2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

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dimanche 21 juin 2020

Racisme systémique et « esclavage moderne » : être noir dans le monde arabe

Éclairage

Les manifestations américaines qui ont suivi la mort de George Floyd ont permis de libérer la parole sur la perception des Noirs dans le monde arabe, mais le chemin reste long pour parvenir à l’égalité des droits.


Racisme systémique et « esclavage moderne » : être noir dans le monde arabe
Des employées de maison éthiopiennes manifestent devant l’ambassade d’Éthiopie à Hazmieh, au Liban. Photo João Sousa

« Je pense qu’il est temps pour moi de répondre aux personnes qui me disent : “Voyons Maryam, tu compares le racisme aux États-Unis au racisme dans les pays arabes ? Au moins nous, nous ne tuons pas !” » Dans une vidéo publiée au début du mois sur son compte Instagram, l’actrice palestinienne noire  dénonce la banalisation des discriminations raciales dans la région et partage ses propres expériences. Avec plus d’un million de vues, la vidéo a un effet retentissant. Les élans de solidarité s’enchaînent dans les commentaires, relayant d’autres témoignages similaires devenus plus visibles dans le sillage de la campagne globale contre le racisme.
Depuis le 25 mai dernier, les manifestations se sont multipliées aux États-Unis, en Europe et dans certains pays africains contre les violences racistes suite à la mort de l’Afro-Américain George Floyd asphyxié sous la pression du genou d’un policier blanc à Minneapolis. Dans le monde arabe, les débats se sont principalement concentrés sur les réseaux sociaux. Les places publiques sont, elles, restées désertes : l’espace de protestation est déjà pris par d’autres combats, comme au Liban et en Irak, ou verrouillé par des régimes autoritaires, comme dans les pays du Golfe.
Le sujet, d’ordinaire en marge du débat, a permis de redonner la parole aux populations concernées. « Être noir est quelque chose que vous ne pouvez pas cacher », constate l’artiste et caricaturiste politique soudanais, Khalid Albaih, contacté par L’Orient-Le Jour. « En tant que Noir dans le monde arabe, il faut faire ses preuves tout le temps. Prouver que l’on n’est pas un réfugié, pas un pauvre, pas un voleur, que, non, nous ne vivons pas tous dans la jungle. C’est épuisant », confie-t-il. Une marginalisation qui s’étend à mesure que le statut socio-économique, l’origine géographique et/ou le genre entre en jeu. « La femme noire ne peut pas quitter le petit cadre tracé par la société. Elle doit être une aide-ménagère, une serveuse dans un café ou, au maximum, une secrétaire. Le jour où elle essaie de quitter ce cadre ou de représenter sa communauté autrement, il y a un refus total », observe Khawla Ksiksi, une jeune activiste tunisienne noire originaire du Sud, où se concentre la majorité de la population noire de Tunisie. « Certains vont jusqu’à démissionner parce que leur chef est noir », ajoute-t-elle.

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La faible reconnaissance de ces discriminations semble aller de pair avec un déni, ou tout du moins une gêne, pour reconnaître l’héritage raciste du monde arabo-musulman, notamment la traite des Noirs à des fins principalement domestiques qui y a été pratiquée jusqu’au XIXe siècle.