Les crues ayant emporté un terrain de football construit sur le lit d’un
oued asséché dans la commune rurale de Tizrit (province de Taroudant), faisant
au moins sept morts, interpellent sur la sensibilisation au niveau local
quant à la construction dans les zones inondables.
Dans ces régions,
l’histoire rappelle que les populations ont longtemps évité d'investir celles-ci.
L’architecte Abderrahim Kassou revient sur cet aspect auprès de Yabiladi.
Quelles sont les mesures à prendre en amont pour être sûr que les
constructions évitent les lits des oueds ?
Historiquement, en vertu d’un bon sens populaire local, les constructions
étaient toujours réalisées en évitant deux zones : celles d’agriculture et
celles pouvant représenter un danger (effondrement, inondabilité, difficiles à
protéger en cas d’attaque…). Les matériaux traditionnels de construction,
plus fragiles que les matériaux actuels, ont générés une certaine prudence. La
construction est plus compacte, moins haute, les murs sont épais, les toitures
légères et surtout l’entretien y est permanent.
Le phénomène de construction en dur, c’est-à-dire en béton plus ou moins
armé et en dehors des Ksour ou des zones traditionnelles de construction a
commencé essentiellement au début des années 1970 pour s’accélérer ensuite,
notamment dans un contexte de migration massive, à l’arrivée de capitaux et en
plein changement des valeurs sociales. On peut certes le déplorer, mais ce
processus en lui-même fait partie de la nature humaine. Seulement, il n’a pas
toujours été encadré par des documents d’urbanisme locaux simplifiés.
Il est bien entendu interdit par la loi de construire dans les lits des
oueds, c’est également une question de bon sens.




