2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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mardi 15 avril 2025

55 % des Marocains ne reconnaissent pas la liberté corporelle des femmes dans l’espace public

Femmes du Maroc, 15/4/2025

Une récente étude intitulée « Femmes, espace public et libertés individuelles », menée par l’équipe scientifique de l’organisation Menassat pour les recherches et les études sociales, montre que plus de la moitié des Marocains s’opposent à ce que les femmes exercent leur liberté corporelle en dehors de la sphère privée. Détails.

Réalisée auprès d’un échantillon de 1.528 personnes réparties sur les 12 régions du Royaume, l’étude « Femmes, espace public et libertés individuelles » révèle que 75 % des Marocains interrogés considèrent que les femmes ont le droit d’accéder à tous les lieux publics – cafés, théâtres, hôtels, jardins ou cinémas. Un chiffre en progression, mais qui reste nuancé par les 21 % de répondants s’y opposant encore.

L’analyse montre que cette adhésion varie selon l’âge, le sexe, le niveau d’instruction et la situation matrimoniale. Les jeunes de 18 à 34 ans sont les plus favorables (80 %), tout comme les femmes (83,7 % contre 66,4 % des hommes), les célibataires et les personnes ayant fait des études supérieures (87 %).

Si 67 % des sondés reconnaissent aux femmes la liberté de disposer de leur corps dans la sphère privée, ils sont plus de 55 % à s’opposer à cette même liberté lorsqu’elle s’exerce dans l’espace public. Seuls 33 % des urbains, 26 % des périurbains et 19,8 % des ruraux l’acceptent. Là encore, les jeunes générations sont plus ouvertes : 10,7 % des 25-34 ans soutiennent fermement cette liberté dans le privé, contre 0,5 % chez les 65 ans et plus.


Le harcèlement, une réalité largement reconnue

Plus de 82 % des femmes interrogées affirment être les principales victimes de harcèlement dans l’espace public. Un constat partagé par 81 % des hommes, ce qui témoigne d’une prise de conscience collective. Pourtant, seuls 7,8 % des hommes et 5 % des femmes estiment que les lois actuelles protégeant les femmes sont réellement appliquées.

L’étude révèle que 66,8 % des Marocains défendent le port du voile dans l’espace public en tant qu’acte religieux et moral. En parallèle, 71,7 % affirment que les libertés individuelles relèvent d’un choix personnel, ce qui montre la coexistence de référentiels parfois contradictoires.

Lorsqu’il s’agit d’articuler religion et droits humains, 45 % des répondants optent pour une position médiane, estimant que l’amélioration de la condition féminine passe par une combinaison entre les principes de la charia et ceux des droits humains. En revanche, 33,2 % privilégient uniquement la charia, et 15 % uniquement les droits humains.

Aussi, l’étude pointe une méconnaissance marquée des textes législatifs encadrant les libertés des femmes. Seuls 5,1 % des sondés disent bien connaître l’article 24 de la Constitution, qui garantit la liberté de circulation. Par ailleurs, 86 % ignorent l’existence de l’article 503-1-1 du Code pénal qui criminalise le harcèlement sexuel – un taux qui atteint 95 % chez les femmes.

Une fois ce texte présenté, 73 % des sondés se disent favorables à son contenu, illustrant l’importance de l’information juridique dans l’évolution des perceptions.

Moudawana, des attentes partagées

La moitié des personnes interrogées (50,3 %) déclarent souhaiter une réforme du Code de la famille. Parmi elles, 40,3 % demandent une égalité totale entre hommes et femmes, 36,5 % souhaitent accorder davantage de droits aux femmes, tandis que 22,2 % estiment que les hommes doivent obtenir plus de droits.

Enfin, seuls 7 % des participants, hommes et femmes confondus, déclarent être impliqués dans des associations de défense des droits des femmes. Une donnée qui souligne la nécessité d’une plus grande mobilisation sur le terrain pour accompagner les transformations sociales et juridiques.

vendredi 15 novembre 2024

POUR LES DROITS DES FEMMES MIGRANTES VICTIMES DE VIOLENCES, MOBILISONS-NOUS !

POUR LES DROITS DES FEMMES MIGRANTES VICTIMES DE VIOLENCES, MOBILISONS-NOUS !

POUR LES DROITS DES FEMMES MIGRANTES VICTIMES DE VIOLENCES, MOBILISONS-NOUS !

Aujourd’hui, en France, les femmes migrantes victimes de violences ne sont pas protégées, ni même écoutées ou encore crues. Il est temps d’agir, nous avons besoin de vous !

“Quand on est victime de violences, porter plainte est un droit"

Comme toutes les femmes, les femmes migrantes peuvent être confrontées à des violences. Mais en tant que femmes exilées, les violences qu’elles peuvent subir sont aggravées par la précarité de leur statut administratif en France.

« Elle ment pour avoir des papiers », « elles ont l’habitude d’être violées », « elle a voulu venir, c’est le prix à payer pour travailler/être hébergée » ,..Parce qu'elles sont étrangères, ces femmes qui subissent des violences ne sont pas considérées comme victimes : cette double violence doit cesser !

➡ Pour les femmes qui ont obtenu un titre de séjour suite à leur mariage, elles devront, pour le renouveler, justifier des violences subies et prouver que la rupture de la vie commune est due aux violences conjugales.

➡ Pour les femmes réduites en esclavage par un employeur ou exploitées sexuellement par un réseau ou un proxénète, seule une coopération avec la police leur permet de rester sur le territoire. Si elles ne s’engagent pas dans cette démarche, qui peut faire peur et les mettre en danger, elles ne seront pas régularisées.

➡ Pour celles qui fuient les persécutions liées à leur genre (excision, mariage forcé, viol…), il faudra raconter encore et encore les atrocités subies.

Et si elles ne parviennent pas à convaincre les autorités, ce sera l’obligation de quitter le territoire pour elles !

Alors que les femmes représentent en France plus de la moitié des personnes migrantes, elles sont pourtant les grandes absentes des discours politiques et des textes de loi. Il est temps de contrer les discours simplistes et stigmatisants et ainsi agir pour des politiques migratoires plus protectrices et non discriminantes. Depuis 2003, plusieurs textes législatifs et réglementaires permettent de mieux prendre en considération la situation des personnes étrangères victimes de violences. Leur application n’est cependant pas systématique et ces textes restent encore insuffisants pour permettre à ces personnes d’une part, d’être efficacement protégées et d’autre part, d’accéder effectivement à leurs droits.

En signant cette pétition, vous demandez au gouvernement français et au ministre des Solidarités, de l’Autonomie et de l’Égalité entre les femmes et les hommes de mettre en place des mesures concrètes afin que toute personne victime de violences sur le territoire soit effectivement protégée. Nous demandons :

  1. L’ouverture d’un droit au séjour pérenne pour toute personne victime de violences conjugales ou familiales vivant en couple ou séparée, quelles que soient la situation (mariage, Pacs, concubinage, ex), la nationalité de l’auteur∙e ou de la victime des violences et son statut administratif.
  2. La reconnaissance d’un droit au séjour pour les personnes victimes des violences au-delà de la sphère conjugale ou familiale pour prendre en compte les violences qui pourraient intervenir dans l’espace public ou au travail.
  3. La prise en compte de tous les éléments qui peuvent constituer des preuves des violences. Les administrations veulent des preuves, de vrais justificatifs des violences subies : au lieu de s’appuyer sur un faisceau d'indices, elles exigent abusivement des documents tels qu’une condamnation pénale de l’auteur des violences, un divorce pour faute ou un certificat médical rédigé les unités médicaux légales.
  4. La simplification des dépôts de plainte pour les personnes migrantes victimes de violences sexuelles et sexistes. Le commissariat ou la gendarmerie doit savoir accueillir une victime et permettre la traduction dans une langue compréhensible par la personne venue déposer plainte.
  5. L’interdiction du placement en centre de rétention administrative de toute personne victime de violences demandant de l’aide aux forces de police ou de gendarmerie.

Toutes les femmes doivent être protégées, sans distinction ! Récoltons un maximum de signatures avant le 25 novembre, journée mondiale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

POUR LES DROITS DES FEMMES MIGRANTES VICTIMES DE VIOLENCES, MOBILISONS-NOUS !

Monsieur le ministre, Madame la secrétaire d’État,

Comme toutes les femmes, les femmes étrangères peuvent être confrontées à des violences. Mais en tant que femmes exilées, les violences qu’elles peuvent subir sont aggravées par la précarité de leur statut administratif en France.  Aujourd’hui, en France, les femmes étrangères victimes de violences ne sont pas protégées, ni même écoutées ou encore crues.

Alors que les femmes représentent en France plus de la moitié des personnes migrantes, elles sont pourtant les grandes absentes des discours politiques et des textes de loi.  Elles n’ont pas eu leur place au Grenelle des violences, elles sont exclues des derniers dispositifs mis en place comme l’aide universelle d’urgence dès lors qu’elles sont sans titre de séjour. La France a signé et ratifié la Convention dite d’Istanbul il y a 10 ans et son application en France n’est pas à la mesure de nos attentes.

Par ce courriel, je vous demande de mettre en place des mesures concrètes afin que toute personne victime de violences sur le territoire soit effectivement protégée. Depuis 2003, des textes législatifs et réglementaires permettent de mieux prendre en considération la situation des personnes étrangères victimes de violences. Leur application n’est cependant pas systématique et ces textes restent encore insuffisants pour permettre à ces personnes d’une part, d’être efficacement protégées et d’autre part, d’accéder effectivement à leurs droits.

Il est urgent que votre gouvernement mette en place les dispositifs suivants :

  1. L’ouverture d’un droit au séjour pérenne pour toute personne victime de violences conjugales ou familiales vivant en couple ou séparée, quelles que soient la situation (mariage, Pacs, concubinage, ex), la nationalité de l’auteur∙e ou de la victime des violences et son statut administratif.
  2. La reconnaissance d’un droit au séjour pour les personnes victimes des violences dans l’espace public ou au travail.
  1. La simplification des dépôts de plainte pour les personnes migrantes victimes de violences sexuelles et sexistes. Le commissariat ou la gendarmerie doit savoir accueillir une victime et permettre la traduction dans une langue compréhensible par la personne venue déposer plainte.
  2. L’interdiction du placement en centre de rétention administrative de toute personne victime de violences demandant de l’aide aux forces de police ou de gendarmerie.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, Madame la secrétaire d’État, en l’expression de mes salutations distinguées.

Civilité
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jeudi 28 décembre 2017

Au Maroc, l’espace public reste un enfer pour les femmes

L’été dernier, deux vidéos d’agressions sexuelles de jeunes femmes à Tanger et à Casablanca ont choqué le Maroc et rappelé combien ce pays du Maghreb maltraite la condition féminine. Le gouvernement promet une loi depuis des années. Entretien avec la sociologue Safaa Monqid, qui a étudié comment l’espace public dans le monde arabe est bâti pour exclure les femmes.
 
C’était en août 2017. Une vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux, provoquait une onde de choc et venait rappeler combien le harcèlement sexuel est un fléau au Maroc. On y voit, à l’arrière d’un bus qui roule dans Casablanca, une jeune femme se faire agresser en pleine journée par quatre adolescents sans que personne ne bouge, ni les passagers ni le chauffeur. Le bus file tandis que la victime subit les assauts de ses agresseurs, qui la touchent, la pelotent, lui dénudent le haut du corps en la moquant et en l’insultant. La scène fait, aussitôt mise en ligne, rejaillir la question du harcèlement des femmes au Maroc.
Quelques jours avant, une autre vidéo de quelques secondes choquait le Maroc. Elle montrait une horde de jeunes hommes traquant et encerclant une jeune femme marchant seule dans une avenue de Tanger. Ce n’est pas nouveau : l’espace public est connu pour être un enfer pour les femmes et les filles au Maroc. Deux tiers des cas de violences sexuelles se déroulent dans l’espace public marocain, selon des chiffres officiels. Et il s’agit, dans plus de 90 % des cas, de viols ou de tentatives de viol dont les victimes sont principalement des femmes de moins de 30 ans.
Pour chacune de ces agressions, les victimes sont pointées par certains comme étant les coupables, à l’instar de la jeune femme agressée à Tanger, dont la tenue vestimentaire a été jugée provocante, alors qu’elle ne portait qu’un jean et un tee-shirt.

Chefchaouen, Maroc, 2016 © Rachida El Azzouzi Chefchaouen, Maroc, 2016 © Rachida El Azzouzi
Voilà des années que médias, associations et ONG s’alarment des violences faites aux femmes au Maroc. Mais il n’y a pas encore eu d’électrochoc au sein des pouvoirs publics et de la société marocaine. Malgré les manifestations qui se sont déroulées ces derniers mois dans plusieurs villes du pays pour dénoncer « la culture du viol ». Malgré les fontaines qui ont viré rouge sang sous l’action des militantes féministes du mouvement MALI pour réveiller les consciences. Malgré l’onde de choc de l’affaire Weinstein qui n’a pas épargné le Maghreb.
Au Maroc, la violence envers les femmes est ancrée dans les mentalités, légitimée, acceptée socialement. Dans l’espace public, mais aussi dans l’espace privé. On se souvient encore de cette animatrice d’une émission de 2M, la deuxième chaîne publique marocaine, qui en novembre 2016, à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, diffusait une séance de maquillage à destination des femmes battues pour leur apprendre à camoufler les hématomes des coups reçus. Un rapport, rendu public vendredi 15 décembre en présence de la ministre de la famille, Bassima Hakkaoui, est venu rappeler que la première violence à l’encontre des femmes est physique et que plus de 50 % des actes de violence sont commis par le conjoint.
Jusqu’à il y a peu, au Maroc, les violeurs pouvaient échapper à la prison en épousant leur victime si elle était  mineure. Il a fallu attendre janvier 2014 pour que l’article 475 du code pénal disparaisse. Une avancée symbolique, tant est encore grand le fossé entre la loi et des coutumes ancestrales. Depuis la dernière révision de la Moudawana, le code du statut personnel, en 2004, une loi condamne bien le harcèlement des femmes au travail, mais pas dans les espaces publics. Un projet de loi pour enrayer quatre types de violence, physique, sexuelle, psychologique et économique, est en chantier depuis… 2011. Quand bien même l’arsenal répressif serait renforcé, il faudrait franchir le barrage des commissariats et avant lui, celui de la cellule familiale.

 https://www.mediapart.fr/.../au-maroc-l-espace-public-reste-un-enfer-pour-les-femmes/

jeudi 30 novembre 2017

Violences faites aux femmes : «L’autre rive de la Méditerranée est devenue l’antichambre de la torture»




Par Edouard du Penhoat, 25/11/2017

En cette Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, RFI se penche sur des violences encore peu documentées : celles que subissent les femmes qui prennent les routes de l’exil en Afrique. À chaque étape de leur voyage, elles courent le risque des agressions sexuelles et des viols, et les traumatismes qui en résultent sont encore largement sous-évalués. Cécile Allegra est journaliste et documentariste, présidente de l’association Limbo qui vient en aide aux réfugiés victimes de tortures. Elle explique tous les dangers que courent les femmes qui s’engagent sur les routes migratoires.

RFI: En ce 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, on s’intéresse à une question spécifique - qui est peut-être un peu moins traitée quand on parle des migrants, des routes migratoires et de la migration -  c’est celle concernant les violences que les femmes peuvent subir lorsqu’elles empruntent ces routes. Si vous deviez définir les grands traits, quelles sont ces violences ?

Cécile Allegra: Elles sont de différentes natures. D’abord, avant de partir, elles savent pertinemment qu’elles encourent de très grands risques. Le premier d’entre eux est celui d’être violées et donc, d’avoir une grossesse non désirée en cours de route. Dû à cela, elles se font placer souvent des implants, dans des conditions qui sont très compliquées d’un point de vue sanitaire. Une partie de ces femmes ne peut cependant pas le faire tout simplement parce qu’elles n’anticipent pas la violence qu’elles vont subir sur la route. Il y a donc les femmes qui ont été averties et qui prennent les devants mais qui s’exposent à des complications sanitaires en plaçant des implants dont on ne connaît pas vraiment la durée et celles qui ne peuvent rien faire et qui partent à l’aventure, sans savoir ce qui les attend. Ça, c’est le début.

Ainsi, la première des violences que subissent ces femmes commence avant même le début de l’exil, avec ces opérations chirurgicales qui sont extrêmement risquées ?
Oui, et nous parlons là des femmes qui sont prévenues et qui osent faire cette démarche. Vous voyez donc tous les obstacles qui se dressent sur la route d’une femme qui, avant même son départ, anticipe la violence sexuelle qu’elle va subir, s’y résigne et essaie de faire quelque chose pour minimiser cet impact.