2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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mercredi 27 janvier 2021

Rappel : Coronavirus en Belgique : les écoles, les bars, les restaurants ferment… Et les prisons ?

  par Luk Vervaet, ancien enseignant dans les prisons, et Jean-Marc Mahy, éduc-acteur

(Photo anti-k.org :: corona et révolte dans les prisons italiennes)

Le 12 mars 2020, la presse nous apprend qu’au palais de justice de Mons, la présidente de la cour d'assises a été contaminée par le coronavirus et qu’une cour d’assises sera reportée. L’avocate Nathalie Gallant déclarait à ce propos : « Des mesures doivent être prises, Il en va de la santé de tous, tant des clients que des avocats. Il ne faudrait vraiment pas qu’un détenu qui se présente à une audience risque de contaminer tous les autres en prison ». 
Depuis, confirmé par l’administration pénitentiaire, un cas de coronavirus a été avéré à la prison de Mons. 
Le lendemain, la majorité du personnel pénitentiaire de la prison de Saint-Gilles est absente ! Avec comme conséquence que toutes les visites et toutes les activités sont annulées. 
Se dirige-t-on vers des situations à l’italienne ?

La prison face à quatre défis majeurs

Il ne faut pas être virologue pour comprendre que le monde carcéral, institution de confinement total par définition, est des plus vulnérables face aux virus et aux épidémies. Ce qui cause des ravages à l’intérieur des prisons et constitue une menace pour la société dans son ensemble. 
Le problème est multiple. 
Il y a le lieu confiné qui provoque la propagation des maladies. Il y a la concentration de personnes malades. Il y a le manque de soins à tous les niveaux. Il y a la surpopulation. Selon les derniers chiffres de 2019, les 36 prisons du pays comptent ensemble 1.862 détenus en trop, compte tenu de leur capacité.

La prison, une concentration de maladies

Déjà en novembre 2013 se tenaient au parlement belge les États généraux sur la prison, à l'initiative du Conseil central de Surveillance pénitentiaire. Le professeur Cosyns, de l'Universitair Forensisch Centrum Antwerpen, y tenait un exposé sur les soins de santé au sein des prisons belges. Il nous informait du fait que le taux de tuberculose dans les prisons est seize fois supérieur au taux dans le pays ; celui du sida cinq fois, de l'hépatite C sept fois, des psychoses cinq fois, de suicide six fois, de problème d'alcoolisme ou autres drogues sept fois, de l'expérience de consommation de l'héroïne cinquante-quatre fois. 
Depuis, les problèmes n’ont fait qu’empirer, aggravés par la surpopulation et les économies au niveau des soins. 
Cinq ans plus tard, le journal De Tijd (3 mai 2018) titre : « Les médecins dans les prisons constatent la propagation des maladies contagieuses dans les prisons, comme la tuberculose, l’hépatite B et C, la gale et le VIH ». Selon le syndicat ACV, ajoute le journal, les économies au niveau des moyens pour assurer l’hygiène sont en cause.

La prison, des épidémies en chaine

Les prisonniers et leurs familles ont déjà fait l’expérience des mesures de confinement et d’isolement drastiques auxquelles toute la société est brusquement soumise aujourd’hui. 

Prenons quelques exemples récents.

En juin 2017, découverte de la rougeole à la prison de Gand, suivie d’interdiction de visites, de nouvelles entrées de détenus dans la prison et de l’arrêt des transports vers les tribunaux. 
En avril 2019, la prison de Mons est frappée par ce que les autorités pénitentiaires et les syndicats appellent « une catastrophe » : une épidémie de punaises de lit, qui pourrait même se répandre en dehors de ses murs avec des conséquences pour la salubrité publique. 
Fin mai 2019, épidémie de rougeole à la prison de Lantin, suivie par une mise en isolement des 1000 détenus dans leurs cellules pendant des semaines, pas de transferts, pas de visites autorisées pour les familles des détenus. 
En juillet 2019, c’était au tour de la prison de femmes de Berkendael à être frappée par le fléau des punaises de lit. Avec comme conséquence un lock down complet de la prison pendant près d’un mois :  pas de visites, pas d’activités, pas de téléphone, pas de services extérieurs… 
En septembre 2019, une douzaine de cas de gale sont constatés à la prison d'Arlon.

Prisons : toujours la même solution face à une crise.

Renforcer l’isolement, arrêter toutes les activités, interdire les visites… sont à chaque fois la réponse aux crises. Ce qui ne fait qu’augmenter le vécu de l’exclusion et provoquera inévitablement des révoltes comme on en a vu en Italie.  En Italie, où les détenus se trouvent parfois à cinq dans une même cellule, un mouvement de révolte s'est en effet déclenché, provoqué par l'inquiétude sur l'épidémie et l'annulation des parloirs pour les familles. En tout, douze prisonniers sont décédés.

Il faut libérer des prisonniers.

L’Iran, pays faisant partie de « l’axe du mal » et mis en isolement par un boycott du monde occidental, a libéré temporairement 77.000 prisonniers, après les avoir testés médicalement. Des mesures inimaginables en Belgique ?

Quelques mesures de bon sens pourraient enlever immédiatement la pression sur les prisons, aussi bien sur les détenus que sur le personnel pénitentiaire. 
En diminuant radicalement le nombre de détenus dans nos prisons par la libération de tous les détenus en détention préventive (36% de toute la population carcérale) qui ne constituent pas un danger pour autrui. 
En libérant toutes les femmes prisonnières et tous les détenus âgés, fragiles, malades qui ne constituent pas un danger pour la société. En mettant fin à l’arrêt actuel des libérations conditionnelles. 
En renforçant les soins dans les prisons. 
En allongeant la possibilité de téléphoner à la famille.

On ne peut qu’espérer que l'expérience sociétale de cette épidémie augmentera la compréhension des problèmes vécus au sein du monde carcéral.

Cet article est aussi paru dans POUR et dans LEGRANDSOIR
 

(photo :Marcus, Jean-Marc et Luk à Haren)


dimanche 22 mars 2020

Farida Aarrass : nous vivons une expérience qui nous rapproche un tout petit peu des personnes en détention

Prisonniers pour la Justice

vendredi 20 mars 2020

#WAITING4ALI. J - 14 

En attendant la libération d'Ali Aarrass le 2 avril 2020
....

 


 Je ne peux m'empêcher de penser que nous sommes tous aujourd'hui en train de vivre une expérience qui nous rapproche un tout petit peu des personnes en détention.

Je dis bien un tout petit peu, parce que pour eux c'est beaucoup plus dur.

Ils n'ont ni fenêtres pour admirer le ciel dans son entièreté et respirer profondément, pour y chanter ou parler avec un voisin,...

Ils n'ont pas d'appareils branchés au wifi pour pouvoir s'évader virtuellement, ni même quelqu'un avec qui causer. 

Ils n'ont pas une cuisine pour y mijoter des bons petits plats ou y préparer le dessert de leur choix. 

Ils n'ont même pas un lit ni canapé pour pouvoir s'y prélasser en regardant un bon film...

En somme, je me dis que notre confinement est lui aussi en train de nous donner des leçons.

Nous avons tout pour pouvoir nous occuper l'esprit des journées entières. Des bouquins, des pc, des GSM, de l'espace, des denrées alimentaires, des proches, des voisins des amis,.... Il y a vraiment de quoi faire. Ne trouvez vous pas ?

A travers et au bout de tout ceci, nous gagnerons la patience.

vendredi 20 mars 2020

Les Familles des détenus du dossier Belliraj lancent un appel urgent au Roi Mohammed VI (français/arabe)

Prisonniers pour la Justice

jeudi 19 mars 2020

Coronavirus ! Appel urgent à l'intention de sa Majesté le Roi Mohammed VI

Dans le contexte de l’épidémie mondiale du Coronavirus, nous, familles des détenus politiques dans le dossier Belliraj, incarcérés dans les prisons marocaines depuis plus de 12 ans, nous prions et implorons son altesse royale de libérer nos maris, frères et pères. 

Leur incarcération dans les conditions actuelles et futures de la propagation de la maladie est équivalente à une exécution martiale que l’histoire n’oubliera ni ne pardonnera pas. 

Nous supplions son altesse royale d’intervenir pour éviter une tragédie certaine.

Familles des détenus du dossier Belliraj


نداء عاجل إلى جلالة الملك محمد السادس
هذه الجائحة لن تصدها جدران السجون الاسمنتية العالية
نهيب بجلالة الملك محمد السادس. نحن عائلات المعتقلين السياسيين في ملف بليرج. ان يطلق سراح معتقلينا اللذين قضوا في السجن 12 سنة
نخشى ان تمر الايام و الساعات و يتفشى هذا الوباء في كل مكان. و يبقى هؤلاء المعتقلون يواجهون الموت المحقق بالعشرات
نهيب بجلالة الملك بان يتدخل لتفادي هذه الكارثة
عائلات معتقلي ملف بليرج

mercredi 18 mars 2020

De la crise du coronavirus à la crise des prisons : un appel urgent !

Par  Luk Vervaet, ancien enseignant dans les prisons

Un appel urgent !

 Les mesures prises contre le coronavirus au niveau de toute la société nous rapprochent tous du vécu des personnes détenues dans les lieux fermés : les prisons, les centres de détention pour réfugiés ou les hôpitaux psychiatriques. Cette crise nous apprend en même temps que nous avons créé des formes et des conditions de détention pour les exclus de notre société, qui sont déjà inacceptables en temps normal, mais qui, lors d’une crise comme on la connaît aujourd’hui, ne permettent pas d’assurer la santé des personnes détenues. Ce qui menace à son tour la santé publique au sein de la société dans son ensemble. 
    

Nous savons tous que des milliers de personnes détenues sont aujourd’hui obligées de vivre les unes sur les autres et qu’ils n’ont qu’un accès limité aux soins et aux produits d’hygiène. Aujourd’hui, pour faire face à la crise corona, les autorités prennent des mesures supplémentaires d’isolement, dont l’interdiction des visites des familles ou l’annulation des cours et d’autres activités, déjà extrêmement rares en temps normal. La réaction de désespoir et de révolte contre cet isolement renforcé ne s’est pas fait attendre. 

Désespoir et révolte

En France, le 17 mars, suite à l'annonce de la suspension des parloirs jusqu'au 30 mars, une mutinerie s'est déclenchée à la maison d'arrêt de Grasse, dans les Alpes-Maritimes. Des petits feux ont été allumés et des pierres ont été jetées sur les surveillants. En Italie, il y a dix jours, des révoltes ont éclaté dans au moins une vingtaine de prisons, causant la mort d’au moins douze détenus. Au Brésil, après des émeutes suite à la suspension de visites, 400 détenus se sont échappés des prisons à Managua, 926 de la prison à Mirandopolis et 30 de la prison à Taubate. En Belgique aussi, le 17 mars, une trentaine de détenus de la prison de Nivelles se sont révoltés contre la suppression des visites et la police a dû intervenir pour éteindre le mouvement.

Il y a deux cents ans, ce sont les épidémies de typhus et de choléra qui ont fait partie des raisons pour changer radicalement les formes de détention existantes et qui ont donné naissance de la prison moderne. Les réformateurs, comme John Howard, constataient en effet que les prisons, par leur concentration de personnes et le manque de soins de santé et d’hygiène, étaient les plus grands foyers de contamination aussi bien vers l’intérieur des prisons que vers l’extérieur, ce qui mettait en danger la santé de la société dans son ensemble. Des mesures radicales d’assainissement ont donc été prises.

 

Aujourd’hui les prisons modernes sont devenues à leur tour des centres de contamination. 

David Hamer, professeur de santé mondiale et de médecine à l'École de santé publique et à l'École de médecine de l'Université de Boston, déclare : « le COVID-19 est transmis par des gouttelettes respiratoires lorsque quelqu'un éternue ou tousse. Une personne peut également être exposée en touchant une surface contaminée puis en touchant son visage. En prison, le risque de transmission est substantiel». 
En prison les détenus courent non seulement un plus grand risque de contracter le virus, il y a aussi le flux constant de personnel et de détenus qui fait que la propagation du virus est extrêmement facile et dangereuse. Les détenus sont également plus susceptibles d'avoir des problèmes de santé sous-jacents pouvant entraîner des complications. Selon l’organisation américaine « Prison Policy Initiative », environ 20% des détenus dans les prisons américaines souffrent d'asthme, contre environ 8% de la population générale. Le même constat est fait par les spécialistes dans les prisons belges. Avec la crise actuelle, les soins de santé et d’hygiène font défaut ou sont même complètement absents, vu le manque de médecins. Parmi la population carcérale, le nombre de détenus âgés a augmenté de manière exponentielle ces dernières décennies, faisant grandir le nombre des personnes à risque.

Des mesures urgentes !

Aux États-Unis, le journal Los Angeles Times écrivait le 16 mars que « 600 détenus dans des prisons de Los Angeles ont été libérés pour donner suite à la crise du coronavirus ». En Irlande, des centaines de prisonniers vont être libérés, d’abord ceux et celles qui ont encore trois mois à faire, puis ceux et celles qui ont encore six mois à faire. En Iran, des dizaines de milliers de prisonniers ont été mis en libération temporaire. 

Rien de tout cela en Belgique.  

La réponse des autorités est en dessous de tout : elles augmentent l’isolement des prisonniers en interdisant les visites. Comme aux États-Unis, elles font produire des masques par les prisonniers qui continuent à travailler à un salaire d’esclave et sans la protection nécessaire.  La surpopulation de nos prisons reste intouchée. La construction de la plus grande prison de Belgique à Haren continue comme si rien n’était.   

Je lance un appel à une réaction collective, en commençant par une consultation urgente des détenus et de leurs familles, ainsi que de tous les acteurs et de toutes les associations actives au sein et en dehors des prisons. 

Lire l'article : https://lukvervaet.blogspot.com/2020/03/de-la-crise-du-coronavirus-la-crise-des.html 

Proposons des mesures urgentes à prendre. 
En voici une liste non exhaustive 


1. La libération de tous les prisonniers qui n’ont plus qu’un an à faire.
 
2. La libération des prisonniers en détention préventive (36% de toute la population carcérale en Belgique se trouve en prison sans procès) qui ne constituent pas un danger pour autrui.
 
3. La libération de toutes les femmes prisonnières qui sont le plus souvent incarcérées pour trafic de drogues ou à cause des problèmes familiaux.
 
4. La libération de tous les détenus âgés et malades qui ne constituent pas un danger pour la société.
 
5. L’organisation d’un accueil décent pour les détenus ne disposant pas d’une famille ou d’un logement.
 
6. Le renforcement des équipes médicales et des mesures de désinfection et d’hygiène dans les prisons aussi bien pour le bien-être les détenus que pour le personnel pénitentiaire.
 
7. Un salaire minimum prévu par la loi pour tous les détenus travailleurs dans les prisons, application des règles d’hygiène et de protection sur les lieux de travail.   
 
8. L’augmentation des possibilités de contact entre les détenus et familles de manière responsable, par l’autorisation des visites familiales respectant les règles valables pour toute la société, par l’élargissement des possibilités de téléphoner, de vidéoconférence etc.… 
 
9. L’élection des délégués des prisonniers dans toutes les prisons pour être les porte-parole des besoins des détenus.   
10. La construction de nouveaux hôpitaux et l’arrêt de la construction de nouvelles prisons. 
 
Nous demandons l’arrêt des travaux de construction de la plus grande prison de Belgique à Haren et sa transformation en hôpital moderne et performant dont Bruxelles et le pays tout entier ont besoin.

samedi 14 mars 2020

Coronavirus : les écoles, les bars, les restaurants ferment… Et les prisons ?









 par Luk Vervaet, ancien enseignant dans les prisons, et Jean-Marc Mahy, éduc-acteur
(photo :Marcus, Jean-Marc et Luk à Haren)



Le 12 mars, la presse nous apprend qu’au palais de justice de Mons, la présidente de la cour d'assises a été contaminée par le coronavirus et qu’une cour d’assises sera reportée. L’avocate Nathalie Gallant déclarait à ce propos : « Des mesures doivent être prises, Il en va de la santé de tous, tant des clients que des avocats. Il ne faudrait vraiment pas qu’un détenu qui se présente à une audience risque de contaminer tous les autres en prison ». 
Depuis, confirmé par l’administration pénitentiaire, un cas de coronavirus a été avéré à la prison de Mons. 
Le lendemain, la majorité du personnel pénitentiaire de la prison de Saint-Gilles est absente ! Avec comme conséquence que toutes les visites et toutes les activités sont annulées. 
Se dirige-t-on vers des situations à l’italienne ?

La prison face à quatre défis majeurs

Il ne faut pas être virologue pour comprendre que le monde carcéral, institution de confinement total par définition, est des plus vulnérables face aux virus et aux épidémies. Ce qui cause des ravages à l’intérieur des prisons et constitue une menace pour la société dans son ensemble. 
Le problème est multiple. 
Il y a le lieu confiné qui provoque la propagation des maladies. Il y a la concentration de personnes malades. Il y a le manque de soins à tous les niveaux. Il y a la surpopulation. Selon les derniers chiffres de 2019, les 36 prisons du pays comptent ensemble 1.862 détenus en trop, compte tenu de leur capacité.

La prison, une concentration de maladies

Déjà en novembre 2013 se tenaient au parlement belge les États généraux sur la prison, à l'initiative du Conseil central de Surveillance pénitentiaire. Le professeur Cosyns, de l'Universitair Forensisch Centrum Antwerpen, y tenait un exposé sur les soins de santé au sein des prisons belges. Il nous informait du fait que le taux de tuberculose dans les prisons est seize fois supérieur au taux dans le pays ; celui du sida cinq fois, de l'hépatite C sept fois, des psychoses cinq fois, de suicide six fois, de problème d'alcoolisme ou autres drogues sept fois, de l'expérience de consommation de l'héroïne cinquante-quatre fois. 
Depuis, les problèmes n’ont fait qu’empirer, aggravés par la surpopulation et les économies au niveau des soins. 
Cinq ans plus tard, le journal De Tijd (3 mai 2018) titre : « Les médecins dans les prisons constatent la propagation des maladies contagieuses dans les prisons, comme la tuberculose, l’hépatite B et C, la gale et le VIH ». Selon le syndicat ACV, ajoute le journal, les économies au niveau des moyens pour assurer l’hygiène sont en cause.

La prison, des épidémies en chaine

Les prisonniers et leurs familles ont déjà fait l’expérience des mesures de confinement et d’isolement drastiques auxquelles toute la société est brusquement soumise aujourd’hui. On ne peut qu’espérer que cette expérience sociétale augmentera la compréhension des problèmes vécus au sein du monde carcéral. 

Prenons quelques exemples récents.

En juin 2017, découverte de la rougeole à la prison de Gand, suivie d’interdiction de visites, de nouvelles entrées de détenus dans la prison et de l’arrêt des transports vers les tribunaux. 
En avril 2019, la prison de Mons est frappée par ce que les autorités pénitentiaires et les syndicats appellent « une catastrophe » : une épidémie de punaises de lit, qui pourrait même se répandre en dehors de ses murs avec des conséquences pour la salubrité publique. 
Fin mai 2019, épidémie de rougeole à la prison de Lantin, suivie par une mise en isolement des 1000 détenus dans leurs cellules pendant des semaines, pas de transferts, pas de visites autorisées pour les familles des détenus. 
En juillet 2019, c’était au tour de la prison de femmes de Berkendael à être frappée par le fléau des punaises de lit. Avec comme conséquence un lock down complet de la prison pendant près d’un mois :  pas de visites, pas d’activités, pas de téléphone, pas de services extérieurs… 
En septembre 2019, une douzaine de cas de gale sont constatés à la prison d'Arlon.

Prisons : toujours la même solution face à une crise.

Renforcer l’isolement, arrêter toutes les activités, interdire les visites… sont à chaque fois la réponse aux crises. Ce qui ne fait qu’augmenter le vécu de l’exclusion et provoquera inévitablement des révoltes comme on en a vu en Italie.  En Italie, où les détenus se trouvent parfois à cinq dans une même cellule, un mouvement de révolte s'est en effet déclenché, provoqué par l'inquiétude sur l'épidémie et l'annulation des parloirs pour les familles. En tout, douze prisonniers sont décédés.

Il faut libérer des prisonniers.

L’Iran, pays faisant partie de « l’axe du mal » et mis en isolement par un boycott du monde occidental, a libéré temporairement 77.000 prisonniers, après les avoir testés médicalement. Des mesures inimaginables en Belgique ?

Quelques mesures de bon sens pourraient enlever immédiatement la pression sur les prisons, aussi bien sur les détenus que sur le personnel pénitentiaire. 
En diminuant radicalement le nombre de détenus dans nos prisons par la libération de tous les détenus en détention préventive (36% de toute la population carcérale) qui ne constituent pas un danger pour autrui. 
En libérant toutes les femmes prisonnières et tous les détenus âgés, fragiles, malades qui ne constituent pas un danger pour la société. En mettant fin à l’arrêt actuel des libérations conditionnelles. 
En renforçant les soins dans les prisons. 
En allongeant la possibilité de téléphoner à la famille. 



mercredi 29 janvier 2020

Julian Assange, Chelsea Manning, Edward Snowden, nous vous sommes tous redevables !


vendredi 4 octobre 2019

Hicham Mansouri confirme : Pas de courrier, pas de colis... pour les prisonniers politiques au Maroc



Hicham Mansouri confirme : Pas de lettres, pas de cartes, pas de colis... pour les prisonniers politiques au Maroc

HICHAM MANSOURI est un journaliste marocain réfugié en France. Il est le cofondateur de l'Association Marocaine pour le Journalisme d'investigation (AMJI). Lire ses mémoires de prison "Comme le loup de Ouarzazate" sur Mediapart, cliquez ICI  
"Pendant les premiers mois de détention, j'étais privé de toute communication avec l'extérieur.  
Ensuite (suite à une grève de la faim contre mon incarcération et les condition
Hicham Mansouri (à droite) témoigne à une soirée de solidarité
avec Ali Aarrass à la librairie Résistances à Paris en 2016
s de ma détention) on a autorisé l'entrée des livres, 
mais, il y avait à la fois le refus de laisser entrer certains livres politiques et même de droit, mais aussi tout journal contenant un article un peu critique. Et puis, il y avait aussi les "pertes" et les vols.  A ma sortie de prison, j'ai découvert ne pas avoir reçu une dizaine de lettres et de cadeaux (écharpe, livres, journaux et cartes postales) envoyés par poste.  En fait, aucun procès verbal n'est fait en cas de saisie. Je n'ai reçu aucun document mentionnant les articles saisis. La majorité des articles a tout simplement "disparu"".

Lire aussi :
28 septembre 2019, PAS DE LETTRES, PAS DE CARTES, PAS DE COLIS... UNE VIOLATION SYSTÉMIQUE DES DROITS DES PRISONNIERS AU MAROC

25 septembre 2019, MONSIEUR TAMEK, POURQUOI LES RÈGLES MINIMALES DE L’ONU SUR LE TRAITEMENT DES DÉTENUS, ADOPTÉES PAR LE MAROC, NE SONT-ELLES PAS APPLIQUÉES POUR ALI AARRASS ?

Septembre 2019, "Situation des 19 prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik", par la LPPS- Ligue de Protection des Prisonniers Politiques Sahraouis