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lundi 23 mai 2022

Les enfants de la rue, ces damnés de la société marocaine !


Soumaya Naamane Guessous - Le360à 12h02

A Casablanca, au centre-ville, on les voit déambuler, titubant sous l’effet des drogues, déguenillés, en haillons, ébouriffés, sales, pitoyables.

Mon premier contact avec les enfants de la rue l’a été en 2006 lors d’une enquête à Nador et à Bni Ansar*. Ils affluent de tout le Maroc, venant réaliser leur rêve d’émigration à la porte de Mellilia. Les plus jeunes ont 9 ans!

 Certains ont fui la précarité de leur famille, la violence, la déscolarisation. D’autres ont été envoyés par leur famille. Mais l’accès à Mellilia, porte de l’Eldorado, reste infranchissable. Certains se glissent dans des camions et  intègrent El Centro, centre d’hébergement espagnol, qui les prend en charge et les forme. Ensuite, ils peuvent aller en Espagne. La porte de l’Europe leur est ouverte.

Mais pas à tous. Des dizaines d’enfants plongent dans la déchéance. Le retour à la famille est impossible. Si l’enfant a fui, il craint les représailles familiales. Si sa famille a payé le voyage, il a honte d’y retourner en échec. Il rêve de traverser, de s’enrichir et de revenir glorieux dans sa famille.

Parmi eux, il y a très peu de filles. Ils vivent dans la rue, se clochardisent, se droguent, mendient… Des enfants de la rue. Comme ceux que l’on voit dans les rues de Casablanca.

Mais ceux de Nador et Bni Ansar ont une stratégie: émigrer. Les autres sont victimes du désespoir. D’autres sont nés dans la rue avec des parents eux-mêmes sans-abris. Un point commun à tous: aucune pièce d’identité.

En 2007, nous avons créé l’association Riad el Amal, à Casablanca, pour essayer de réinsérer ces damnés de la société. Ils nous ont beaucoup appris!

 Selon l’Unicef, l’enfant de la rue dort durablement dans la rue. L’enfant dans la rue passe ses jours et ses soirées dans la rue, mais rentre dormir chez lui.  Les enfants de la rue vivent dans et de la rue. Ils sont souvent en rupture totale avec leur famille. 

 Ce phénomène se développe partout dans le monde. Chez nous, on les appelle chmakrya (ceux qui inhalent) car ils se droguent au silicium, une colle vendue dans les drogueries. Ils nous écœurent, nous font pitié, nous effrayent… Ou nous laissent indifférents.

 A Casablanca, au centre-ville, on les voit déambuler, titubant sous l’effet des drogues, déguenillés, en haillons, ébouriffés… La nuit, ils jonchent les trottoirs des quartiers huppés, à même le sol ou sur une feuille de carton, serrés les uns contre les autres pour se réchauffer mais aussi pour se protéger des vols, des viols et des agressions.

 Ils vivent en bande pour faire face à la violence d’autres bandes. Ils sont la proie de toutes sortes de menace. Ils vivent de mendicité, de petits services dans les marchés. Ils volent pour manger et surtout pour acheter leurs drogues. Ils vendent les habits offerts par les associations. Sans drogues, impossible de supporter l’enfer de la rue.

 J’entends souvent dire: pourquoi les autorités ne les ramènent pas chez eux? Nous sommes face à un phénomène très complexe; la réinsertion est très difficile, même dans les pays riches. La sortie à la rue est toujours motivée par la violence verbale et physique, par el hogra (l'injustice) par le père surtout s’il est addict à l’alcool et/ou aux drogues. Un frère peut violenter et surtout l’épouse du père, si la mère est décédée ou divorcée.

 L’école est responsable: des enseignants violents intensifient el hogra. Souvent, lorsqu’on demande à l’enfant de se présenter avec son père, il a peur. Il s’absente, se réfugie dans la rue. L’école ne l’accepte plus. Un cercle vicieux. La peur lui fait fuir le foyer. Commence la dérive!

 Il y a peu de filles. En 2017, à Casablanca, nous en avions répertorié 11%. La sortie de la rue des filles est motivée par la violence, voire par une grossesse. Nombreuses sont prises en charge par des associations.

 Dans la rue, les filles intègrent les bandes. Elles ont souvent un partenaire régulier et parfois d’autres de passage. Le régulier protège du viol. Les grossesses ne sont pas rares et donnent des enfants sans identité, maudits dès la naissance.

 De nombreuses associations soutiennent ces enfants, en collaboration avec les pouvoirs publics. Mais la pandémie a tout ralenti. Le confinement dans des espaces réduits et la misère a poussé de nombreux enfants à la rue.

 Les tentatives de placer les enfants dans des centres fermés échouent car ils sont addicts aux drogues et on les leur interdit dès l’arrivée. Les éloigner du centre-ville est un échec car c’est là que la mendicité rapporte.

Le respect d’un protocole adapté est indispensable. L’étude que nous avons effectuée, l’unique au Maroc et en Afrique**, propose un protocole de réinsertion qui doit commencer dans la rue en respectant des étapes. C’est le rôle du travailleur social qui doit être formé spécifiquement. Aucune réinsertion ne réussit par l’enfermement ou l’isolement.

Cela au niveau curatif.

Mais on peut agir à un niveau préventif. C’est le rôle de l’école qui doit avoir des travailleurs sociaux. Les enseignants doivent bannir la violence et être attentifs aux comportements de l’enfant. S’il change, s’il est triste, si son écriture change, ses notes baissent, s’il s’absente… Ces troubles doivent être signalés au travailleur social qui devrait écouter l’enfant et faire une enquête. Le problème peut venir des enseignants ou d’autres élèves. 

 Si le problème est familial, les parents peuvent être alertés, conseillés… Ce qui réduirait considérablement les abandons scolaires car l’enfant quitte d’abord l’école, avant de quitter sa famille. Si l’enfant est maltraité dans sa famille, le travailleur social doit en informer le Procureur du Roi qui entame une procédure dans l’intérêt supérieur de l’enfant. 

 Les pouvoirs publics, la société civile, les élus devraient s’unir davantage dans le cadre d’un programme global et intégré, mais avec la connaissance approfondie du phénomène et avec des intervenants spécialisés. 

 *Enfants de la Province de Nador et migration de mineurs non accompagnés, pour le Bureau technique de la Coopération Espagnole au Maroc, avec le Dr Chakib Guessous)

 **Enfants en situation de rue. Sociologie et accompagnement à la réinsertion, collectif avec Chakib GUESSOUS (éd. MARSAM, 2019). 


dimanche 1 août 2021

"J'ai été violée par la police marocaine ", le témoignage effroyable de la militante Sultana Khaya

 APS, 31/7/2021

WASHINGTON - Assignée à résidence surveillée depuis plusieurs mois dans sa ville à Boudjdour, la militante sahraouie, Sultana Sidi Brahim Khaya fait un terrible récit des sévices que la police marocaine lui a infligés, affirmant qu’elle a été battue et violée pour avoir revendiqué l’autodétermination du Sahara Occidental.

"En tant que fervent défenseur de l'autodétermination du Sahara occidental, j'ai longtemps été une cible pour le gouvernement marocain occupant. J'ai été battue, torturée et enlevée par la police marocaine, alors que je participais à des manifestations pacifiques", écrit Sultana Khaya dans une tribune publiée sur CNN.com.

Après une agression particulièrement violente en 2007, où Sultana Khaya a perdu son œil droit, le Maroc a intensifié sa répression contre la militante sahraouie qui a refusé d'être réduite au silence, témoigne-t-elle.

"Le 19 novembre (dernier), alors que je me rendais en voiture chez moi à Boujdour, j'ai été arrêtée à un poste de contrôle policier et militaire. Les autorités m'ont fait monter de force dans une voiture de police et m'ont emmenée dans un poste de police voisin, où j'ai été interrogée, agressée sexuellement et priée de rentrer chez moi et de ne parler à personne ", révèle-t-elle.

De retour chez elle, la militante indique qu’elle avait trouvé sa maison encerclée par 21 véhicules de police et par de nombreux agents des forces de sécurité qui l’ont " physiquement poussé" à l’intérieur.

Depuis cet incident l’activiste sahraouie est assignée à résidence sans aucun fondement juridique. "On ne m'a jamais montré une ordonnance de justice autorisant ma détention ni informé d'aucune accusation pénale", précise la militante qui dit craindre d’être liquidée physiquement.

"Le gouvernement marocain a déclaré à Amnesty International que je n'étais pas assignée à résidence ( ) mais entre-temps, les forces d'occupation marocaines semblent déterminées non seulement à me détenir illégalement, mais à me harceler, me torturer et peut-être même à me tuer", poursuit-elle.

La Maison de la militante a été perquisitionnée à plusieurs reprises. En mai lors d'une de leurs nombreuses descentes, les agents marocains ont violé Sultana Khaya et sa sœur.

Le deuxième viol a été décrit par la militante comme un message "barbare", sauvage et inhumain.

La sœur de Khaya a été violée par la hampe du drapeau sahraoui mais cela n’a pas empêché la militante de brandir l’emblème du Sahara Occidental depuis son toit de maison à Boudjdour occupé, un acte de résistance qui pourrait lui coûter la vie, confie-t-elle.

"Malheureusement, mon histoire n'en est qu'une parmi tant d'autres. La répression du peuple sahraoui, et des défenseurs des droits humains sahraouis en particulier, est bien documentée ", déplore la présidente de l'Association sahraouie pour la défense des droits de l'homme et la protection des ressources naturelles.

Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU soutient le droit des sahraouis de déterminer leur propre avenir, le Maroc refuse la tenue du référendum d’autodétermination.

Se disant "désespérée ", l’activiste a lancé un appel à l’administration Biden pour rendre justice au peuple sahraoui, et ce en reconnaissant la présence marocaine dans les territoires sahraouis comme une occupation et en renversant la décision de l’ancien président Trump sur la prétendue souveraineté du Maroc sur ce territoire qui va à l'encontre des décennies de politique américaine sur ce dossier.

Alors que l'administration Biden a affirmé que les droits de l'homme sont au cœur de sa politique étrangère, elle devrait pour autant, selon la militante, faire pression pour la tenue du référendum d’autodétermination que l’Assemblée de l’ONU a réaffirmé dès 1966, du temps où le territoire était encore appelé " Sahara espagnol ".

"Les Etats-Unis devraient faire de la protection des droits de l'homme au Sahara Occidental occupé et de l'autodétermination du peuple sahraoui des questions clés dans leurs relations bilatérales avec le Maroc ", préconise-t-elle à ce titre.

"Je ne trouve pas les mots pour décrire les souffrances sans fin que moi-même, et le peuple sahraoui en général, avions enduré sous cette violente occupation. Mais nous restons forts, notre volonté est inébranlable, et nous persévérerons dans notre résistance pacifique" a conclu l’activiste sur une note d'optimisme et d'espoir.


jeudi 28 décembre 2017

Faculté de Khouribga : violée, une étudiante est poursuivie pour prostitution

Faculté de Khouribga : violée, une étudiante est poursuivie pour prostitution
Source : Lesinfos.ma
27/12/2017

Violée dans les toilettes de la faculté polydisciplinaire de Khouribga, une jeune étudiante de 20 ans est poursuivie pour prostitution et relations sexuelles illégales. 

Faculté polydisciplinaire de Khouribga, lundi 25 décembre. Il est 16 heures lorsque, alertés par des cris provenant des toilettes de l’établissement, des étudiants découvrent une de leurs collègues allongée par terre, en état de choc. L’étudiante de 20 ans qui suit des cours de littérature arabe leur apprend qu’elle a été violée et que son agresseur avait pris la fuite.
Le secrétaire général de la faculté,  Abdelkrim Mandar, s’est rendu sur les lieux de l’agression. «Alors que j’essayais de la calmer, elle a reçu un message provenant de l’agresseur dans lequel il lui promettait de l’épouser si elle ne parle pas de l’agression » a-t-il déclaré à 2M.
Le secrétaire général a ajouté que la victime connaissait son agresseur. Plus tard, la jeune femme a indiqué aux policiers qu’elle avait fait la connaissance de son agresseur sur Facebook. Elle a précisé qu’elle avait déjà eu l’occasion de le rencontrer dans la ville de Khouribga.

De victime de viol, elle devient coupable de prostitution
Le sordide ne s’arrête pas là. La jeune étudiante victime de viol devra être « traduite devant le conseil de discipline de la faculté dans un délai de 15 jours » précise 2M, citant le secrétaire général de la faculté polydisciplinaire de Khouribga.
Notons au passage qu’il est de la responsabilité de la faculté polydisciplinaire de Khouribga qui sanctionne une victime de viol, de prendre les mesures nécessaires afin d’assurer la sécurité des étudiantes au sein du campus.
Pire et toujours selon la deuxième chaîne, le Parquet général a décidé hier mardi de poursuivre la victime de viol… pour « prostitution » et « relations sexuelles illégales » ! Le violeur quant à lui est, toujours en fuite.
Rappelons que le viol est ainsi défini par le Code pénal : « Le viol est l'acte par lequel un homme a des relations sexuelles avec une femme contre le gré de celle-ci. Il est puni de la réclusion de cinq à dix ans.
Toutefois si le viol a été commis sur la personne d'une mineure de moins de dix-huit ans, d'une incapable, d'une handicapée, d'une personne connue par ses facultés mentales faibles, ou d'une femme enceinte, la peine est la réclusion de dix à vingt ans ».
L’étudiante affirme avoir eu des relations sexuelles contre son gré, dans les toilettes de l’établissement. Mise en examen pour « prostitution » et « relations sexuelles illégales » et traduite devant le conseil de discipline de son université, elle est doublement victime. D’un viol et de décisions injustes aux relents sexistes.
 

lundi 20 novembre 2017

Maroc: mariée à son violeur, une ado défigurée au rasoir pour avoir voulu divorcer


Par LEXPRESS.fr , publié le

Une jeune Marocaine de 17 ans, mariée à l'homme qui l'avait violée, a été agressée par ce dernier, tout juste sorti de prison.
Une jeune Marocaine de 17 ans, mariée à l'homme qui l'avait violée, a été agressée par ce dernier, tout juste sorti de prison.
Copie d'écran du site Al Akhbar

Une adolescente a été agressée par l'homme avec lequel elle avait été mariée après un viol, à Marrakech. La loi qui permettait aux violeurs d'échapper à la justice a depuis été amendée.

Une nouvelle affaire de mineure agressée par son violeur de mari défraie la chronique au Maroc. Une adolescente, âgée de 17 ans, a été conduite à l'hôpital Ibn Tofail de Marrakech, samedi matin, selon le site marocain Tel Quel. Blessée au visage, aux mains et à la poitrine, elle aurait été agressée "au rasoir" par son mari, selon l'Association marocaine des droits humains (AMDH), qui a rencontré la mère de la victime. Sorti de prison trois jours plus tôt, où il venait de purger une peine de six mois, il s'en était pris à sa jeune épouse qui lui avait fait part de son intention de divorcer. "A présent, personne ne voudra de toi après moi", aurait-il dit à la jeune fille.
L'affaire, révélée par le journal arabophone Al Akhbar, suscite une vive émotion au Maroc parce que la jeune fille a été mariée il y a un an à cet homme qui l'avait violée.
La loi permettant aux violeurs d'échapper à la justice amendée en début d'année.
Jusqu'en janvier dernier, l'article 475 du code pénal marocain permettait à un violeur d'épouser sa victime et d'échapper ainsi à une condamnation par la justice. Le suicide de la jeune Amina Filali, contrainte d'épouser son violeur, avait profondément choqué dans le royaume et amené les députés marocains à modifier le code pénal afin de mettre un terme à ces pratiques.
La jeune fille agressée à Marrakech ce samedi, orpheline de père, avait été mariée avant l'amendement de la loi. La famille de l'adolescente aurait choisi de pardonner au violeur quand il a proposé d'épouser la jeune fille, alors âgée de 16 ans - pour "réparer et la protéger", selon Tel Quel.