2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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samedi 20 février 2021

Au Maroc, les militants bien loin du "moment d'euphorie" de 2011

Rabat (AFP)
Manifestation à Rabat le 27 février 2011 pour réclamer des réformes et une nouvelle Constitution - AFP/Archives

Le 20 février est une date importante pour Fouad Abdelmoumni: c'est à la fois le jour de son anniversaire et le nom du mouvement de contestation qui a saisi le Maroc en 2011 dans un "grand moment d'euphorie", vite dissipé selon lui.

Comme de nombreux défenseurs des droits humains, ce militant de 62 ans dénonce aujourd'hui une "régression des libertés" dans son pays, avec des "méthodes d'intimidation pires que celles des +Années de plomb+", époque où il était étudiant et où son engagement politique lui valut quelque cinq ans de détention.

"Le Maroc n'est pas un paradis des droits de l'homme mais, en même temps, ce n'est pas un enfer pavé de violations comme certains essaient de le faire croire à tort", tempère le ministre des Droits de l'homme Mustapha Ramid dans une déclaration à l'AFP.

M. Ramid avait lui aussi manifesté en 2011 et, pour lui, il y a eu depuis une "évolution palpable et continue dans l'exercice des libertés publiques".

Soutenu par des milliers de manifestants marocains pris dans l'effervescence du Printemps arabe, le mouvement du 20-Février réclamait à l'époque "plus de justice sociale, moins de corruption et moins d'absolutisme".

Le roi Mohammed VI avait très vite promis des réformes. Une nouvelle Constitution avait été adoptée, avec des dispositions renforçant les libertés, l'indépendance de la justice, les pouvoirs du Premier ministre et du Parlement, tout en maintenant le souverain au centre du système politique.

Cette Constitution est "une charte des droits humains dans toutes leurs formes civiques, sociales, politiques ou économiques", plaide M. Ramid.

Mais une fois passé le vent de la contestation populaire, la "stratégie" du pouvoir "a été de terroriser les élites intellectuelles capables d'offrir des perspectives et de négocier un changement", assure pour sa part M. Abdelmoumni.

Lui-même se dit pris dans une "campagne de diffamation destinée à le faire taire", avec des "menaces pour sa sécurité et sa réputation".

- "Petites caméras" -

En 2020, son entourage a reçu par Whatsapp une vidéo de ses ébats sexuels en privé. Selon lui, "l'angle de prise de vue montre que deux petites caméras ont été installées dans le climatiseur de (sa) chambre", chez lui.

L'an dernier aussi, plusieurs pétitions de la société civile avaient dénoncé le "lynchage public" des "médias réactionnaires de diffamation" et les "accusations sexuelles" visant les contestataires.

Le parti islamiste PJD, porté à la tête du gouvernement par les élections de 2011, a lui-même condamné fin janvier dans un communiqué "les campagnes de diffamation ciblant des personnalités publiques et des militants".

Mohamed Ziane, 77 ans, ex-ministre des droits de l'homme (1995-96) devenu critique du régime, fait partie des cibles: une chaîne locale sur internet a diffusé en novembre des images compromettantes filmées par une caméra dissimulée dans une chambre d'hôtel, en présentant la scène comme un "rendez-vous" de celui qui était alors avocat avec une cliente mariée.

"Ce sont des méthodes dignes des pires régimes policiers!", s'indigne l'ancien député joint par l'AFP.

Ulcéré par ses accusations, le ministère de l'Intérieur a déposé plainte contre lui pour "offense aux institutions de l'Etat".

Des organisations comme l'Association marocaine des droits humains (AMDH) ou Amnesty International dénoncent régulièrement la "répression des voix critiques" au Maroc, en citant le cas des journalistes Souleimane Raissouni et Omar Radi, en attente de jugement depuis plusieurs mois après des accusations de "viol". En réponse, les autorités invoquent toujours "l'indépendance de la justice".

"Le Maroc tient à satisfaire ses engagements internationaux dans le domaine des droits humains", souligne M. Ramid. "Des erreurs peuvent être commises ici ou là" mais cela "ne constitue en aucun cas une orientation générale et méthodique de l'Etat".

- "Bonne formule" -

Dans son récent communiqué, son parti, le PJD, a appelé "à trouver la bonne formule pour libérer (....) les journalistes détenus au nom de l'esprit d'équité et de réconciliation".

Davantage préoccupée par le coût de la vie et le chômage, la population exprime un "ressenti négatif" croissant sur l'état des droits humains, selon une étude publiée début 2020 par l'institut statistique HCP.

"La situation au Maroc reste évidemment bien meilleure que ce qui se passe en Egypte, en Arabie Saoudite ou en Iran", nuançait l'historien Maati Monjib dans un entretien récent à la BBC.

Fin janvier, cet intellectuel de 60 ans connu pour son franc-parler critique a été condamné à un an de prison pour "fraude" et "atteinte à la sécurité de l'Etat" au terme d'un procès conclu en son absence, après une vingtaine de reports d'audience et sans que ses avocats aient pu plaider.

"Un verdict injuste et vengeur", selon son comité de soutien. Un "procès équitable", d'après les autorités.

 

samedi 30 mai 2020

Intimidations à l’encontre de l’historien Maâti Monjib





Hicham Mansouri - Association Justice et Liberté au Maroc (JLM)29/5/2020


Intimidations à l’encontre de l’historien Maâti Monjib
 
COMMUNIQUE de Presse

L’Universitaire et militant des droits de l’Homme Maâti Monjib est victime d’une campagne sans précédent de diffamation et de menaces de la part de « médias » proches des services marocains.
Ces attaques surviennent dans le contexte de l’arrestation de Souleiman Raissouni, journaliste et rédacteur en chef du journal Akhbar Al Yaoum, le 22 mai dernier. Cinq jours avant son arrestation, Chouf TV (un média en ligne dont la rédaction dépend directement de la police politique) a publié un article dans lequel il menaçait de “sacrifier” le journaliste à l’occasion de l'Aïd al-Fitr (fête du Ramadan) : Une “journée historique (...), nous verrons si tu vas pouvoir continuer tes acrobaties sur ta page [Facebook]”. Effectivement, le journaliste passera l’Aïd (le 24 mai) dans les bureaux de la police. Chouf TV était d’ailleurs présent pour filmer son arrestation humiliante.
Aujourd’hui, ce même média s’en prend à son tour à M. Monjib. Le 27 mai, Chouf TV a en effet publié un article semblable à celui qui menaçait Raissouni - portant la signature du même auteur (sans doute un pseudonyme)  « promettant »  à Monjib une vengeance qui aurait lieu le 31 mai matin. Monjib est particulièrement ciblé car il est membre du Comité de soutien à Raissouni, le journaliste qui vient d’être incarcéré. Ce dernier, connu pour ses éditoriaux critiques, avait su remplacer Taoufik Bouaâchrine, directeur de publication du journal Akhbar Al Yaoum lui-même en prison depuis 2018 (condamné sans preuves à 15 ans de prison pour « viol et traite d'êtres humains »). Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a considéré en janvier 2019 cette détention comme arbitraire et a demandé sa libération immédiate.
Avant Souleiman, une autre journaliste, du même quotidien Hajar Raissouni avait été incarcérée (2019) - elle et son fiancé (Rifaat Al-Amine) - pour "relation hors mariage et avortement illégal", avant d'être graciée suite à une forte mobilisation nationale et internationale.
Les menaces et les intimidations à l’encontre de Maâti Monjib sont anciennes. Il est harcelé et diffamé depuis plusieurs années à cause de ses activités académiques et de ses articles critiques envers la police politique qui règne en maître au Maroc. Il est visé aussi pour son rôle dans la promotion du journalisme d’investigation. En effet, M. Monjib est membre fondateur de l’Association Marocaine pour le Journalisme d’Investigation (AMJI) fondée en 2011 - dont les activités sont aujourd’hui interdites [5 de ses membres sont  poursuivis par la justice, un a été incarcéré pour une peine de 10 mois de prison et 3 sont en exil]. Monjib a subi depuis 2015 des convocations judiciaires interminables pour “atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat”. Il a déjà été convoqué pour un procès reporté 20 fois au tribunal de Rabat et ces convocations ne sont pas terminées. Le but est de faire pression sur Monjib pour qu’il cesse ses articles critiques. C’est une véritable épée de Damoclès au-dessus de sa tête et de celle de ses co-accusés. Monjib est aussi victime dans sa vie quotidienne de menaces physiques, de pressions sur sa famille, dans la rue, d’écoutes téléphoniques, et même d’une interdiction de quitter le territoire marocain en 2015 (interdiction levée après une grève de la faim de 24 jours qui a mis en péril sa vie)
Il semble aujourd’hui que le régime marocain envisage de franchir un nouveau pas dans la répression en profitant du confinement général sanitaire imposé par le Covid 19. En  occupant l’actualité, cette pandémie laisse  toute latitude pour durcir les pratiques autoritaires. Le but est d’enterrer l’un des derniers médias indépendants et de faire taire les dernières voix critiques comme celles de Maâti Monjib.
Nous appelons donc les autorités marocaines à agir pour faire cesser les menaces contre Monjib et empêcher toute atteinte à l’intégrité de sa personne. Nous appelons l’opinion publique nationale et internationale à se mobiliser pour dénoncer ces agissements, demander le respect des droits de M. Monjib et exiger la libération de S. Raissouni.