Afrique

Dans un centre de détention pour migrants à Zawiyah (à l'ouest de Tripoli), le 17 juin 2017afp.com - Taha JAWASHI
Malnutrition,
enlèvements, travail forcé, torture: des ONG présentes en Libye
dénoncent les conditions de détention des migrants piégés dans ce pays,
conséquence selon elles de la politique migratoire des pays européens
conclue avec les Libyens.
Le point, minuscule dans l'immensité de la mer, est ballotté avec violence: mi-mai, un migrant qui tentait de quitter la Libye dans une embarcation de fortune a préféré risquer sa vie en plongeant en haute mer en voyant arriver les garde-côtes libyens, pour nager vers un navire commercial, selon une vidéo mise en ligne par l'ONG allemande Sea-Watch et tournée par son avion de recherche.
L'image illustre le désespoir criant de migrants, en grande majorité originaires d'Afrique et de pays troublés comme le Soudan, l'Érythrée, la Somalie, prêts à tout pour ne pas être à nouveau enfermés arbitrairement dans un centre de détention dans ce pays livré au conflit et aux milices.
Des vidéos insoutenables filmées notamment dans des prisons clandestines aux mains de trafiquants d'êtres humains, compilées par une journaliste irlandaise et diffusées en février par Channel 4, donnent une idée des sévices de certains tortionnaires perpétrés pour rançonner les familles des migrants.
Allongé nu par terre, une arme pointée sur lui, un migrant râle de douleur alors qu'un homme lui brûle les pieds avec un chalumeau. Un autre, le tee-shirt ensanglanté, est suspendu au plafond, un pistolet braqué sur la tête. Un troisième, attaché avec des cordes, une brique de béton lui écrasant dos et bras, est fouetté sur la plante des pieds, selon ces vidéos.
Dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 44 migrants ont été tués et une centaine blessés dans un raid contre un centre de détention à Tajoura, près de Tripoli, une frappe dénoncée comme un possible "crime de guerre" par l'ONU qui a demandé une "enquête indépendante" et dont le Conseil de sécurité devait se réunir mercredi en urgence.
La frappe aérienne a été attribuée par le gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli aux forces rivales de Khalifa Haftar engagées dans une offensive pour s'emparer de la capitale.
Selon des acteurs humanitaires, ce drame était "prévisible" depuis des semaines.
Depuis janvier, plus de 2.300 personnes ont été ramenées et placées dans des centres de détention, selon l'ONU.
"Plus d'un millier de personnes ont été ramenées par les gardes-côtes libyens, soutenus par l'Union européenne depuis le début du conflit en avril 2019. A terre, ces personnes sont ensuite transférées dans des centres de détention comme celui de Tajoura...", a réagi mercredi auprès de l'AFP Julien Raickman, chef de mission de Médecins sans frontières (MSF) en Libye.
Selon les derniers chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 5.200 personnes sont actuellement dans des centres de détention en Libye. Aucun chiffre n'est disponible pour celles détenues dans des centres illégaux aux mains de trafiquants.
Le point, minuscule dans l'immensité de la mer, est ballotté avec violence: mi-mai, un migrant qui tentait de quitter la Libye dans une embarcation de fortune a préféré risquer sa vie en plongeant en haute mer en voyant arriver les garde-côtes libyens, pour nager vers un navire commercial, selon une vidéo mise en ligne par l'ONG allemande Sea-Watch et tournée par son avion de recherche.
L'image illustre le désespoir criant de migrants, en grande majorité originaires d'Afrique et de pays troublés comme le Soudan, l'Érythrée, la Somalie, prêts à tout pour ne pas être à nouveau enfermés arbitrairement dans un centre de détention dans ce pays livré au conflit et aux milices.
Des vidéos insoutenables filmées notamment dans des prisons clandestines aux mains de trafiquants d'êtres humains, compilées par une journaliste irlandaise et diffusées en février par Channel 4, donnent une idée des sévices de certains tortionnaires perpétrés pour rançonner les familles des migrants.
Allongé nu par terre, une arme pointée sur lui, un migrant râle de douleur alors qu'un homme lui brûle les pieds avec un chalumeau. Un autre, le tee-shirt ensanglanté, est suspendu au plafond, un pistolet braqué sur la tête. Un troisième, attaché avec des cordes, une brique de béton lui écrasant dos et bras, est fouetté sur la plante des pieds, selon ces vidéos.
Dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 44 migrants ont été tués et une centaine blessés dans un raid contre un centre de détention à Tajoura, près de Tripoli, une frappe dénoncée comme un possible "crime de guerre" par l'ONU qui a demandé une "enquête indépendante" et dont le Conseil de sécurité devait se réunir mercredi en urgence.
La frappe aérienne a été attribuée par le gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli aux forces rivales de Khalifa Haftar engagées dans une offensive pour s'emparer de la capitale.
Selon des acteurs humanitaires, ce drame était "prévisible" depuis des semaines.
Depuis janvier, plus de 2.300 personnes ont été ramenées et placées dans des centres de détention, selon l'ONU.
"Plus d'un millier de personnes ont été ramenées par les gardes-côtes libyens, soutenus par l'Union européenne depuis le début du conflit en avril 2019. A terre, ces personnes sont ensuite transférées dans des centres de détention comme celui de Tajoura...", a réagi mercredi auprès de l'AFP Julien Raickman, chef de mission de Médecins sans frontières (MSF) en Libye.
Selon les derniers chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 5.200 personnes sont actuellement dans des centres de détention en Libye. Aucun chiffre n'est disponible pour celles détenues dans des centres illégaux aux mains de trafiquants.




