Comme celle de ses prédécesseurs, la politique migratoire d'Emmanuel Macron, en visite ce mardi à Calais, refuse d'entendre ce que disent les chercheurs depuis des années: les dispositifs répressifs créent le «problème migratoire» qu'ils prétendent pourtant résoudre.
Très loin du renouveau
proclamé depuis l’élection du président Macron, la politique migratoire
du gouvernement Philippe se place dans une triste continuité avec celles
qui l’ont précédée tout en franchissant de nouvelles lignes rouges qui
auraient relevé de l’inimaginable il y a encore quelques années. Si, en
1996, la France s’émouvait de l’irruption de policiers dans une église
pour déloger les grévistes migrant·e·s, que de pas franchis depuis:
accès à l’eau et distributions de nourriture empêchées, tentes
tailladées et couvertures jetées, familles traquées jusque dans les
centres d’hébergement d’urgence en violation du principe fondamental de
l’inconditionnalité du secours.
La loi sur l’immigration que le gouvernement prépare marque
l’emballement de ce processus répressif en proposant d’allonger les
délais de rétention administrative, de généraliser les assignations à
résidence, d’augmenter les expulsions et de durcir l’application du
règlement de Dublin, de restreindre les conditions d’accès à certains
titres de séjour, ou de supprimer la garantie d’un recours suspensif
pour certain.e.s demandeur·e·s d’asile. Au-delà de leur apparente
diversité, ces mesures reposent sur une seule et même idée, jamais
démontrée et toujours assénée, de la migration comme «problème».



