Blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental, de Palestine et du monde, créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala
2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas
El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.
L’organisation basée à Londres qui se consacre aux
droits de l’Homme au Sahara occidental occupé, Adala Uk, s’est dit
"extrêmement préoccupée" par l’ampleur des intimidations et de
détentions arbitraires marocaines contre des journalistes sahraouis. Dans un dernier rapport publié cette semaine, l’ONG a relevé que les
autorités marocaines poursuivent leurs attaques contre les journalistes afin de les empêcher de signaler les violations des droits de l’Homme
commises par les forces marocaines dans les territoires occupés du
Sahara occidental. Adala Uk cite en exemple le cas du journaliste sahraoui, Laaroussi
Ndour, arrêté le 2 mai 2018 et privé de son droit d’avoir une
représentation légale, et du droit de contacter sa famille. Avant même son arrestation, au cours des dernières années, Laaroussi a
été harcelé et menacé par la police marocaine et a été victime de
violences policières, notamment après avoir assuré la couverture
médiatique du procès injuste des prisonniers politiques sahraouis de
Gdeim Izik. Pendant sa détention, le journaliste a été torturé et forcé à signer
des aveux sous la torture. Le 21 mai, Laaroussi a été condamné à trois
mois de prison. La journaliste sahraouie Salha Boutinguiza a été, à son tour, arrêtée pendant qu’elle couvrait le procès de Laaroussi. Adala UK souligne que les autorités marocaines savent que les
journalistes sahraouis sont "souvent la seule source d'information sur
les violations des droits de l’Homme par le Maroc dans les territoires
occupés du Sahara occidental", les médias internationaux et les
observateurs étant fréquemment privés d'accès dans la région. Afin de les faire taire et de les empêcher de mettre à nu les
dépassements marocains, Rabat cible systématiquement les journalistes
sahraouis, affirme Adala UK. "Les journalistes sahraouis, pour la plupart autodidactes et
travaillant avec peu de ressources, sont dans une position extrêmement
vulnérable et sont persécutés, soumis à des arrestations et à des
détentions arbitraires et poursuivis pour des accusations criminelles
falsifiées et condamnés sur la base d’aveux faits sous la contrainte et
même la torture", dénonce l’organisation. Elle rapporte que d'autres journalistes sahraouis purgent
actuellement des peines de prison en raison de leur activisme
médiatique, tels que Salah Eddine Bassir, Al Mohamed Salem Meyara et
Mohamed El-Gomai. Les deux derniers sont en grève de la faim depuis le 2 mai pour
protester contre "les traitements inhumains" dont ils sont victimes et
l'acharnement marocain contre les journalistes sahraouis. Adala UK note que les journalistes les plus ciblés sont ceux qui
couvrent les manifestations revendiquant l'indépendance du Sahara
occidental et celles qui contestent l'exploitation illégale des
ressources naturelles des territoires occupés par le Maroc. "En l'absence d'autres mécanismes de surveillance des droits de
l'homme, les journalistes sahraouis sont la principale source
d'information et de documentation sur les violations des droits de
l'homme commises dans les territoires occupés du Sahara occidental", a
souligné l’ONG. Ces journalistes risquent leurs sécurité et liberté pour filmer et
partager des vidéos de manifestations pacifiques et de répression
policière contre des civils sahraouis, poursuit le rapport. Adala Uk a exhorté le gouvernement marocain à libérer tous les
journalistes sahraouis, les militants politiques et les défenseurs des
droits de l'homme, détenus arbitrairement.(SPS) 020/090/700
ALGER - Le représentant de l’Association des juristes
américains, expert auprès du Comité des droits de l’homme (CDH) à
Genève, Gian Franco Fattorini, a appelé, vendredi à Alger, les
organisations africaines à se joindre au groupe de soutien pour la
promotion et la protection des droits de l’homme au Sahara occidental.
"Je saisis ma présence, ici à Alger, pour appeler les organisations
africaines pour se joindre au groupe de Genève pour présenter un front
fort et uni devant les instances onusiennes", a souligné M. Fattorini,
rappelant qu’en septembre dernier, il a été constitué un groupe de
soutien pour la promotion et la protection des droits de l’homme au
Sahara occidental qui comprend aujourd’hui 150 organisations. Dans sa communication intitulée : "Les violations des droits de
l'homme dans les Territoires occupés du Sahara occidental et le Droit
international humanitaire", M. Fattorini qui est également le
représentant du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les
peuples (MRAP), a rappelé qu’en octobre 2016, un groupe de soutien au
Sahara occidental composé de 14 Etats avait été créé. Selon lui, le groupe a a mis en œuvre une politique qui consiste à
"organiser de petites conférences en marge du Conseil des droits de
l’homme, mais qui portent des arguments et des questions essentielles
par rapport aux violations des droits de l’homme au Sahara occidental
occupé". Il a en outre, rappelé que, Le Sahara occidental, qui est un
territoire non-autonome, est le seul territoire qui n’a pas de puissance
occupante administrante reconnue, ce qui porte sur l’organisation des
Nations-Unies "une responsabilité particulière que ce soit au niveau du
Secrétaire général, de l’Assemblée générale (AG) ou/et du Comité pour la
décolonisation et des instances onusiennes chargées des droits de
l’homme". A ce titre, il a mis l’accent sur la responsabilité des Etats.
"Chaque année, l’AG des Nations-Unies adopte une résolution portant les
activités économiques dans les territoires non-autonomes. Parmi une des
dispositions de l’une de ces résolution, stipule que chaque Etat doit
rendre les dispositions législatives administratives et autres pour
empêcher toute entreprise ou personne de développer des activités
non-souhaitées dans les territoires non-autonomes", a dit M. Fatorini. Etant donné son statut d’un territoire occupé, depuis 1975, le Sahara
occidental est éligible à l’application du droit international
humanitaire, a-t-il insisté. M. Fattorini, n’a pas manqué, à l’occasion de rendre hommage aux
prisonniers politiques du groupe Gdeim Izik, qui ont eu le courage
devant les tribunaux marocains d’invoquer le droit international
humanitaire, ce qui a permis d'"ouvrir une nouvelle page".
El
AAYOUN (territoires sahraouis occupés) - La Coordination des
associations et Comités sahraouis (CAT) a interpelé le président
français, Emmanuel Macron, sur les violations des droits de l'homme au
Sahara occidental occupé, où les autorités marocaines continuent de
bafouer des pactes et conventions fondamentaux dont des textes ratifiés
par le Maroc.
Dans
une lettre adressée au président Macron, le CAT a tenu à rappeler au
président français qu'il avait déclaré que la position de la France
concernant le conflit du Sahara occidental "était connue et ne
changerait pas, alors que depuis des années Paris s’oppose à ce que la
Mission des Nations-Unies pour l'organisation d'un référendum
d'autodétermination au Sahara occidental (MINURSO) soit dotée du volet
de surveillance de la situation des droits humains". "Vu
l’influence de la France sur la résolution de la situation de notre
pays, inscrit par l’ONU sur la liste des territoires non-autonomes, il
nous semble important de vous informer sur la situation de notre peuple
dans les territoires occupés depuis l’invasion marocaine en 1975", a
souligné la CAT, regrettant que "les droits fondamentaux édictés par les
Nations-Unies dans des pactes ratifiés par le Maroc, sont bafoués par
les autorités marocaines au Sahara occidental occupé". Lire aussi: Lire aussi: Conflit au Sahara occidental : "la clé de la solution est en Europe" Dans
la même missive, il est rappelé que le plan de paix adopté par l'ONU et
l'OUA (Organisation de l'union africaine, actuellement UA) prévoyait la
tenue d'un référendum en janvier 1992, alors que 25 années plus tard,
il n’a pas vu le jour et "les manifestants pacifiques qui réclament
l’application de ce droit imprescriptible et inaliénable, sont
systématiquement et violemment réprimés".
-- Arrestations et soupçons de tortures--
La
coordination a relevé également la persécution dont ont fait l'objet
des centaines de citoyens sahraouis. Des activistes du droit à
l’autodétermination et des droits de l’homme, journalistes, blogueurs,
syndicalistes sont arrêtés, incarcérés, torturés, humiliés en public et
dans les locaux des administrations policière et judiciaire. Publicité Lire l'article: http://www.aps.dz/monde/tag/SECONDAIRE_MONDE
Des
Ong épinglent le Maroc, sur sa politique coloniale au Sahara-occidental
: «Le rejet, par Rabat, du référendum est une violation des droits des
sahraouis »
Dans sa 28e édition annuelle de son
Rapport mondial sur la situation des Droits de l’homme, l’ONG
internationale, Human Rignts Watch, a souligné que «le processus
politique d’autodétermination du peuple sahraoui est resté bloqué»
bénéficiant, précise HRW, «de peu de médiation et d’attention
internationale» lit-on.
La non application à ce jour, du droit
international, au Sahara occidental, par la tenue du référendum
d’autodétermination du peuple sahraoui est le fruit du «rejet, par le
Maroc, puissance occupante, du référendum sur l’indépendance de ce
territoire, déclaré non autonome par les Nations Unies» ont souligné,
les rédacteurs de HRW, dans son rapport, rendu public, jeudi dernier, à
Paris, France.
Le rapport de l’ONG internationale, HRW, dans lequel, il est clairement
souligné qu’il ne peut y avoir de respect ni de promotion des Droits de
l’Homme, dans un système colonial, note que les autorités coloniales
marocaines «rejette» toute perspective, de voir le droit du peuple
sahraoui à l’autodétermination, respecter et traduit, pour venir à bout,
de la dernière question de décolonisation, en Afrique, inscrite aux
Nations unies.
Le rapport qui n’a pas manqué de mettre en lumière le blocus
politico-médiatique, qu’impose le Royaume chérifien, sur les territoires
sahraouis, encore sous occupation marocaine, note que Rabat «continue
d’imposer une interdiction de facto, depuis 2015, à l’égard, des
missions d’Amnesty International et de Human Rights Watch» souligne le
document en question. Peu avant la publication du Rapport de HRW, l’ONG
américaine Freedom House (FH) promettant, mardi dernier, la publication
de son rapport détaillé, les prochains jours, sur la situation des
droits de l’homme au Sahara occidental, territoire non-autonome, que FH a
maintenu, dans le classement des territoires «non libre», comme c’est
le cas, aussi de la position du Département d’État américain qui,
depuis, fin 2016, maintient ce territoire dans la liste des territoires
dont «la souveraineté reste à déterminer» est-il précisé.
Le 18 juillet 2016,
vingt-huit États africains ont déposé une motion à l’adresse du président de
l’Union africaine Idriss Déby pour réclamer une suspension des activités de la
République arabe sahraouie démocratique au sein de l’organisation. Quinze
d’entre eux étaient pourtant d’anciens soutiens de la cause sahraouie. Cette
manœuvre politique illustre le retour du Maroc sur la scène africaine, et la
diplomatie chérifienne ne compte pas en rester là pour enterrer définitivement
la voix des indépendantistes. Comment, depuis les camps de réfugiés de Tindouf,
le Front Polisario prépare-t-il la riposte?n2009.
En débarquant à
l’aéroport de Tindouf, le protocole est bien réglé. Des Jeep frappées du logo
de la République arabe sahraouie démocratique (RASD)
attendent les quelques volontaires qui souhaitent se rendre dans les camps de
réfugiés. Sous escorte policière et militaire algérienne, le convoi traverse
cette ville de 47 000 habitants située à 1 400 km
au sud-ouest d’Alger. Quelques kilomètres après les dernières habitations, un
checkpoint en plein désert fait la transition : nous passons à présent
sous l’escorte du Front Polisario qui est officiellement la seule autorité à
administrer les camps de réfugiés.
Abeida Cheikh est lewalidu camp de Smara, qui regroupe environ
50 000 personnes. Passées les politesses d’usage, la discussion
s’engage sur le retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA) :«Il
faut voir cela comme un nouveau défi : nous avons à présent la possibilité
de dénoncer la politique marocaine en présence des autorités du royaume.»C’est le discours officiel, qui veut voir le retour du
Maroc comme une victoire du Polisario : en s’asseyant aux côtés de Brahim
Ghali, président de laRASD, Mohammed VIseraitde factocontraint de lui reconnaître une
légitimité. La réalité semble plus complexe : depuis 2000, près d’une
trentaine d’États autrefois solidaires de laRASDont
préféré rompre leurs relations.
Avec une population
majoritairement âgée de moins de trente ans, la place de la jeunesse est au
cœur des échanges. Zeïn Sid Ahmed est le secrétaire général de l’Union de la
jeunesse de Saguía el-Hamra et Río de Oro (Ujsario), organisation de jeunesse
du Polisario. Censée préparer la jeunesse à la guerre de libération depuis le
cessez-le-feu de 1991, elle se consacre désormais à former intellectuellement
et politiquement les jeunes militants. Pour Sid Ahmed, la situation des jeunes
est alarmante, dans une région où transitent les réseaux de drogue et où
Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) menace l’intégrité
des États, le peuple sahraoui ne peut être à l’abri de ces fléaux :«Notre
jeunesse est particulièrement vulnérable,témoigne Sid Ahmedcar
elle possède trois qualités majeures : elle est diplômée, adaptée au
climat désertique et possède une connaissance du terrain».
Ces propos sonnent
comme un avertissement, le seul moyen d’empêcher ces milliers de jeunes de
répondre aux appels de ces réseaux ou de satisfaire leurs volontés de reprendre
les armes est de régler au plus vite la situation politique. Sid Ahmed
explique :«Il
n’y a pas trois possibilités, soit nous obtenons la justice avec la tenue duréférendum sur
le statut du Sahara occidental, soit la criminalité et le terrorisme
gagneront.»
UNE POPULATION SOUS PERFUSION
Dans
les camps de réfugiés, si les mentalités ont évolué avec l’arrivée d’Internet
et des smartphones, les situations économiques et sanitaires restent inquiétantes.
La population sahraouie vit sous assistance, étant dans l’impossibilité de
constituer une agriculture viable en plein désert. Une fois par mois, la
nourriture est distribuée par le Programme alimentaire mondial (PAM) et des camions-citernes remplissent les réservoirs
situés devant chaque maison. Depuis un an, des pylônes électriques, fournis parl’Algérie,
alimentent la totalité des camps.
Depuis le
cessez-le-feu, le principal enjeu pour les familles sahraouies est de disposer
d’un capital économique propre. Tous les hommes sont répartis dans des
corporations professionnelles en fonction de leurs activités ou de leurs
formations. Dans un contexte où les besoins élémentaires sont fournis
gratuitement, la plupart des activités ne sont pas ou très peu rémunérées. Cela
pousse de nombreux Sahraouis à opter pour les quelques professions permettant
de voir de l’argent circuler : commerce et transport notamment. Dans les
camps, les Mercedes 300D et 190E règnent en maîtres. Elles sont importées
d’Espagne à bas prix. L’autre option économique est d’offrir ses services à
l’étranger. Hamoudi Thaleb a quitté les camps il y a plusieurs années pour
travailler en Espagne, en Italie et en France. S’il est revenu à Smara, c’est
pour aider sa famille. Désormais, chaque jour, il travaille à renforcer les
fondations de la maison familiale et empêcher le sable d’y entrer.
L’ambiance dans les
camps ne varie pas tellement. Dans des ruelles de sable et de pierre, les
Sahraouis nous saluent d’une ola, habitués à voir passer des Espagnols. Les
enfants sont plus pragmatiques :«Caramelo?»Les femmes, habillées de leurmelhfa, un tissu ample
enveloppant tout le corps, portent également des gants et des chaussettes en
laines, pour se protéger du soleil. Dans les épiceries, au milieu de produits
pour des teintes capillaires claires et des huiles essentielles, il y a
différentes crèmes pour blanchir la peau. Ali M., jeune Sahraoui, essaie
d’expliquer ce culte de la peau blanche :«J’aimerais
avoir une peau aussi blanche que la tienne. Je préfèrerais prendre des coups de
soleil que de voir ma peau s’assombrir. Avec ta peau, je pourrais aller où je
veux sans être discriminé, parler avec tout le monde sans que cela ne pose de
problème.»Les
jeunes Sahraouis disent souffrir de discrimination dans des capitales
étrangères du fait de leur mélanine, notamment à Alger où ils forment avec les
Algériens du Sahara un groupe distinct des habitants du littoral à la peau plus
claire. Pas de doute, l’héritage colonial est encore bien vivace.
FAIRE FACE À LA PROPAGANDE MAROCAINE
Mohamed
Alkehal, jeune biologiste, tient à témoigner de sa première source de
souffrance : celle de l’image que les médias marocains diffusent d’eux en
Europe.«Le
Maroc dit que nous restons ici parce que nous sommes séquestrés par le
Polisario, c’est faux, nous sommes ici parce que notre terre est occupée.
L’exil? On y est déjà.»Systématiquement, les jeunes Sahraouis témoignent de leur
incompréhension face aux mensonges des autorités marocaines relayés en Europe.
«Il
y a beaucoup de Sahraouis qui ont quitté les camps pour vivre ailleurs,explique
Alkehal.Notre problème c’est
le visa. Déjà que les ambassades européennes sont très réticentes à donner des
visas aux Africains, imaginez un individu qui vit dans un camp de réfugiés au
Sahara.»Le
gouvernement marocain est conscient de la détresse des réfugiés sahraouis et
essaie de motiver leur retour :«Nous
devons passer par l’ambassade marocaine à Nouakchott, en Mauritanie. Là-bas,
nous sommes invités à signer plusieurs documents où nous reconnaissons la
légitimité de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et nous
faisons allégeance au roi. Ensuite, nous bénéficions d’aides financières pour
nous installer et trouver un logement.»Si
certains ont accepté le chantage, les anecdotes ne manquent pas autour de «héros
de la cause» qui transfèrent l’argent fourni par le Maroc à leur
famille sahraouie, voire qui vendent le logement fourni par les autorités puis
reviennent dans les camps avec d’importantes sommes d’argent.
Les mariages sont
l’occasion de faire de nouvelles rencontres. Chez les Sahraouis, l’événement se
déroule autour d’une grande tente installée pour l’occasion. À l’intérieur, les
femmes dansent et chantent. À l’extérieur, les hommes discutent et les
célibataires guettent du regard d’éventuelles prétendantes sorties furtivement.
La simple présence d’un Européen, qui plus est français, est en soi un
événement. Rapidement, un petit attroupement se forme, et permet d’engager la
discussion. Unanimement, les plus jeunes disent vouloir reprendre les armes.«À
quoi sert-on ici? Nous avons eu beaucoup de martyrs, mais tous les jeunes
Sahraouis sont prêts à en offrir encore pour que notre cause soit de nouveau
entendue», témoigne l’un
d’eux.
Dans les écoles, tout
est fait pour que les nouvelles générations soient conscientes et déterminées à
reprendre le flambeau de la cause. Les portraits des leaders historiques
Mohammed Bassiri et Moustapha Sayed Al-Ouali côtoient ceux de Brahim Ghali et
d’Aminatou Haidar, célèbre militante sahraouie vivant en territoire occupé.
Mohamed Mouloud, ministre de l’éducation de laRASD, rappelle
l’importance de l’éducation dans l’histoire des Sahraouis :«En
pleine guerre, nous devions organiser l’éducation de milliers d’enfants au sein
de camps de réfugiés, sans matériel ni équipe éducative. Désormais, on compte
entre cinq et sept écoles par camp. Nous établissons nos propres programmes
scolaires et éditons nos propres manuels scolaires. Récemment, nous avons
ouvert un centre de formation pédagogique pour les enseignants, et dans le
futur nous souhaiterions développer un centre d’archives.»
Dans une société
vivant sous assistance humanitaire, le budget de laRASDdépend entièrement des partenariats
extérieurs. Les fonds propres du gouvernement sont infimes, donc chaque
ministère établit son budget avec l’aide humanitaire reçue et les partenariats
établis.«7%
des partenariats entre laRASDet des
institutions étrangères concernent l’éducation,note
le ministre.C’est par ce
biais que nous obtenons du matériel scolaire et des moyens pour rénover certaines
écoles.»Le reste
du budget concerne notamment l’alimentation (50%), les
bâtiments et travaux publics (21%), la gestion de l’eau
(8%).
GARANTIR LES DROITS HUMAINS DE TOUS LES SAHRAOUIS
Le
Polisario affirme être le parti politique représentant la totalité du peuple
sahraoui, mais qu’advient-il de celui qui souhaiterait parler d’une autre voix? Abba Salek est président de la Commission nationale sahraouie des droits de
l’homme (Conasadh) :«Nous
défendons la liberté d’expression, chaque Sahraoui est libre de critiquer le
président ou les décisions de laRASD,explique-t-il.Cependant, le développement de
partis politiques divergents risquerait de nous écarter de l’objectif
principal : l’obtention du référendum d’autodétermination et la libération
de notre terre.»Sa
promesse d’un futur État sahraoui fondé sur une République démocratique et
multipartite n’engage que sa parole, et au regard de l’évolution des principaux
mouvements politiques de la décolonisation, il semble lucide de rester prudent.
Depuis avril 2016, la
Conasadh a le statut d’observateur à la Commission africaine des droits de
l’homme et des peuples. Salek affirme être en pleine préparation de dossiers
pour révéler au sein de l’Union africaine (UA) les
agissements des autorités marocaines. Reconnue par le Conseil des droits de
l’homme des Nations unies, basé à Genève, la Conasadh compte parmi ses
partenaires l’Association marocaine des droits de l’homme, grâce à laquelle
elle obtient un suivi des dossiers de prisonniers sahraouis — notamment les
vingt-quatre inculpés de Gdeim Izik.
L’Association des
familles des prisonniers et disparus sahraouis (Afapredesa) a été créée en
août 1989. L’organisation accompagne les familles de prisonniers
politiques et les disparus, ces individus qui ont été arrêtés par les autorités
marocaines sans que celles-ci ne le reconnaissent. Depuis sa création,
l’association affirme avoir travaillé sur le dossier de plus de quatre mille
personnes. À ce jour, selon le président de l’association Omar Lahcen, près de
cinq cents Sahraouis sont toujours portés disparus. Il rappelle que cette
méthode n’est pas spécifique aux Sahraouis, mais à tous les opposants au roi du
Maroc, à l’instar deMehdi Ben Barka,
kidnappé en France puis torturé à mort et dont le corps n’a jamais été
retrouvé.
L’association dispose
de nombreuses vidéos de violences sur des militants sahraouis par les services
de sécurité marocains. Les images sont sans appel : des rassemblements
brutalement dispersés, des militants se faisant humilier en pleine rue, des femmes
bousculées dont on arrache les voiles, des jeunes passés à tabac puis jetés en
bord de route en plein désert.
LES NOUVEAUX VISAGES DE LA CAUSE
Sans
renier l’héritage politique de laRASDet du
Polisario, une nouvelle génération de militants émerge. L’une des principales
figures est sans nul doute l’associationNon Violence
Action (Nova)-Sahara Occidental, qui regroupe une centaine
d’adhérents dans les camps et autant dans le Sahara occidental occupé. Abida
Bouzeid en est depuis 2014 la présidente; charismatique, la
jeune militante se montre déterminée :«Nous
voulons utiliserla colère des
jeunes des campspour
mener des campagnes politiques de grande ampleur et malmener la propagande
marocaine». Bien qu’elle
s’affirme indépendante du Polisario, force est de constater qu’elle répond
parfaitement à un créneau d’action qui semble échapper au mouvement politique
sahraoui. Nova propose des formations aux nouvelles techniques de communication
et à la non-violence à des groupes de jeunes volontaires. Plus récemment, les
militants de Nova ont été invités par laRASDà former
les soldats au droit international humanitaire.
En 2016, Bouzeid a
été invitée en France pour porter la voix des Sahraouis. Elle dit avoir été«atterrée»par l’absence de conscience de la part dela classe
politique françaisesur
la question sahraouie et des faiblesses des réseaux de solidarité pour la cause
de son peuple, en comparaison avec le mouvement de solidarité pour la
Palestine.«Nous
attirons moins les médias que d’autres causes par manque de sensationnalisme,explique-t-elle.Ici,
il n’y a plus de bombardements ni d’affrontements militaires, et on ne peut que
s’en réjouir, sauf que cela a conduit à la marginalisation de notre lutte.»
Désormais, Nova veut
mobiliser les jeunes Sahraouis sur des batailles pacifiques, mais
déterminantes : l’accueil de délégations politiques et syndicales
internationales, la diffusion d’une communication militante sur les réseaux
sociaux et la sensibilisation d’artistes internationaux. Dans un contexte de
volonté guerrière d’une partie de la jeunesse, le choix de la non-violence est
à questionner :«Nous
n’avons pas le choix, la violence ne peut pas construire une société apaisée,explique la présidente.Nous
devons réaffirmer que l’État marocain a toujours été la porte d’entrée des
velléités impérialistes et néocoloniales de la France et des États-Unis en
Afrique.»
Ce constat, elle a pu
en faire l’amère expérience en mars 2015, lorsqu’elle a été invitée à
s’exprimer au Conseil de sécurité de l’ONUet que les représentants français ont
décidé de boycotter son audition. En décembre 2016, elle a participé à une
délégation sahraouie pour le 4e Forum social maghrébin
migration qui s’est tenu à Tanger. Son entrée en territoire marocain a été
possible grâce à l’intervention de l’ONGOxfam. Elle a pu y tisser des
relations avec des organisations étudiantes marocaines et remettre en cause la
rhétorique gouvernementale au sujet de la lutte de son peuple. Surtout, elle y
a relayé ces mots qui animent la conscience des Sahraouis :«Nous
n’en voulons pas aux Marocains, mais à leur gouvernement. L’Afrique est un
immense continent, il y a de la place pour tout le monde.»
Pour que les abus commis par les autorités marocaines soient portés à l'attention du monde le
conseil de sécurité qui doit voter une nouvelle résolution le 27 avril
est mis face à ses responsabilités par Amnesty international qui a
appelé à doter la Minurso d'un mécanisme qui puisse mettre fin aux
violations subies par le peuple sahraoui...Suivra... O.K.?
Les
Etats-Unis, qui président le Conseil de sécurité de l'ONU,
prononceront-ils la sentence? Si l'on se fie à la dernière déconvenue
infligée au souverain marocain par le nouveau locataire de la
Maison-Blanche, il est fort probable que le royaume soit passé à la
moulinette. Mohammed VI avait fait le pied de grue en Floride pour
rencontrer le successeur d'Obama. «Mohammed VI sera l'hôte d'un
déjeuner offert par le président américain» le 16 avril, pouvait-on lire
sur le site du journal marocain Le 360. En vain. Donald Trump l'a
ignoré. Le roi aurait apporté son soutien à Hillary Clinton, disent
certains. Une humiliation qui pourrait être suivie par une débâcle
politique la semaine prochaine. Le Conseil de sécurité, qui doit voter
une nouvelle résolution le 27 avril est, en effet, mis face à ses
responsabilités par Amnesty International qui a appelé à doter la
Minurso d'un mécanisme qui puisse mettre fin aux violations subies par
le peuple sahraoui.
L'habilitation de la Minurso à surveiller les droits
de l'homme au Sahara occidental est «cruciale pour que les abus commis
par les autorités marocaines soient portés à l'attention du monde, pour
désigner les responsables et améliorer le respect des droits de
l'homme», a souligné l'ONG citée par une dépêche de l'APS datée d'hier.
«La mission de l'ONU au Sahara occidental est la seule opération
onusienne de maintien de la paix, sans une composante des droits de
l'homme. Il y a plus d'un quart de siècle depuis sa création et il est
grand temps de mettre à niveau son statut pour lui permettre de faire
des rapports sur les violations», a précisé l'organisation qui milite
pour la libération des prisonniers d'opinion, le droit à la liberté
d'expression, l'abolition de la peine de mort et de la torture, l'arrêt
des crimes politiques... Amnesty a signalé également avoir répertorié
tout au long de ces dernières années, «la montée des violations des
droits de l'homme et en particulier les restrictions arbitraires
imposées aux manifestants pacifiques et aux militants qui soutiennent
l'autodétermination du Sahara occidental».
L'ONG basée à Londres, qui
jouit d'une voix consultative auprès de l'ONU, a souligné avoir constaté
tout au long des dernières années, «la montée des violations des droits
de l'homme et, en particulier, les restrictions arbitraires imposées
aux manifestants pacifiques et aux militants qui soutiennent
l'autodétermination du Sahara occidental» tout en relevant «les
violations» des droits des Sahraouis détenus au Maroc à un procès
équitable et la «torture et d'autres mauvais traitements» dont ils sont
victimes. Les forces de répression marocaines ont été prises maintes
fois, la main au collet. A chaque fois leurs exactions sont restées
impunies. Dans un document présenté au mois d'octobre 2012 au Conseil de
sécurité, le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture et autres
traitements cruels, inhumains ou dégradants, pour la justice et les
droits de l'homme, avait déjà fait référence à l'utilisation des
techniques de torture par le Maroc sur son propre sol et contre les
opposants qui défendent la cause sahraouie. «Il y a une tendance à
utiliser la torture dans les interrogatoires. Il est difficile de
dire si c'est très répandu ou si c'est systématique, mais cela arrive
assez souvent pour que le gouvernement marocain ne puisse l'ignorer»,
avait déclaré, le 23 octobre 2012 à la presse, Juan Mendez qui avait
séjourné au Maroc et au Sahara occidental entre les 15 et 22 septembre
2012. «Le gouvernement marocain continue de faire usage de la brutalité
et du mépris des droits de l'homme comme moyens d'oppression contre le
peuple sahraoui et ce, avec l'impunité quasi totale», avait dénoncé le
Centre Robert F. Kennedy (RFK Center) pour la justice et les droits de
l'homme dans un rapport rendu public le 19 avril 2013. «Si l'ONU veut
faire valoir que les droits de l'homme constituent un pilier de ses
missions, les membres du Groupe des amis du Sahara occidental et le
Conseil de sécurité doivent créer un mécanisme au sein de la
Minurso...», a ajouté l'ONG américaine. Les «Cinq» oseront-ils? Nous le
saurons le 27 avril.