Société Publié Le 13/02/2019
Des
dispositions vont être prises pour la protection des enfants en situation de
grande précarité dans les rues du Maroc. Les assistants sociaux, la société
civile et les officiers de la police judiciaire, entre autres, sont amenés à
collaborer dans cette perspective.
Le procureur
général du roi près la cour de cassation, Mohamed Abdennabaoui, a exhorté hier
les procureurs marocains à prêter une attention particulière au phénomène des
«enfants des rues» et à y mettre un terme. Dans une circulaire, il demande au ministère public de
mettre en œuvre les dispositifs relatifs à la protection des enfants abandonnés
ou en situation de grande précarité, et de mettre à leur disposition des lieux
sûrs, soit au sein de leurs familles, soit dans des centres dédiés à cet effet.
Le procureur
a également appelé à donner la priorité «à l’intérêt supérieur de l’enfant»,
soulignant la nécessité de prendre en compte la spécificité de chacun d’entre
eux et de solliciter la contribution des assistants sociaux et des officiers de
la police judiciaire. Les magistrats sont par ailleurs incités à collaborer
avec les autres institutions de L’État et la société civile pour garantir la
protection des droits des enfants.
Ces
dispositions seront appliquées dans un premier temps à Rabat, avant d’être
généralisées aux autres villes du royaume, dans le cadre d’un plan d’action qui
inclut la publication de statistiques sur ce phénomène et les mesures prises
pour l’éradiquer. La circulaire du procureur du roi près la cour de cassation
constitue une étape dans la campagne de sensibilisation panafricaine «Pour des
villes africaines sans enfants des rues», lancée en novembre dernier à
Marrakech, Rabat en étant au Maroc la déclinaison pilote.
25 000
enfants dans les rues du Maroc en 2015
Dans un
message aux participants au 8e Sommet Africités à Marrakech, du 20 au 23
novembre dernier, le roi Mohammed VI avait rappelé que dans le
monde et sur les 120 millions d’enfants des rues, «un enfant des rues sur
quatre est Africain». Et d’ajouter qu’«un comité d’expertise et de suivi
permettra d’institutionnaliser ces engagements, d’assurer le suivi des actions
entreprises dans les villes africaines et d’améliorer les outils d’intervention
en faveur de l’enfance».
Car la tâche
est grande : en 2015, l’Observatoire national des droits de l’enfant
(ONDE) estimait à 25 000 le nombre d’enfants vivant dans les rues (du Maroc), dont un
quart à Casablanca, d’après le journal Le Monde.
«Environ 30 % de ceux que nous rencontrons sont des mineurs. On n’arrive pas
vraiment à les aider, ils veulent seulement partir en Europe», expliquait au
journal français Hakima Komairi, la secrétaire générale de l’association Qulub
Alrahima, basée à Tanger.




