Bernex,
Confédération Hélvétique, le 16 février 2018
Concerne : prisonnier sahraoui Mohamed Bani, n°
6330, prison d'Aït Meloul 2, Maroc
Monsieur le
Ministre, Monsieur le Directeur
C'est en tant que
membre de l’ACAT-Suisse, Action des chrétiens pour l’abolition de la torture et
de la peine de mort, et d'Amnesty International section Suisse, que je vous
écris.
Depuis 6 ans, je
suis « marraine » du prisonnier sahraoui Mohamed Bani. Faisant partie
du groupe dit de Gdeim Izik, Mohamed Bani a été condamné à la réclusion à
perpétuité lors du jugement rendu le 17 février 2013 par le Tribunal Militaire
Permanent des Forces Armées Royales du Maroc, puis à nouveau le 19 juillet 2017
par le Tribunal d’Appel de Rabat. Dans la nuit du 15 au 16 septembre 2017, les
dix-huit détenus du groupe de Gdeim Izik ont été transférés depuis la prison
d’El Aarjat dans différents lieux de détention sur le territoire du
Royaume du Maroc. Mohamed Bani a été séparé de ses compagnons et il est
actuellement détenu à la prison d'Aït Meloul 2. Son numéro d'écrou est 6330.
Il n’est pas dans
mon propos de critiquer ni d’approuver cette décision de justice, n’ayant
jamais eu connaissance de la moindre preuve concernant le crime dont il est
accusé.
Grâce à la famille
de Mohamed Bani, j'ai de ses nouvelles. J'ai donc appris que, en tant que
prisonnier politique sahraoui, ses conditions de détention ne répondent pas aux
normes internationales en vigueur concernant le traitement des détenus :
·
Mohamed
Bani souffre d'une maladie rénale, d'hypertension artérielle, et d'hémorroïdes.
N'ayant pas eu accès à des soins médicaux depuis qu'il est arrivé à Aït Meloul,
sa santé se détériore jour après jour. De plus, étant isolé de ses amis,
il ne reçoit plus leur soutien.




