Il
n’a plus beaucoup de cheveux
sur le caillou. Sûrement à force de trop se gratter la tête à la recherche de solutions. «
Finalement je me suis rendu
compte qu’il n’y avait pas de
solutions » se lamente Max
Duez. Alors l’ancien chirurgien
est passé à l’action, en facilitant
l’accueil des migrants à
Briançon et en narrant ce qu’il
sait du sort des exilés.
Pendant 40 ans vous avez soigné des patients et maintenant que vous
êtes à la retraite, vous
continuez. Pourquoi aidez-vous
les exilés ?
« Je travaillais encore en 2015 quand a été ouvert à Briançon le
Centre d’accueil et d’orientation.
À ce moment-là, je n’avais pas
le temps de m’occuper des migrants. Mais dès le mois
de juillet 2017, j’ai vu des tentes
se monter sur le trottoir devant
la MJC, j’ai vu des cas de
déshydratation, d’hypoglycémie, de gale, de tuberculose. J’ai compris l’urgence sanitaire et quand j’ai arrêté de travailler en 2018 je me suis engagé auprès du refuge
solidaire pour donner les
premiers soins et ne pas
encombrer les urgences du centre
hospitalier ».
Pourquoi avoir décidé d’écrire
un livre sur l’accueil des réfugiés
à Briançon ?
« Il y avait les blessés...
mais les trois morts de 2017,
ça m’a révolté. J’ai commencé
à écrire au fur et à mesure
les témoignages de ces gars qui ont traversé le désert, qui ont connu l’esclavage en Libye, les viols, le tabassage, les sévices, la mort en Méditerranée. Une fois arrivés en France ils sont encore en danger, ce n’est pas possible. J’avais envie de dire mon indignation. Je suis médecin et quand
les gars me montrent leurs blessures, ça me parle.
J’ai envoyé mon manuscrit à une maison d’édition et cette histoire a plu ».




