Blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental, de Palestine et du monde, créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala
2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas
El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.
L’initiative de l’Afrique du Sud et la démarche de Staffan de Mistura
pourraient intensifier les tensions avec le Maroc, étant donné que
Pretoria a, à maintes reprises, exprimé son soutien à la thèse
séparatiste défendue par le Front Polisario. Malgré les liens politiques
et économiques entre le Maroc et l’Afrique du Sud, qui ont connu des
développements positifs ces dernières années, en particulier depuis la
reprise des relations en 2016, le désaccord sur la question du Sahara
demeure un obstacle majeur à une relation complète.
Bien que l’Afrique du Sud ne soit pas directement impliquée dans ce
différend régional, elle maintient une position favorable aux
séparatistes et se range du côté de l’Algérie. Cette position est
justifiée par l’histoire du pays, fondée sur la défense du droit des
peuples à l’autodétermination. Cependant, la question du Sahara marocain
diffère historiquement et géographiquement des autres conflits de
décolonisation ayant affecté l’Afrique au cours des décennies passées.
De nombreux documents historiques et sources confirment que le Sahara
a toujours été une partie intégrante du Maroc, relevant des structures
politiques et administratives qui ont gouverné le pays. Par conséquent,
l’intégration du Sahara par le Maroc après le départ du colonialisme
espagnol représente un acte de récupération d’un territoire lié
historiquement et géographiquement au Maroc au fil des siècles.
Certains analystes estiment que les actions de l’Afrique du Sud dans
ce dossier sont dictées par l’Algérie. Les relations entre les deux pays
se concentrent toujours sur l’unité de la voix sur cette question. Les
deux pays se tiennent aux côtés de la thèse séparatiste, une position
qui s’inscrit dans leur alliance stratégique.
À quoi joue Staffan de Mistura ?
Diplomate chevronné jouissant de la confiance totale d’António
Guterres, il est peu probable que Staffan de Mistura n’ait pas eu le
recul nécessaire pour décliner l’invitation de l’Afrique du Sud. Au mois
de mars 2023, une série de consultations informelles avait été lancée à
New York à l’invitation de l’envoyé personnel du secrétaire général de
l’ONU pour le Sahara. Les protagonistes clés de la question, à savoir le
Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, ainsi que les membres
du Groupe des amis du Sahara, avaient été conviés à participer à ces
réunions. L’objectif central de ces rencontres résidait dans l’examen
des leçons tirées du processus politique antérieur. Cette initiative
visait également à approfondir la discussion sur les positions en jeu et
à maintenir la recherche active de solutions mutuellement acceptables
pour faire progresser le processus politique. Staffan de Mistura avait
aussi effectué une tournée en deux temps dans la région. Alors pourquoi
l’émissaire onusien a-t-il décidé d’agir autrement et de ne pas
s’entretenir directement avec les parties concernées, que ce soit à New
York ou sur le terrain ?
Lors du point de presse quotidien du porte-parole du secrétaire
général de l’ONU, Stéphane Dujarric, les journalistes l’ont interpellé
sur cette visite très particulière. Les explications fournies ne
semblent pas convaincantes. Selon Dujarric, Staffan de Mistura, bien que
«hors de vue», reste actif dans ses missions. Le porte-parole a indiqué
que l’envoyé onusien avait probablement rencontré la ministre des
Affaires étrangères sud-africaine, Nalini Pandor, à Pretoria. «Son
mandat consiste également à parler à ceux à qui il pense devoir
s’adresser, aux États membres et à d’autres, afin de faire avancer le
processus, simplement parce que, − et je ne parle pas spécifiquement de
l’Afrique du Sud −, le fait que quelqu’un ne puisse pas être d’accord
avec sa propre position ou celle de l’ONU ne veut pas dire que nous ne
devrions pas leur parler», a commenté Dujarric. Une explication
qu’on ne peut qualifier que de «farfelue» et une position qui rappelle
celle d’un certain ex-envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU,
Christopher Ross. Ce dernier avait été discrédité après avoir affiché un
soutien clair aux séparatistes en adoptant une approche loin de toute
neutralité d’un émissaire onusien.
La diplomatie marocaine devrait condamner ce déplacement de Staffan
de Mistura à Pretoria. Dorénavant, les représentants du Royaume doivent
être sur leurs gardes quant aux agissements d’un envoyé personnel du
Guteress qui semble s’écarter de l’impartialité qu’on lui a reconnue
quand il était émissaire de l’ONU pour la Syrie entre 2014 et 2018.
BRUXELLES
- Le représentant du Front Polisario en Europe et auprès de l'Union
européenne (UE), Oubi Bouchraya Bachir, a affirmé, mardi, que le soutien
réaffirmé de la Commission européenne au droit du peuple sahraoui à
l'autodétermination "est très important" sur les plans politique et
juridique, notamment en ce qui concerne la question du "pillage
systématique des ressources du peuple sahraoui".
La
Commission européenne avait affirmé, dans une réponse écrite à un
parlementaire européen le 11 mars dernier, son soutien aux efforts du SG
de l'ONU pour la réalisation d'une solution politique juste et durable
dans le Sahara occidental, sur la base de l'autodétermination du peuple
sahraoui dans le cadre des dispositions compatibles avec les principes
et les objectifs de la Charte des Nations unies.
Dans une
déclaration à l'APS, M. Oubi Bouchraya Bachir a affirmé que la récente
déclaration de la Commission européenne par la voix du Commissaire
européen à l'Environnement, aux Océans et à la Pêche, Virginijus
Sinkevicius, avait une importance politique sur le plan de l'affirmation
de la position de l'UE contre les tentatives du Maroc d'imposer une
réalité coloniale dans le Sahara occidental et le soutien du Droit
international qui classifie le Sahara occidental comme territoire non
autonome, en attendant la poursuite du processus de règlement onusien.
Selon
le responsable sahraoui, "cette déclaration confirme également que les
solutions unilatérales que le Maroc cherche à imposer dans la région
n'aboutiront à rien et que la solution recherchée doit reposée sur
l'autodétermination".
Le diplomate sahraoui a souligné que "cette
position intervient dans une conjoncture particulière, marquée par les
crises diplomatiques ouvertes entre le Maroc et plusieurs pays
européens, intervenant sur fond de refus des thèses marocaines
expansionnistes".
Cette déclaration intervient "en moins d'un mois
de la tenue du Sommet UA-UE à Bruxelles qui a constitué un important
échec pour l'occupation marocaine".
Le président sahraoui avait
conduit une importante délégation aux travaux du 6e Sommet des chefs
d'Etat et de Gouvernement de l'UA et de l'UA, tenu les 17 et 18 février
dernier à Bruxelles, la République arabe sahraouie démocratique (RASD)
étant un pays membre fondateur de l'UA.
Concernant l'importance
juridique de cette déclaration et son impact sur le pillage des
richesses du peuple sahraoui, le responsable sahraoui a souligné que "la
commission européenne reconnaît l'annulation par le tribunal de l'UE
des accords économiques avec le Maroc, mais ne trouve pas un motif
valable à avancer pour justifier le recours introduit contre la décision
rendue le 29 septembre 2021".
"Le pillage systématique des
richesses sahraouies par l'occupant marocain en partenariat avec l'UE
met en lumière les contradictions de l'Europe", a-t-il dit.
"Le
Conseil européen et la Commission européenne continuent à faire fi des
décisions de la Cour de justice européenne et des lois internationales
et européennes, ce qui complique davantage la situation au Sahara
occidental et repousse une solution politique définitive et juste",
a-t-il regretté.
"Avec cette politique, l'Europe encourage le
Maroc à se moquer de la légalité internationale et par conséquent
favorise l'instabilité et l'insécurité dans une région sensible dans le
monde", a-t-il dénoncé.
Il a affirmé que le peuple sahraoui à
travers son unique et seul représentant le front Polisario, "a
totalement confiance en la justice européenne" et que "le Polisario ne
ménagera aucun effort pour défendre par toutes les voies légales la
souveraineté du peuple sahraoui sur son pays et ses richesses
naturelles".
BOUDJDOUR
(camps des réfugiés sahraouis)- L'Envoyé personnel du secrétaire
général des Nations unies pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura a
visité, dimanche, plusieurs infrastructures et établissements sahraouis
où il a reçu des informations exhaustives sur les différents aspects de
vie des réfugiés sahraouis, notamment éducatif et humanitaire.
M.de
Mistura a visité l'école du Chahid Khalil Sidi M'hamed dans la wilaya
de Boudjdour, dans les camps des réfugiés sahraouis où il a reçu des
informations exhaustives sur les programmes d'enseignement sahraouis.
Le
wali de Boudjdour, Mme Azza Ibrahim Babih a expliqué à M. de Mistura le
mode d'enseignement adopté dans les écoles sahraouies et les
principales matières enseignées, comme l'histoire et l'éducation civile.
M.de
Mistura a également reçu un dossier complet sur les programmes
d'enseignement sahraouis, ainsi que des manuels scolaires pour
s'informer de leur contenu.
Un accueil
traditionnel a été réservé à l'Envoyé personnel du SG de l'Onu pour le
Sahara occidental à ladite école, avant de se rendre au Musée de la
résistance où il a reçu des explications sur le mur de séparation qui
s'étend sur 2700 km de long et de 3 m de hauteur, établi pour diviser le
nord du Sahara occidental du sud, et à cause duquel des familles
entières se trouvent séparées.
Selon les explications données par
le responsable du Musée de la résistance, Lehbib Mohamed à l'émissaire
onusien, la vie des nomades sahraouis se trouve profondément altérée par
ce mur qui leur a fait perdre des pâturages et des points d'eau.
Une
carte complète du Sahara occidental a été présentée à l’envoyé
personnel onusien, en mettant en exergue les zones où se déroule la
guerre après l’agression marocaine contre les civils sahraouis sans
défense au niveau de la zone tampon d’El Guerguerat, le 13 novembre
2020.
L’envoyé personnel s’est arrêté au
pavillon des armes prises comme butin par l’armée sahraouie durant ses
batailles contre l’occupant marocain, ainsi que celui des documents
secrets dont des documents administratifs et de guerre saisis par
l’armée sahraouie durant ses batailles menées contre l’armée espagnole
ou les armées mauritanienne et marocaine.
Le
Musée de la résistance sahraoui abrite une grande fresque où sont
dessinées les images de l’ancien président le défunt Mohamed Abdelaziz,
le chahid Mustapha Sayed et Mohamed Sid Brahim Bassiri, ce dernier
enlevé par les forces de l’occupant marocain en 1970.
Au deuxième
jour de sa visite aux camps des réfugiés sahraouis, M. de Mistura s’est
rendu dans la matinée au siège de la Commission nationale sahraouie des
droits de l’homme, où il a été reçu par son président Aba Salek El
Hocine.
M.Aba Salek présenté à M. de Mistura un exposé exhaustif
sur la situation des droits de l’homme dans les villes sahraouies
occupées ainsi que les souffrances des civils et des militants sahraouis
dans les territoires occupés.
M.Staffan
de Mistura poursuit sa visite au deuxième jour et devrait rencontrer
dans la soirée d’aujourd’hui le ministre de l’Intérieur, des affaires
des territoires occupés et des communautés, Mustapha Sidi El Bachir,
ainsi que le président du Conseil national sahraoui, Hamma Salama.
Il
tiendra, au terme de sa visite aux camps des réfugiés sahraouis, des
entretiens avec le président sahraoui, secrétaire général du Front
Polisario, Brahim Ghali.
L’un des derniers actes de politique étrangère de Donald Trump a été
un tweet. Le 10 décembre, il a annoncé qu’il avait signé une
proclamation reconnaissant la revendication du gouvernement marocain sur
le Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole tentaculaire et
âprement disputée que Rabat a annexée en 1975. En contrepartie, le Maroc
a accepté de reconnaître l’État d’Israël. Jared Kushner, le gendre du
président et l’orchestrateur de l’accord, a affirmé que l’objectif de
l’administration était humanitaire. Kushner a déclaré que la déclaration
américaine d’une victoire marocaine améliorerait la vie des membres du
Front Polisario, qui réclament l’indépendance du Sahara occidental
depuis quarante-sept ans. « Nous voulons que le peuple du Polisario ait
une meilleure opportunité de vivre une vie meilleure, et le président a
senti que ce conflit les retenait », a déclaré Kushner.
Les
déclarations de Trump et de Kushner reflétaient un mélange
d’opportunisme, de cynisme et d’ignorance. Dans son tweet, Trump a
déclaré : « La proposition d’autonomie sérieuse, crédible et réaliste du
Maroc est la SEULE base d’une solution juste et durable pour une paix
et une prospérité durables ! » Ce langage semble avoir été criblé d’une
interview que l’ancien président français Nicolas Sarkozy a donnée à un
journal marocain en 2007, qui a utilisé l’expression « sérieux et
crédible » pour décrire un plan marocain de création d’une région
autonome du Sahara occidental sans indépendance totale. La déclaration
de Kushner sur sa volonté d’aider « le peuple du Polisario » sonnait
également creux. Les autochtones qui vivent dans la région contestée
sont appelés les Sahraouis ; le Polisario est le nom de leur groupe
rebelle de gauche. Et la plupart des cent soixante-dix mille réfugiés
sahraouis qui vivent actuellement dans des camps dans le désert en
Algérie ne veulent pas retourner sur les terres que le Maroc a saisies.
Le groupe de travail sur la détention arbitraire de la Commission des
droits de l’homme des Nations unies a récemment cité les Marocains pour
l’arrestation et la torture du journaliste sahraoui Walid el-Batal,
après l’apparition de vidéos le montrant en train d’être battu par la
police dans la ville de Smara.
La reconnaissance par Trump, via
un tweet, d’une revendication territoriale marocaine vieille de
plusieurs décennies a laissé l’administration Biden face à un dilemme.
Quelques semaines avant que Trump ne fasse son annonce, des combats
entre le Maroc et le Polisario ont éclaté pour la première fois depuis
1991. Un nouveau conflit pourrait déstabiliser une région déjà en proie à
des insurrections actives au Mali, au Niger et au Burkina Faso.
L’Algérie, qui soutient le Polisario, a été affaiblie par une crise
constitutionnelle et la pandémie de covid-19. (Le président algérien,
Abdelmadjid Tebboune, s’est absenté pendant deux mois l’automne dernier,
alors qu’il recevait un traitement contre la maladie en Allemagne).
« Je pense qu’il y a beaucoup de potentiel pour que cela injecte plus de
volatilité dans une région qui n’a pas besoin de plus de volatilité »,
m’a dit Andrew Farrand, un expert de l’Afrique du Nord et l’auteur de
« The Algerian Dream », un livre à paraître sur le pays.
Dans les
deux semaines qui ont suivi l’investiture, le Président Biden est resté
silencieux sur la question du Sahara Occidental. Le Maroc aurait
retardé la mise en œuvre de l’accord avec Israël, et attend de voir si
la nouvelle administration adhère au plan de l’ère Trump d’ouvrir un
consulat américain dans la ville sahraouie de Dakhla, le considérant
comme un indicateur des intentions des États-Unis. Les représentants du
Polisario m’ont dit qu’ils espéraient que Biden revienne sur la
proclamation de Trump. « Quelqu’un qui a l’expérience du président Biden
ne peut pas ignorer le droit international, et nous sommes convaincus
qu’il n’approuvera pas la transaction illégale faite par l’ancien
président Trump », m’a dit Mouloud Said, représentant du Polisario aux
États-Unis. « Nous pensons que plus vite l’administration rectifiera la
décision du président Trump, plus vite le droit international sera
renforcé. » Lire : maroccomail.fr › 2021/03/13 › comment-biden-peut-il...
Pendant plusieurs mois en 2017 et 2018, j’ai réalisé
des reportages sur le conflit pour le New Yorker. Lorsque je suis arrivé
dans la partie du territoire contesté contrôlée par le Maroc, j’ai été
détenu avant d’être autorisé à débarquer de l’avion et expulsé. Depuis
des années, les autorités marocaines empêchent les journalistes d’entrer
dans le territoire pour les empêcher de rendre compte de la répression
gouvernementale contre les Sahraouis indépendantistes. Dans la zone
contrôlée par le Polisario, des membres du groupe rebelle m’ont conduit
pendant des jours à travers le désert. Des équipes de jeunes Sahraouis
ont essayé de déminer et d’enlever les armes à sous-munitions, dont
beaucoup avaient été vendues au Maroc par les États-Unis et les pays
européens. J’ai visité un mur de sable de 1500 km, la plus longue
fortification défensive encore utilisée aujourd’hui, que le Maroc a
construit dans les années 80 pour diviser le Sahara occidental en deux.
Le mur s’étend de l’océan Atlantique aux montagnes du Maroc, soit à peu
près la distance entre New York et Dallas. Tout au long de la guerre
froide, les États-Unis ont largement soutenu le Maroc dans ce conflit.
Le Polisario était considéré comme pro-soviétique et recevait le soutien
de la Libye de Mouammar Kadhafi, ainsi que de l’Algérie et de Cuba.
J’ai
également interviewé James A. Baker III, l’ancien Secrétaire d’Etat
américain qui a travaillé pour un référendum au Sahara Occidental au
début des années 2000. Dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu en
1991, les Nations Unies avaient promis aux Sahraouis un référendum sur
l’indépendance. Baker a appelé à la poursuite des négociations entre les
deux parties, et a déploré que le référendum n’ait pas encore été mis
en œuvre. Après le tweet de Trump en décembre, Baker a publié une
déclaration condamnant Trump pour avoir « cyniquement négocié les droits
à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental », et a ajouté :
« Il semblerait que les États-Unis d’Amérique, qui ont été fondés avant
tout sur le principe de l’autodétermination, se sont éloignés de ce
principe en ce qui concerne le peuple du Sahara occidental. C’est très
regrettable. »
Depuis l’annonce de Trump, selon les groupes de
défense des droits de l’homme dans la partie du territoire contrôlée par
le Maroc, la police a rempli les rues des villes et des villages de la
région et a empêché les militants de quitter leur domicile. Des
manifestants pro-gouvernementaux ont également envahi les rues,
harcelant les personnes qui semblent soutenir l’indépendance. Je me suis
récemment entretenu par téléphone avec Aminatou Haidar, une éminente
défenseuse sahraouie des droits de l’homme, que l’on a surnommée la
« Gandhi sahraouie » pour son adhésion à la résistance non violente.
« La situation s’est détériorée », a-t-elle déclaré. « Nous avons peur
que le Maroc soit encouragé à abuser des défenseurs des droits de
l’homme ». Elle aussi a appelé Biden à revenir sur la proclamation de
Trump, ajoutant : « Je voudrais appeler l’administration Biden à prendre
cela sur ses épaules, et à défendre les droits du peuple sahraoui. »
Naziha El Khalidi, une autre militante de la zone contrôlée par le
Maroc, m’a dit qu’elle était « choquée » que Trump ait troqué le droit
du peuple sahraoui à l’autodétermination. « C’est contraire à la
politique étrangère américaine elle-même, qui cherchait depuis trente
ans à trouver une solution pacifique au Sahara occidental et à soutenir
le processus de l’ONU. »
Au printemps 2018, il semblait que
l’administration Trump adopterait une approche différente à l’égard du
conflit. La nomination par Trump de John Bolton comme conseiller à la
sécurité nationale a donné l’espoir aux Sahraouis que leur cause
recevrait plus d’attention à Washington et dans les capitales
européennes. Bolton avait travaillé sur la question dans le passé avec
Baker, et lorsqu’il a dévoilé la politique de l’administration Trump en
Afrique, il a déclaré qu’il devrait y avoir une « pression intense »
pour résoudre le conflit du Sahara occidental. De plus, en 2017, le
nouveau secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait nommé un
représentant spécial sur le territoire, qui faisait avancer les
négociations entre les différentes parties.
Mais en 2019, le
processus diplomatique s’est enlisé : les pourparlers de paix
préliminaires n’ont mené à rien ; l’envoyé spécial de l’ONU a dû
démissionner en mai, en raison de problèmes de santé ; et Trump a
renvoyé Bolton en septembre de la même année. C’est dans ce vide qu’est
intervenu Kushner, alors qu’il voyageait au Moyen-Orient pour tenter
d’obtenir un soutien pour son accord de paix, qui consistait
essentiellement à convaincre les nations arabes de reconnaître Israël.
Barak Ravid, d’Axios, a expliqué comment un ancien agent du Mossad ayant
des liens avec les milieux d’affaires marocains a suggéré pour la
première fois l’idée de reconnaître la revendication sur le Sahara
occidental. Selon le Times of Israel, le Premier ministre israélien,
Benjamin Netanyahu, a accepté.
Le secrétaire d’État américain,
Mike Pompeo, aurait également soutenu le plan, mais sa réunion avec le
roi Mohammed VI a été annulée lorsque le roi a refusé de le soutenir.
Mohammed, qui a exprimé son soutien à un État palestinien dans le passé,
a initialement décidé que la reconnaissance pure et simple d’Israël
irait trop loin. Après plusieurs réunions avec Kushner, il a changé
d’avis. « Kushner a réussi à se faire des amis auprès du roi », m’a dit
Anna Theofilopoulou, une ancienne fonctionnaire de l’ONU qui a travaillé
dans la région.
Un facteur qui a ajouté de l’urgence aux
négociations est la nouvelle flambée de combats entre le Polisario et
les forces marocaines. En novembre dernier, le gouvernement marocain a
envoyé des troupes dans une zone tampon, après une série de
protestations de civils sahraouis. Le 13 novembre, la direction du
Polisario a déclaré que le déploiement des soldats marocains constituait
une violation directe du cessez-le-feu. Depuis lors, les Sahraouis ont
lancé des attaques régulières de missiles et d’artillerie contre le Berm
construit par le Maroc. Il est difficile d’obtenir le nombre de
victimes, car les Marocains insistent sur le fait que les rebelles du
Polisario ne causent aucun dommage. Les dirigeants du Polisario jurent
que la violence va s’intensifier. « Ce n’est que le début », a déclaré
un haut responsable à Middle East Eye. Mardi soir, selon un communiqué
sahraoui, cinq soldats marocains ont été tués lors d’un raid au cœur du
territoire marocain. Jusqu’à présent, les Marocains n’ont reconnu aucune
victime.
Une nouvelle génération de nationalistes sahraouis
affirme que leur désir d’indépendance reste résolu. Hamahu-Allah
Mohamed, un jeune diplomate, m’a dit que ses pairs sont engagés dans la
lutte contre le Maroc. Il a déclaré : « La jeunesse, c’est notre
conviction que nous nous battrons jusqu’à la mort. »
Comme c’est
le cas depuis des décennies, c’est le peuple sahraoui qui risque de
perdre le plus. Après le tweet de Trump, j’ai appelé plusieurs des
Sahraouis que j’avais rencontrés lors de mes reportages sur place.
Mohamedsalem Werad, rédacteur en chef de Sahrawi Voice, un média
numérique installé dans les camps du désert, a déclaré que l’opinion
sahraouie dominante considérait autrefois que les États-Unis étaient les
défenseurs du droit international. « Maintenant, ils nous crachent au
visage », a-t-il dit, en faisant référence au tweet de Trump. « Ils ont
fait de nous la risée de ceux qui croient qu’il existe une communauté
internationale qui se soucie de nous. » Mais Hamahu-Allah Mohamed, le
jeune diplomate, a déclaré que le seul avantage de l’épisode Trump est
qu’il a rendu la question plus prioritaire pour Biden et d’autres
dirigeants internationaux. Il m’a dit : « Les gens aux États-Unis, même
les universitaires, ne connaissaient pas cette question avant que Trump
ne l’évoque. »
Les unités de l’Armée populaire de libération sahraouie (ALPS) ont
mené de nouvelles attaques contre les positions de l’armée de
l’occupation marocaine le long du mur de la «honte», a indiqué lundi le
ministère sahraoui de la Défense.
«Les unités de l’ALPS ont ciblé également lundi les positions de
retranchement des forces de l’occupation dans la zone de Benkaret
(secteur de Smara), la région d’Afririna Benkaret (secteur de Smara) et
la zone de Kelb Adhlim (secteur de Techla)», a précisé le communiqué
n°103 du ministère sahraoui de la Défense répercuté par l’agence de
presse sahraouie (SPS).
Les unités de l’armée sahraouie ont, ajoute la
même source, réussi à détruire un camion Animogo, l’un des bulldozers de
l’armée d’occupation.
Les forces de l’occupation marocaines se vengent, quant à elles, en
instaurant un climat de peur et de répression dans les villes du Sahara
occidental occupé.
Revenant justement sur la situation désastreuse des droits de l’homme
dans les territoires sahraouis occupés, le défenseur sahraoui des
droits de l’homme, Hammadi Ennasri, a indiqué lundi que l’attachement du
peuple sahraoui à son droit à l’autodétermination «a fait perdre la
raison au makhzen». Hammadi Ennasri a affirmé que la répression exercée
par les forces marocaines et leurs violations flagrantes des droits de
l’homme n’entameront pas la détermination du peuple sahraoui à
poursuivre la lutte pour mettre fin à l’occupation.
Depuis la reprise par le peuple sahraoui de la lutte armée, en
réaction à la violation flagrante par le Maroc de l’accord de
cessez-le-feu le 13 novembre dernier, les forces d’occupation marocaines
ont intensifié la répression contre les civils sahraouis et contre les
défenseurs des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés,
a déclaré à la presse Hammadi Ennasri, à partir de la ville de Smara
occupée. «Les forces de sécurité marocaines imposent un blocus militaire
sur les villes sahraouies occupées, à travers une présence massive des
forces de sécurité et l’interdiction d’accès aux médias, aux
observateurs internationaux et organisations des droits de l’homme»,
a-t-il dit, faisant état d’une dégradation sans précédent de la
situation des droits de l’homme.
La RASD fête ses 45 ans
A signaler que les festivités de célébration du 45e anniversaire de
la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) ont
débuté lundi à Dakhla, dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf.
Le responsable du secrétariat national du Front Polisario, Khatri
Addouh, le wali de Dakhla, Mrabih El Mami, des membres du gouvernement
sahraoui ainsi que des autorités étaient présents au lancement de ces
festivités, qui se tiennent dans une conjoncture sensible, marquée par
la reprise de la lutte armée contre l’occupation marocaine.
Une fois l’emblème sahraoui hissé pour marquer le début des
festivités commémorant l’événement, le wali de Dakhla a prononcé une
allocution dans laquelle il a souligné que «le peuple sahraoui est prêt
pour cet important événement, d’autant que les unités de l’Armée
populaire de libération sahraouie poursuivent leurs victoires contre
l’occupation marocaine le long du mur de la honte». Pour le wali de
Dakhla, la célébration par le peuple sahraoui du 45e anniversaire de la
proclamation de la République sahraouie «démontre qu’il demeure
résistant et qu’il poursuit son parcours de libération jusqu’au
parachèvement de sa souveraineté nationale à travers tout le territoire
de la République sahraouie».
La proclamation de la République sahraouie le 27 février 1976 a été
«une réponse légitime», qui a porté un sérieux coup à un complot
international ourdi contre le peuple sahraoui, a indiqué SPS, ajoutant
que la proclamation de la République sahraouie constitue le couronnement
des réalisations et acquis pour lesquels a milité le Front Polisario,
le représentant légitime et unique du peuple sahraoui, pour arracher
l’indépendance et la souveraineté.
Les États-Unis vont continuer à soutenir le processus onusien
Les États-Unis vont continuer à soutenir le processus onusien en vue
d’une solution «juste» et «durable» au différend de longue date au
Sahara occidental, a affirmé lundi le porte-parole du département d’Etat
américain, Ned Price. «Ce que nous avons dit reste globalement valable»
au sujet de la question du Sahara occidental, a déclaré Ned Price,
précisant «qu’il n’y a aucune mise à jour pour le moment». «Nous
continuerons à soutenir le processus des Nations unies pour mettre en
œuvre une solution juste et durable à ce différend de longue date» entre
le Maroc et le Front Polisario, a ajouté le porte-parole du département
d’Etat américain, lors d’un point de presse, en réponse à une question
sur la position de la nouvelle administration américain quant au conflit
au Sahara occidental. Il a indiqué que les Etats-Unis vont également
continuer «d’appuyer le travail de la Minurso pour surveiller le
cessez-le-feu et prévenir la violence dans la région». Le 10 décembre
dernier, l’ex-président américain, Donald Trump, avait annoncé
reconnaître la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental,
en contrepartie de la normalisation des relations entre le régime
marocain et l’entité sioniste. Cette proclamation a été dénoncée aussi
bien aux Etats-Unis que par la communauté internationale, qui a rappelé
son caractère illégal et a invité le nouveau locataire de la
Maison-Blanche, Joe Biden, à revenir sur cette décision «unilatérale». APS
L'Espagne et la France en tête de liste des pays investissant illégaleement au Sahara Occidental
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PRES DE 30 PAYS INVESTISSENT ILLÉGALEMENT AU SAHARA OCCIDENTAL : L’Espagne et la France en tête de liste
Bafouant
toute légalité internationale, une trentaine de pays investissent
illégalement dans les territoires sahraouis occupés dans différents
secteurs d’activité, indique un nouveau rapport du Centre d’études et de
documentation franco-sahraoui, Ahmed Baba Miské .
L’Espagne
est le pays qui investit le plus au Sahara occidental avec, en tout, 28
entreprises, suivie de la France (16) et l’Allemagne (15). Des
entreprises originaires de lointains pays tels que le Bangladesh,
Singapour ou la Nouvelle Zélande sont également présentes au Sahara
occidental. La pêche et le transport maritime figurent en tête des
secteurs dans lesquels les sociétés étrangères activent au Sahara
occidental. Les firmes étrangères sont également présentes dans les
secteurs des énergies conventionnelles et renouvelables, des mines,
essentiellement dans l’extraction du phosphate, la construction, les
finances et le sport. Le rapport indique, en outre, que près de quarante
compagnies étrangères ont quitté le Sahara occidental dernièrement. La
plupart d’entre elles, 19 compagnies, faisaient de l’extraction du
phosphate, une dizaine travaillaient dans le secteur de l’énergie au
moment où le reste des entreprises activaient dans les secteurs des
finances, de la pêche, de la livraison maritime et des mines. Par
ailleurs, le centre d’études signale que l’implantation des firmes
étrangères dans les territoires sahraouis occupés « constitue des
violations flagrantes du droit international et des crimes de
colonisation puisque (les entreprises) n’ont obtenu le consentement ni
de la population autochtone du Sahara occidental ni de son représentant
unique, défini par l’ONU le Front Polisario ».
Le rapport rappelle que «
le Sahara occidental, depuis le départ de la puissance coloniale,
l’Espagne en 1976, est classé par l’ONU comme territoire non autonome,
et sans administration ». L’accord de Madrid ne prévoyait pas de
transfert de souveraineté sur le territoire ni ne conférait à aucun des
signataires le statut de puissance administrante, statut que l’Espagne
ne pouvait d’ailleurs unilatéralement transférer ».
Aussi, les jugements
de la Cour de Justice de l’UE (Union européenne), et en particulier
celui du 27 février 2018, ont affirmé et rappelé le » statut séparé et
distinct » du Sahara occidental reconnu par l’ONU (de celui du Royaume
du Maroc).
La présence marocaine est une occupation militaire illégale
Toutes
ces décisions et avis juridiques viennent rappeler que ces décisions
sont conformes à l’avis juridique de l’Union Africaine publié déjà en
2015, clarifiant le statut juridique de la République sahraouie et du
Royaume du Maroc, et rappelant que la présence marocaine est une
occupation militaire illégale et que, par conséquent, toutes les
activités économiques, qu’elles soient menées par le Royaume du Maroc ou
par un tiers, violent le droit international », explique le centre
d’études. « Depuis les derniers avis de la Cour de justice de l’UE, un
bon nombre de sociétés ont décidé de se conformer au droit international
et ont cessé leurs activités dans la partie du Sahara occidentalencore
occupée par le Maroc.
À noter, enfin, que depuis la violation du
cessez-le-feu par le Maroc, le 13 novembre dernier, et la reprise de la
guerre, la RASD a déclaré tout le territoire du Sahara occidental, zone
de guerre (aussi bien sur terre, dans la mer, comme dans les airs). Ce
qui devrait inciter plus de sociétés à reconsidérer leurs activités
illégales au Sahara occidental », assurent les rédacteurs du texte. « La
Charte des droits de l’État et des obligations économiques des Nations
unies de 1974 stipule qu’aucun État n’a le droit de stimuler ou
d’encourager tout investissement qui pourrait être un obstacle à la
libération d’un territoire occupé par la force », note le rapport. Il
ajoute que « la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples a
également affirmé que « chaque peuple a le droit d’exister, chaque
peuple a un droit absolu et inébranlable à l’autodétermination, et a le
droit de déterminer librement son statut politique et d’assurer son
développement économique et social comme il le veut volontairement ». La
même charte stipule que « tous les peuples doivent disposer librement
de leurs richesses et de leurs ressources naturelles. En cas de saisie,
les personnes dont les biens ont été saisis ont le droit légitime de les
récupérer et de recevoir une indemnisation appropriée », souligne le
centre d’études.
J'ai
été l'envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le
Sahara occidental de 2009 à 2017. On m'a donc demandé à plusieurs
reprises ce que je pensais de la récente proclamation du président Trump
reconnaissant la souveraineté marocaine sur l'ancienne colonie
espagnole du Sahara occidental.
Cette décision stupide et inconsidérée va à l'encontre de l'engagement des USA envers les principes de non-acquisition
de territoire par la force et le droit des peuples à
l'autodétermination, tous deux inscrits dans la Charte des Nations
unies. Il est vrai que nous avons ignoré ces principes lorsqu'il s'agit
d'Israël et d'autres pays, mais cela n'excuse pas le fait de les ignorer
au Sahara occidental et de nous imposer des coûts importants en termes
de stabilité et de sécurité régionales et de nos relations avec
l'Algérie.
L'argument que certains à Washington avancent depuis des décennies
selon lequel un État indépendant au Sahara occidental serait un autre
mini-État en faillite est faux. Le Sahara occidental est aussi grand que
la Grande-Bretagne et dispose d'amples ressources en phosphates, en
poisson, en métaux précieux et d'un tourisme basé sur la planche à voile
et les excursions dans le désert. Il est bien mieux loti que de
nombreux mini-États dont les USA ont soutenu la création. Le Front de
libération du Polisario au Sahara occidental a démontré en mettant en
place un gouvernement en exil dans les camps de réfugiés sahraouis du
sud-ouest de l'Algérie qu'il est capable de diriger un gouvernement de
manière organisée et semi-démocratique. La proposition de référendum
que le Polisario a présentée en 2007 prévoit des relations privilégiées
très étroites avec le Maroc en cas d'indépendance. Il a répondu à
l'affirmation selon laquelle il ne pourrait pas défendre le vaste
territoire du Sahara occidental contre les menaces terroristes ou autres
en déclarant qu'il demanderait l'aide d'autres pays jusqu'à ce que ses
propres forces soient pleinement en place.
Il est vrai que les USA ont toujours exprimé leur soutien à la fois
au processus de négociation facilité par l'ONU et, depuis 2007, au plan
d'autonomie du Maroc comme UNE base de négociation possible. Le mot UNE
est crucial car il implique que d'autres résultats pourraient émerger
et garantit ainsi que le Polisario reste dans le processus de
négociation au lieu de se replier sur une reprise de la guerre ouverte
qui a prévalu de 1976 à 1991. C'est cette année-là que le Maroc et le
Polisario ont convenu d'un plan de règlement de l'ONU qui promettait un
référendum en échange d'un cessez-le-feu. Treize années ont été
consacrées à tenter de parvenir à un accord sur une liste d'électeurs,
les sept dernières sous la supervision de James Baker. En fin de
compte, ces efforts ont échoué parce que le Maroc a décidé qu'un
référendum était contraire à ses (prétentions de) souveraineté et, ce
faisant, n'a pas obtenu d’opposition de la part du Conseil de sécurité.
En 2004, cela a entraîné la démission de Baker.
Le Conseil de sécurité a alors opté pour une autre approche, les
négociations directes entre le Maroc et le Polisario. Sous la
présidence de trois envoyés successifs des Nations unies, à savoir des
Pays-Bas (van Walsum), des USA (votre serviteur) et de l'Allemagne
(Kohler), treize cycles de pourparlers en présence de l'Algérie et de la
Mauritanie ont eu lieu entre 2007 et 2019. À ce jour, ces efforts ont
également échoué parce qu'aucune des parties n'était prête à modifier sa
position au nom du compromis. Avec la démission du dernier envoyé en
2019 « pour des raisons de santé » mais plus probablement par dégoût du
manque de respect du Maroc et des efforts pour entraver son travail
(comme ils l'ont fait avec moi), le Secrétaire général des Nations Unies
cherche un autre envoyé. Ceux qui ont été approchés jusqu'à présent ont
été réticents, probablement parce qu'ils voient bien que le Maroc veut
quelqu'un qui sera en fait son avocat au lieu de rester neutre et que,
par conséquent, ils s'embarqueraient dans une « mission impossible ».
Si nous parvenons un jour à un règlement, ce sera par le biais d'un
processus de négociation prolongé, d’une manière ou d’une autre. La
décision du président Trump de reconnaître la souveraineté marocaine
affaiblit toute incitation pour le Polisario à rester dans ce processus.
Elle menace également les relations des USA avec l'Algérie, qui
soutient le droit des Sahraouis à décider de leur propre avenir par
référendum, et compromet le développement de nos liens existants avec
elle en matière d'énergie, de commerce, de sécurité et de coopération
militaire. En résumé, la décision du président Trump garantit la
poursuite des tensions, de l'instabilité et de la désunion en Afrique du
Nord.
MADRID-
Les dernières déclarations du chef de la diplomatie européenne, Josep
Borrell sur le Sahara occidental, confirment l'"évidence historique" de
"la non souveraineté" du Maroc sur ce territoire occupé, a déclaré
dimanche le Délégué du Front Polisario en Espagne, Abdullah Arabi.
"Les
déclarations de Borrell n'ont fait que confirmer ce qui est une
évidence historique, et un fait réel, à savoir la non souveraineté du
Maroc sur les territoires sahraouis" occupés, a indiqué le diplomate
sahraoui dans une déclaration à l'APS.
Josep
Borrell, a affirmé récemment que la position de l'UE sur le Sahara
Occidental est guidée par les résolutions du Conseil de sécurité de
l'ONU qui considèrent le Sahara Occidental comme un territoire non
autonome, dont le statut final reste à déterminer par les résultats des
processus dirigés par l'ONU, que l'UE soutient pleinement.
Le
délégué du Front Polisario a rappelé qu'"aucun pays ne reconnaît la
prétendue souveraineté du Maroc sur la partie du Sahara occidental"
occupé, soulignant que les récentes déclarations de Josep Borrell à ce
sujet confortaient également " l'action diplomatique sahraouie pour
contrer les visées marocaines (sur ce territoire) en imposant un fait accompli contraire au droit international".
M.Arabi
s'est référé, à ce titre, au rapport du Conseiller juridique de l'ONU,
Hans Corell, qui avait en 2002 adressé ses conclusions au Conseil de
sécurité dans le contexte des recours introduits par le Front Polisario
devant la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) contre les
accords commerciaux entre l’UE et le Maroc, incluant illégalement le
territoire du Sahara occidental.
L'avis
juridique de l'ancien secrétaire général adjoint de l'ONU, a porté sur
la question de la légalité de la conclusion par le Maroc de deux
contrats en octobre 2001 portant sur des activités de reconnaissance
pétrolière et d’évaluation au large des côtes du Sahara occidental.
L'Avis
a affirmé que toute exploitation des ressources naturelles au Sahara
occidental est une violation du droit international, étant donné que
cette activité n'est pas en accord avec la volonté et l'intérêt du
peuple sahraoui.
Evoquant la
"responsabilité historique et juridique" de l'Espagne dans ce conflit,
M. Arabi a fait remarquer que "les accords tripartites de Madrid de 1975
qui n'ont pas été approuvés par les tribunaux espagnols restent, à ce
jour, une hypothèque de la politique étrangère espagnole tant que cette
erreur n'est pas corrigée".
Ces accords
"illégaux", souligne le diplomate sahraoui, n'ont pas transféré la
souveraineté des territoires sahraouis au Maroc étant car "le peuple
sahraoui ne s'est pas encore prononcé librement sur son avenir".
C'est
la raison pour laquelle "les Nations Unies continuent de considérer
l'Espagne comme la puissance administrante du territoire, comme le
précise clairement la liste des 17 territoires non autonomes de l'ONU",
Rappelant les positions de l'Espagne qui sont proches et complices des
revendications annexionnistes du Maroc durant les quatre dernières
décennies, le diplomate sahraoui, a exhorté Madrid à "relever le défi
qu'exige la question du Sahara occidental" en appelant le Maroc à se
"conformer à la légalité internationale".
Il
s'agit de la seule "option cohérente" qui s'offre à Madrid pour
corriger cet erreur qui était à l'origine de "la condamnation de tout un
peuple à l'exil, au refuge et à l'attente" a-t-il expliqué.
Pour
autant, le diplomate sahraoui a salué "l'engagement solidaire et
généreux" de la société civile espagnole, regrettant que cet effort
n'ait pas réussi à infléchir la position des différents gouvernements
espagnols du fait de "la politique de pression, de chantage et de
manipulation exercé par le Maroc sur l'Espagne.
L'ampleur de la
manipulation marocaine explique ce divorce entre la société espagnole
solidaire avec la question sahraouie et les gouvernements successifs en
Espagne, a-t-il expliqué.
Abordant, par
ailleurs, les disparitions forcées et les violations des droits de
l'Homme durant la période d'occupation espagnole, le représentant
sahraoui a plaidé pour " le lancement d'un processus de vérité
historique de mémoriel".
Plus de 10
formations politiques espagnoles ont présenté le 17 juin dernier, une
motion au Congrès des Députés espagnol pour l'exhorter à agir dans ce
sens.
La motion a été déposée à l'occasion du 50eme anniversaire
de la disparition du leader sahraoui Mohamed Sidi Brahim Bassiri en
1970, lors d'une manifestation sahraouie contre l'administration
coloniale espagnole .
Nous, citoyens, membres de la société civile, par le biais de l'Association des droits de l'homme d'Espagne, ainsi que les organisations, personnalités, intellectuels et professionnels qui adhèrent à ce document, déclarons ce qui suit:
Monsieur le Président,
À 115 km des îles Canaries, une catastrophe humanitaire qui a fait des milliers de morts, des centaines de disparus, torturés et emprisonnés persiste depuis l'invasion militaire marocaine (30/10/1975) et la signature des "accords de Madrid" (14/11/1975), .
L'Espagne, en 1975, a manqué à ses responsabilités envers les Nations Unies et le peuple sahraoui, violant délibérément les buts et principes de la Charte des Nations Unies.
Après trente-cinq ans,[45 ans] aucun État membre de la communauté internationale n'a reconnu la légitimité du territoire non autonome du Sahara occidental en tant que territoire marocain. Au contraire, un grand nombre d'États ont reconnu l'État de la R.A.S.D. et il a établi des relations diplomatiques officielles avec son gouvernement, représenté par le Front Polisario.
La population sahraouie nous donne une leçon de dignité, de patience, de bravoure et d'esprit de sacrifice, nous montrant que tout a une limite et que les fameux "accords de Madrid" n'étaient qu'un instrument illégal, dont la non-dénonciation a conduit à une déstabilisation de toute la zone, où les arrestations arbitraires, la torture, les enlèvements, les disparitions, les meurtres et le pillage de leurs moyens de subsistance ont été et sont le triste héritage de ces accords.
Pour tout ce qui précède, le gouvernement espagnol doit démontrer la légalité des «accords de Madrid» et du décret RD2258 / 76, et sinon, pour des raisons de cohérence, d'équité et de respect de la loi, nous exigeons de ce gouvernement, et des partis politiques qui composent le large arc parlementaire:
J'adhère à la Lettre adressée au Président du Gouvernement de l'Espagne, M. Sánchez, pour la justice et un droit du peuple sahraoui, exigeant:
A) LA PLAINTE des "Arrangements de Madrid", et du décret RD2258 / 76 (10 août 1976) par voie d'urgence.
B) La RESTITUTION immédiate de la nationalité espagnole à tous les Sahraouis enregistrés en 1974, à leurs descendants et à tous ceux qui peuvent démontrer leur droit de conserver ou d'obtenir la nationalité espagnole.
C) DÉMARRAGE URGENT des actions pertinentes pour remettre à l’ONU les responsabilités acquises par l’Espagne en tant que puissance administrante en 1962, et que, comme au Timor oriental précédent, le Sahara occidental relève de l’Administration transitoire de l'Organisation des Nations Unies pour le Sahara occidental », en tant que protection de la vie de ses habitants, de ses ressources naturelles et de sa promotion, en tant que territoire non autonome jusqu'à sa décolonisationpar le référendum d'autodétermination correspondant.
Dans la certitude d'avoir votre soutien pour la défense d'une cause aussi juste, nous vous saluons avec la plus haute considération.
La
Commission du commerce international (INTA) du Parlement européen a
adopté, lundi, le rapport de l’eurodéputée controversée Patricia
Lalonde, qui prévoit l’extension de l’accord agricole conclu entre
l’Union européenne (UE) et le Maroc au territoire du Sahara occidental
occupé.
Commentant cette décision inique, le
représentant du Front Polisario pour l’Europe, Mohamed Sidati, a soutenu
hier que c’est «une honte» d’entériner un document dont la rédactrice a
été forcée à démissionner la veille en raison d’un «conflit
d’intérêts».
Réunis à Strasbourg au siège du
Parlement européen, les membres de l’INTA ont adopté le rapport de
l’eurodéputée controversée Patricia Lalonde, qui prévoit l’extension de
l’accord agricole conclu entre l’UE et le Maroc au territoire du Sahara
occidental occupé, alors que la justice européenne avait rejeté dans ses
arrêts cet accord, invoquant l’absence de consentement du peuple
sahraoui.
Réagissant à la décision prise par la Commission, le Front Polisario a
déploré, dans un communiqué, un «vote qui marque un pas de plus dans la
volonté des responsables européens de passer outre les termes précis et
clairs des arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE)».
S’élevant contre le «contournement» des décisions de la CJUE par des
dirigeants européens, le responsable du Front Polisario a ajouté que
«cet accord est clairement illégal».
Dans ce contexte, M. Sidati a rappelé que le «propre» service
juridique du Parlement européen a conclu récemment qu’il n’était «pas
certain» que le peuple sahraoui ait donné son consentement à cette
extension de l’accord, une «condition-clé» exigée par la CJUE dans son
jugement de décembre 2016. «Le Front Polisario, reconnu par l’ONU comme
le représentant du peuple du Sahara occidental, pourrait donner son
consentement, ce qui n’a pas été le cas», a tenu à faire savoir
M. Sidati dans le même communiqué.
S’agissant de l’affirmation de la Commission que l’accord pourrait
bénéficier à la population du Sahara occidental, le représentant du
Front Polisario l’a jugée «non pertinente» et qualifiée d’une «insulte»
au peuple sahraoui qui vit aujourd’hui dans des camps de réfugiés, dans
les territoires libérés ou sous occupation marocaine. «La Cour de
justice a jugé que le Sahara occidental est un territoire séparé et
distinct de celui du royaume du Maroc en vertu du principe
d’autodétermination.
Aucun accord avec le Maroc ne peut inclure le territoire, les eaux
adjacentes, ni l’espace aérien du Sahara occidental», a encore souligné
M. Sidati, annonçant le recours devant la CJUE, dont les précédents
jugements basés sur le droit international étaient du côté du Front
Polisario.
Tout en relevant que les conséquences du vote de la Commission
parlementaire européenne s’étendent bien au-delà des questions
commerciales, le responsable sahraoui a affirmé que cette adoption vient
«saper» l’issue des négociations conduites par l’envoyé personnel du
secrétaire général de l’ONU, Horst Köhler, pour le règlement du conflit
sahraoui selon les résolutions onusiennes garantissant le droit à
l’autodétermination du peuple sahraoui.
Pire,
en s’alignant sur les positions du Maroc et en soutenant la
colonisation du Sahara occidental, Bruxelles encourage la reprise de la
guerre au Maghreb.
Dans ce sillage, Mohamed Sidati a
appelé les «partenaires européens à revoir leur politique actuelle et de
recentrer leurs efforts sur les pas positifs que l’UE peut esquisser
pour supporter les efforts de Horst Köhler et pour encourager des
progrès dans les pourparlers».
L’ONG de défense des droits de l’Homme, Human Rights
Watch, a dénoncé, lundi 15 juillet, la mise en détention par le Front
Polisario de trois opposants alors que le juge d’instruction enquête sur
une possible trahison et autres charges à leur encontre, interpellant
l’Algérie pour « garantir le respect des droits humains à l’intérieur de
ces camps ». « Entre le 17 et le 19 juin 2019, les autorités Sahraouies ont arrêté
trois hommes – les activistes Moulay Abba Bouzid et Fadel Mohamed
Breica, et le journaliste Mahmoud Zeidan. Breica détient également la
nationalité espagnole », indique HRW, précisant que « les trois hommes
sont connus comme dissidents dans les camps de réfugiés. Tout en prônant
la résistance à l’occupation du Sahara occidental par le Maroc, ils ont
publié au cours des derniers mois de nombreux statuts sur Facebook
critiquant sévèrement les dirigeants du Front Polisario ». « Les autorités sahraouies devraient établir de manière crédible que
Bouzid, Breica et Zeidan pourraient avoir commis des actes véritablement
criminels, et pas seulement avoir critiqué pacifiquement le Front
Polisario », a déclaré Lama Fakih, directrice adjointe de la division
Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « En l’absence de
preuves d’activités criminelles, les trois hommes devraient être remis
en liberté », a-t-elle affirmé en outre. « Au 15 juillet, les trois hommes étaient détenus dans la prison de
Dhaibiya près du camp de Rabouni, siège du gouvernement du Front
Polisario près de Tindouf, en Algérie », précise l’ONG, qui ajoute que
le frère de l’un des détenus a affirmé que ce dernier « n’a été autorisé
à quitter sa cellule qu’une seule fois et a été interrogé à de
multiples reprises les yeux bandés et les poignets menottées ». Le
détenu Bouzid aurait également affirmé que « ses interrogateurs avaient
tenté de le contraindre à signer des aveux écrits », indique Human
Rights Watch. « S’il est avéré que des agents de sécurité ont interrogé Bouzid et
Breica alors qu’ils étaient menottés et avaient les yeux bandés, et
qu’ils les ont menacés ou intimidés pour leur extorquer des aveux, cela
compromettrait gravement l’exigence du droit international selon
laquelle les aveux doivent être faits volontairement », a affirmé l’ONG. « Il incombe à la RASD, qui administre les camps de réfugiés, et à
l’Algérie, pays qui les accueille et où sont détenus les trois hommes,
de garantir le respect des droits humains à l’intérieur de ces camps », a
interpelé Human Rights Watch. « L’Algérie ne peut pas sous-traiter la protection des droits humains
sur son territoire, et fermer les yeux si le Polisario les viole », a
déclaré dans ce contexte Lama Fakih.
Victoire du Maroc au parlement européen. Dans un communiqué relayé par son
agence de presse, le mouvement a qualifié la décision d'"illégale",
estimant que "le vote a été confirmé dans un environnement dépourvu de
tout contrôle et de toute transparence". Mais le Parlement européen est
passé outre la décision de la CJUE.
"La réunion a été une occasion au
cours de laquelle les deux parties ont salué la qualité des relations de
partenariat entre le Maroc et l'Union et le niveau constant de coordination
entre le Maroc et l'UE sur un ensemble de dossiers essentiels revêtant une
dimension politique, sécuritaire, économique et sociale, ainsi que les
perspectives prometteuses du partenariat euro-marocain, notamment après la
ratification de l'accord agricole entre les deux parties", peut-on lire
sur la page Facebook du chef du gouvernement. "Son résultat représente une
atteinte directe, non seulement pour les défenseurs des droits de l'homme et le
droit international, mais également pour le processus de paix sous l'égide de
l'ONU que l'Union européenne prétend soutenir", poursuit le communiqué.
Celui-ci affirme que le Polisario "exhorte les États membres de l'Union
européenne à reconsidérer ce vote non contraignant et à changer de cap
immédiatement".(...) Le
responsable sahraoui a souligné, en outre, qu'après 40 longues années, un
"processus de paix crédible conduit par l'ONU est en voie de réalisation",
ajoutant que "grâce à la gestion active de l'Envoyé personnel du
secrétaire général de l'ONU et au leadership des États-Unis, il existe enfin
une possibilité réelle de s'atteler à la tâche difficile de forger une paix
soutenable". "Il est absurde que l'UE nous demande régulièrement
d'éviter des pas qui pourraient saper le processus de paix ou préjuger de son
issue, et qu'elle adopte elle-même, volontairement, une démarche aussi
déstabilisante en allant contre les jugements de sa propre Cour de
justice", a encore dénoncé la diplomate sahraoui, invitant l'UE à
développer "une politique cohérente qui soutienne la paix dans notre
région". "L'UE devrait différer explicitement la mise en œuvre de cet
accord commercial et élaborer un plan d'utilisation du commerce comme incitation
à la conclusion d'un accord de paix négocié". En attendant, le Front
Polisario, agissant au nom du peuple du Sahara occidental, envisage, selon M.
Sidati, de suivre "toutes voies légales, pour renverser la décision
d'aujourd'hui", précisant qu'"un défi juridique immédiat contre cet
accord" sera engagé par le Front. "Nous avons une très grande
confiance, soutenue par nos conseillers, dans le fait que la décision
européenne ne survivra pas à un examen juridique", a-t-il fait savoir,
avant de souligner que le Front Polisario "n'hésitera pas à faire
respecter le droit international et les droits du peuple sahraoui", et que
"l'UE doit maintenant réfléchir à son attitude" à l'égard de cette
question. Tout en accusant l'UE d'exercer "une influence négative sur
l'effort collectif international et [de] renforcer un statu quo
insoutenable", le Polisario puise dans le champ lexical de la menace.
Mohamed Sidati a demandé à l'UE d'assumer ses responsabilités à la suite de ce
vote.
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est revendiqué depuis
1976 par le Maroc, qui en occupe les cinq sixièmes, et par la République arabe
sahraouie démocratique proclamée par le Front Polisario sur le reste du
territoire. Il encourage de fait l'occupation illégale par le Maroc du Sahara
Occidental.
Appelant au rejet "sans réserve" de cet accord, des
centaines d'eurodéputés ont insisté sur la sollicitation de l'avis de la Cour
européenne de justice préalablement au vote sur l'accord.
Accord UE-Maroc : le
Parlement européen trahit les Sahraouis
Marie-Pierre Bettencourt
Victoire du Maroc au parlement européen
Dans un communiqué relayé par son agence de presse, le mouvement a
qualifié la décision d'"illégale", estimant que "le vote a été confirmé
dans un environnement dépourvu de tout contrôle et de toute
transparence". Mais le Parlement européen est passé outre la décision de
la CJUE.
"La réunion a été une occasion au cours de laquelle les deux parties ont
salué la qualité des relations de partenariat entre le Maroc et l'Union
et le niveau constant de coordination entre le Maroc et l'UE sur un
ensemble de dossiers essentiels revêtant une dimension politique,
sécuritaire, économique et sociale, ainsi que les perspectives
prometteuses du partenariat euro-marocain, notamment après la
ratification de l'accord agricole entre les deux parties", peut-on lire
sur la page Facebook du chef du gouvernement. "Son résultat représente
une atteinte directe, non seulement pour les défenseurs des droits de
l'homme et le droit international, mais également pour le processus de
paix sous l'égide de l'ONU que l'Union européenne prétend soutenir",
poursuit le communiqué.
Celui-ci affirme que le Polisario "exhorte les États membres de l'Union
européenne à reconsidérer ce vote non contraignant et à changer de cap
immédiatement".
Ali Bongo a quitté Rabat pour Libreville — Gabon
Alors qu'on s'attendait à un retour triomphal d'Ali Bongo dans son pays
ce mardi, rien n'a filtré sur sa venue. Depuis le 24 octobre, un seul
Conseil des ministres s'est tenu à Libreville , aucune loi n'a été
promulguée.
Triomphe d'Inter, agonie d'Europe 1 — Audiences radio
Ancien monument de la radio hexagonale, Europe 1 voit aujourd'hui sa
part d'audience céder 0.6 point pour s'établir à 6%. NRJ (9,5 %, et une
chute d'un point sur un an) complète le podium à la troisième place
derrière RTL et Inter.
Alerte au risque de panne générale — Electricité
Le risque est logiquement plus élevé en période hivernale, où le système
de distribution est très sollicité et les marges de manœuvre en matière
de production supplémentaire, moins importantes.
Le responsable sahraoui a souligné, en outre, qu'après 40 longues
années, un "processus de paix crédible conduit par l'ONU est en voie de
réalisation", ajoutant que "grâce à la gestion active de l'Envoyé
personnel du secrétaire général de l'ONU et au leadership des
Etats-Unis, il existe enfin une possibilité réelle de s'atteler à la
tâche difficile de forger une paix soutenable". "Il est absurde que l'UE
nous demande régulièrement d'éviter des pas qui pourraient saper le
processus de paix ou préjuger de son issue, et qu'elle adopte elle-même,
volontairement, une démarche aussi déstabilisante en allant contre les
jugements de sa propre Cour de justice", a encore dénoncé la diplomate
sahraoui, invitant l'UE à développer "une politique cohérente qui
soutienne la paix dans notre région". "L'UE devrait différer
explicitement la mise en œuvre de cet accord commercial et élaborer un
plan d'utilisation du commerce comme incitation à la conclusion d'un
accord de paix négocié". En attendant, le Front Polisario, agissant au
nom du peuple du Sahara occidental, envisage, selon M. Sidati, de suivre
"toutes voies légales, pour renverser la décision d'aujourd'hui",
précisant qu'"un défi juridique immédiat contre cet accord" sera engagé
par le Front. "Nous avons une très grande confiance, soutenue par nos
conseillers, dans le fait que la décision européenne ne survivra pas à
un examen juridique", a-t-il fait savoir, avant de souligner que le
Front Polisario "n'hésitera pas à faire respecter le droit international
et les droits du peuple sahraoui", et que "l'UE doit maintenant
réfléchir à son attitude" à l'égard de cette question.
Tout en accusant l'UE d'exercer "une influence négative sur l'effort
collectif international et [de] renforcer un statu quo insoutenable", le
Polisario puise dans le champ lexical de la menace. Mohamed Sidati a
demandé à l'UE d'assumer ses responsabilités à la suite de ce vote.
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est revendiqué depuis
1976 par le Maroc, qui en occupe les cinq sixièmes, et par la République
arabe sahraouie démocratique proclamée par le Front Polisario sur le
reste du territoire. Il encourage de fait l'occupation illégale par le
Maroc du Sahara Occidental. Appelant au rejet "sans réserve" de cet
accord, des centaines d'eurodéputés ont insisté sur la sollicitation de
l'avis de la Cour européenne de justice préalablement au vote sur
l'accord.
http://marseille-premium.com/2019/01/accord-ue-maroc-le-parlement-europ-en-trahit-les-sahraouis/
18Jan
Accord UE-Maroc : le Parlement européen trahit les Sahraouis
Marie-Pierre Bettencourt
Victoire du Maroc au parlement européen
Dans un communiqué relayé par son agence de presse, le mouvement a
qualifié la décision d'"illégale", estimant que "le vote a été confirmé
dans un environnement dépourvu de tout contrôle et de toute
transparence". Mais le Parlement européen est passé outre la décision de
la CJUE.
"La réunion a été une occasion au cours de laquelle les deux parties ont
salué la qualité des relations de partenariat entre le Maroc et l'Union
et le niveau constant de coordination entre le Maroc et l'UE sur un
ensemble de dossiers essentiels revêtant une dimension politique,
sécuritaire, économique et sociale, ainsi que les perspectives
prometteuses du partenariat euro-marocain, notamment après la
ratification de l'accord agricole entre les deux parties", peut-on lire
sur la page Facebook du chef du gouvernement. "Son résultat représente
une atteinte directe, non seulement pour les défenseurs des droits de
l'homme et le droit international, mais également pour le processus de
paix sous l'égide de l'ONU que l'Union européenne prétend soutenir",
poursuit le communiqué.
Celui-ci affirme que le Polisario "exhorte les États membres de l'Union
européenne à reconsidérer ce vote non contraignant et à changer de cap
immédiatement".
Ali Bongo a quitté Rabat pour Libreville — Gabon
Alors qu'on s'attendait à un retour triomphal d'Ali Bongo dans son pays
ce mardi, rien n'a filtré sur sa venue. Depuis le 24 octobre, un seul
Conseil des ministres s'est tenu à Libreville , aucune loi n'a été
promulguée.
Triomphe d'Inter, agonie d'Europe 1 — Audiences radio
Ancien monument de la radio hexagonale, Europe 1 voit aujourd'hui sa
part d'audience céder 0.6 point pour s'établir à 6%. NRJ (9,5 %, et une
chute d'un point sur un an) complète le podium à la troisième place
derrière RTL et Inter.
Alerte au risque de panne générale — Electricité
Le risque est logiquement plus élevé en période hivernale, où le système
de distribution est très sollicité et les marges de manœuvre en matière
de production supplémentaire, moins importantes.
Le responsable sahraoui a souligné, en outre, qu'après 40 longues
années, un "processus de paix crédible conduit par l'ONU est en voie de
réalisation", ajoutant que "grâce à la gestion active de l'Envoyé
personnel du secrétaire général de l'ONU et au leadership des
Etats-Unis, il existe enfin une possibilité réelle de s'atteler à la
tâche difficile de forger une paix soutenable". "Il est absurde que l'UE
nous demande régulièrement d'éviter des pas qui pourraient saper le
processus de paix ou préjuger de son issue, et qu'elle adopte elle-même,
volontairement, une démarche aussi déstabilisante en allant contre les
jugements de sa propre Cour de justice", a encore dénoncé la diplomate
sahraoui, invitant l'UE à développer "une politique cohérente qui
soutienne la paix dans notre région". "L'UE devrait différer
explicitement la mise en œuvre de cet accord commercial et élaborer un
plan d'utilisation du commerce comme incitation à la conclusion d'un
accord de paix négocié". En attendant, le Front Polisario, agissant au
nom du peuple du Sahara occidental, envisage, selon M. Sidati, de suivre
"toutes voies légales, pour renverser la décision d'aujourd'hui",
précisant qu'"un défi juridique immédiat contre cet accord" sera engagé
par le Front. "Nous avons une très grande confiance, soutenue par nos
conseillers, dans le fait que la décision européenne ne survivra pas à
un examen juridique", a-t-il fait savoir, avant de souligner que le
Front Polisario "n'hésitera pas à faire respecter le droit international
et les droits du peuple sahraoui", et que "l'UE doit maintenant
réfléchir à son attitude" à l'égard de cette question.
Tout en accusant l'UE d'exercer "une influence négative sur l'effort
collectif international et [de] renforcer un statu quo insoutenable", le
Polisario puise dans le champ lexical de la menace. Mohamed Sidati a
demandé à l'UE d'assumer ses responsabilités à la suite de ce vote.
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est revendiqué depuis
1976 par le Maroc, qui en occupe les cinq sixièmes, et par la République
arabe sahraouie démocratique proclamée par le Front Polisario sur le
reste du territoire. Il encourage de fait l'occupation illégale par le
Maroc du Sahara Occidental. Appelant au rejet "sans réserve" de cet
accord, des centaines d'eurodéputés ont insisté sur la sollicitation de
l'avis de la Cour européenne de justice préalablement au vote sur
l'accord.
http://marseille-premium.com/2019/01/accord-ue-maroc-le-parlement-europ-en-trahit-les-sahraouis/