l’association sur Facebook.
Lire : https://www.yabiladi.com/articles/details/70855/tanger-festival-migrant-scene-interdit-autorites.html 
«Ces motifs fallacieux ne justifient en aucun cas l’interdiction d’une activité culturelle organisée par une association exerçant de manière régulière, et qui a toujours respecté les procédures usuelles de déclaration», ont-ils ajouté.

«Nous n’avons aucune idée des vraies raisons de cette décision»

«On avait déjà un certain nombre d’indices depuis mardi, lorsque le caïd est venu dire que cette activité était interdite. Puis il est revenu mercredi – l’activité a tout de même pu se faire – en nous disant qu’il y avait eu une décision d’interdiction. A aucun moment il ne s’est adressé au GADEM», indique à notre rédaction une source proche de l’association. «On a demandé à avoir une notification écrite, ce qu’il a refusé. [Le caïd] a réclamé un délai pour se concerter avec les autorités au niveau national, soit le ministère de l’Intérieur, puis il est revenu hier matin pour dire, oralement, qu’il y avait une interdiction, sans aucune notification», ajoute-t-elle.

«Ils n’ont pas informé le GADEM directement ; ils ont informé ses partenaires pour dire qu’il fallait chasser notre association parce qu’elle était gauchiste, radicale, qu’elle tenait un discours antigouvernement…», confirme à Yabiladi Abderrahman Tlemçani, président du GADEM. «Nous n’avons aucune idée des vraies raisons de cette décision, d’autant que ce n’est pas la première, ni la deuxième édition, mais la neuvième. Est-ce que c’est en lien avec les derniers rapports dans lesquels on a pointé du doigt ce qui se passe dans les commissariats à Tanger ? On ne sait pas», regrette-t-il.

Dans un rapport sur les opérations des forces de l’ordre menées dans le nord du Maroc entre juillet et septembre 2018, le GADEM souligne notamment que «plus de 6 500 personnes [ont été] arrêtées et déplacées de force entre juillet et début septembre 2018». Le document relaie de nombreux témoignages de migrants subsahariens faisant état d’actes de maltraitance commis par les forces de l’ordre à leur encontre.

L’interdiction de ce festival intervient à un moment de crise migratoire sans précédent, précise l’agence EFE : rien qu’en 2018, le Maroc a avorté 68 000 tentatives d’émigration clandestine, tandis que plus de 53 000 personnes ont pu arriver en Espagne.


Société Publié

Tanger : Le festival Migrant’scène interdit par les autorités locales

Les autorités tangéroises n’ont fourni aucun motif pour justifier cette interdiction, d’après le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM). Les organisateurs disent n’avoir reçu aucune notification écrite.
Temps de lecture: 2'
Le festival Migrant’scène devait se tenir à Tanger du 5 au 10 novembre. / DR
Les autorités marocaines ont interdit la tenue de la 9e édition du festival Migrant’scène, qui se produit du 5 au 10 novembre à Tanger, d’après l’agence EFE. Des sources du Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM), coorganisateur de l’évènement avec la compagnie d’art DABATEATR, ont indiqué à l’agence EFE que le caïd (agent d’autorité) du 4e arrondissement de Tanger avait notifié au GADEM que le festival avait été «interdit par les autorités», sans présenter aucun écrit dans ce sens.
Une décision que l’association considère comme «une atteinte irresponsable à la liberté d’expression et de création artistique». Les organisateurs n’ont décidé de rendre publique cette interdiction qu’hier soir seulement. «Le caïd du 4e arrondissement qui a informé les partenaires du GADEM de cette interdiction a notamment déclaré qu’il ne tolérerait pas à Tanger les activités, selon ses dires, ‘d’une association gauchiste venue de Rabat, et qui attaque le gouvernement’», ont indiqué des membres de l’association sur Facebook.
«Ces motifs fallacieux ne justifient en aucun cas l’interdiction d’une activité culturelle organisée par une association exerçant de manière régulière, et qui a toujours respecté les procédures usuelles de déclaration», ont-ils ajouté.
«Nous n’avons aucune idée des vraies raisons de cette décision» 
«On avait déjà un certain nombre d’indices depuis mardi, lorsque le caïd est venu dire que cette activité était interdite. Puis il est revenu mercredi – l’activité a tout de même pu se faire – en nous disant qu’il y avait eu une décision d’interdiction. A aucun moment il ne s’est adressé au GADEM», indique à notre rédaction une source proche de l’association. «On a demandé à avoir une notification écrite, ce qu’il a refusé. [Le caïd] a réclamé un délai pour se concerter avec les autorités au niveau national, soit le ministère de l’Intérieur, puis il est revenu hier matin pour dire, oralement, qu’il y avait une interdiction, sans aucune notification», ajoute-t-elle.
«Ils n’ont pas informé le GADEM directement ; ils ont informé ses partenaires pour dire qu’il fallait chasser notre association parce qu’elle était gauchiste, radicale, qu’elle tenait un discours antigouvernement…», confirme à Yabiladi Abderrahman Tlemçani, président du GADEM. «Nous n’avons aucune idée des vraies raisons de cette décision, d’autant que ce n’est pas la première, ni la deuxième édition, mais la neuvième. Est-ce que c’est en lien avec les derniers rapports dans lesquels on a pointé du doigt ce qui se passe dans les commissariats à Tanger ? On ne sait pas», regrette-t-il.
Dans un rapport sur les opérations des forces de l’ordre menées dans le nord du Maroc entre juillet et septembre 2018, le GADEM souligne notamment que «plus de 6 500 personnes [ont été] arrêtées et déplacées de force entre juillet et début septembre 2018». Le document relaie de nombreux témoignages de migrants subsahariens faisant état d’actes de maltraitance commis par les forces de l’ordre à leur encontre.
L’interdiction de ce festival intervient à un moment de crise migratoire sans précédent, précise l’agence EFE : rien qu’en 2018, le Maroc a avorté 68 000 tentatives d’émigration clandestine, tandis que plus de 53 000 personnes ont pu arriver en Espagne.
Article modifié le 2018.11.09 à 16h34
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Espagne: Deux migrants marocains retrouvés morts dans une embarcation sur les côtes andalouses

MAROC,11/11/2018 17h:00 CET

15 Marocains, dont des mineurs, se trouvaient à bord de ce bateau en provenance de Fnideq.

 
 
 
 
 
 
 
 
Joseba Etxaburu / Reuters                                      IMMIGRATION - Un petit bateau pneumatique à bord duquel se trouvaient quinze migrants marocains, dont des mineurs, a accosté samedi 10 novembre en début d’après-midi sur la plage de Vélez-Málaga en Andalousie (sud de l’Espagne). Deux migrants étaient décédés.
Selon le média espagnol ABC, l’embarcation a été repérée par des pêcheurs qui ont averti les services de secours. Parmi les 15 personnes qui voyageaient dans ce bateau à moteur, cinq ont fui, dont le skipper et le pilote du bateau, huit ont été retrouvées et prises en charge et les corps des deux migrants morts ont été déposés à l’institut médical légal. Selon la Croix Rouge, ils sont morts d’hypothermie.
Parmi les huit personnes retrouvées se trouvaient deux mineurs qui ont été transférés au centre pour enfants de Torremolinos. Six autres migrants se trouvent dans les locaux de la police du commissariat de Vélez-Málaga, selon Diario Sur.

À la dérive depuis trois jours

Les premiers à aider les survivants restés sur la plage étaient deux femmes et un homme qui pêchaient avec leur chien. 
“Quand ils ont touché la terre, ils se sont jetés hors du bateau et ils ne savaient plus où aller, ils ne pouvaient même pas marcher. Ils nous ont dit qu’ils étaient sur le bateau - un petit bateau pneumatique mesurant à peine quatre mètres de long avec un moteur hors-bord - depuis mercredi dernier, lorsqu’ils sont partis du nord du Maroc. Apparemment, ils sont tous originaires de Casablanca”, a expliqué l’un des pêcheurs à Diario Sur
“L’un d’eux ne voulait pas quitter le bateau parce que deux corps se trouvaient à bord et quand je me suis approché pour l’aider il est parti, mais ils l’ont rattrapé sur la route”, a encore déclaré le pêcheur.

Du hachisch retrouvé à bord du bateau

Selon les médias espagnols, 6 kilos de pollen de hachisch ont été retrouvés dans un sac à dos à bord de l’embarcation. La drogue pourrait avoir voyagé avec les migrants mais appartenir au pilote et au skipper du bateau.
Selon les enquêtes menées par la police nationale, le bateau est parti avec 15 Marocains depuis les côtes de Fnideq, dans la province de Tétouan au nord du Maroc, près de la frontière avec l’enclave espagnole de Sebta.
Ils sont partis à 2 heures du matin dans la nuit de mercredi à jeudi dernier. Leur intention était de débarquer près de Marbella, mais les marées les ont déviés vers l’est, où ils ont débarqué à plus de 80 kilomètres de la destination prévue.
Jusqu’à présent, cette année, le nombre de migrants ayant atteint les côtes de la région de Malaga a doublé par rapport à la même période en 2017, avec plus de 4.000 personnes, rappelle Diario Sur.

dimanche 11 novembre 2018

COMMUNIQUE DE L ASSOCIATION DES AVOCATS EUROPEENS DEMOCRATES (AED) SUR LE PROCES DES 7 DE BRIANÇON

COMMUNIQUE DE L ASSOCIATION DES AVOCATS EUROPEENS DEMOCRATES (AED) SUR LE PROCES DES 7 DE BRIANÇON
Le 8 novembre 2018 s'est tenue au Tribunal de grande instance de Gap, l'audience correctionnelle des 7 de Briançon, poursuivis pour aide à l'entrée irrégulière sur le territoire français de quelques migrants lors d'une manifestation pour la liberté de circulation et contre
les initiatives du groupe d'extrême-droite et raciste, Génération identitaire. Ce groupe avait organisé un
blocage illégal de la frontière franco-italienne de Clavière-Montgenèvre sans être inquiété.
Les avocats de l'Association des avocats européens démocrates ont assisté à cette audience pour soutenir les 7 de Briançon.

Nous, Avocats européens démocrates, sommes fortement préoccupés pour la criminalisation qui, de plus en plus, s'étend en France, mais aussi en Italie, en Hongrie, en Belgique et dans plusieurs Pays européens, contre les migrants et ceux qui se montrent activement solidaires avec eux.
Nous avons trouvé une ville et, surtout, un Palais de justice en quasi état de siège, signe d'une séparation entre l'institution judiciaire et la société civile, de l'expression d'une justice craignant toute contestation possible et marquant une crise de la démocratie qui nous inquiète.
Lors de cette audience, dans le cadre de la défense des droits fondamentaux des prévenus, les avocats ont dénoncé les violations des droits des migrants à la frontière franco-italienne et la xénophobie et les atteintes à la démocratie de Génération Identitaire, qui n'a à ce jour pas été poursuivi pour ces actes d'atteintes à l'Etat de droit.
Malgré l'abandon par le Procureur de la République de la circonstance aggravante de « bande organisée », ce qui permet de faire baisser la peine encourue de 10 à 5 ans de prison, ce dernier a toutefois requis des peines allant de 6 mois de prison avec sursis à 12 mois dont 4
fermes, pour des actes élémentaires de solidarité.
Ce procès et ces réquisitions sont significatifs de l'extension en Europe de ce climat d'utilisation de la justice contre des militants et cela nous préoccupe au plus haut point.
Alors que les actions ouvertement marquées par le racisme, la xénophobie et le fascisme semblent de plus en plus admises, ceux qui s'opposent à ces dérives et mettent en oeuvre des actions solidarité aux migrants font l'objet de graves poursuites et accusations ; qu'ils
interviennent en mer pour sauver les migrants de la noyade ou à la frontière interne franco-italienne pour leur éviter de mourir de froid ou de chutes.
Nous souhaitons que l'Autorité Judiciaire puisse in fine rendre aux faits contestés des "7 de Briançon" leur profonde valeur humaniste et reconnaître que ces actions ne peuvent ni doivent être considérées comme des délits.

En Belgique, Médecins du monde dénonce la violence policière envers les migrants

M le magazine du Monde | Par

Une enquête menée par l’organisation humanitaire auprès de migrants révèle qu’un quart d’entre eux ont été violentés, parfois très gravement par la police. Le parquet de Bruxelles a ouvert des informations judiciaires.

Une manifestation à Bruxelles en soutien aux réfugiés en février 2018.

Morsures de chiens, doigts retournés, fouilles à nu devant du personnel féminin hilare, simulations de scènes de prostitution, menaces d’exécution assorties de commentaires du genre « finalement, tu ne vaux même pas une balle », vols de médicaments et de dossiers médicaux… Ce catalogue de brutalités est issu de cinquante et un récits glaçants recueillis par Médecins du monde Belgique. Une enquête menée auprès de migrants ou « transmigrants » – en transit dans l’espoir de se rendre en Grande-Bretagne – qui témoigne de la violence dont certains policiers usent à l’égard de jeunes hommes, parfois très jeunes, puisque près de 30 % d’entre eux sont mineurs. Elle a été conduite, entre mai et juillet, auprès de 440 témoins, sur la base des directives de l’Organisation mondiale de la santé, du protocole d’Istanbul – un manuel permettant d’enquêter sur la torture – et de la législation belge. Un quart des personnes interrogées affirment avoir été violentées, parfois très gravement. Sans susciter beaucoup de réactions dans le royaume.

« Allégations gratuites », a tranché le syndicat policier SLFP. « Si on est un minimum sain d’esprit, on sait que ce n’est pas possible », réagissait, le 24 octobre, son vice-président, Vincent Houssin. Le parquet de Bruxelles a, toutefois, ouvert sept informations judiciaires et entend faciliter l’éventuel dépôt de plaintes. Une dizaine seulement ont été recensées l’an dernier et le ministre de l’intérieur, le nationaliste flamand Jan Jambon, affirme que le Comité P, qui surveille le fonctionnement des services policiers, pourra en recueillir d’autres, « en toute indépendance ». « On n’exclut rien, mais il est quand même difficile pour des gens qui sont pourchassés d’aller déposer plainte auprès de ceux qui les pourchassent », répond Pierre Verbeeren, directeur général de Médecins du monde. Le Comité P avait déjà enquêté sur la saisie et la destruction, en 2017, des effets personnels de migrants au parc Maximilien de Bruxelles, où se concentrent de nombreux demandeurs d’asile, parfois abrités pour la nuit par des bénévoles qui les prennent en charge. Le dossier a été classé sans suite : la police des polices a pris en compte l’obligation de détruire ces affaires en raison d’un risque présumé de contamination. Elle a aussi enregistré les « consignes spécifiques » données aux agents lors de leurs interventions.
Une majorité de l’opinion publique reste, en tout cas, indifférente, voire hostile au rapport de Médecins du monde. Un coup d’œil sur les sites d’information suffit à se convaincre que les brimades évoquées dans le rapport ne sont, généralement, ni crues ni condamnées. Elles seraient même encouragées par certains. Le secrétaire d’Etat à l’asile et à la migration, Theo Francken, qui entend mener une politique migratoire très stricte, a, lui, balayé ces révélations d’un revers de la main, puisque Médecins du monde est, selon lui, « une ONG de gauche ». « Cela ne porte pas sur le fait de savoir si l’on est pour ou contre la migration, mais sur des infractions graves commises par des agents de police. Ces témoignages exigent une réponse », indiquait, dans le quotidien De Standaard, l’historien et écrivain David van Reybrouck. Il y a peu de chance qu’il l’obtienne.

Au Maroc, neuf manifestants de Jerada condamnés à des peines de prison


L’ancienne cité minière avait été secouée par un mouvement de protestation après la mort de deux mineurs dans des puits abandonnés.
Des habitants de Jerada, au Maroc, manifestent pour demander une alternative économique aux mines clandestines, le 16 mars 2018.

La justice marocaine a condamné neuf personnes à des peines allant de trois à cinq ans de prison ferme, en lien avec le mouvement de protestation dans l’ancienne cité minière de Jerada, dans le nord-est du pays, a-t-on appris auprès de leur avocat, vendredi 9 novembre.

Le tribunal de première instance d’Oujda a condamné jeudi cinq d’entre eux à cinq ans de prison ferme et quatre autres à trois ans, notamment pour « destruction de bien publics, incitation à commettre des crimes et délits ou participation à une manifestation non autorisée », a dit à l’AFP leur avocat, Abdelhak Benkada. Tous étaient incarcérés depuis mi-mars à la suite d’affrontements lors d’une manifestation interdite ayant fait 312 blessés chez les forces de l’ordre et 32 chez les protestataires, selon un bilan officiel.
Trois prévenus comparaissant libres ont par ailleurs écopé de peines allant d’un à six mois de prison avec sursis, a précisé Me Benkada.

95 personnes arrêtées

La ville sinistrée de Jerada a été secouée par un mouvement de protestation après la mort de deux mineurs dans des puits abandonnés, fin décembre 2017, suivie de deux autres décès accidentels dans des conditions similaires. Mercredi, un jeune de 18 ans est décédé après l’effondrement d’un puits de charbon désaffecté à Jerada, où il était descendu chercher du charbon.
Face aux protestations, qui ont duré de décembre 2017 à avril 2018, les autorités avaient annoncé une série de mesures pour relancer l’économie locale, promis de fermer les puits abandonnés, avec un plan de reconversion pour les mineurs clandestins, et interdit toute « manifestation illégale ». Selon Me Benkada, 95 personnes ont à ce jour été arrêtées à la suite de ces manifestations, dont 25 ont déjà été jugées.
Avant la fermeture à la fin des années 1990 d’une importante mine jugée non rentable, l’activité minière employait quelque 9 000 ouvriers et constituait la principale source économique de Jerada. Les habitants réclamaient depuis une alternative aux mines clandestines, dans lesquelles s’aventurent des centaines de mineurs pour extraire du charbon de façon artisanale, afin de le vendre à des négociants locaux, surnommés localement les « barons » et dotés de permis de commercialisation.

Lettre ouverte à Serge Lasvignes, Président du Centre Pompidou

Dimanche, 11 Novembre, 2018
 
Samedi 3 novembre, la vitrine contenant le projet Necessita dei Volti (L’urgence des visages), qui venait d’ouvrir au public dans les collections permanentes de votre établissement, a été précipitamment fermée.

Monsieur le Président,
 
Proposé par un collectif informel d’artistes – chercheurs dont je fais partie, ce projet est soutenu par des personnalités prestigieuses telles que José Saramago, prix Nobel de littérature, Eyal Sivan, Noam Chomsky ou encore Ken Loach. Il est à la fois connu et respecté sur le plan international et c’est certainement pour cette raison que le Centre Pompidou s’y est intéressé il y a plusieurs années déjà.
Ainsi, il est présenté en octobre 2012 dans la Petite salle du Centre puis intégre en 2016 la collection de la Bibliotheq̀ue Kandinsky et du Cabinet de la photographie (suite à sa présentation au Beyrouth Art Center). Enfin, en octobre 2018, nous avons été contacté par la Bibliothèque Kandinsky afin qu’il soit présenté au sein des collections permanentes du Centre et avions pris la peine d’échanger longuement avec vos équipes sur le format de sa présentation afin d’éviter toute ambiguïté d’interprétation.
 
Je tiens à préciser que personne, au sein de votre institution, n’a pris la peine de nous informer du retrait précipité de notre œuvre et de la fermeture de sa vitrine.
 
Ce projet a connu un long cheminement. Il émane d’une démarche artistique rigoureuse et d’un profond attachement aux valeurs humaines. L’image est au cœur du projet. Il s’agit de photographies pour la plupart anonymes, de provenance et de formats divers, qui révèlent une guerre occultée : photos retrouvées sur les corps de soldats marocains lors du conflit armé entre le Front Polisario et le Maroc, images satellites du mur construit par le Maroc à travers le Sahara, témoignages de l’occupation en cours dans les territoires du Sahara Occidental... Je précise que la restitution aux familles des photos retrouvées sur les combattants déced́ és avait été proposé par le Front Polisario mais refusée par le Maroc.
 
Ce conflit a abouti à la construction du plus grand mur à caractère répressif de l’histoire de l’humanité, de plus de 2700 km de long et défendu par 160 000 militaires marocains. J’ai par le passé consacré un film à ce sujet, Building Oblivion, qui a été projeté à l’Assemblée Nationale en 2008, invité la même année à la School of Oriental and African Studies par Ken Loach, au Royal African Institute, au Frontline Club à Londres et diffusé par la BBC World News.
 
Ce conflit implique également de façon systématique des actes de torture et de séquestration de civils sahraouis ainsi que des condamnations allant de 30 ans de prison à la perpétuité́ au seul motif d’avoir participé à des manifestations pacifistes dans les territoires illégalement occupés par le Maroc. De nombreuses plaintes à l’encontre du Maroc ont d’ailleurs été deṕ osées devant les tribunaux franca̧ is par l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) pour crimes de guerre.
 
La lettre qui vous a été adressée par Mehdi Qotbi ce 2 novembre 2018 et qui semblerait être à l’origine du retrait intempestif de notre projet (dès le 3/11), relève de l’ingérence politique. Elle affirme notamment que « La position de la France sur ce sujet est gravée dans le marbre. Elle est la plus constante et la plus explicite sur les droits légitimes du Maroc sur ce territoire du royaume ». Cette déclaration est contraire au droit international et à la position de l’ONU qui définit le Sahara Occidental comme « un territoire non-autonome et occupé illégalement par le Maroc depuis 1975 ».
 
Personnellement, j’accorde plus de valeur aux considérations d’ordre éthique qu’à l’injonction d’un pays qui revendique l’anexion unilatérale d’un territoire. Il s’agit des valeurs des droits de l’Homme, de la liberté de la presse et de la liberté d’expression plus généralement.
 
De nombreuses personnalités, journalistes, intellectuels ou parlementaires, s’interrogent sur ce grave dysfonctionnement : le cas d’un Établissement Public culturel français obéissant à une injonction à caractère politique émanant d’un gouvernement étranger. Si j’ai pris la décision de sortir de l’anonymat de ce collectif informel, c’est pour répondre aux tentatives de censure à l’égard du projet où mon nom a été largement cité.
 
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués.
Jean Lamore

Bilan de la guerre 1914-1918

Aucun texte alternatif disponible.

samedi 10 novembre 2018

Le discours de Mohamed VI, "contradictoire" et tend à saper les efforts visant le règlement du conflit

Alger, 07 nov 2018 (SPS) 

L'ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en Algérie, Abdelkader Taleb Omar a affirmé, mercredi à Alger, que le régime marocain tend à duper l'opinion publique internationale et à "saper" les efforts visant le règlement du conflit au Sahara Occidental, "tel qu'il ressort du discours du Roi Mohamed VI à l'occasion du 43e anniversaire de l'invasion marocaine du territoire sahraoui, qu'il a qualifié d'anniversaire du parachèvement de l'intégrité territoriale du Maroc".
Invité au Forum du quotidien algérien El-Chaab, l'ambassadeur sahraoui a estimé que cet anniversaire marque "l'échec cuisant" du Maroc à venir à bout de la résistance sahraouie dans les territoires occupés, ajoutant que le Front Polisario "s'attendait à ce que le régime marocain se rende à l'évidence et se conforme à la légalité internationale...mais malheureusement, il persiste dans son obstination et son escalade et ne montre aucune volonté de mettre fin à son occupation".
Estimant que le discours du roi marocain "dénote d'une grande www.dknews-dz.com/article/96872-le-discours-de-mohamed-vi... internationale", le diplomate sahraoui relève des contradictions, notamment lorsque "le Roi Mohamed VI souligne l'engagement de Rabat à soutenir les efforts du SG de l'ONU et son émissaire personnel, Horts Köhler et fixe, en contrepartie, des conditions et des références, non reconnues, comme préalable au règlement du conflit, en allusion à ‘l'hypothèse de l'autonomie’. Pour M. Talab Omar, tout processus de règlement doit reposer sur le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

Le courageux journaliste Tawfik Bouachrine vient d’être condamné à 12 ans de prison ferme

Hicham Mansouri et 5 autres personnes ont partagé une publication.

Maati Monjib

Le courageux journaliste Tawfik Bouachrine vient d’être condamné à 12 ans de prison ferme, dans un procès ostensiblement politique et inique. 

Il y a quelques jours, la jeune Afaf Bernani fut condamnée à six mois de prison ferme, pour avoir refusé d’accuser Bouachrine de l’avoir violée. Celles qui ont accepté de l ‘accuser sont payées de retour. Bouachrine est condamné à leur payer entre 500 000 et 100 000 dirhams chacune.
Ainsi, un régime politique corrompu, despotique et sans morale aucune, vient de se venger minablement de l’éditorialiste marocain le plus brillant et le plus critique de la presse arabophone imprimée de ces dernières années.

 

vendredi 9 novembre 2018

Tragédies dans la Méditerranée : jeunesse marocaine , la mort plutôt que l'humiliation du makhzen

Plutôt la mort que l'humiliation du makhzen
Dimanche 4 novembre 2018
13 personnes sont mortes au large de la ville de Melilla « les sauveteurs en mer ont porté secours à deux embarcations qui se dirigeaient vers la péninsule ibérique, avec un total de 93 personnes à bord, dont 13 sont malheureusement mortes ».

Lundi 5 novembre 2018
4 migrants marocains qui comptaient se rendre clandestinement en Espagne sont morts noyés après que leur embarcation a heurté un gros rocher en pleine mer, alors que plusieurs autres sont toujours portés disparus. Un dispositif aérien et maritime a été mis en place le soir même pour tenter de retrouver les disparus.

La jeunesse oubliée du Sahara occidental


par Morgane Wirtz, Orient XXI , 7/11/2018

Dans les camps de réfugiés sahraouis installés à l’ouest de l’Algérie, les générations se succèdent. Cela fait 43 ans que les habitants du Sahara occidental ont fui ici, 27 ans que le cessez-le-feu a été signé, mais le conflit n’est toujours pas résolu. Si la communauté internationale se félicite des dernières avancées, les jeunes réfugiés, eux, sont désabusés, hésitant entre la reprise de la lutte armée et l’exil. Reportage.
© Morgane Wirtz, 2018

En pleine nuit, un véhicule s’arrête sur la route désertique qui relie la ville algérienne de Tindouf aux camps de réfugiés sahraouis. Le 4X4 passe une barrière, son chauffeur salue cordialement les douaniers, et sort de la voiture pour fumer une cigarette sous les étoiles. L’escorte algérienne qui l’accompagnait fait demi-tour et les voyageurs attendent que la relève soit assurée par les Sahraouis. Ce poste de contrôle marque l’entrée en territoire algérien administrée par la République sahraouie. « L’Algérie nous laisse gérer nous-même ce morceau de territoire », s’exclame Saleh, un jeune Sahraoui. « A-t-on déjà vu une amitié si forte entre deux pays ? » Pour lui, il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’éventuels changements de régime en Algérie. « La position algérienne est une question de principe. Ils nous aident parce qu’ils ont, eux aussi, vécu la colonisation », explique-t-il.
L’Algérie accueille les réfugiés sahraouis depuis 1975. Cette année-là, le Maroc et la Mauritanie ont profité du retrait de l’Espagne pour envahir le Sahara occidental. Vingt-cinq mille personnes ont été tuées sous les bombes au napalm et au phosphore.
Le Front Polisario, représentant officiel du peuple sahraoui, a lutté pour reconquérir le Sahara occidental. En 1979, un cessez-le-feu a été signé avec la Mauritanie. Mais ce n’est qu’en 1991 qu’un accord a été trouvé avec le Maroc. Il prévoyait l’organisation d’un référendum pour l’autodétermination des Sahraouis. Aujourd’hui, 27 ans plus tard, les Sahraouis attendent toujours de voter. Le territoire du Sahara occidental est divisé par un mur de sable. L’ouest constitue le « Sahara marocain ». L’est est qualifié de « territoires libérés ».
C’est la République sahraouie, reconnue par 84 États, qui administre cette partie du pays, depuis les camps de réfugiés, à Tindouf.

Un rêve d’indépendance

173 600 personnes vivent dans cet amas de tentes, de maisons en pierres d’adobe et béton. Il y règne un calme surprenant. Quelques bêlements, un moteur au loin, des chuchotements dans les habitations. Les Sahraouis passent la journée à l’ombre. Les jeunes vont à l’école, puis aident leurs parents dans les tâches ménagères. Ils tuent le temps en se rendant visite l’un à l’autre.


Camp de Smara
Avec ses 50 000 habitants, le plus grand des six camps de réfugiés sahraouis de la région de Tindouf.
À la tombée du jour, Saleh pose une natte devant chez lui pour profiter de la fraicheur et faire du thé. Ses cousines ne tardent pas à le rejoindre. « La journée, nous cuisinons, nous nettoyons, nous restons avec nos familles. J’aimerais avoir un travail, être infirmière. Je voudrais faire du shopping, ce genre de choses, comme les filles en Europe », explique Mina, âgée de 25 ans. « Mon rêve, c’est de voir notre drapeau flotter dans le ciel d’un Sahara libre. Je veux me marier, avoir des fils et des filles au Sahara libre », renchérit Leila. Dans un éclat de rire, les jeunes filles, drapées de mehlfa à fleurs roses, se mettent à rêver. « Lorsqu’il sera indépendant, le Sahara occidental sera l’État le plus important du Maghreb parce que c’est un pays plein de ressources et qu’il y a très peu de pollution », assure Mina, les yeux brillants. Ce territoire est riche en phosphate. Le Maroc y a également massivement investi dans l’agriculture et de nombreux bateaux de pêche étrangers se servent allègrement dans les eaux poissonneuses. La vente de ces ressources à des entreprises étrangères frustre les Sahraouis.
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Pourquoi je ne vote pas aux élections marocaines




Deux Marocains résidant en France dénoncent le fait que Rabat n’a pas organisé le vote de sa diaspora au scrutin législatif, contrairement à ce que prévoit la Constitution.





Pendant la campagne des élections législatives, à Rabat le 5 octobre 2016.

Entre 6 et 7,5 millions de Marocains résidant à l’étranger (MRE), dont 2,4 millions sont potentiellement électeurs. Mais l’Etat marocain en a décidé autrement : ils ne sont pas invités à s’exprimer lors de ce scrutin. Cette privation d’un droit fondamental est presque unique dans le monde arabe. 

 Les Algériens, les Tunisiens, les Egyptiens, les Libanais, les Syriens, les Irakiens,… qui vivent à l’étranger participent tous aux élections de leur pays à partir de leur lieu d’expatriation. Il s’agit d’un droit universellement reconnu et garanti par la Constitution marocaine dans son article 25.

L’Etat marocain, en refusant d’organiser cette élection pour les MRE, a agi avec mépris vis-à-vis de plus de 6 millions de citoyens, habitués à être des renforts sûrs et conséquents de l’économie marocaine en transfert de devises (5,66 milliards d’euros), soit 47 %, une manne équivalente à celle rapportée par le tourisme. Les devises intéressent donc plus L’État marocain que les voix exprimées.

Tous les pouvoirs au roi

A cela s’ajoute le processus électoral lui-même qui, malgré la réforme récente de la Constitution, laisse le roi aux commandes en tant que chef de l’exécutif. Il a tous les pouvoirs sur les institutions en place, et ce malgré les revendications de séparation des pouvoirs législatif et exécutif et la séparation de la politique du monde des affaires et de la religion.

Cette situation de privation devrait interpeller les démocrates des deux rives. Or ce que nous constatons est que peu d’écho est fait à la situation : les Marocains résidant à l’étranger n’intéressent personne. Il est fort de constater que, jusqu’à présent, le « Makhzen », c’est-à-dire le noyau central du pouvoir, ne souhaite surtout pas le changement, parce qu’il profite de ce statu quo.
Pour toutes ces raisons, nous informons l’opinion publique marocaine et internationale grâce à cette tribune que nous exigeons :

1. Le respect de l’article 25 de la Constitution, applicable aux citoyens marocains où qu’ils vivent. Libre à eux de l’exercer ou pas, comme dans toute démocratie véritable.
2. La participation des Marocains résidant à l’étranger aux choix des représentants élus qui seront chargés de leur apport et contribution à l’économie du pays.

Mohamed Bentahar, militant associatif résidant au Mans, et Saïd Sougty, du parti marocain La Voie démocratique (gauche), résidant à Lille.