2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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mardi 29 mai 2018

Adala UK "extrêmement préoccupée" par les détentions arbitraires de journalistes sahraouis par les autorités marocaines


Londres, 26 mai 2018(SPS)

 L’organisation basée à Londres qui se consacre  aux droits de l’Homme au Sahara occidental occupé, Adala Uk, s’est dit  "extrêmement  préoccupée" par l’ampleur des intimidations et de détentions  arbitraires marocaines contre des journalistes sahraouis.
Dans un dernier rapport publié cette semaine, l’ONG a relevé que les  autorités marocaines poursuivent leurs attaques contre les journalistes  afin de les empêcher de signaler les violations des droits de l’Homme  commises par les forces marocaines dans les territoires occupés du Sahara  occidental.
Adala Uk cite en exemple le cas du journaliste sahraoui, Laaroussi Ndour,  arrêté le 2 mai 2018 et privé de son droit d’avoir une représentation  légale, et du droit de contacter sa famille.
Avant même son arrestation, au cours des dernières années, Laaroussi a été  harcelé et menacé par la police marocaine et a été victime de violences  policières, notamment après avoir assuré la couverture médiatique du procès  injuste des prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik.
Pendant sa détention, le journaliste a été torturé et forcé à signer des  aveux sous la torture. Le 21 mai, Laaroussi a été condamné à trois mois de  prison.
La journaliste sahraouie Salha Boutinguiza a été, à son tour, arrêtée  pendant qu’elle couvrait le procès de Laaroussi.
Adala UK souligne que les autorités marocaines savent que les journalistes  sahraouis sont "souvent la seule source d'information sur les violations  des droits de l’Homme par le Maroc dans les territoires occupés du Sahara  occidental", les médias internationaux et les observateurs étant  fréquemment privés d'accès dans la région.
Afin de les faire taire et de les empêcher de mettre à nu les dépassements  marocains, Rabat cible systématiquement les journalistes sahraouis, affirme  Adala UK.
"Les journalistes sahraouis, pour la plupart autodidactes et travaillant  avec peu de ressources, sont dans une position extrêmement vulnérable et  sont persécutés, soumis à des arrestations et à des détentions arbitraires  et poursuivis pour des accusations criminelles falsifiées et condamnés sur  la base d’aveux faits sous la contrainte et même la torture", dénonce  l’organisation.
Elle rapporte que d'autres journalistes sahraouis purgent actuellement des  peines de prison en raison de leur activisme médiatique, tels que Salah  Eddine Bassir, Al Mohamed Salem Meyara et Mohamed El-Gomai.
Les deux derniers sont en grève de la faim depuis le 2 mai pour protester  contre "les traitements inhumains" dont ils sont victimes et l'acharnement  marocain contre les journalistes sahraouis.
Adala UK note que les journalistes les plus ciblés sont ceux qui couvrent  les manifestations revendiquant l'indépendance du Sahara occidental et  celles qui contestent l'exploitation illégale des ressources naturelles des  territoires occupés par le Maroc.
"En l'absence d'autres mécanismes de surveillance des droits de l'homme,  les journalistes sahraouis sont la principale source d'information et de  documentation sur les violations des droits de l'homme commises dans les  territoires occupés du Sahara occidental", a souligné l’ONG.
Ces journalistes risquent leurs  sécurité et liberté pour filmer et  partager des vidéos de manifestations pacifiques et de répression policière  contre des civils sahraouis, poursuit le rapport.
Adala Uk a exhorté le gouvernement marocain à libérer tous les  journalistes sahraouis, les militants politiques et les défenseurs des  droits de l'homme, détenus arbitrairement.(SPS)
020/090/700

samedi 31 mars 2018

Appel de Fatorini du MRAP aux africains à soutenir la protection des droits de l’homme au Sahara occidental


30/3/2018

ALGER - Le représentant de l’Association des juristes américains, expert auprès du Comité des droits de l’homme (CDH) à Genève, Gian Franco Fattorini, a appelé, vendredi à Alger, les organisations africaines à se joindre au groupe de soutien pour la promotion et la protection des droits de l’homme au Sahara occidental.
"Je saisis ma présence, ici à Alger, pour appeler les organisations africaines pour se joindre au groupe de Genève pour présenter un front fort et uni devant les instances onusiennes", a souligné M. Fattorini, rappelant qu’en septembre dernier, il a été constitué un groupe de soutien pour la promotion et la protection des droits de l’homme au Sahara occidental qui comprend aujourd’hui 150 organisations.
Dans sa communication intitulée : "Les violations des droits de l'homme dans les Territoires occupés du Sahara occidental et le Droit international humanitaire", M. Fattorini qui est également le représentant du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), a rappelé qu’en octobre 2016, un groupe de soutien au Sahara occidental composé de 14 Etats avait été créé.
Selon lui, le groupe a a mis en œuvre une politique qui consiste à "organiser de petites conférences en marge du Conseil des droits de l’homme, mais qui portent des arguments et des questions essentielles par rapport aux violations des droits de l’homme au Sahara occidental occupé".
Il a en outre, rappelé que, Le Sahara occidental, qui est un territoire non-autonome, est le seul territoire qui n’a pas de puissance occupante administrante reconnue, ce qui porte sur l’organisation des Nations-Unies "une responsabilité particulière que ce soit au niveau du Secrétaire général, de l’Assemblée générale (AG) ou/et du Comité pour la décolonisation et des instances onusiennes chargées des droits de l’homme".
A ce titre, il a mis l’accent sur la responsabilité des Etats. "Chaque année, l’AG des Nations-Unies adopte une résolution portant les activités économiques dans les territoires non-autonomes. Parmi une des dispositions de l’une de ces résolution, stipule que chaque Etat doit rendre les dispositions législatives administratives et autres pour empêcher toute entreprise ou personne de développer des activités non-souhaitées dans les territoires non-autonomes", a dit M. Fatorini.
Etant donné son statut d’un territoire occupé, depuis 1975, le Sahara occidental est éligible à l’application du droit international humanitaire, a-t-il insisté.
M. Fattorini, n’a pas manqué, à l’occasion de rendre hommage aux prisonniers politiques du groupe Gdeim Izik, qui ont eu le courage devant les tribunaux marocains d’invoquer le droit international humanitaire, ce qui a permis d'"ouvrir une nouvelle page".

mercredi 24 janvier 2018

Sahara occidental occupé-droits de l'Homme: la société civile interpelle Macron


23/1/2018

Sahara occidental occupé-droits de l'Homme: la société civile interpelle Macron

El AAYOUN (territoires sahraouis occupés) - La Coordination des associations et Comités sahraouis (CAT) a interpelé le président français, Emmanuel Macron, sur les violations des droits de l'homme au Sahara occidental occupé, où les autorités marocaines continuent de bafouer des pactes et conventions fondamentaux dont des textes ratifiés par le Maroc.
Dans une lettre adressée au président Macron, le CAT a tenu à rappeler au président français qu'il avait déclaré que la position de la France concernant le conflit du Sahara occidental "était connue et ne changerait pas, alors que depuis des années Paris s’oppose à ce que la Mission des Nations-Unies pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination au Sahara occidental (MINURSO) soit dotée du volet de surveillance de la situation des droits humains".
"Vu l’influence de la France sur la résolution de la situation de notre pays, inscrit par l’ONU sur la liste des territoires non-autonomes, il nous semble important de vous informer sur la situation de notre peuple dans les territoires occupés depuis l’invasion marocaine en 1975", a souligné la CAT, regrettant que "les droits fondamentaux édictés par les Nations-Unies dans des pactes ratifiés par le Maroc, sont bafoués par les autorités marocaines au Sahara occidental occupé".

Lire aussi: Lire aussi: Conflit au Sahara occidental : "la clé de la solution est en Europe"

Dans la même missive, il est rappelé que le plan de paix adopté par l'ONU et l'OUA (Organisation de l'union africaine, actuellement UA) prévoyait la tenue d'un référendum en janvier 1992, alors que 25 années plus tard, il n’a pas vu le jour et "les manifestants pacifiques qui réclament l’application de ce droit imprescriptible et inaliénable, sont systématiquement et violemment réprimés".

-- Arrestations et soupçons de tortures--

La coordination a relevé également la persécution dont ont fait l'objet des centaines de citoyens sahraouis. Des activistes du droit à l’autodétermination et des droits de l’homme, journalistes, blogueurs,  syndicalistes sont arrêtés, incarcérés, torturés, humiliés en public et dans les locaux des administrations policière et judiciaire.
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Lire l'article:
 http://www.aps.dz/monde/tag/SECONDAIRE_MONDE

mardi 23 janvier 2018

A propos «Le rejet, par Rabat, du référendum est une violation des droits des sahraouis » (ONG’s)







Des Ong épinglent le Maroc, sur sa politique coloniale au Sahara-occidental : «Le rejet, par Rabat, du référendum est une violation des droits des sahraouis »


Dans sa 28e édition annuelle de son Rapport mondial sur la situation des Droits de l’homme, l’ONG internationale, Human Rignts Watch, a souligné que «le processus politique d’autodétermination du peuple sahraoui est resté bloqué» bénéficiant, précise HRW, «de peu de médiation et d’attention internationale» lit-on.

La non application à ce jour, du droit international, au Sahara occidental, par la tenue du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui est le fruit du «rejet, par le Maroc, puissance occupante, du référendum sur l’indépendance de ce territoire, déclaré non autonome par les Nations Unies» ont souligné, les rédacteurs de HRW, dans son rapport, rendu public, jeudi dernier, à Paris, France.
Le rapport de l’ONG internationale, HRW, dans lequel, il est clairement souligné qu’il ne peut y avoir de respect ni de promotion des Droits de l’Homme, dans un système colonial, note que les autorités coloniales marocaines «rejette» toute perspective, de voir le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, respecter et traduit, pour venir à bout, de la dernière question de décolonisation, en Afrique, inscrite aux Nations unies.
Le rapport qui n’a pas manqué de mettre en lumière le blocus politico-médiatique, qu’impose le Royaume chérifien, sur les territoires sahraouis, encore sous occupation marocaine, note que Rabat «continue d’imposer une interdiction de facto, depuis 2015, à l’égard, des missions d’Amnesty International et de Human Rights Watch» souligne le document en question. Peu avant la publication du Rapport de HRW, l’ONG américaine Freedom House (FH) promettant, mardi dernier, la publication de son rapport détaillé, les prochains jours, sur la situation des droits de l’homme au Sahara occidental, territoire non-autonome, que FH a maintenu, dans le classement des territoires «non libre», comme c’est le cas, aussi de la position du Département d’État américain qui, depuis, fin 2016, maintient ce territoire dans la liste des territoires dont «la souveraineté reste à déterminer» est-il précisé.


Karima Bennour
Source

lundi 15 mai 2017

Choses vues dans les camps de réfugiés sahraouis

LE FRONT POLISARIO À LA RECHERCHE

 D’UN SECOND SOUFFLE


Le 18 juillet 2016, vingt-huit États africains ont déposé une motion à l’adresse du président de l’Union africaine Idriss Déby pour réclamer une suspension des activités de la République arabe sahraouie démocratique au sein de l’organisation. Quinze d’entre eux étaient pourtant d’anciens soutiens de la cause sahraouie. Cette manœuvre politique illustre le retour du Maroc sur la scène africaine, et la diplomatie chérifienne ne compte pas en rester là pour enterrer définitivement la voix des indépendantistes. Comment, depuis les camps de réfugiés de Tindouf, le Front Polisario prépare-t-il la riposte ?n2009.
Résultat de recherche d'images pour "camp de tindouf"En débarquant à l’aéroport de Tindouf, le protocole est bien réglé. Des Jeep frappées du logo de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) attendent les quelques volontaires qui souhaitent se rendre dans les camps de réfugiés. Sous escorte policière et militaire algérienne, le convoi traverse cette ville de 47 000 habitants située à 1 400 km au sud-ouest d’Alger. Quelques kilomètres après les dernières habitations, un checkpoint en plein désert fait la transition : nous passons à présent sous l’escorte du Front Polisario qui est officiellement la seule autorité à administrer les camps de réfugiés.
Abeida Cheikh est le wali du camp de Smara, qui regroupe environ 50 000 personnes. Passées les politesses d’usage, la discussion s’engage sur le retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA) : « Il faut voir cela comme un nouveau défi : nous avons à présent la possibilité de dénoncer la politique marocaine en présence des autorités du royaume. » C’est le discours officiel, qui veut voir le retour du Maroc comme une victoire du Polisario : en s’asseyant aux côtés de Brahim Ghali, président de la RASD, Mohammed VI serait de facto contraint de lui reconnaître une légitimité. La réalité semble plus complexe : depuis 2000, près d’une trentaine d’États autrefois solidaires de la RASD ont préféré rompre leurs relations.
Avec une population majoritairement âgée de moins de trente ans, la place de la jeunesse est au cœur des échanges. Zeïn Sid Ahmed est le secrétaire général de l’Union de la jeunesse de Saguía el-Hamra et Río de Oro (Ujsario), organisation de jeunesse du Polisario. Censée préparer la jeunesse à la guerre de libération depuis le cessez-le-feu de 1991, elle se consacre désormais à former intellectuellement et politiquement les jeunes militants. Pour Sid Ahmed, la situation des jeunes est alarmante, dans une région où transitent les réseaux de drogue et où Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) menace l’intégrité des États, le peuple sahraoui ne peut être à l’abri de ces fléaux : « Notre jeunesse est particulièrement vulnérable, témoigne Sid Ahmed car elle possède trois qualités majeures : elle est diplômée, adaptée au climat désertique et possède une connaissance du terrain ».
Ces propos sonnent comme un avertissement, le seul moyen d’empêcher ces milliers de jeunes de répondre aux appels de ces réseaux ou de satisfaire leurs volontés de reprendre les armes est de régler au plus vite la situation politique. Sid Ahmed explique : « Il n’y a pas trois possibilités, soit nous obtenons la justice avec la tenue du référendum sur le statut du Sahara occidental, soit la criminalité et le terrorisme gagneront. »

UNE POPULATION SOUS PERFUSION

Dans les camps de réfugiés, si les mentalités ont évolué avec l’arrivée d’Internet et des smartphones, les situations économiques et sanitaires restent inquiétantes. La population sahraouie vit sous assistance, étant dans l’impossibilité de constituer une agriculture viable en plein désert. Une fois par mois, la nourriture est distribuée par le Programme alimentaire mondial (PAM) et des camions-citernes remplissent les réservoirs situés devant chaque maison. Depuis un an, des pylônes électriques, fournis par l’Algérie, alimentent la totalité des camps.
Depuis le cessez-le-feu, le principal enjeu pour les familles sahraouies est de disposer d’un capital économique propre. Tous les hommes sont répartis dans des corporations professionnelles en fonction de leurs activités ou de leurs formations. Dans un contexte où les besoins élémentaires sont fournis gratuitement, la plupart des activités ne sont pas ou très peu rémunérées. Cela pousse de nombreux Sahraouis à opter pour les quelques professions permettant de voir de l’argent circuler : commerce et transport notamment. Dans les camps, les Mercedes 300D et 190E règnent en maîtres. Elles sont importées d’Espagne à bas prix. L’autre option économique est d’offrir ses services à l’étranger. Hamoudi Thaleb a quitté les camps il y a plusieurs années pour travailler en Espagne, en Italie et en France. S’il est revenu à Smara, c’est pour aider sa famille. Désormais, chaque jour, il travaille à renforcer les fondations de la maison familiale et empêcher le sable d’y entrer.
L’ambiance dans les camps ne varie pas tellement. Dans des ruelles de sable et de pierre, les Sahraouis nous saluent d’une ola, habitués à voir passer des Espagnols. Les enfants sont plus pragmatiques : « Caramelo ? » Les femmes, habillées de leur melhfa, un tissu ample enveloppant tout le corps, portent également des gants et des chaussettes en laines, pour se protéger du soleil. Dans les épiceries, au milieu de produits pour des teintes capillaires claires et des huiles essentielles, il y a différentes crèmes pour blanchir la peau. Ali M., jeune Sahraoui, essaie d’expliquer ce culte de la peau blanche : « J’aimerais avoir une peau aussi blanche que la tienne. Je préfèrerais prendre des coups de soleil que de voir ma peau s’assombrir. Avec ta peau, je pourrais aller où je veux sans être discriminé, parler avec tout le monde sans que cela ne pose de problème. » Les jeunes Sahraouis disent souffrir de discrimination dans des capitales étrangères du fait de leur mélanine, notamment à Alger où ils forment avec les Algériens du Sahara un groupe distinct des habitants du littoral à la peau plus claire. Pas de doute, l’héritage colonial est encore bien vivace.

FAIRE FACE À LA PROPAGANDE MAROCAINE

Mohamed Alkehal, jeune biologiste, tient à témoigner de sa première source de souffrance : celle de l’image que les médias marocains diffusent d’eux en Europe. « Le Maroc dit que nous restons ici parce que nous sommes séquestrés par le Polisario, c’est faux, nous sommes ici parce que notre terre est occupée. L’exil ? On y est déjà. » Systématiquement, les jeunes Sahraouis témoignent de leur incompréhension face aux mensonges des autorités marocaines relayés en Europe.

Lire l'article
http://orientxxi.info/magazine/choses-vues-dans-les-camps-de-refugies-sahraouis,1761
 
« Il y a beaucoup de Sahraouis qui ont quitté les camps pour vivre ailleurs, explique Alkehal. Notre problème c’est le visa. Déjà que les ambassades européennes sont très réticentes à donner des visas aux Africains, imaginez un individu qui vit dans un camp de réfugiés au Sahara. » Le gouvernement marocain est conscient de la détresse des réfugiés sahraouis et essaie de motiver leur retour : « Nous devons passer par l’ambassade marocaine à Nouakchott, en Mauritanie. Là-bas, nous sommes invités à signer plusieurs documents où nous reconnaissons la légitimité de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et nous faisons allégeance au roi. Ensuite, nous bénéficions d’aides financières pour nous installer et trouver un logement. » Si certains ont accepté le chantage, les anecdotes ne manquent pas autour de « héros de la cause » qui transfèrent l’argent fourni par le Maroc à leur famille sahraouie, voire qui vendent le logement fourni par les autorités puis reviennent dans les camps avec d’importantes sommes d’argent.
Les mariages sont l’occasion de faire de nouvelles rencontres. Chez les Sahraouis, l’événement se déroule autour d’une grande tente installée pour l’occasion. À l’intérieur, les femmes dansent et chantent. À l’extérieur, les hommes discutent et les célibataires guettent du regard d’éventuelles prétendantes sorties furtivement. La simple présence d’un Européen, qui plus est français, est en soi un événement. Rapidement, un petit attroupement se forme, et permet d’engager la discussion. Unanimement, les plus jeunes disent vouloir reprendre les armes. « À quoi sert-on ici ? Nous avons eu beaucoup de martyrs, mais tous les jeunes Sahraouis sont prêts à en offrir encore pour que notre cause soit de nouveau entendue », témoigne l’un d’eux.
Dans les écoles, tout est fait pour que les nouvelles générations soient conscientes et déterminées à reprendre le flambeau de la cause. Les portraits des leaders historiques Mohammed Bassiri et Moustapha Sayed Al-Ouali côtoient ceux de Brahim Ghali et d’Aminatou Haidar, célèbre militante sahraouie vivant en territoire occupé. Mohamed Mouloud, ministre de l’éducation de la RASD, rappelle l’importance de l’éducation dans l’histoire des Sahraouis : « En pleine guerre, nous devions organiser l’éducation de milliers d’enfants au sein de camps de réfugiés, sans matériel ni équipe éducative. Désormais, on compte entre cinq et sept écoles par camp. Nous établissons nos propres programmes scolaires et éditons nos propres manuels scolaires. Récemment, nous avons ouvert un centre de formation pédagogique pour les enseignants, et dans le futur nous souhaiterions développer un centre d’archives. »
Dans une société vivant sous assistance humanitaire, le budget de la RASD dépend entièrement des partenariats extérieurs. Les fonds propres du gouvernement sont infimes, donc chaque ministère établit son budget avec l’aide humanitaire reçue et les partenariats établis. « 7 % des partenariats entre la RASD et des institutions étrangères concernent l’éducation, note le ministre. C’est par ce biais que nous obtenons du matériel scolaire et des moyens pour rénover certaines écoles. » Le reste du budget concerne notamment l’alimentation (50 %), les bâtiments et travaux publics (21 %), la gestion de l’eau (8 %).

GARANTIR LES DROITS HUMAINS DE TOUS LES SAHRAOUIS

Le Polisario affirme être le parti politique représentant la totalité du peuple sahraoui, mais qu’advient-il de celui qui souhaiterait parler d’une autre voix 
 Abba Salek est président de la Commission nationale sahraouie des droits de l’homme (Conasadh) : « Nous défendons la liberté d’expression, chaque Sahraoui est libre de critiquer le président ou les décisions de la RASD, explique-t-il. Cependant, le développement de partis politiques divergents risquerait de nous écarter de l’objectif principal : l’obtention du référendum d’autodétermination et la libération de notre terre. » Sa promesse d’un futur État sahraoui fondé sur une République démocratique et multipartite n’engage que sa parole, et au regard de l’évolution des principaux mouvements politiques de la décolonisation, il semble lucide de rester prudent.
Depuis avril 2016, la Conasadh a le statut d’observateur à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Salek affirme être en pleine préparation de dossiers pour révéler au sein de l’Union africaine (UA) les agissements des autorités marocaines. Reconnue par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, basé à Genève, la Conasadh compte parmi ses partenaires l’Association marocaine des droits de l’homme, grâce à laquelle elle obtient un suivi des dossiers de prisonniers sahraouis — notamment les vingt-quatre inculpés de Gdeim Izik.
L’Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (Afapredesa) a été créée en août 1989. L’organisation accompagne les familles de prisonniers politiques et les disparus, ces individus qui ont été arrêtés par les autorités marocaines sans que celles-ci ne le reconnaissent. Depuis sa création, l’association affirme avoir travaillé sur le dossier de plus de quatre mille personnes. À ce jour, selon le président de l’association Omar Lahcen, près de cinq cents Sahraouis sont toujours portés disparus. Il rappelle que cette méthode n’est pas spécifique aux Sahraouis, mais à tous les opposants au roi du Maroc, à l’instar de Mehdi Ben Barka, kidnappé en France puis torturé à mort et dont le corps n’a jamais été retrouvé.
L’association dispose de nombreuses vidéos de violences sur des militants sahraouis par les services de sécurité marocains. Les images sont sans appel : des rassemblements brutalement dispersés, des militants se faisant humilier en pleine rue, des femmes bousculées dont on arrache les voiles, des jeunes passés à tabac puis jetés en bord de route en plein désert.

LES NOUVEAUX VISAGES DE LA CAUSE

Sans renier l’héritage politique de la RASD et du Polisario, une nouvelle génération de militants émerge. L’une des principales figures est sans nul doute l’association Non Violence Action (Nova)-Sahara Occidental, qui regroupe une centaine d’adhérents dans les camps et autant dans le Sahara occidental occupé. Abida Bouzeid en est depuis 2014 la présidente ; charismatique, la jeune militante se montre déterminée : « Nous voulons utiliser la colère des jeunes des camps pour mener des campagnes politiques de grande ampleur et malmener la propagande marocaine ». Bien qu’elle s’affirme indépendante du Polisario, force est de constater qu’elle répond parfaitement à un créneau d’action qui semble échapper au mouvement politique sahraoui. Nova propose des formations aux nouvelles techniques de communication et à la non-violence à des groupes de jeunes volontaires. Plus récemment, les militants de Nova ont été invités par la RASD à former les soldats au droit international humanitaire.
En 2016, Bouzeid a été invitée en France pour porter la voix des Sahraouis. Elle dit avoir été « atterrée » par l’absence de conscience de la part de la classe politique française sur la question sahraouie et des faiblesses des réseaux de solidarité pour la cause de son peuple, en comparaison avec le mouvement de solidarité pour la Palestine. « Nous attirons moins les médias que d’autres causes par manque de sensationnalisme, explique-t-elle. Ici, il n’y a plus de bombardements ni d’affrontements militaires, et on ne peut que s’en réjouir, sauf que cela a conduit à la marginalisation de notre lutte. »
Désormais, Nova veut mobiliser les jeunes Sahraouis sur des batailles pacifiques, mais déterminantes : l’accueil de délégations politiques et syndicales internationales, la diffusion d’une communication militante sur les réseaux sociaux et la sensibilisation d’artistes internationaux. Dans un contexte de volonté guerrière d’une partie de la jeunesse, le choix de la non-violence est à questionner : « Nous n’avons pas le choix, la violence ne peut pas construire une société apaisée, explique la présidente. Nous devons réaffirmer que l’État marocain a toujours été la porte d’entrée des velléités impérialistes et néocoloniales de la France et des États-Unis en Afrique. »
Ce constat, elle a pu en faire l’amère expérience en mars 2015, lorsqu’elle a été invitée à s’exprimer au Conseil de sécurité de l’ONU et que les représentants français ont décidé de boycotter son audition. En décembre 2016, elle a participé à une délégation sahraouie pour le 4e Forum social maghrébin migration qui s’est tenu à Tanger. Son entrée en territoire marocain a été possible grâce à l’intervention de l’ONG Oxfam. Elle a pu y tisser des relations avec des organisations étudiantes marocaines et remettre en cause la rhétorique gouvernementale au sujet de la lutte de son peuple. Surtout, elle y a relayé ces mots qui animent la conscience des Sahraouis : « Nous n’en voulons pas aux Marocains, mais à leur gouvernement. L’Afrique est un immense continent, il y a de la place pour tout le monde. »
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samedi 22 avril 2017

VIOLATION DES DROITS DE L'HOMME AU SAHARA OCCIDENTAL Le Maroc évitera-t-il la correctionnelle?

Par

Pour que les abus commis par les autorités marocaines soient portés à l'attention du mondePour que les abus commis par les autorités marocaines soient portés à l'attention du monde le conseil de sécurité qui doit voter une nouvelle résolution le 27 avril est mis face à ses responsabilités par Amnesty international qui a appelé à doter la Minurso d'un mécanisme qui puisse mettre fin aux violations subies par le peuple sahraoui...Suivra... O.K.?
Les Etats-Unis, qui président le Conseil de sécurité de l'ONU, prononceront-ils la sentence? Si l'on se fie à la dernière déconvenue infligée au souverain marocain par le nouveau locataire de la Maison-Blanche, il est fort probable que le royaume soit passé à la moulinette. Mohammed VI avait fait le pied de grue en Floride pour rencontrer le successeur d'Obama.
«Mohammed VI sera l'hôte d'un déjeuner offert par le président américain» le 16 avril, pouvait-on lire sur le site du journal marocain Le 360. En vain.
Donald Trump l'a ignoré. Le roi aurait apporté son soutien à Hillary Clinton, disent certains. Une humiliation qui pourrait être suivie par une débâcle politique la semaine prochaine. Le Conseil de sécurité, qui doit voter une nouvelle résolution le 27 avril est, en effet, mis face à ses responsabilités par Amnesty International qui a appelé à doter la Minurso d'un mécanisme qui puisse mettre fin aux violations subies par le peuple sahraoui. 


L'habilitation de la Minurso à surveiller les droits de l'homme au Sahara occidental est «cruciale pour que les abus commis par les autorités marocaines soient portés à l'attention du monde, pour désigner les responsables et améliorer le respect des droits de l'homme», a souligné l'ONG citée par une dépêche de l'APS datée d'hier. «La mission de l'ONU au Sahara occidental est la seule opération onusienne de maintien de la paix, sans une composante des droits de l'homme. Il y a plus d'un quart de siècle depuis sa création et il est grand temps de mettre à niveau son statut pour lui permettre de faire des rapports sur les violations», a précisé l'organisation qui milite pour la libération des prisonniers d'opinion, le droit à la liberté d'expression, l'abolition de la peine de mort et de la torture, l'arrêt des crimes politiques... Amnesty a signalé également avoir répertorié tout au long de ces dernières années, «la montée des violations des droits de l'homme et en particulier les restrictions arbitraires imposées aux manifestants pacifiques et aux militants qui soutiennent l'autodétermination du Sahara occidental». 

 Lire tout l'article :
 http://www.lexpressiondz.com/actualite/265049-le-maroc-evitera-t-il-la-correctionnelle.html




















 L'ONG basée à Londres, qui jouit d'une voix consultative auprès de l'ONU, a souligné avoir constaté tout au long des dernières années, «la montée des violations des droits de l'homme et, en particulier, les restrictions arbitraires imposées aux manifestants pacifiques et aux militants qui soutiennent l'autodétermination du Sahara occidental» tout en relevant «les violations» des droits des Sahraouis détenus au Maroc à un procès équitable et la «torture et d'autres mauvais traitements» dont ils sont victimes. Les forces de répression marocaines ont été prises maintes fois, la main au collet.
A chaque fois leurs exactions sont restées impunies. Dans un document présenté au mois d'octobre 2012 au Conseil de sécurité, le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, pour la justice et les droits de l'homme, avait déjà fait référence à l'utilisation des techniques de torture par le Maroc sur son propre sol et contre les opposants qui défendent la cause sahraouie. «Il y a une tendance à utiliser la torture dans les interrogatoires.
Il est difficile de dire si c'est très répandu ou si c'est systématique, mais cela arrive assez souvent pour que le gouvernement marocain ne puisse l'ignorer», avait déclaré, le 23 octobre 2012 à la presse, Juan Mendez qui avait séjourné au Maroc et au Sahara occidental entre les 15 et 22 septembre 2012. «Le gouvernement marocain continue de faire usage de la brutalité et du mépris des droits de l'homme comme moyens d'oppression contre le peuple sahraoui et ce, avec l'impunité quasi totale», avait dénoncé le Centre Robert F. Kennedy (RFK Center) pour la justice et les droits de l'homme dans un rapport rendu public le 19 avril 2013. «Si l'ONU veut faire valoir que les droits de l'homme constituent un pilier de ses missions, les membres du Groupe des amis du Sahara occidental et le Conseil de sécurité doivent créer un mécanisme au sein de la Minurso...», a ajouté l'ONG américaine. Les «Cinq» oseront-ils? Nous le saurons le 27 avril.

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