2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

Affichage des articles dont le libellé est Hirak el Rif. Afficher tous les articles
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vendredi 16 février 2018

Lettre au Monde de la part de Nawal Ben Aissa, figure féminine du mouvement populaire du Rif condamnée hier

Nawal Ben Aissa, figure féminine du mouvement populaire du Rif condamnée hier jeudi 15 février à 10 mois de prison par l'In-Justice alaouite..

Texte traduit de l’arabe par Moumouh Bakir :

L’image contient peut-être : 4 personnes, texte

"Je suis mariée et je suis mère de quatre enfants.
Je suis née, j’ai grandi sur cette terre du Rif. Cette terre broyée par la corruption, la marginalisation et l’injustice. J’ai participé à toutes les manifestations pacifiques, parce que je revendique mes droits, et les droits du Rif à la santé, à l’éducation et au travail.
J’aime cette terre généreuse et j’aime ses gens, rifains soient-ils ou pas. J’ai appris de mon père, homme modeste et démuni, à souhaiter le bien pour tous, à apporter mon aide à tous. Et ce sont là les traditions des Rifains.
Je revendique de simples droits, totalement inexistants au Rif. Le Rif est broyé par le cancer. Ici, dans chaque famille, vous rencontrez non pas un cas, mais des cas de cancer. C’est la conséquence de l’usage de gaz toxiques par l’occupant espagnol.
Le Rif est décimé par le cancer et la marginalisation. Nous n’avons pas d’hôpitaux capables de soigner toutes ces variétés de cancers. Dans ma demeure, de sorte à les rapprocher des soins, j’ai hébergé de nombreuses victimes de ce fléau venu de lointaines montages. Des zones montagneuses enclavées, dépourvues de routes et tenues hors du monde par la pauvreté et le dénuement. Des femmes broyées par le cancer, la pauvreté, qui ne subsistent que par la charité qui leur est donnée par les bonnes âmes. Voilà la réalité du Rif, broyé dans tous ses droits.
Je manifeste pour la justice. Je manifeste pour mes droits et ceux de mes enfants. Je manifeste pour que nous puissions avoir un hôpital à même de prendre en charge tous les malades. Je manifeste, parce que j’ai vu les larmes d’impuissance des cancéreux laissés pour compte ici au Rif.
Je manifeste pour ces familles dont je sais qu’elles n’ont même pas une bouchée de pain, car ici, il n’y a ni travail, ni ateliers, ni usines.
Je manifeste parce que je veux le meilleur pour ma patrie. Le meilleur se construit avec des écoles et nous n’avons pas d’université, alors nous écourtons prématurément nos parcours d’études.
Pour tout cela je manifeste. Je n’ai pas peur et je ne me cacherai pas, comme on me le demande. Ma protestation est pacifique et elle est de mon droit le plus absolu. Je ne me cacherai pas, même si cela doit conduire à mon arrestation.
Je te demande pardon ma mère adorée, pardon mon père adoré, mes très chers enfants, pardon à tous ceux qui m’aiment, pour la douleur que je risque de vous causer, mais je ne vais pas me terrer comme une souris.
Je manifeste pacifiquement pour une cause juste et si je venais à être arrêtée, comme c’est le sort de beaucoup, je sais que nous avons un Dieu qui sait ce qu’il y a dans les cœurs et qu’il ne nous abandonnera pas.
Je manifeste pour les rêves de tous les enfants du Rif, pour les mères du Rif qui espèrent le changement, rêvent d’une vie digne comme ils ne cessent de le scander dans la rue.
Liberté ! Dignité ! Justice sociale !
Je vous aime mes enfants. Je manifeste pacifiquement pour les droits broyés du Rif et je persévérerai jusqu’à mon dernier souffle.
Je ne me cacherai [terrerai] pas."

Appel à la solidarité contre les arrestations arbitraires d'adultes et d'enfants dans le Rif

 Par Khadija Ryadi, 16/2/2018


 Une vague d'arrestations sans précédent balaie les enfants du Rif. Actuellement, onze mineurs font l'objet de poursuites judiciaires et douze autres sont en détention provisoire.
 
Rappelons que, depuis huit mois, les militants du Mouvement du Rif ('Hirak') ont été victimes d'une répression féroce: plus de 450 personnes ont été arrêtées, ou testées. Les prisonniers politiques ont été dispersés dans plus de 10 prisons à travers le Maroc. Avec l'arbitraire légal, la répression des Rifains n'a épargné personne - jeunes et vieux, femmes et hommes, tout le monde dans le Rif est devenu une cible potentielle pour les forces de sécurité.
 
Outre les arrestations massives, les prisonniers politiques de Hirak ont ​​ été condamnés à des peines extrêmement sévères, certains recevant vingt ans de prison, des prisonniers purgeant leurs peines dans des conditions déplorables - sans oublier leurs familles, condamnées à subir les difficultés causées par la dispersion dans les prisons marocaines de leurs fils, maris et frères.
 
Les procès des prisonniers politiques se poursuivent aujourd'hui, avec un groupe de 54 détenus à Casablanca confrontés à de graves accusations, dont une douzaine qui risquent d'être accusés d'infractions passibles de la peine de mort. Rappelons à nouveau que ces militants ont entamé de nombreuses grèves de la faim dans leur lutte pour l'amélioration des conditions, et que l'administration pénitentiaire a tout fait pour supprimer leurs droits. Plus que jamais, le bien-être physique et la sécurité personnelle des détenus de Hirak sont en danger.

 
Nous, militants défenseurs des droits de l'homme:
 
- Sonnons l'alarme contre les violations du droit de se rassembler et de protester pacifiquement. Nous appelons toutes les forces sociales actives à se mobiliser en opposition contre toutes les attaques sur les droits de l'homme qui ont eu lieu au cours de ces procès. Ces pratiques menacent les réalisations du peuple marocain, qui ont été gagnées à un prix élevé pendant les années de plomb. 
- Exigeons que l’État respecte ses obligations internationales, et en particulier le Pacte des droits politiques et civils, et le Pacte des droits économiques et sociaux, au lieu de l'approche impitoyable basée sur la sécurité qu'il a jusqu'ici poursuivie. 
-  Demandons la libération immédiate de tous les détenus de Hirak, et de tous les détenus de tous les mouvements sociaux au Maroc - de Zagora, de Tenderara, et de tous les autres. Et, nous exigeons que l'Etat arrête cette vague de poursuites politiques.
 - Nous exigeons que l’État se conforme aux articles de la Convention relative aux droits de l'enfant, y compris les protocoles discrétionnaires, que le Maroc a également ratifiés. La violence de l’État contre les enfants de moins de dix ans, pour «rassemblement non autorisé», est un scandale, tout comme le scandale d'imposer aux citoyens des accords de «non-assemblée», en violation dce leur liberté d'expression, telle qu'institutionnalisée. par la constitution de 2011.

Organisations signataires :

1. Associations des barreaux des avocats au Maroc
2. La Ligue marocaine de défense des droits de l’homme
3. L’Association marocaine des droits de l’homme
4. Le Forum marocain Vérité et Justice
5. Amnesty International- Section Maroc
6. Transparency Maroc
7. L’Observatoire marocain des prisons
8. Forum Al Karama pour les droits humains
9. L’Observatoire marocain des libertés publiques
10. L’Observatoire de la justice au Maroc
11. L’Instance marocaine des droits de l’homme
12. L’Organisation pour les libertés d’information et l’expression
13. Le Centre marocain des droits de l’homme
14. L’Association Rif pour les droits de l’homme
15. L’Association marocaine pour la défense de l’indépendance de la justice
16. L’Association médicale pour la réhabilitation des victimes de torture
17. L’Observatoire amazigh des droits et libertés
18. L’Association Adala pour le droit à un procès équitable
19. Le tissu associatif pour le suivi des élections
20. Le Forum des alternatives Maroc
21. L’Instance marocaine pour la protection des biens publics au Maroc
22. Le réseau marocain pour la protection des biens publics
23. Le syndicat des avocats au Maroc
24. La Fondation Ouyoun pour les droits de l’homme
25. Le Médiateur pour la démocratie et les droits de l’homme
26. Le Comité de soutien aux familles et aux détenus du Hirak au Rif

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mercredi 14 février 2018

Comment expliquer les multiples mouvements de protestation au Maroc ?


par Hamza MEKOUAR - Rabat (AFP), 12/2/2018


Photo prise le 27 décembre 2017 lors d'une manifestation dans l'ancienne ville minière de Jerada, dans le nord-est du Maroc (afp)

Les mouvements de protestation sociale se sont multipliés ces derniers mois dans des régions marocaines déshéritées.
Face au sentiment d'abandon des habitants de ce Maroc longtemps qualifié d'"inutile", la recherche d'un "nouveau modèle de développement" est devenu le leitmotiv des pouvoirs publics.

En attendant sa concrétisation, et pour tenter de répondre à la colère persistante de la population de Jerada, une ancienne ville minière de l'extrême nord-est, le chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani s'est rendu dans la région samedi, annonçant une série de mesures. Cela n'a pas empêché la tenue d'une nouvelle manifestation pacifique dès le lendemain.
En octobre 2016, la mort d'un vendeur de poisson à Al-Hoceïma, dans la région du Rif (nord), broyé dans une benne à ordures en tentant de s'opposer à la saisie de sa marchandise --de l'espadon interdit à la pêche--, a provoqué une onde de choc avec des mois de manifestations, des vagues d'arrestations et des sanctions au sommet de l’État.
Au départ, les manifestants exigeaient justice et vérité sur la mort du "martyr Mouhcine Fikri". Peu à peu, le mouvement s'est étendu à des revendications sociales et économiques, la région du Rif, historiquement frondeuse, s'estimant marginalisée et victime de sous-développement.
Incarné par une figure médiatique, Nasser Zefzafi, le "Hirak" -nom donné au mouvement- a peu à peu été confronté à un durcissement des autorités avec des centaines de personnes arrêtées, dont M. Zefzafi.

A 900 km de là, la ville de Zagora, dans le sud désertique, a pour sa part connu en octobre 2017 des "manifestations de la soif" contre des coupures d'eau récurrentes.

samedi 3 février 2018

La liberté de la presse étouffée au Maroc à cause de la révolte du Rif

par Youssef Ouled يوسف أولاد
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original: Cerco a la libertad de prensa en Marruecos por las protestas sociales del Rif


Le régime alaouite a emprisonné sept journalistes et communicants critiques qui ont couvert les manifestations, tout en expulsant les correspondants étrangers qui tentaient de faire des reportages sur le mouvement Hirak.
Entre 1981 et 1984, des « émeutes de la faim » eurent lieu au Maroc : un soulèvement populaire qui finit par être écrasé par la répression violente du gouvernement, en particulier dans la région du nord, le  Rif. Les médias nationaux gardèrent  le silence, tandis que les dizaines de journalistes étrangers tentant  de couvrir ces événements furent interdits d'entrée.
La semaine dernière a marqué le 35ème anniversaire de ces événements dans un contexte similaire, où la répression des protestations sociales et l'obstruction au travail des journalistes a été une constante lors des manifestations dans le Rif. Ce mouvement dure depuis plus de 14 mois et a provoqué des dizaines de procès et de condamnations, non seulement de militants, mais aussi de journalistes et de communicants qui l'ont raconté..
Les autorités marocaines utilisent les lois sur la presse pour faire taire les médias indépendants, les tribunaux ont suspendu des sites ouèbes d'information et leurs rédacteurs en chef ont été condamnés à des amendes pour « fausses nouvelles » et « diffamation ». Ces mesures ont conduit Human Rights Watch à dénoncer la régression en termes de droits et libertés publics après une année 2017 marquée par les manifestations. Ces manifestations ont été durement réprimées et leurs acteurs emprisonnés, « battus et maltraités », impliqués dans des « procès inéquitables », disent les critiques. Pour sa part, Freedom House souligne le manque de liberté d'expression et de droit de réunion pacifique, vu la répression et les incarcérations indiscriminées. Dans son index annuel des libertés l’organisation US classe le Maroc dans la catégorie des pays « partiellement libres », en abaissant sa notation du fait de la «  réponse sévère de l'État à de grandes manifestations dans plusieurs régions du pays ».
Mohamed El Asrihi
 L'œil du Rif en prison
Mohamed El Asrihi est l'un des sept journalistes emprisonnés pour avoir couvert les manifestations du Mouvement populaire rifain (Hirak). « Il a toujours été l'œil du Rif, cela fait des années qu’il documente ce qui se passe », explique sa sœur Awatif. Le nouveau Code de la presse et des publication approuvé l'année dernière par le Parlement marocain a éliminé certaines peines de prison pour délits d’opinion en maintenant ceux qui passent les « lignes rouges » : atteinte à la religion, à la monarchie ou à l'intégrité territoriale du royaume, entendez toute allusion au Sahara occidental. Même si ce code a constitué une amélioration significative par rapport à la loi de 2002 sur la presse, il punit les infractions non-violentes ou permet de suspendre des publications ou des sites ouèbes par ordre judiciaire.

dimanche 28 janvier 2018

À écouter !! Maroc, une répression en toute discrétion

Un reportage de Vanessa Descouraux, mixage Rémi Quencez, réalisation Michelle Soulier assistée de Stéphane Cosme, sur France-Inter
Le Rif, au nord du Maroc, connait depuis 16 mois, une période d’agitation et de manifestations. Un mouvement qui a commencé précisément le 28 octobre 2016, quand un jeune marchand de poisson a été broyé par une benne à ordure en tentant d’y récupérer sa marchandise que la police avait saisie.


Police marocaine dans les rues d'Al Hoceima  (Maroc) le 28 octobre 2017
Police marocaine dans les rues d'Al Hoceima (Maroc) le 28 octobre 2017
© AFP / Fadel Senna
Ce garçon, Mohcine Fikri, est alors devenu un symbole de la révolte de cette région dont les habitants se sentent rejetés, méprisés par Rabat, la capitale royale. 
Les manifestations se multiplient alors, concentrées dans la ville d’Al Hoceima. Les manifestants réclament des infrastructures, routes, écoles, hôpital. Ils créent le Hirak, terme qu’on peut traduire par « le mouvement », une organisation aux revendications essentiellement sociales, dans cette partie du pays dont les principaux revenus viennent de l’argent des très nombreux Marocains qui ont émigré, et de la culture du haschich. La drogue produite dans le Rif alimente une grande partie du marché européen.
Pour éteindre la fronde qui se poursuit  dans cette région déshéritée, le gouvernement marocain emploie la manière forte : plusieurs milliers de personnes ont été arrêtées, et environ 400 attendent actuellement leur procès.
Une répression à bas bruit, dont on parle d’autant moins que les autorités marocaines ne facilitent pas vraiment le travail des journalistes étrangers, qui peuvent se voir arbitrairement interdire l’accès à Al Hoceima.

vendredi 26 janvier 2018

Hirak: le procès entame vendredi sa dernière ligne droite

Par A. E. H.  25/1/2018
Hirak: le procès entame vendredi sa dernière ligne droite
Le débat de fond dans le cadre du procès du Hirak, commencera vendredi 26 janvier à la chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca. La décision est tombée ce jeudi en fin de matinée.
L'information a été immédiatement relayée par Me Mohamed Aghnaj, avocat de la défense.
A partir de ce vendredi, les audiences porteront successivement sur l'interrogatoire des accusés, l'audition des témoins, la présentation des pièces à conviction. C'est après que la Cour entendra la partie civile, les réquisitions du ministère public, les plaidoiries de la défense et les derniers mot des accusés.
La cour a décidé de convoquer 31 témoins et de mobiliser un interprète en cas de besoin. La requête relative à une expertise médicale de l’état de santé de l’accusé Jamal Bouhdou, a été reportée pour examen ultérieur. Toutes les autres requêtes préliminaires ont été rejetées.
La décision sur les moyens de forme est également reportée à la décision finale. La défense avait soulevé, entre autres moyens de forme, la nullité des procès verbaux dressés par la BNPJ et l'illégalité des interceptions téléphoniques.
Sur les 54 accusés, 50 sont en état de détention. Certains doivent répondre à de lourdes accusations, la plus grave étant "l'atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat en incitant les habitants à porter la dévastation dans un ou plusieurs douars ou localités". Ce crime est puni de la peine de mort (article 201 du code pénal).

vendredi 27 octobre 2017

De la nature du Makhzen marocain

Le Makhzen marocain, repose sur un mode de fonctionnement particulier, que l'on croyait appartenir à des temps révolus, mais qui a hélas cours jusqu'à aujourd'hui. 

Le Makhzen est un mot arabe qui a donné en français le mot magasin, et qui désigne de façon générique l'État marocain. De même que l'on parle de la Maison Blanche, pour parler des États-Unis, du Kremlin pour parler de la Russie, de l'Élysée pour parler de la France, et bien lorsque l'on parle du Makhzen, il s'agit du régime marocain.
Nous allons voir ici, qu'il ne s'agit pas uniquement pas ici d'une structure étatique, d'un gouvernement, mais également d'un mode de fonctionnement, reposant sur une vision du monde, armé d'un appareil répressif.
Tout d'abord, le Maroc est une monarchie, dont la dynastie au pouvoir actuelle, les Alaouites, prétendent descendre du prophète. Au-delà du ridicule qu'une telle assertion suscite, en 2017, il faut savoir qu'en terre d'islam toutes les dynasties, les chefs locaux ont toujours prétendu descendre du prophète pour donner une légitimité incontestable à leur pouvoir, rendant impossible toute critique et toute contestation de leur pouvoir. Ainsi, les Ottomans, pourtant Turcs ont également prétendu descendre du prophète...alors qu'ils viennent d'Asie Centrale, contrée pourtant assez éloignée de la Péninsule Arabique.

dimanche 22 octobre 2017

28 octobre 2017 1er anniversaire de l’assassinat de Mohcin FIKRI
Manifestation à Paris

28 octobre 2016 - 28 octobre 2017
1er anniversaire de l’assassinat de Mohcin FIKRI : Le  Le comité de soutien au mouvement rifain Ile de France Csmr-Idf appelle à un défilé à l’occasion du 1er anniversaire de l’assassinat du martyr de la dignité Mohsin FIKRI
PARIS - 28 Octobre 2017 à 15h30
RDV Place de la Bastille, Paris (Ligne métro 1,5,8).
Défilé de Place de la Bastille vers Place de la République
+ rassemblement statique (Place de la République)

-Pour cela, nous appelons tous nos concitoyens, les esprits libres, les consciences vives ainsi que toutes les personnes militantes pour les droits humains, en France et dans toute l'Europe, à venir en masse pour assister à cette marche.
-Venez nombreux, avec vos ami(e)s, en famille, avec vos enfants et avec vos proches !!!
- Nous ne pouvons plus permettre de tels abus contre notre peuple dans le RIF.
Soyons UNI(E)S
-Venez nous rejoindre ! Venez renforcer nos rangs !
- Faites circuler largement SVP (via SMS, WhatsApp, facebook, Twitter...)
- On compte sur vous !

mercredi 20 septembre 2017

La répression dans le Rif débarque à l'Assemblée nationale française

http://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-726QE.htm
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A l'Assemblée nationale, la députée de Val-de-Marne, membre de La France insoumise, Mathilde Panot, a interpellé, via la procédure de la question écrite, le gouvernement français sur le mouvement citoyen rifain. La question écrite N° 726 est destinée au Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, du gouvernement d’Édouard Philippe (15ème législature) et elle a été publiée au JO le 15/08/2017, page 4140
"Mme la députée s'interroge sur les options principielles qui guident le Gouvernement dans ce dossier. Est-il guidé par une compréhension légitime des intérêts de la France qui s'articulent parfaitement avec le respect universel des droits de l'Homme et qui voit en le développement et en l'émancipation des populations du sud de la Méditerranée une condition du propre salut français ? Ou bien est-il englué dans un louvoiement inavouable que commande le service des intérêts des grands groupes du CAC 40 ? Son interrogation est d'autant plus vive que le Gouvernement a déjà commis, le 7 juin 2017, la faute de bafouer la loi de la République en s'inclinant devant des relais du Makhzen venus perturber le rassemblent légal et autorisé des associations marocaines des droits de l'Homme et de relayer en leur direction, à Paris même, l'infâme accusation de « traîtrise » que le Royaume semble accoler à toute revendication de liberté, de dignité et de justice sociale. Elle souhaite donc connaître son opinion sur cette question "
La question
Mme Mathilde Panot interroge M. le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères sur le traitement de la question du mouvement social dans le Rif. Le 14 juin 2017, à Rabat, en réponse à une question du journaliste Bertrand Gallicher, le Président Macron se disait rassuré sur le respect des droits constitutionnels des sujets du roi du Maroc, et engageait celui-ci, devant la presse, sur la voie de l'apaisement en ajoutant que « la discussion qu [et 'ils ont] eue ne [lui] donn[ait] pas lieu de craindre,(...), à une volonté de répression quelle qu'elle soit ; mais, plutôt d'une réponse dans la durée et sur les causes profondes sur ce qui est advenu. ». Pourtant les informations qui sont collectées sur la répression du mouvement populaire du Rif et sur les conditions de détention à la prison Oukacha, à Casablanca, de Nacer Zefzafi, Mohammed Djelloul, Nabil Ahemdjik, et leurs camarades, une quarantaine de prisonniers et parmi lesquels de nombreux journalistes, sont alarmantes. Les arrestations et les intimidations touchent de simples manifestants dont le seul tort est de revendiquer la levée des blocus sur leur région, le respect de leur dignité, la reconnaissance de leurs droits et la mise en œuvre de politiques publiques sociales, éducatives et sanitaires à même de répondre à leurs légitimes attentes. Les animateurs du mouvement populaire pacifique et civique sont jetés en prison par dizaines. Outre la dureté des conditions de détention et l'inique pratique du maintien en isolement depuis début juin 2017, les accusations portées contre les prévenus rappellent bien plus les traditions despotiques des pires régimes autoritaires (atteinte à la sûreté de l'État, atteinte à l'intégrité du territoire, trahison) qu'elles ne corroborent les assurances royales dont M. Macron s'est fait le traducteur. La répression violente, disproportionnée et injustifiée de la manifestation du 20 juillet 2017 à El Hoceima n'est pas de nature à démentir les inquiétudes. Mme la députée s'interroge sur les options principielles qui guident le Gouvernement dans ce dossier. Est-il guidé par une compréhension légitime des intérêts de la France qui s'articulent parfaitement avec le respect universel des droits de l'Homme et qui voit en le développement et en l'émancipation des populations du sud de la Méditerranée une condition du propre salut français ? Ou bien est-il englué dans un louvoiement inavouable que commande le service des intérêts des grands groupes du CAC 40 ? Son interrogation est d'autant plus vive que le Gouvernement a déjà commis, le 7 juin 2017, la faute de bafouer la loi de la République en s'inclinant devant des relais du Makhzen venus perturber le rassemblent légal et autorisé des associations marocaines des droits de l'Homme et de relayer en leur direction, à Paris même, l'infâme accusation de « traîtrise » que le Royaume semble accoler à toute revendication de liberté, de dignité et de justice sociale. Elle souhaite donc connaître son opinion sur cette question.

jeudi 14 septembre 2017

Hamid El Mahdaoui : Peine de prison ferme alourdie à un an en appel

yabiladi, 12/9/2017
 La cour d’appel d’Al Hoceima a tranché à l’encontre du directeur du site Badil.info, Hamid El Mahdaoui. Lundi soir, la justice a prononcé une peine d’un an de prison ferme au lieu du jugement initial de trois mois de prison rendu par le tribunal de première instance.
Le procès a duré plus de 20 heures, comme le précise le site Badil.info. Le jugement n’a été rendu que ce matin, très tôt.
Selon nos confrères d’Alyaoum 24, la défense du journaliste El Mahdaoui avait demandé le report du procès en appel au 11 septembre pour réclamer sa libération, «mais le juge a refusé de libérer El Mahdaoui».
Le journaliste fait également face à une accusation de «non dénonciation d’un crime portant atteinte à la sûreté de l'Etat» suite à son arrestation dans la ville d’Al Hoceima le 20 juillet dernier.
Le tribunal de première instance d’Al Hoceima a condamné, le 25 juillet dernier, Hamids El Mahdaoui à trois mois de prison ferme et 20 000 dirhams d’amende sous l’accusation «organisation d’une manifestation non autorisée» et d’autres chefs d’accusation retenus contre lui comme «incitation à commettre un délit à travers des discours et slogans dans un lieu public».
Le directeur de Badil.info a entamé une grève ouverte de la faim juste après l’annonce du verdict. Dans une lettre adressée à l’opinion publique et internationale, Hamid Al Mahdaoui affi la faim «jusqu’à la mort», comme l’indique le site Badil.info.
Lire aussi

Grève de la faim des prisonniers rifains : «La liberté ou la mort»

Par Oumaima Chaoui, Libération, correspondance à Casablanca
Manifestation du Hirak, le 11 juin à Imzouren.
Manifestation du Hirak, le 11 juin à Imzouren. Photo Fadel Senna. AFP
Plusieurs meneurs du Hirak, le mouvement de révolte qui secoue la région du Rif depuis un an, ont cessé de s'alimenter. Jeudi, leurs demandes de libération provisoires ont été rejetées.
Emprisonnés dans l’attente de leur procès, plusieurs meneurs du Hirak, le mouvement de contestation sociale et politique qui agite la région du Rif, dans le nord du Maroc, depuis près d’un an, ont entamé ces derniers jours une grève de la faim. Il est difficile de déterminer avec exactitude, entre les déclarations contradictoires des avocats et de l’administration pénitentiaire, combien d’activistes, parmi les 50 détenus dans la prison casablancaise d’Oukacha, ont cessé de s’alimenter. On sait néanmoins que Nabil Ahamjik, le bras droit de la figure centrale du Hirak, Nasser Zefzafi, jeûne depuis lundi, ainsi que deux autres figures du mouvement, Mohamed Jelloul et Rabii al-Ablak.
«C’est une grève de la faim illimitée, assure Mohamed Ahamjik, qui a rendu visite à son frère cette semaine. Ils demandent la libération de tous les prisonniers du Hirak.» Alors que la dernière manifestation du mouvement à Al-Hoceïma, l’épicentre de la révolte, remonte au 20 juillet, 350 personnes sont actuellement emprisonnées dans le Rif, selon les estimations du coordinateur du Comité de défense des détenus du Hirak, Rachid Belaali. Elles ont été arrêtées pour avoir participé à des manifestations interdites par les autorités, ou pour avoir appelé la population à se rassembler.
L’espace de quelques semaines, cet été, les militants détenus ont espéré une grâce royale. Quelque 58 d’entre eux, en majorité des jeunes et des mineurs, ont été libérés à l’occasion de la fête du Trône, dont Silya Ziani, chanteuse de 23 ans et figure médiatique du mouvement. Mais les cadres du Hirak sont restés derrière les barreaux. Pour les grévistes de la faim de Casablanca, le mot d’ordre est désormais «la liberté ou la mort», confirme l’un de leurs avocats, Khalid Omeza. La liberté ne semble pas d’actualité. La cour criminelle de Casablanca a refusé, ce jeudi, les demandes de libération provisoire de 18 membres du mouvement – dont Nabil Ahamjik – déposées par 57 avocats deux jours plus tôt, lors d’une séance houleuse. Devant les familles des militants, les nombreux journalistes et même les représentants du Conseil national des droits de l’homme, venus observer le déroulement du procès, l’équipe de défense a dénoncé à plusieurs reprises un «procès politique» et le placement en détention préventive des accusés, «injustifié».
Le représentant du ministère public s’est montré inflexible, soulignant la gravité des chefs d’inculpation, qui vont de «la participation à l’organisation d’une manifestation non autorisée» à «l’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat», crime passible de la peine capitale (sur laquelle le Maroc observe un moratoire de fait depuis 1993). La cour a cependant accédé à la demande de report des avocats : le procès a été reprogrammé au 3 octobre.
En revanche, la date du procès du leader du Hirak, Nasser Zefzafi, n’a toujours pas été officiellement annoncée. Il pourrait à lui seul rallumer la révolte du Rif, tant Zefzafi est devenu le héros des militants du mouvement. Selon MOmeza, le juge d’instruction chargé de l’enquête aurait réduit les charges retenues contre lui. Cette initiative aurait «déplu au procureur, qui a déposé un recours», assure l’avocat. Une illustration du «caractère politique de ces procès contre des gens qui n’ont fait que protester contre la situation de leur région», estime Ahmed El Haij, président de l’Association marocaine de droits de l’homme. C’est le signe, ajoute-t-il, que les «tentatives de médiation, menées par des figures de la société civile, n’aboutissent pas : l’Etat veut montrer qu’il ira jusqu’au bout». Autre signe de l’intransigeance des autorités, à Al Hoceima, les manifestations ont cessé, mais pas les arrestations. MBelaali recense entre trois et dix nouvelles interpellations chaque jour.

mardi 22 août 2017

La fausse paix sociale au Maroc


Par M-J Fressard, solidmar, 22/8/2017 
C’est à coups de propagande mensongère, d’illégalité et de répression de plus en plus violente que le roi du Maroc et son makhzen tentent de maintenir une illusoire paix sociale dans le pays.

Un roi plus riche que l’Émir du Qatar, un peuple en queue de classements des pays pauvres, très mal placé en matière de liberté de la presse (133ème sur 180 pays) avec un taux d’alphabétisation de 68% en 2015.

Actuellement à la une -ou qui devraient l’être si tout n’était pas fait pour les occulter-, deux peuples pacifiques qui ne demandent que la paix et la justice sociale, la dignité et la démocratie : des Rifains au nord et des Sahraouis au sud qui refusent de se comporter en sujets serviles de Sa Majesté. Réprimés, torturés.

 Au nord, le peuple marocain du Rif, toujours sous contrôle militaire, marginalisé, discriminé, sans travail, sans université, sans hôpital spécialisé dans le traitement du cancer, ce fléau qui le décime depuis les attaques chimiques par les anciens colons espagnols.

Au sud le peuple sahraoui autochtone du Sahara Occidental, un pays sur lequel le Maroc n’a aucune souveraineté légale. Et pourtant il se l’approprie et en pille les richesses, impunément et sans aucun scrupule.

Comment la communauté internationale peut-elle accepter ce comportement dictatorial illégal du makhzen, et de son roi qui dans son arrogance décide de n’avoir de comptes à rendre à personne ? Ce faux démocrate qui signe toutes les conventions internationales et autres résolutions alors qu’il n’en applique aucune ? Cette monarchie qui s’est empressée d’offrir à son cher peuple une Constitution pour le tenir à l’écart du dangereux printemps arabe en 2011, constitution qu’il n’applique même pas ? Pendant combien de temps cet autocrate se croira-t-il encore tout permis dans son pays et dans les autres, simplement parce qu’Il est Lui ? Pendant combien de temps sera-t-il encore soutenu par la « patrie des droits de l’homme » ? Pour quelles basses raisons économiques n’y a-t-il pas de réactions ?

mercredi 2 août 2017

Despotisme, néolibéralisme et changement climatique conduiront le Maroc à la catastrophe

par Jawad Moustakbal, Middle East Eye, 21/7/2017
Original Despotism, neoliberalism and climate change: Morocco's catastrophic convergence



Les déclarations sur « l’exception marocaine » pendant le Printemps arabe sonnent creux à présent que se propagent les protestations contre des politiques élitistes qui nient la dignité de la majorité
Le vendredi 28 octobre 2016, un incident tragique et fatal s’est produit dans la ville d’Al Hoceima, dans le nord-est du Maroc, lorsqu’un agent de l’État a saisi les marchandises de Mouhcine Fikri, un vendeur de poisson, et les a jetées dans un camion à ordures. Lorsque le vendeur a grimpé désespérément dans le camion pour récupérer son poisson, « un policier local a ordonné au conducteur du camion-benne de démarrer le compacteur et de ‘’le broyer’’ », selon des militants et des témoins. Le camion a horriblement broyé Fikri, causant sa mort.
Cette tragédie et les protestations qui l’ont suivie ont rappelé la vague de manifestations que le Maroc a connues au début du Mouvement du 20 février en 2011, pendant le dit Printemps arabe. Elles ont incité les Marocains à poursuivre leur lutte pour la dignité, la liberté et la justice sociale et ont montré que le processus de transformation réelle au Maroc – et plus largement en Afrique du Nord et en Asie de l’Ouest – n’est pas encore terminé. 
Davantage, le désir de changement a été contrarié par les dirigeants et les élites depuis le départ. Ces élites voulaient que ce « printemps » soit passager et celui-ci s’est vite transformé en automne, écrasant les espoirs de tous ceux qui étaient descendus dans les rues pour demander le respect de leur droit inaliénable à la dignité et à la liberté.
« Nous étions seulement au début d’un processus révolutionnaire de long terme qui durera des années et des décennies », a déclaré Gilbert Achcar, professeur d’études sur le développement et les relations internationales à l’École d’études orientales et africaines (SOAS). « Comme dans tout processus historique de ce genre, il y aura des hauts et des bas, des révolutions et des contre-révolutions, des progrès et des retours de manivelle ».
Des personnes en deuil portent le cercueil de Fikri dans la ville d’Al Hoceima, au nord du Maroc, le 30 octobre (Reuters)
Avec la connivence de la plupart des élites politiques et intellectuelles, les dirigeants se sont hâtés de promouvoir la soi-disant exception marocaine comme la règle. Néanmoins, cette proclamation de stabilité a été contredite par ces récents incidents et la mobilisation rapide et conséquente qui a eu lieu dans plus de 40 villes du Maroc ces derniers mois.