2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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mercredi 27 janvier 2021

Rappel : Coronavirus en Belgique : les écoles, les bars, les restaurants ferment… Et les prisons ?

  par Luk Vervaet, ancien enseignant dans les prisons, et Jean-Marc Mahy, éduc-acteur

(Photo anti-k.org :: corona et révolte dans les prisons italiennes)

Le 12 mars 2020, la presse nous apprend qu’au palais de justice de Mons, la présidente de la cour d'assises a été contaminée par le coronavirus et qu’une cour d’assises sera reportée. L’avocate Nathalie Gallant déclarait à ce propos : « Des mesures doivent être prises, Il en va de la santé de tous, tant des clients que des avocats. Il ne faudrait vraiment pas qu’un détenu qui se présente à une audience risque de contaminer tous les autres en prison ». 
Depuis, confirmé par l’administration pénitentiaire, un cas de coronavirus a été avéré à la prison de Mons. 
Le lendemain, la majorité du personnel pénitentiaire de la prison de Saint-Gilles est absente ! Avec comme conséquence que toutes les visites et toutes les activités sont annulées. 
Se dirige-t-on vers des situations à l’italienne ?

La prison face à quatre défis majeurs

Il ne faut pas être virologue pour comprendre que le monde carcéral, institution de confinement total par définition, est des plus vulnérables face aux virus et aux épidémies. Ce qui cause des ravages à l’intérieur des prisons et constitue une menace pour la société dans son ensemble. 
Le problème est multiple. 
Il y a le lieu confiné qui provoque la propagation des maladies. Il y a la concentration de personnes malades. Il y a le manque de soins à tous les niveaux. Il y a la surpopulation. Selon les derniers chiffres de 2019, les 36 prisons du pays comptent ensemble 1.862 détenus en trop, compte tenu de leur capacité.

La prison, une concentration de maladies

Déjà en novembre 2013 se tenaient au parlement belge les États généraux sur la prison, à l'initiative du Conseil central de Surveillance pénitentiaire. Le professeur Cosyns, de l'Universitair Forensisch Centrum Antwerpen, y tenait un exposé sur les soins de santé au sein des prisons belges. Il nous informait du fait que le taux de tuberculose dans les prisons est seize fois supérieur au taux dans le pays ; celui du sida cinq fois, de l'hépatite C sept fois, des psychoses cinq fois, de suicide six fois, de problème d'alcoolisme ou autres drogues sept fois, de l'expérience de consommation de l'héroïne cinquante-quatre fois. 
Depuis, les problèmes n’ont fait qu’empirer, aggravés par la surpopulation et les économies au niveau des soins. 
Cinq ans plus tard, le journal De Tijd (3 mai 2018) titre : « Les médecins dans les prisons constatent la propagation des maladies contagieuses dans les prisons, comme la tuberculose, l’hépatite B et C, la gale et le VIH ». Selon le syndicat ACV, ajoute le journal, les économies au niveau des moyens pour assurer l’hygiène sont en cause.

La prison, des épidémies en chaine

Les prisonniers et leurs familles ont déjà fait l’expérience des mesures de confinement et d’isolement drastiques auxquelles toute la société est brusquement soumise aujourd’hui. 

Prenons quelques exemples récents.

En juin 2017, découverte de la rougeole à la prison de Gand, suivie d’interdiction de visites, de nouvelles entrées de détenus dans la prison et de l’arrêt des transports vers les tribunaux. 
En avril 2019, la prison de Mons est frappée par ce que les autorités pénitentiaires et les syndicats appellent « une catastrophe » : une épidémie de punaises de lit, qui pourrait même se répandre en dehors de ses murs avec des conséquences pour la salubrité publique. 
Fin mai 2019, épidémie de rougeole à la prison de Lantin, suivie par une mise en isolement des 1000 détenus dans leurs cellules pendant des semaines, pas de transferts, pas de visites autorisées pour les familles des détenus. 
En juillet 2019, c’était au tour de la prison de femmes de Berkendael à être frappée par le fléau des punaises de lit. Avec comme conséquence un lock down complet de la prison pendant près d’un mois :  pas de visites, pas d’activités, pas de téléphone, pas de services extérieurs… 
En septembre 2019, une douzaine de cas de gale sont constatés à la prison d'Arlon.

Prisons : toujours la même solution face à une crise.

Renforcer l’isolement, arrêter toutes les activités, interdire les visites… sont à chaque fois la réponse aux crises. Ce qui ne fait qu’augmenter le vécu de l’exclusion et provoquera inévitablement des révoltes comme on en a vu en Italie.  En Italie, où les détenus se trouvent parfois à cinq dans une même cellule, un mouvement de révolte s'est en effet déclenché, provoqué par l'inquiétude sur l'épidémie et l'annulation des parloirs pour les familles. En tout, douze prisonniers sont décédés.

Il faut libérer des prisonniers.

L’Iran, pays faisant partie de « l’axe du mal » et mis en isolement par un boycott du monde occidental, a libéré temporairement 77.000 prisonniers, après les avoir testés médicalement. Des mesures inimaginables en Belgique ?

Quelques mesures de bon sens pourraient enlever immédiatement la pression sur les prisons, aussi bien sur les détenus que sur le personnel pénitentiaire. 
En diminuant radicalement le nombre de détenus dans nos prisons par la libération de tous les détenus en détention préventive (36% de toute la population carcérale) qui ne constituent pas un danger pour autrui. 
En libérant toutes les femmes prisonnières et tous les détenus âgés, fragiles, malades qui ne constituent pas un danger pour la société. En mettant fin à l’arrêt actuel des libérations conditionnelles. 
En renforçant les soins dans les prisons. 
En allongeant la possibilité de téléphoner à la famille.

On ne peut qu’espérer que l'expérience sociétale de cette épidémie augmentera la compréhension des problèmes vécus au sein du monde carcéral.

Cet article est aussi paru dans POUR et dans LEGRANDSOIR
 

(photo :Marcus, Jean-Marc et Luk à Haren)


mercredi 27 mai 2020

Les Marocains pourront-ils voyager en Europe cet été ?



Voici ce que l'on sait

Pour la France, les non-Européens sont toujours interdits d'accès. L'Espagne lèvera le 1er juillet l'obligation de quarantaine pour les touristes étrangers. Le Royaume-Uni imposera une quarantaine stricte.
Les Marocains pourront-ils voyager en Europe cet été ? Voici ce que l'on sait
Selon les informations disponibles au mardi 26 mai, les Marocains pourront voyager cet été en Espagne sans devoir se soumettre à une quarantaine, mais pas en France où les frontières sont pour l’heure fermées aux voyageurs qui viennent de l’extérieur de l’espace européen. Les Marocains souhaitant se rendre au Royaume-Uni devront, comme n’importe quel voyageur de toute nationalité, se soumettre à un isolement strict de quatorze jours.
En France, le ministère de l’Intérieur a publié un communiqué vendredi 22 mai sur son site, dans lequel il revient sur les restrictions de circulation et la mise en place de mesures sanitaires aux frontières. Il distingue principalement deux catégories de voyageurs : d’une part, ceux en provenance de l’extérieur de l’espace européen (l’ensemble des pays du monde sauf les États membres de l’Union européenne, le Royaume-Uni, Andorre, l’Islande, le Liechtenstein, Monaco, la Norvège, Saint-Marin, la Suisse et le Vatican) ; d’autre part, ceux en provenance de l’intérieur de l’espace européen (les États membres de l’Union européenne, le Royaume-Uni, Andorre, l’Islande, le Liechtenstein, Monaco, la Norvège, Saint-Marin, la Suisse et Vatican).
Concernant la première catégorie, à laquelle appartiennent donc les Marocains, le ministère de l’Intérieur indique que ''le principe qui reste en place aujourd’hui, et jusqu’à nouvel ordre, c’est la fermeture des frontières et donc l’interdiction d’entrée''. Il ajoute que ''les Français ou résidents permanents en France peuvent toutefois continuer d’accéder au territoire français, ainsi que certaines catégories spécifiques précisées sur le site du ministère de l’Intérieur''.
Pour les Français ou résidents permanents en France, la quarantaine est volontaire mais le ministère de l’Intérieur appelle à ''agir en responsabilité''. Il précise : ''A l’arrivée, les personnes admises sur le territoire national en provenance de l’extérieur de l’espace européen se verront ainsi remettre une information sur les conditions dans lesquelles la quarantaine volontaire peut être effectuée au domicile de leur choix ou, le cas échéant, dans une structure d’hébergement adaptée. Il est appelé au civisme et au sens des responsabilités des voyageurs pour mettre en œuvre cette précaution sanitaire.''

L’Espagne plus souple, le Royaume-Uni plus strict

L’Espagne fait preuve de plus de souplesse : la quarantaine imposée aux touristes étrangers sera levée le 1er juillet, a indiqué le gouvernement espagnol, lundi 25 mai, deux jours après l’annonce d’une réouverture des frontières au tourisme international.
Pour rappel, le gouvernement espagnol impose depuis le 15 mai une quarantaine de 14 jours à toutes les personnes espagnoles ou étrangères entrant en Espagne, afin d’éviter l’importation de nouveaux cas de coronavirus durant le déconfinement progressif du pays.
De son côté, le Royaume-Uni a annoncé une quarantaine stricte pour toutes les arrivées sur son territoire, y compris pour les citoyens britanniques. Vendredi 22 mai, la ministre de l’Intérieur Priti Patel a en effet confirmé qu’un isolement strict de quatorze jours s’imposera à partir du 8 juin à tous les voyageurs arrivant dans le pays, quelle que soit leur nationalité et leur moyen de transport (avion, train ou ferry). Une quarantaine que la ministre a jugée ''vitale'' pour éviter une deuxième vague de l’épidémie ''dévastatrice''.
En Allemagne, du 10 avril jusqu’au 15 mai, toute personne entrant sur le territoire allemand était soumise à une mise en quarantaine à domicile pendant 14 jours. Depuis, les arrivées en provenance de l’Union européenne, du Royaume-Uni et de l’espace Schengen en sont exemptées, indique le journal britannique The Telegraph.

samedi 14 mars 2020

Coronavirus : les écoles, les bars, les restaurants ferment… Et les prisons ?









 par Luk Vervaet, ancien enseignant dans les prisons, et Jean-Marc Mahy, éduc-acteur
(photo :Marcus, Jean-Marc et Luk à Haren)



Le 12 mars, la presse nous apprend qu’au palais de justice de Mons, la présidente de la cour d'assises a été contaminée par le coronavirus et qu’une cour d’assises sera reportée. L’avocate Nathalie Gallant déclarait à ce propos : « Des mesures doivent être prises, Il en va de la santé de tous, tant des clients que des avocats. Il ne faudrait vraiment pas qu’un détenu qui se présente à une audience risque de contaminer tous les autres en prison ». 
Depuis, confirmé par l’administration pénitentiaire, un cas de coronavirus a été avéré à la prison de Mons. 
Le lendemain, la majorité du personnel pénitentiaire de la prison de Saint-Gilles est absente ! Avec comme conséquence que toutes les visites et toutes les activités sont annulées. 
Se dirige-t-on vers des situations à l’italienne ?

La prison face à quatre défis majeurs

Il ne faut pas être virologue pour comprendre que le monde carcéral, institution de confinement total par définition, est des plus vulnérables face aux virus et aux épidémies. Ce qui cause des ravages à l’intérieur des prisons et constitue une menace pour la société dans son ensemble. 
Le problème est multiple. 
Il y a le lieu confiné qui provoque la propagation des maladies. Il y a la concentration de personnes malades. Il y a le manque de soins à tous les niveaux. Il y a la surpopulation. Selon les derniers chiffres de 2019, les 36 prisons du pays comptent ensemble 1.862 détenus en trop, compte tenu de leur capacité.

La prison, une concentration de maladies

Déjà en novembre 2013 se tenaient au parlement belge les États généraux sur la prison, à l'initiative du Conseil central de Surveillance pénitentiaire. Le professeur Cosyns, de l'Universitair Forensisch Centrum Antwerpen, y tenait un exposé sur les soins de santé au sein des prisons belges. Il nous informait du fait que le taux de tuberculose dans les prisons est seize fois supérieur au taux dans le pays ; celui du sida cinq fois, de l'hépatite C sept fois, des psychoses cinq fois, de suicide six fois, de problème d'alcoolisme ou autres drogues sept fois, de l'expérience de consommation de l'héroïne cinquante-quatre fois. 
Depuis, les problèmes n’ont fait qu’empirer, aggravés par la surpopulation et les économies au niveau des soins. 
Cinq ans plus tard, le journal De Tijd (3 mai 2018) titre : « Les médecins dans les prisons constatent la propagation des maladies contagieuses dans les prisons, comme la tuberculose, l’hépatite B et C, la gale et le VIH ». Selon le syndicat ACV, ajoute le journal, les économies au niveau des moyens pour assurer l’hygiène sont en cause.

La prison, des épidémies en chaine

Les prisonniers et leurs familles ont déjà fait l’expérience des mesures de confinement et d’isolement drastiques auxquelles toute la société est brusquement soumise aujourd’hui. On ne peut qu’espérer que cette expérience sociétale augmentera la compréhension des problèmes vécus au sein du monde carcéral. 

Prenons quelques exemples récents.

En juin 2017, découverte de la rougeole à la prison de Gand, suivie d’interdiction de visites, de nouvelles entrées de détenus dans la prison et de l’arrêt des transports vers les tribunaux. 
En avril 2019, la prison de Mons est frappée par ce que les autorités pénitentiaires et les syndicats appellent « une catastrophe » : une épidémie de punaises de lit, qui pourrait même se répandre en dehors de ses murs avec des conséquences pour la salubrité publique. 
Fin mai 2019, épidémie de rougeole à la prison de Lantin, suivie par une mise en isolement des 1000 détenus dans leurs cellules pendant des semaines, pas de transferts, pas de visites autorisées pour les familles des détenus. 
En juillet 2019, c’était au tour de la prison de femmes de Berkendael à être frappée par le fléau des punaises de lit. Avec comme conséquence un lock down complet de la prison pendant près d’un mois :  pas de visites, pas d’activités, pas de téléphone, pas de services extérieurs… 
En septembre 2019, une douzaine de cas de gale sont constatés à la prison d'Arlon.

Prisons : toujours la même solution face à une crise.

Renforcer l’isolement, arrêter toutes les activités, interdire les visites… sont à chaque fois la réponse aux crises. Ce qui ne fait qu’augmenter le vécu de l’exclusion et provoquera inévitablement des révoltes comme on en a vu en Italie.  En Italie, où les détenus se trouvent parfois à cinq dans une même cellule, un mouvement de révolte s'est en effet déclenché, provoqué par l'inquiétude sur l'épidémie et l'annulation des parloirs pour les familles. En tout, douze prisonniers sont décédés.

Il faut libérer des prisonniers.

L’Iran, pays faisant partie de « l’axe du mal » et mis en isolement par un boycott du monde occidental, a libéré temporairement 77.000 prisonniers, après les avoir testés médicalement. Des mesures inimaginables en Belgique ?

Quelques mesures de bon sens pourraient enlever immédiatement la pression sur les prisons, aussi bien sur les détenus que sur le personnel pénitentiaire. 
En diminuant radicalement le nombre de détenus dans nos prisons par la libération de tous les détenus en détention préventive (36% de toute la population carcérale) qui ne constituent pas un danger pour autrui. 
En libérant toutes les femmes prisonnières et tous les détenus âgés, fragiles, malades qui ne constituent pas un danger pour la société. En mettant fin à l’arrêt actuel des libérations conditionnelles. 
En renforçant les soins dans les prisons. 
En allongeant la possibilité de téléphoner à la famille. 



mercredi 22 janvier 2020

“ Rappelez-moi comment c’est à l’extérieur.0148 Un texte inédit d’Ali Aarrass


« Rappelez-moi comment c’est à l’extérieur. Dites-moi, c’est quoi la liberté … », un texte inédit d’Ali Aarrass

"... Un désir profond de serrer ma fille dans mes bras..."
Ce texte inédit d’Ali Aarrass, avec ses Lettres de prison, publiées en 2016, a sa place à côté des plus beaux textes de prison du Palestinien Mahmoud Darwish, de l’Américaine Assata Shakur ou de l’Allemande Rosa Luxembourg. 
Il y a quelque temps j’avais demandé à Ali d’écrire la préface d’un livre que j’avais l’intention d’écrire, regroupant des textes parus sur le site Free Ali pendant ses années de détention. Pour de multiples raisons ce livre ne s’est pas fait. La préface d’Ali, je l’ai gardée pour moi comme un précieux cadeau.  Aujourd’hui, deux mois avant sa libération (le 2 avril 2020), j’en partage quelques extraits avec vous.  Ce texte est un message d’humanité, aussi poétique et émouvant que bouleversant. Une réflexion profonde sur la liberté et la dignité, que seuls ceux qui ont dû traverser l’enfer, sont capables d’écrire.    Que tout le monde en puise des forces pour continuer son combat pour la justice et l’égalité.  Merci de faire connaître les paroles d’Ali et de les partager autour de vous. 
Luk Vervaet
« … Demain, je serai honoré de vous connaître sur le terrain. Vous, le Comité de soutien et tous les sympathisants.  Si je sors un jour à la vie, ma maison n’aura pas de clés. Elle sera toujours ouverte, comme la mer, le soleil et l’air. Qu’ils entrent : les oiseaux, le jour, la nuit, la pluie bleue, et la lune, ma douce amante…  Mais avant, rappelez-moi comment c’est le monde à l’extérieur ? Parce que la prison, c’est comme un insatiable vampire, qui peu à peu absorbe mes souvenirs.  Dites-moi aussi comment est la justice, car là où je me trouve entre ses quatre murs maudits, la justice est une caricature, une mascarade !  Mais ne me dites pas ce qu’est la dignité.  Parce que je l’ai connu intimement.  C’est avec elle que je me couche, avec elle je me lève, je mange à sa table, je lui offre ma faim, elle est la pure essence de la liberté. C’est elle qui m’a fait comprendre que j’étais incarcéré, mais libre.  Aujourd’hui, je me dois un grand respect vers ceux qui croient et voient en elle la sincérité, la cohérence, un compromis d’amour actif envers les autres, en particulier envers les plus humiliés, les offensés. Vous comprendrez que l’homme n’est homme que s’il se convertit à l’humanité. 
Luk, en dépit des circonstances souvent désastreuses, a-t-on le droit de rêver ?  Car un de mes rêves, c’est de voir un monde sans faim, sans guerres, sans inégalités sociales, où le soleil sort et nous réchauffe tous. Mais sommes-nous prêts à tout accepter, quoi qu’il arrive ? Il faut avoir confiance en soi, connaître ses capacités, avoir la volonté d’arriver au but. Se réaliser que toutes les expériences négatives qu’on vît, doivent être perçues comme de véritables opportunités pour se remettre en question, et jamais, à aucun moment, permettre aux échecs apparents de nous décourager. 
Si nous tombons, relevons-nous tout simplement. Et essayons encore. Et ne soyons à aucun moment satisfaits de rester statiques. Il faut aller en avant, toujours en avant ! Nous devons être parmi ses hommes qui pendant des siècles ont été à l’image de l’arbre privé à la fois d’air et de racines. Ce n’est pas la première fois que des hommes auront joué ce rôle dans la cristallisation de la conscience, de l’espoir et de souvenirs. Et cela malgré la répression, la prison ou le bannissement quand ils n’ont pas choisi l’exil.  Aujourd’hui, plus que jamais, l’être humain doit être solidaire, il doit simplement défendre la paix, la liberté et la sécurité des siens.
Luk, alors que je suis plongé dans l’écriture, mon stylo s’arrête de lui-même et observe une minute de silence. Que se passe-t-il ? Y-at-t-il  un opprimé qui meurt quelque part ? Oui, nombreuses sont les lampes qui ont honte de ce qui se passe autour d’elles. Elles détournent le regard vers le plafond… Quant à moi, je me sens toujours prisonnier de celui qui me tend la main. Durant toutes ces années en prison, au lieu d’être angoissé, ça a donné plus de valeur à mon existence, dans une dimension spéciale, avec un désir profond de sentir un jour la liberté, de pouvoir marcher sur l’herbe, de regarder le grand ciel bleu, les étoiles, et de serrer ma fille dans mes bras. Ce sentiment de pouvoir découvrir, de posséder à nouveau un jour, me rendait heureux. 
Oui, je sais parfaitement encaisser les chocs, en me serrant les dents, en mobilisant mes ressources pour affronter et traverser les épreuves pendant les tempêtes. Il fallait que je reste concentré sur mon objectif pour arriver à bon port, sain et sauf. Je dois reconnaître aussi que le recours à l’endurance provient d’un long entrainement. Qui prend très souvent une source dans l’enfance. C’est là, que j’ai dû apprendre à ne compter que sur moi pour m’en sortir des situations difficiles. Le choc de l’épreuve non seulement ne provoque pas l’effondrement, mais il met celui qui le subit en contact direct avec ses ressources et ses compétences de survie. C’est pour cela que nous devons savoir que la volonté et la possession d’une boîte à outils personnelle nous permet de ne pas se sentir démuni face à adversité. De se programmer pour résister dans le temps. Aide-toi, le ciel t’aidera ! 
Celui qui doit endurer ne quitte pas son armure. Il vît comme s’il fallait être prêt à tout moment à affronter une épreuve. Aujourd’hui, toutes ces épreuves ne m’ont pas broyé ! Je suis toujours là, ici. Ils ont voulu me briser dans des conditions de détention inhumaines, mais au contraire je suis resté debout et bien raide avec ma dignité inséparable. Je les remercie d’avoir fait de moi un homme plus fort encore, avec ma conscience et ma dignité d’homme libre toujours dans mon esprit. Je dois dire que j’ai pleinement conscience d’être un privilégié, Dieu merci, de toutes ces années dures et difficiles. Je sais de quoi je parle. 
Je me pose cette question : peut-on faire un grand pas dans la vie sans avoir des garanties ? Ou devons-nous prendre le taureau par les cornes et s’engager très vite sur une autre voie, si ce n’est que pour éviter cette catastrophe ou au moins tenter de l’atténuer.
Luk, au nom de tous les opprimés du monde, je vous remercie, et tout le Comité de soutien, ainsi que tous les hommes et toutes les femmes dont l’aide nous a été précieuse pour mener à bien votre combat. Et surtout de ne jamais avoir baissé les bras… ».
Ali Aarrass

jeudi 27 juin 2019

Migrants : "L'humanité est en train de quitter l'Union européenne", s'alarme France terre d'asile




L'association s'inquiète du sort des migrants alors que le navire Sea-Watch a forcé le blocus des eaux territoriales italiennes pour tenter de débarquer 42 personnes. 
42 migrants sont bloqués à bord du Sea-Watch depuis deux semaines.
42 migrants sont bloqués à bord du Sea-Watch depuis deux semaines. (- / LOCALTEAM)

mardi 25 juin 2019

Mohamed Morsi est mort au tribunal


h(photo : Mohamed Morsi waves from inside the defendants cage during a 2015 trial in Cairo. STR/AFP/Getty Images)amed Morsi, cronique d’une mise à mort préméditée

Egypte Morsi in a cage in court
 (photo : Mohamed Morsi waves from inside the defendants cage during a 2015 trial in Cairo. STR/AFP/Getty Images)


par Luk Vervaet, 

Mohamed Morsi est mort  le 17 juin 2019.

Il était le premier président égyptien élu démocratiquement, en 2012 avec 52% des voix, après la révolte populaire de 2011 qui avait mis fin à 30 ans de dictature de Hosni Moubarak. Après son élection, lors de son premier speech à la place Tahir devant des dizaines de milliers de supporters, il promettait de tout faire pour sortir Omar Abdel-Rahman, le Cheikh égyptien aveugle, de sa prison de haute sécurité américaine et de sa détention en isolement.


Egypte USA le cheikh aveugle
le Cheikh aveugle Omar Abdel-Rahman
Il n’y est pas parvenu : après plus de 20 ans en prison et en isolement total, Omar Abdel Rachman est mort dans le goulag américain en 2017, à l’âge de 78 ans. Selon les autorités américaines Omar Rachman était mort « de causes naturelles… Omar Abdel-Rahman souffrait de diabète depuis l’enfance et de problèmes artériels ». Quand Mohamed Morsi se mobilisait pour le Cheikh aveugle, il n’a certainement pas prévu qu’il allait lui-même perdre l’usage de son œil gauche en prison, et qu’il allait mourir lui-même à 67 ans, deux ans après le Cheikh, dans des conditions similaires.     
Mohamed Morsi a été tué par sa mise en isolement total et par la négligence médicale qui y a été liée. Pendant ces trois dernières années, des avocats, des médecins, des parlementaires ont averti les autorités égyptiennes et le monde. Ils ont répété à mainte reprise que Mohamed Morsi allait mourir.
Mais ses conditions de détention infernales ont été maintenues, jusqu’à ce qu’il en meure. Le régime de détention en isolement qu’a subi Morsi fait partie d’un schéma de torture légale pratiqué de plus en plus fréquemment dans le monde. Sous des formes différentes et variables, mais avec un même but : l’anéantissement psychologique et physique de la personne, en la poussant au suicide ou à la mort ‘naturelle’. 
       
Le coup d’Etat d’ Al-Sisi suivi d’une terreur sans précédent
La présidence de Morsi n’a duré qu’un an. Du 30 juin 2012 jusqu’à son renversement par un coup d’État par le général Al-Sisi, le 3 juillet 2013. Un coup d’Etat qui s’ajoute à la liste des 89 coups d’État en Afrique depuis 1953. Et qui, comme on le verra, ajoutera le nom de Mohamed Morsi à la liste des dizaines de dirigeants africains et des 22 présidents africains assassinés depuis 1963. 

mardi 18 juin 2019

22 juin : « Grand appel d’air »

22 juin : « Grand appel d’air »

« Le 22 juin aura lieu à la Roche de Rame dans le parc du château le festival du « Grand appel d’air »
Organisé par le comité de soutien aux 3+4+3+… de Briançon, ce festival se déroulera sous le signe de la solidarité.
De nombreux artistes et intervenants ont répondu présents pour apporter leur soutien à celles et ceux qui sont poursuivis par la justice pour avoir apporté de l’aide aux exilés.
Pour rappel , 9 personnes ont déjà été condamnées et toutes ont fait appel de cette condamnation. Depuis, de nouvelles personnes solidaires sont poursuivies, et à nouveau ces jours derniers.  
Cette journée sera aussi l’occasion de dénoncer les murs dressés par l’Europe pour dénier le droit aux exilés de trouver refuge.Ces murs sont faits de conditions indignes d’accueil, de déni de droits, de violences policières, de risques mortels lors des traversées en méditerranée ou en montagne, de déni d’humanité.
Trois projections de films « Déplacer les  montagnes  » de Laetitia Cuvelier et Isabelle Mahenc, » Colis suspect » de Rosa Pérez Masdeu et Sofia Catala Vidal, « Je ne sais ou nous serons demain » de Murielle Cravatte en avant première, une table ronde avec MC Vergiat, Cristina Del Baggio géographe , Cécilia Vergnano, chercheuse, pour documenter et réfléchir , une pièce de théâtre pour jeunes public « né quelque part » de Mathieu Barbances, et de multiples animations pour se rencontrer, discuter, partager.
Neuf groupes de musique dont les Zoufris Maracas et Raphael Imbert feront raisonner dans la vallée l’air du soutien et de la solidarité jusqu’au tard dans la nuit. 
L’ensemble des recettes de ce festival est destiné à soutenir financièrement les personnes poursuivies, entrée à prix libre de soutien !
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