2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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dimanche 30 octobre 2022

Rappel : Chez Antidote ! le troisième livre de Marie-Jo Fressard dans la série « Les torturés du makhzen » vient de sortir


Le troisième livre de Marie-Jo Fressard dans la série « Les torturés du makhzen » vient de sortir : les prisonniers politiques du Rif et de Jerada
 
   Chères amies, chers amis,

Je suis heureuse de vous présenter la série complète : « Les torturés du makhzen » dont le troisième livre "Les prisonniers politiques du Rif et de Jerada" vient d’être publié par la maison d’édition militante belge Antidote. Je vous serais très reconnaissante d'en faire part   à vos amis, associations et à la presse . L'illustration de cette annonce, la reproduction des couvertures des trois volumes, a malheureusement disparu.

Le Maroc n’est pas ce pays qui se vante d'être  exemplaire en matière de droits humains,  tel que le présentent certains pays européens, en particulier la France qui est allée jusqu’à décorer de la Légion d’honneur Abdellatif Hammouchi, le superflic de Mohammed VI alors même qu’il faisait l’objet de trois plaintes déposées à Paris pour torture et complicité de torture. Ce même Hammouchi qui aujourd’hui est en contact avec de hauts responsables de la sécurité du Qatar pour la mise en place d’une coopération renforcée en matière de sécurité pour l’organisation de la Coupe du monde 2022, sans qu’aucun pays européen ne s’en inquiète. Pas plus que ces pays ne s’offusquent du scandale de la situation ignoble dans laquelle se trouvent les journalistes marocains, incarcérés en geôles de sa majesté pour le moindre mot qui s’écarte du discours officiel. Des journalistes remarquables tels que Maâti Monjib, Omar Radi, Hicham Mansouri, Soulaimane Raissouni et tant d’autres.

Je me suis sentie obligée de dénoncer ces injustices commises au Maroc, notamment en province du Rif et à  Jerada, objet du troisième livre, et au Sahara occidental, pays voisin illégalement occupé.

Le premier livre : Marraine des deux plus anciens détenus politiques marocains est une réédition de mon témoignage de 2015 (épuisé), préfacé alors par l’écrivain Gilles Perrault, actualisée et complétée par des informations sur le Maroc, son roi, et sur l’inhumaine répression des journalistes dans le Maroc de 2022.

Le deuxième livre : les prisonniers politiques sahraouis dans les geôles marocaines, que le défenseur des droits humains Mohammed Belmaïzi a préfacé. Le livre raconte, après l’histoire de ce riche pays convoité, occupé illégalement,  coupé en deux par l’occupant marocain. Il raconte mon difficile parrainage toujours actuel de Salek et Hassan, deux prisonniers politiques sahraouis.

Le troisième livre : Les prisonniers politiques marocains du Rif et de Jerada en geôles du Maroc. Préfacé par Salah Elayoubi, chroniqueur et militant des droits humains, il révèle les souffrances de la population marginalisée du Rif, cette province très militarisée du nord du Maroc et de sa voisine, la région minière de Jerada, où récemment  trois hommes qui tentaient de gratter quelques grammes de charbon à vendre pour faire vivre leur famille, ont trouvé la mort. Cruauté et mépris envers les prisonniers politiques adultes, les très jeunes enfants ou les militants très âgés.

Devant ces situations scandaleuses au Maroc et au Sahara Occidental, si proches de chez nous, j'ai décidé de demander à Luk Vervaet, animateur d’Antidote, d’envisager la publication de cette série. Il ajoute une  postface riche en autres informations sur les agissements de la monarchie dans ces pays dont les populations et les magnifiques paysages sont si attachants.

arie-Jo Fressard 

***

Où commander, acheter ces livres, et où payer ?

Prix : un livre 10€, prix des 3 livres 25€ + frais de port pour 1 livre : 4€. Pour 2 ou 3 livres : 6 €. Franco de port jusqu’au 31 décembre

Pour les commandes, préciser en référence « les torturés du makhzen », ajouter votre choix : livre 1, livre 2, livre 3 ou les 3 livres, ET votre adresse postale.

– Via le compte d’Antidote : BE20 0004 2359 4956 avec communication « livre 1, 2 ou 3 » ET votre « adresse postale ».

– Par e-mail : mariejof05@gmail.com

– Par courrier : Marie-Jo Fressard, 43 impasse du Mont Colombis, 05230 La Bâtie Neuve (règlement par chèque à l’ordre de Marie José Fressard)

– En magasin à Gap (05) : E’changeons le Monde, 17 rue Jean Eymar, ou La Nouvelle Librairie, 6 cours Victor Hugo.

Libellés : , , , , , , Luk Vervaet

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lundi 29 août 2022

Jerada: Trois morts par asphyxie dans un puits d’extraction de charbon


Au Maroc, à Jerada, trois mineurs sont retrouvés morts, asphyxiés dans un puits d’extraction de charbon

 Cette cité minière, autrefois très prospère, aujourd’hui déshéritée du nord-est du Maroc, a été  agitée par des troubles sociaux en 2017-2018, à la suite du décès  de deux frères cherchant du charbon dans des puits désaffectés, pour le revendre à bas prix. 

 Le mardi 16 août 2022 trois personnes de 43,44 et 52 ans y ont encore trouvé la mort par asphyxie au dioxyde de carbone

Ce puits d’extraction de charbon  est exploité par une coopérative légale dans une zone forestière située dans la commune de Laâouinate. Des jeunes revendent ce charbon à bas prix, pour aider la population locale très paupérisée depuis  la fermeture officielle des mines fin 1900.

Sitôt informés de l’incident, les autorités locales, les services de la Gendarmerie royale et les services de la Protection civile ont été dépêchés sur les lieux. Les efforts des gendarmes et des pompiers pour tenter de sauver les trois mineurs bloqués dans le puits sont restés vains. .

Une enquête sur ce drame a été ouverte par les autorités concernées sous la supervision du Parquet compétent.



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mercredi 28 novembre 2018

Maroc : les ingrédients d’une révolution sont réunis

27 novembre 2018

De Jerada à Zagoura en passant par les banlieues de Casablanca : les récentes manifestations mettent en lumière le contexte favorable à une révolution dans lequel le Maroc évolue depuis 2017
Au Maroc, les éditorialistes s’interrogent depuis plusieurs semaines sur le devenir du royaume. Le climat délétère et le manque de visibilité font craindre, à n’importe quel moment, un basculement vers l’inconnu.
Dans la rue, le langage qui excluait habituellement toute responsabilité du palais royal pointe aujourd’hui d’un doigt accusateur, la responsabilité directe du chef de l’État. La jeunesse, en particulier, montre une dureté de langage jamais observée depuis l’accession du roi Mohammed VI au trône en 1999.

Les Marocains sont-ils sur le point de vivre une révolution ?
Au regard du nombre de jeunes qui auront 25 ans entre 2017 et 2020, le géographe Laurent Chalard estime que cette période offre une fenêtre favorable à la révolution au Maroc (AFP)
À en croire la théorie élaborée en 2015 par le géographe Laurent Chalard, le Maroc se trouverait en tout cas, depuis 2017, dans une période propice aux soulèvements.
Selon lui, la combinaison de trois facteurs 
– l’autoritarisme, l’économie fragile et le pic des naissances 25 ans plus tôt 
– augmente considérablement la probabilité de déclenchement d’une révolution. 
- Le troisième paramètre expliquerait la forte mobilisation des manifestants de la place Tahrir, au Caire en 2011, ou dans l’avenue Habib Bourguiba, à Tunis la même année. En effet, les volumes des naissances ont connu leur apogée en Égypte et en Tunisie respectivement entre 1985-1988 et 1984-1987, ce qui signifie qu’en 2011, la population âgée de 25 ans était, en nombre, la plus représentée dans les pyramides des âges des deux pays, catalysant ainsi les mouvements de contestations dans la rue.
« L’émigration de la jeunesse marocaine vers les pays étrangers n’est pas suffisante pour contenir les tensions susceptibles de conduire à une révolution »
- Laurent Chalard, géographe
Contacté par Middle East Eye, le chercheur explique que d’un point de vue démographique, la période 2017-2020 offre une fenêtre favorable à la révolution au Maroc. 
« Même si les données civiles des naissances pendant les années 1990 au Maroc ne sont pas tout à fait précises, il est possible de reconstituer ces chiffres à partir des données du recensement général de 2014. Ainsi, la transition démographique, c’est à dire le processus de passage d’une hausse des natalités vers une baisse, a engendré un pic des naissances situé entre 1992 et 1995. Ce qui signifie que la population marocaine âgée de 25 ans sera la plus importante entre 2017 et 2020 », précise le géographe.


« Traditionnellement, on considérait les jeunes âgés entre 18 et 20 ans comme une locomotive des mouvements révolutionnaires. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Avec le retard de l’âge du premier mariage chez les jeunes hommes, et les différentes désillusions qui l’accompagnent, se crée une situation de frustration marquée par une perte de l’espoir. J’ajoute à cela que l’émigration de la jeunesse marocaine vers les pays étrangers n’est pas suffisante pour contenir les tensions susceptibles de conduire à une révolution », poursuit-il.
La transformation de la structure familiale au Maroc renforcerait également la prédisposition au déclenchement de mouvements révolutionnaires. 

 L’avènement d’une classe moyenne plus consistante
À ce propos, une étude commandée en 2007 par le gouvernement marocain aux démographes Emmanuel Todd et Youssef Courbage sur les implications culturelles de la transition démographique au Maroc fait ressortir, dans la synthèse que « l’endogamie est l’un des indicateurs de l’anti-individualisme du système familial : il existe un rapport entre le degré d’ouverture du système familial et le degré d’ouverture du système politique ».

samedi 17 novembre 2018

Hirak du Rif, Jerada : torture, mauvais traitements, peines de prison...

Communiqué de l'Association TAFRA pour la solidarité avec familles des détenus du mouvement populaire dans le RIF, 14 /11/2018

 Bouazza Anqi, directeur de la prison locale de ras el ma bourkayz près de Fes au Maroc et certains membres de son personnel torturent et infligent de mauvais traitements a un détenu du Hirak du Rif ...

 Ce criminel doit être dénoncé et poursuivi en justice . Source "A l'instar des bourreaux qui torturaient et exerçaient des représailles contre les détenus, le directeur [De la prison locale de Ras al Ma à Fès ],et ses assistants ont battu RADOUANE AFASSI en l'invectivant de toutes sortes de qualificatifs : " Awbach (voyous), séparatistes, enfants d'Espagnols, le parti de Zefzafi ..." le directeur ne s'est pas arrêté à ce stade, il a rapidement durci sa vengeance en ordonnant que RADOUANE AFASSI soit confiné à l'isolement pendant 5 jours ferme et à 10 jours avec sursis."

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par Rachid Oufkir , JERADA 15/11/2018.

Les verdicts à l'encontre d'un groupe de prisonniers du mouvement à JERADA

Prison ferme :


1. Abdelkhaleq MIRI 5 ans

2. Ahmed Othmani MIDOUCH 5 ans
3. Hamid HAMDAOUI 3 ans
4. Abderrahmane BERKICH 2 ans
5. Jamal MOGHLI 2 ans
6. Mohamed HOUARI 2 ans
7. Salim BOUSSETTA 2 ans
8. Samir LAHRACH 2 ans
9. Boudjemaa QESSOU 1 ans
10. Fayçal TRIBEQ 1 an
11. Hicham YOUSFI 1 an
12. Ismail KATTI 1 an
13. Kamal FEGRACH 1 an
14. Mohamed YOUSFI 1 an
15. Tawfiq HAMMADI 1 an
16. AL TOUBAGHI 2 mois
17. Mohamed BAHIA un mois de prison en sursis

dimanche 11 novembre 2018

Au Maroc, neuf manifestants de Jerada condamnés à des peines de prison


L’ancienne cité minière avait été secouée par un mouvement de protestation après la mort de deux mineurs dans des puits abandonnés.
Des habitants de Jerada, au Maroc, manifestent pour demander une alternative économique aux mines clandestines, le 16 mars 2018.

La justice marocaine a condamné neuf personnes à des peines allant de trois à cinq ans de prison ferme, en lien avec le mouvement de protestation dans l’ancienne cité minière de Jerada, dans le nord-est du pays, a-t-on appris auprès de leur avocat, vendredi 9 novembre.

Le tribunal de première instance d’Oujda a condamné jeudi cinq d’entre eux à cinq ans de prison ferme et quatre autres à trois ans, notamment pour « destruction de bien publics, incitation à commettre des crimes et délits ou participation à une manifestation non autorisée », a dit à l’AFP leur avocat, Abdelhak Benkada. Tous étaient incarcérés depuis mi-mars à la suite d’affrontements lors d’une manifestation interdite ayant fait 312 blessés chez les forces de l’ordre et 32 chez les protestataires, selon un bilan officiel.
Trois prévenus comparaissant libres ont par ailleurs écopé de peines allant d’un à six mois de prison avec sursis, a précisé Me Benkada.

95 personnes arrêtées

La ville sinistrée de Jerada a été secouée par un mouvement de protestation après la mort de deux mineurs dans des puits abandonnés, fin décembre 2017, suivie de deux autres décès accidentels dans des conditions similaires. Mercredi, un jeune de 18 ans est décédé après l’effondrement d’un puits de charbon désaffecté à Jerada, où il était descendu chercher du charbon.
Face aux protestations, qui ont duré de décembre 2017 à avril 2018, les autorités avaient annoncé une série de mesures pour relancer l’économie locale, promis de fermer les puits abandonnés, avec un plan de reconversion pour les mineurs clandestins, et interdit toute « manifestation illégale ». Selon Me Benkada, 95 personnes ont à ce jour été arrêtées à la suite de ces manifestations, dont 25 ont déjà été jugées.
Avant la fermeture à la fin des années 1990 d’une importante mine jugée non rentable, l’activité minière employait quelque 9 000 ouvriers et constituait la principale source économique de Jerada. Les habitants réclamaient depuis une alternative aux mines clandestines, dans lesquelles s’aventurent des centaines de mineurs pour extraire du charbon de façon artisanale, afin de le vendre à des négociants locaux, surnommés localement les « barons » et dotés de permis de commercialisation.

vendredi 8 juin 2018

Jerada : Human Rights Watch dénonce les violences des autorités marocaines

Jerada : Human Rights Watch dénonce les violences des autorités marocaines
Source : Lesinfos.ma
05/06/2018 11:00

Répression, usage excessif de la force contre les manifestants, arrestations de protestants y compris des mineurs, maltraitances (…). Human Rights Watch dénonce dans son dernier rapport les dépassements des autorités marocaines.

C’est un rapport pour le moins inquiétant qui a été dressé par Human Rights Watch (HRW) ce lundi et qui dénonce les violences des autorités marocaines lors des manifestations qui secouent la ville de Jerada depuis décembre dernier. Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme, les forces de l’ordre ont fait un usage excessif de la force contre les manifestants, percuté certains d’entre eux avec une fourgonnette de police conduite de manière irresponsable et ont procédé à l’arrestation des leaders du mouvement de protestation qui auraient ensuite été maltraités en détention. « La répression à Jerada est allée bien plus loin qu'un simple effort visant à traduire en justice des manifestants prétendument violents. Il semble qu'elle visait plutôt à réprimer le droit de manifester pacifiquement contre la situation socio-économique de la région», a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Les manifestations du 14 mars en trame de fond

L’organisation dénonce aussi les incidents survenus lors des manifestations du 14 mars qui ont agité la ville de Jerada. Et un incident en particulier a retenu leur attention. En effet, dans une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux et soulevé une vive polémique, on voyait des véhicules de police foncer sur les manifestants avec l’intention manifeste de blesser nombre d’entre eux. Le plus jeune victime serait un adolescent de 16 ans, Abdelmoula Zaiqer, qui a été gravement blessé. Bien que le lien entre ses blessures et les agissements des forces de l’ordre n’ait pas été établi, la fiche d’hospitalisation de l’adolescent [consultée par HRW, ndlr] stipule que Abdelmoula Zaiqer souffre de traumatismes à la tête, aux hanches, aux pieds et à la colonne vertébrale, suite à un « accident de la voie publique, (…) patient heurté par une fourgonnette ». Aux dernières nouvelles, les médecins n’étaient pas encore en mesure de déterminer si le jeune homme pourra remarcher un jour.
La Délégation Interministérielle des Droits de l’Homme (DIDH) a déclaré de son côté que Zaiqer avait été « blessé accidentellement ». La mère de la victime, elle, a affirmé à HRW que les autorités avaient fait pression sur elle pour qu'elle évite tout contact avec des journalistes et des activistes. De plus, l’organisation internationale a expliqué qu’une voiture a pris en filature l’équipe de HRW quand elle a tenté de rendre visite à Zaiqer et à sa mère, le 6 avril, dans un hôpital près de Casablanca où le jeune homme avait été transféré.

Surveillance et intimidation

Ultérieurement, le 4 avril, des chercheurs de Human Rights Watch, qui ont visité Jerada, expliquent qu’ils ont été stoppés et interrogés à deux postes de contrôle. Ils ont été suivis de près toute la journée par une voiture avec trois hommes en civil à son bord, ce qui a apparemment conduit des témoins, que les chercheurs comptaient rencontrer, à annuler leurs rendez-vous. Les chercheurs ont aussi observé une forte présence des forces de sécurité : des policiers en uniforme et armés déployés dans chaque rue et place importantes de cette petite ville, et plus de 100 fourgonnettes de police et autres forces armées stationnées dans les alentours. Les chercheurs ont par ailleurs rencontré des activistes des droits humains, ainsi qu'Abdelhak Benkada, l'avocat de nombreux manifestants, dans la ville voisine d'Oujda le 3 avril. Ces derniers ont affirmé à HRW que depuis le 14 mars, des agents de police ont forcé les portes et brisé les fenêtres de plusieurs maisons à Jerada, frappant et interpellant plusieurs hommes sans présenter de mandats d'arrêt ni de perquisition.

dimanche 22 avril 2018

Au Maroc, ces foyers de contestation qui ne s’éteignent pas

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Grèves et contestations sociales se succèdent au Maroc, du Rif à Jerada, sans que la répression parvienne à en venir totalement à bout. Mais ces mouvements peinent à s’unifier, même si on peut voir dans ces mobilisations les retombées du Mouvement du 20 février qui avait secoué le pays en 2011.


Selon Youssef Raissouni de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), il demeure le seul mouvement « continu » du pays, traversé par de profondes tensions sociales. Les manifestants de Jerada réclament une alternative économique afin que les habitants, durement touchés par le chômage, ne risquent plus leur vie dans les puits clandestins. À la fin des années 1990, en effet, le centre minier fermait ses portes, ne leur laissant d’autre choix que de travailler dans ces puits et de vendre le charbon à un prix dérisoire aux « barons du charbon » qui disposaient de permis distribués par l’État.
Craignant une contagion de la contestation, les autorités ont rapidement reconnu la légitimité des revendications et annoncé début février des mesures telles que l’interdiction des permis illicites d’exploitation, le lancement de projets agricoles, ou encore une prise en charge pour les anciens mineurs malades. Mais le 10 mars dernier, deux leaders du mouvement, Amine Mkallech et Mustapha Dainane étaient arrêtés, officiellement pour un accident de voiture survenu deux jours auparavant. Le 13 mars, le ministère de l’intérieur interdisait tout rassemblement « non autorisé ». Le lendemain, des milliers de personnes bravaient cette interdiction, et des affrontements avec les forces de l’ordre faisaient des dizaines de blessés. Depuis, près de soixante personnes auraient été arrêtées, d’après l’AMDH. « L’État répond par la répression aux manifestations pour les revendications économiques et sociales du fait de son incapacité à satisfaire ces demandes et de sa persistance à mener une politique économique qui aggrave les inégalités », ont déclaré dans un communiqué conjoint la Fédération de la gauche démocratique (FDG), l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et la Fédération nationale de l’enseignement (FNE).

Un éternel recommencement

Au Maroc, l’histoire des mouvements de protestation est un éternel recommencement. Celui-ci se concentre désormais, comme ceux qui l’ont précédé, sur la libération de ses prisonniers. Le 2 avril, le procès de sept personnes jugées à Oujda était encore reporté. Les chefs d’accusation des manifestants arrêtés depuis le 14 mars incluent, selon l’AFP, l’« incitation à la désobéissance », l’« outrage et usage de la violence à l’encontre de fonctionnaires publics avec préméditation » et l’« incitation à commettre des crimes et délits ».
Lire la suite

TraductionsIn Morocco, Hotbeds of Protest Are Not Being Extinguished
المغرب: شعلة احتجاج لا تنطفئ

dimanche 1 avril 2018

Mohammed VI, le roi « virtuel » du Maroc





En France depuis février, Mohammed VI laisse derrière lui un pays en ébullition et des chantiers en attente. Son absence suscite de plus en plus critiques et inquiétudes malgré une intense communication sur les réseaux sociaux
Le roi du Maroc, Mohammed VI, 54 ans, a été opéré du cœur lundi 26 février à Paris à la suite d'un « trouble du rythme cardiaque » (AFP)
Reda Zaireg's picture
30 mars 2018
RABAT – Pour avoir des nouvelles de leur roi lorsqu'il est en voyage à l'étranger, les Marocains ne consultent pas l'agence de presse officielle, mais les réseaux sociaux. 
Tranchant avec la relative discrétion qu'il affiche depuis quelques mois au Maroc, Mohammed VI, par son penchant pour les selfies à l'étranger, supplée à la communication officielle minimale qui entoure ses fréquents voyages. Il ne manque pas de poser en compagnie de Marocains résidant à l'étranger ou d'artistes réputés proches de lui. 
Sans nouvelles de lui depuis plusieurs semaines, les Marocains découvrent donc avec surprise qu'il a subi une opération chirurgicale le 26 février à Paris, suite à un trouble du rythme cardiaque. Ils l’apprennent par le biais d'une photo montrant Mohammed VI, alité, entouré de ses enfants, de son frère et de ses sœurs.
Traduction : « Sa Majesté le roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, a subi avec succès une opération ce lundi 26 février 2018. Sa Majesté le roi a présenté le samedi 20 janvier 2018 un trouble du rythme cardiaque. Les médecins de Sa Majesté le roi ont indiqué que des explorations médicales menées à cet effet ont conclu à un flutter auriculaire sur cœur sain. L’ablation par radiofréquence de cette arythmie, réalisée lundi à la clinique Ambroise Paré à Paris, a permis de normaliser le rythme cardiaque. À l’issue d’une période de repos telle que prescrite par ses médecins traitants, Sa Majesté le roi Mohammed VI reprendra ses activités normales sans restriction aucune »
L'absence de Lalla Salma, épouse du monarque, étonne. Quasi simultanément, une campagne de dénigrement contre la Première dame est menée par un blog méconnu du grand public, qui lui reproche de « croiser le fer avec les membres de la famille royale, l’entourage du souverain et avec le personnel à son service », et juge que « son absence de la photo de famille à Paris » est probablement « la conséquence » de ces tensions présumées.
Le 21 mars, jour de leur anniversaire de mariage, le magazine espagnol Hola, citant des sources proches du palais royal, affirme que « Mohammed VI a divorcé de Lalla Salma » – ce dont de nombreux Marocains se doutaient déjà.
Traduction : « Mohammed VI et la princesse Lalla Salma : passons en revue leur histoire d’amour »
L'information est amplement reprise par la presse hispanophone, mais « ignorée » par la presse marocaine. Le sujet « a comme tétanisé la presse », et « l’argument du non-sujet, ou celui de la sphère privée à ne pas violer avancé en privé par d’autres médias pour ne pas l’aborder, cache mal en réalité la peur de s’attirer les foudres du pouvoir dans un contexte, par ailleurs de plus en plus illisible et difficile pour la liberté de la presse, où l’autocensure, largement pratiquée, est devenue une norme acceptée », écrit le journaliste marocain Ali Amar, directeur du site indépendant Le Desk.
Jusqu'à présent, le divorce n’a pas été officiellement confirmé. Contacté par Middle East Eye pour confirmer ou infirmer l'information, le cabinet royal n'a pas répondu à nos sollicitations. 

À Paris ou à Betz

Depuis son opération, le roi est toujours à Paris. Selon Maghreb Confidentiel, Mohammed VI a annulé à deux reprises son retour à Rabat, la première fois le 16 mars, la seconde le 23 mars.
Et, comme pour démentir les rumeurs le disant en mauvaise santé, Mohammed VI a multiplié les selfies, que ce soit avec des Marocains résidant à l'étrangerle rabbin Israel Goldberg ou encore Maître Gims et Jamel Debbouze, deux artistes réputés proches du souverain marocain. « Avec un roi en pleine forme », a commenté Maître Gims en postant la photo, répondant ainsi à une question que les Marocains se posaient depuis plusieurs semaines...
Traduction : « Le comédien Jamel Debbouze et le chanteur Maître Gims dans une nouvelle photo avec le roi Mohammed VI »
Ces photos sont généralement publiées sur une page Facebook administrée par Soufiane El Bahri, un mystérieux jeune homme qui jure que les photos du roi lui sont envoyées par celles et ceux qui l'ont rencontré mais qui – thèse plus vraisemblable – les reçoit sans doute des communicants du roi.
 Lire l'article :http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/mohammed-vi-le-roi-virtuel-du-maroc-669050659

dimanche 25 mars 2018

Pétition : Jerada, ville martyre ! Que cherche le pouvoir marocain ?

Larbi Fennich Maâninou et Mohammed Qnouch ont partagé la publication de Abdellatif Laâbi.

J'apporte ici mon adhésion pleine et entière à la pétition lancée par des dizaines d'associations pour soutenir le mouvement protestataire des citoyens de la ville de Jerada.
Abdellatif Laâbi

Texte de la pétition:
Nous, organisations et réseaux, affirmons notre soutien total à la lutte légitime de la population de Jerada (nord-est du Maroc) , mobilisée depuis plus de trois mois pour des revendications sociales et économiques de base, souvent de survie !
La manifestation pacifique de ce 14 mars, organisée en dehors de la ville, a fait l’objet d’une répression sauvage .
L'ampleur de la crise sociale, au Maroc est telle que des mouvements sociaux perdurent depuis plusieurs mois. Au Nord comme au Sud ces mouvements expriment les mêmes revendications : Le droit à des besoins de base tel que le droit à la santé, au travail des jeunes, aux infrastructures pour les zones marginalisées. Bref, à une vie dans la dignité et pour l'égalité des chances.

La réponse des autorités marocaines se résume en deux attitudes programmées d'avance : Tergiverser puis réprimer.
La région du Rif (région du Nord du Maroc) a connu un mouvement (Hirak) sans précédent depuis l'année dernière, avec la participation de la population d'une façon pacifique pour leurs droits économiques, sociaux et culturels. Réponse des autorités : des centaines de jeunes et de moins jeunes croupissent dans les prisons du royaume. Leurs leaders sont actuellement poursuivis pour des motifs extravagants.
Depuis plus de trois mois, la ville minière de Jérada ( Nord-Est du Maroc) vit plusieurs drames successifs : Au fait, la région de Jérada est sinistrée depuis la fin des années 90, suite à la fermeture des mines de charbon acculant des centaines de mineurs à risquer leur vie pour extraire clandestinement du charbon. Aucune perspective n'est offerte aux populations. En décembre dernier, décès de 2 frères dans un puits désaffecté de charbon, suivis de ‘un autre décès. L'exaspération de la population s'est exprimée, comme dans la région du Rif, d'une façon civilisée. Les revendications pacifiques des manifestants se sont centrées sur la nécessité d' « alternatives économiques » à l'extraction clandestine du charbon. La réponse du gouvernement s'est résumée à des promesses, avant de passer à l'arrestation de militants et l'interdiction de toute manifestation, ce qui a eu pour résultat un état de siège de la ville et des heurts entre manifestants et police . La population continue à se mobiliser en appelant à une grève générale et à une marche vers Rabat la capitale.
Nous, associations et organisations signataires, tout en affirmant notre totale solidarité avec les mouvements sociaux au Maroc pour leurs droits économiques, sociaux et culturels
exigeons :
-L’arrêt de la répression contre les mouvements sociaux au Maroc.
-La libération de tous les prisonniers politiques.
-L’ouverture de négociations sérieuses avec les représentants des mouvements sociaux sur leurs revendications
Nous appelons toutes les forces démocratiques maghrébines à soutenir ces mouvements sociaux et à dénoncer la criminalisation des mouvements sociaux pacifiques, au Maroc et au Maghreb.
Nous appelons les démocrates et les épris de paix et de justice, à travers le monde, à apporter leur soutien et leur solidarité avec ces mouvements en lutte pour la dignité, la justice sociale et la liberté.

Le 23 mars 2018
Signataires :
Associations et organisations

Immigration :
- Associaiton de Travailleurs Maghrébins en France - ATMF
- AIDDA
- Associaiton des Tunisens et Tunisennes de Suisse - ATTS
- Associaiton des Tunisiens du Nord d la France – ATNF
- Association Démocratique des Tunisiens en France - ADTF
- Association des Marocains en France – AMF
- Association des Tunisiens en France – ATF
- Association N’aouara – Bruxelles
- Asssociation de Défense des Droits de l’Homme au Maroc – ASDHOM
- Collectif Agir pour la Démocratie en Algérie – ACDA
- Collectif Culture et Citoyenneté – 3C
- Comité de Starsbourg de soutien au mouvement populaire du RIF
- Comité de Vilance pour la Démocratie en Tunisie – Belgique CVDT
- Comité Pour le Respect des Libertés et des Droits d el’Homme en Tunisie - CRLDHT

- El Ghorba Associaiton – Lyon
- Femmes plurielles – France
- Immigration Developpement Démocratie – IDD
- Plateforme Euo-Marocaine Migration Développement Citoyenneté et Démocratie
- Réseau Euro-Maghrébin Citoyenneté et Culture - REMCC
- SOS Migrants - Bruxelles
- Union des Tunisiens pour une Action Citoyenne – UTAC
- Association Sahraouie pour le Développement, la Démocratie et les Droits Humains - AS3DH
- Euro-Mediterraan Centrum Migratie &Ontwikkeling – EMCEMO Pays-Bas
-Association des Tunisiens de l’Isère Citoyens des Deux Rives

Maghreb :
Association Amal "Femmes en Mouvement pour une Vie Meilleure"
Association Carrefour des Initiatives (Maroc)
Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis AFAPREDESA
Association Lumière sur L'Émigration au Maroc ALECMA
ASSOCIATION MAINS LIBRES جمعية ايادي حرة
Association Marocaine des Droits Humains – AMDH
Association Relais Prison /Société
-Association Réseau National anti-Corruption – Tunisie
Association Tunisienne des Femmes Démocrates ATFD
Association Vigilance pour la Démocratie et l’ Etat Civique – Yaquadha – Tunisie
Centre Marocain de Réhabilitation des Victimes de la Torture
Centre Marocain pour la Démocratie des Elections
Centre Marocain pour la Démocratie des Elections
Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM)
CONFEDERATION GENERALE DU TRAVAIL (CGT MAROC)
Confédération Démocratique du Travail (CDT)
COORDINATION MAGHREBINE DES DROITS DE L'HOMME (CMODH)
Federation Nationale des Associations Amazigh (FNAA)
FORUM AL KARAMA POUR LES DROITS DE L'HOMME منتدى الكرامة لحقوق الإنسان
Forum Marocain des Alternatifs Sud – FMAS
Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux – FTDES
GASO( groupe anti gaz de schiste d'Oran
Instance Marocaine des Droits de l'Homme (IMDH)
JEUNESSE OUVRIERE MAROCAINE
Ligue Algerienne de Defense des Droits de l’Homme – LADDH
Ligue Marocaine pour la Citoyenneté et les Droits de l'Homme
Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme – LTDH
Mouvement Anfass Démocratique
Observatoire Marocain des Libertés Publiques – OMLP
Organisation pour les Libertés d'Information et d'Expression - OLIE
Rassemblement Jeunesse Algérie - RAJ
Réseau de Redevabilité Sociale au Maroc
Réseau des Associations de Quartiers de Casablanca RESAQ
RESEAU MAROCAIN POUR LE LOGEMENT DÉCENT الشبكة المغربية من أجل السكن اللائق
Syndicat Autonome des Personnels de l’Administration Publique, Algérie – SNAPAP
Syndicat National des Journalistes Tunisiens SNJT
Association Femmes pour l'Egalité et la Démocratie-MAROC
Forum Marocain pour l'Enseignement (Maroc)
Collectif des Communautés Subsahariennes au Maroc CCSM
Association marocaine pour un contrat mondial de l'eau (ACME-Maroc)
Association Neama pour le Développement (Maroc)
Observatoire Marocain des Prisons
Instance Nationale de protection des Biens Publics au Maroc-I.N.P.B.P.M.
INSTITUT DE FORMATION DES AGENTS DE DEVELOPPEMENT-IFAD MAROC
TRANSPARENCY MAROC
Association Femmes pour l'Egalité et la Démocratie-MAROC
Forum Marocain pour l'Enseignement (Maroc)
Collectif des Communautés Subsahariennes au Maroc CCSM
Association marocaine pour un contrat mondial de l'eau (ACME-Maroc)
Association Neama pour le Développement (Maroc)
Observatoire Marocain des Prisons
Instance Nationale de protection des Biens Publics au Maroc-I.N.P.B.P.M.
Jeunes Femmes pour la Démocratie – Maroc
Organisation Démocratique du Travail – ODT Maroc
Association Démocratique des Femmes du Maroc - ADFM
Forum Social de la Justice Climatique
Association Marocaine pour le Journalisme d'Investigation (AMJI)
Forum Marocain des Femmes
Association Action Citoyenne et Ecologique (AACE) - Maroc

Organisations Régionales :
- Coordination Maghrébine des Organisation de Droits de l’Homme – CMODH
- Euromed Droit – REMDH

Europe :
- Cedetim
- Europe Ecologie Les Verts - EELV
- Initiative Pour un Autre Monde - IPAM
- Ligue des Droits de l’ Homme – LDH France
- Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples – MRAP
- Nouveau Parti Anti-Capitaliste – NPA
- Parti Communiste Français – PCF
- Réseau Sortir du Colonialisme - France
- Union Syndicale Solidaires – SUD
- Partenia 2000 – France
– Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne-ATTAC�- Global Social Justice-Bruxelles
- Droit Devant – France
- Le Mouvement LE CRI – France

vendredi 23 mars 2018

Jerada ou les mines de la mort.vidéo

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  • PartagerMustapha Hasnaoui à ضمير Damir

    Abandonnées en 98 à cause de leur faible rendement, les habitants confrontés au chômage estimé à 32% (le double du Maroc) y sont retournés pour extraire du charbon au péril de leur vie. Plusieurs jeunes sont morts pris au piège dans les galeries qu'ils creusent de leurs mains.
    4 notables, qui ont l'autorisation d'exploiter ces mines, rachètent à ces jeunes le charbon de la mort à 80 Dh le sac, qu'ils revendent à 800 Dh.
    On dirait un remake au 21ème siecle, en vrai, du roman "Germinal" d'Émile Zola en 1885.