2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

Affichage des articles dont le libellé est Nacer Zefzafi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nacer Zefzafi. Afficher tous les articles

mardi 10 avril 2018

Procès Hirak: récit des premières heures de l'interrogatoire de Nasser Zefzafi



Lundi 9 avril 2018 à 20h11

Procès Hirak: récit des premières heures de l'interrogatoire de Nasser Zefzafi
Face à ses juges, l'accusé a multiplié les citations, jonglant entre Freud, le prophète Mohammed, Spinoza ou encore les discours royaux, dont il a tiré arguments pour sa défense.

"Huit délits et deux crimes. Si le parquet avait résumé les accusations, j'aurais pu résumer mon propos." Ce lundi 9 avril, Nasser Zefzafi, était de passage devant Ali Torchi, président de la Chambre criminelle près la Cour d'appel de Casablanca. Et dans ce qui était censé être un interrogatoire - questions-réponses s'entend, l'accusé a monopolisé la parole et fixé son tempo.
Des 54 accusés du Hirak, Zefzafi est le 53ème à se livrer à l'exercice. A l'occasion, la salle 7 s'est rappelée à notre bon souvenir. Celui où police, journalistes, observateurs et proches des détenus garnissaient les bancs de l'assistance.
Zefzafi est celui qu'on présente comme le leader du mouvement contestataire. Il en est surtout le porte-parole et visiblement le plus habile à l'oral. Dans l'assistance, on opine de la tête à l'écoute d'une phrase bien faite, et on s'extasie devant une telle "maîtrise de la langue arabe".
Face à ses juges, l'accusé multiplie les citations, jonglant entre Freud,  le prophète Mohammed ou Spinoza. Et tire des discours royaux arguments pour sa défense: "Le Roi s'est demandé où est la richesse. Nous sommes sortis pour lui dire que la richesse est dans les ventres des lobbies de la corruption. Résultat, nous avons été arrêtés."
Ce procès "politique", dit-il, est celui de " l'opinion", de "la mémoire du Rif", des "symboles de la résistance, Mohamed Ben Abdelkrimi Al Khattabi qu'Allah l'agrée à leur tête" et celui "des discours du Roi".
De la révolte du Rif (1957-1958)  au plan d'ajustement structurel (1983), en passant par "les émeutes du pain" (1981)  et plus récemment le séisme d'Al Hoceima, Zefzafi est revenu sur ce qu'il présente comme la genèse du mouvement du Rif. "Le Hirak n'est pas né du vent. Le Hirak est un cumul", lance-t-il au juge, celui-ci lui reprochant de faire dans les "généralités".
"Ce dont vous êtes accusés a eu lieu dans le troisième millénaire, pas en 1958", lui rappelle Ali Torchi,  histoire de recadrer l'accusé, qui s'érodait en voyant en "le plan Marshal" un moyen "de se débarrasser des Rifains, trop rebelles" au goût du pouvoir.
Zefzafi est accusé d'atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat, entre autres. L'enquête de la BNPJ lui prête des connivences avec des Marocains résidents à l'étranger parmi les défenseurs de la thèse séparatiste. La première question du président, posée au bout de deux heures ou presque, ira en ce sens.
Ce à quoi l'accusé répond par des contre-questions: "Les personnes que vous accusez de séparatisme, y a-t-il des jugements les ayant condamnées pour ce motif? Avez-vous des preuves établissant qu'elles sont des séparatistes?" Et d'ajouter que "ces personnes sont des citoyens marocains d'origine marocaine".
Ali Torchi: "Dans vos déclarations à la police judiciaire, vous dites que vous coordonniez avec des individus résidents à l'étranger et connus pour leurs tendances séparatistes".
Nasser Zefzafi: "Je n'ai rien dit de tout cela. Si vous revenez aux procès verbaux, vous n'y trouverez que les constatations de la BNPJ. Ce qui prouve que les réponses étaient cuisinées. 95% du contenu des PV est falsifié."
L'interrogatoire se poursuivait au moment où nous rédigions ces lignes; ce lundi 9 avril vers 20H00.
à suivre

mardi 11 juillet 2017

Rif : Point presse du quai d'Orsay du 10 juillet 2017


Q - Au Maroc s'ouvre aujourd'hui le procès du leader de la contestation dans le Rif. Plus d'une centaine d'opposants sont en détention et les contestataires s'inquiètent, notamment pour une figure féminine du mouvement, Sylia Ziani. Quelle est la réaction de Paris ?
R - La France est attentive à la situation complexe dans le Rif (il faut lire : c'est tellement complexe qu'on ne vous dira pas ce qu'on en pense mais à priori, la complexité nous amène à témoigner notre solidarité avec les autorités marocaines parce que les situations complexes c'est compliqué, c'est pas facile quoi)
L'ouverture du procès de M. Zefzafi est un développement judiciaire dont nous prenons note (il faut lire : un procès c'est une procédure judiciaire, des fois qu'on aurait cru que c'était une recette de cuisine + quelqu'un a littéralement noté l'ouverture du procès dans un cahier, c'est tout. Ça doit être un acte diplomatique fort et injustement incompris).
Pour mémoire, le Maroc est partie au pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit à chacun le droit à un procès équitable (c'est la séquence audacieuse de la déclaration, une façon hyper agressive de rappeler au Maroc ses engagements en matière de droits de l'homme ; ou alors ça signifie que comme le Maroc a ratifié le PIDCP, le procès sera forcément équitable, mais je n'ose pencher pour cette interprétation )

lundi 5 juin 2017

L’AMDH dénonce l’exploitation des mosquées par l’ETAT pour incitation contre les activistes de la contestation du RIF et impute à l’ETAT l’entière responsabilité dans l’exaspération de la situation dans la région du RIF.

----------------------------------------
Communiqué à l’opinion publique relatif à l’évolution de la contestation dans le RIF


L’AMDH réclame la libération de tous les détenus et une réponse positive aux revendications légitimes du mouvement de contestation.


Depuis la mort tragique du citoyen MOHCINE FIKRI et le déclenchement du mouvement de contestation du RIF qui a porté des revendications sociales, économiques, culturelles et ayant trait  aux droits humains en faisant preuve de créativité de moyens militants et de lobbying, le bureau central de l’AMDH a suivi de très près (grâce à ses sections d’AL HOCEIMA, IMZOUREN ET NADOR), et avec une grande préoccupation, ce qui se déroulait dans la région du RIF (villes et campagnes). 

Malgré la tension et la crise, les activistes du mouvement de contestation ont tenu à donner un cachet citoyen et pacifique à toutes leurs actions militantes en dépit des campagnes de dénigrement et de marginalisation menées contre eux et en dépit du refus des autorités de les écouter pendant les dialogues et visites que menaient les représentants de l’ETAT dans la région.

Suite à une grave évolution (qui n’était pas imprévisible compte tenu de la descente sécuritaire dans la région, et de l’attaque médiatique et gouvernementale), les événements ont pris une autre tournure, notamment après l’échange qui a eu lieu le vendredi 26 MAI 2017 dans la mosquée MOHAMMED V entre l’Imam de la mosquée (qui a exploité la prêche du vendredi pour fustiger les citoyens et citoyennes du mouvement de contestation en le qualifiant de meneur de discorde) et un ensemble d’activistes du mouvement qui ont protesté contre ces propos.

La situation s’est encore aggravée après la décision du procureur général d’AL HOCEIMA d’arrêter ABDENNACER ZEFZAFI sous l’inculpation d’entrave à la liberté du culte. Cette décision a été suivie d’un encerclement du domicile de ZEFZAFI par des forces de l’ordre qui sont entrées en confrontation avec un groupe de citoyens qui ont accouru pour soutenir ZEFZAFI.  Les forces de l’ordre ont procédé, dans un climat empreint de graves violations des garanties juridiques, à des arrestations, agressions, poursuites et effractions à l’encontre des activistes et dirigeants les plus connus du mouvement de contestation.

Le nombre de détenus * (d’après les informations recueillies par le bureau central auprès des responsables locaux de l’AMDH dans la région) a atteint, au soir du dimanche 28/5/2017, 45 détenus, en plus de ABDENNACER ZEFZAFI et ses camarades arrêtés le 29 mai et transférés à CASABLANCA. A signaler que la campagne d’arrestations se poursuit à AL HOCEIMA, IMZOUREN, AIT BOUAYACH ET DRIOUECH et que le nombre de détenus est en progression croissante et aurait atteint 70 à la mi-journée du 29/5/2017.   Un détenu a été présenté devant le procureur général d’AL HOCEIMA le 29/5/2017 ; 38 autres seront présentés devant le tribunal de 1ère instance d’AL HOCEIMA ; par ailleurs plus de 20 détenus ont été transférés au siège de la brigade nationale de la police judiciaire à CASABLANCA parmi lesquels figurent ABDENNACER ZEFZAFI et ses camarades arrêtés le 29 mai. Ils seraient poursuivis par de graves inculpations devant de la cour pénale.

Tout en continuant à suivre, avec une profonde inquiétude, le grave tournant que vit le mouvement de contestation, le bureau central de l’AMDH :


1- Condamne fortement le recours par l’ETAT aux mosquées pour inciter contre le mouvement de contestation du RIF, et pour régler ses comptes avec ses activistes et dirigeants ; à cette occasion, le bureau central réaffirme la revendication de l’AMDH de séparer la religion de la politique et de l’ETAT.


2- Exhorte l’ETAT à respecter les droits et libertés des citoyens et citoyennes et leur droit à manifester pacifiquement, ainsi que les dispositions juridiques et les engagements dont il est tenu selon la législation internationale des droits humains dans toutes ses démarches et procédures sécuritaires et judiciaires.


3- Demande à l’ETAT de communiquer les noms de tous les détenus, ainsi que leurs lieux de détention, d’informer les familles des détenus, de permettre à ces derniers de consulter leurs avocats et de respecter tous leurs droits.


4- Exprime la totale solidarité de l’AMDH, militantes et militants, avec tous les détenus de la contestation du RIF et avec leurs familles. A cette occasion, le bureau central informe qu’il soutiendra les détenus, qu’il continuera à suivre le déroulement des événements et à recueillir et dénoncer toutes les violations qui ont porté atteinte ou qui porteront atteinte à leurs droits et libertés.


5- Demande la libération de tous les détenus et l’abandon des poursuites à leur encontre, comme il demande la libération de tous les détenus politiques dans notre pays.


6- Tient pour responsable l’ETAT marocain de la grave exacerbation que connait la région du RIF du fait de sa politique répressive face au mouvement de contestation populaire, pacifique et civilisé portant des revendications économiques, sociales et culturelles justes et légitimes.


7- Proteste avec force contre le recours du gouvernement, des partis politiques qui lui sont affidés et les médias officiels à l’accusation de traitres à l’encontre des activistes et dirigeants du mouvement du RIF et à l’accusation que ces derniers sont au service d’agendas extérieurs à caractère séparatiste ; le bureau central met en garde contre de telles accusations qui risquent d’avoir des répercussions néfastes sur un mouvement populaire pacifique ayant des revendications légitimes.


8- Demande à l’ETAT d’ouvrir un dialogue avec les dirigeants de la contestation, au lieu des réunions avec les responsables qui sont la cause de la contestation ; l’ETAT doit étudier les revendications légitimes du mouvement et s’atteler à y répondre afin de mettre fin à la situation de pauvreté, de privation, de marginalisation et de militarisation dont souffre la région du RIF de manière générale et AL HOCEIMA en particulier.


9- Salue hautement les militantes et militants de l’AMDH dans la région pour leur suivi du mouvement de contestation et pour leur participation à sauvegarder son unité et son caractère pacifique ; le bureau central les exhorte à plus de mobilisation pour soutenir les familles des détenus et à décupler d’efforts pour recenser toutes les violations en lien avec le mouvement et à envoyer au bureau central des rapports précis et détaillés.


10- Appelle toutes les sections de l’AMDH, les organisations politiques, syndicales, droits humanistes, associatives et tous les militants à intégrer les initiatives populaires pour revendiquer la libération immédiate des détenus. 

11- Exhorte les avocates et avocats de l’AMDH ainsi que tous les avocates et avocats intègres à rejoindre le comité de défense des détenus durant toutes les phases de détention et jugements.
*