2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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dimanche 5 août 2018

Ignacio Cembrero : Mohamed VI aime le pouvoir mais pas le travail qu’il suppose


 
Le journaliste espagnol Ignacio Cembrero (*) s’est taillé la réputation, en deux décennies, d’être le meilleur spécialiste au monde du Maroc. D’où, d’ailleurs, ses gros ennuis avec ce pays… Résumé de ses connaissances et opinions en quelques questions clés.


Vous qui connaissez bien le Maroc, comment définiriez-vous le fonctionnement politique de ce pays? En principe, il présente les ingrédients de la démocratie (élections au suffrage universel, parlement donc élu, gouvernement de coalition, etc.), et pourtant, on sait que les choses sont plus compliquées…
Les autorités marocaines ont parfois synthétisé le système politique en deux mots: monarchie exécutive. Le Maroc a, en effet, les apparences d’une démocratie avec des partis politiques, des élections, un parlement, mais la réalité est toute autre. Malgré l’approbation d’une nouvelle Constitution en juillet 2011, le roi détient toujours l’essentiel du pouvoir entre ses mains et, croyez-moi, il l’exerce.

Comment jugez-vous la classe politique marocaine? Est-elle au garde-à-vous devant le roi ? On dit que M6 a voulu se débarrasser du Premier ministre Benkirane car il était trop peu obéissant, est-ce votre impression?
Que dire d’une classe politique, de partis politiques qui renoncent à débattre du budget de la défense ou de celui du palais royal? Que dire des députés dont aucun ne s’étonne que le roi Mohamed VI passe la moitié de son temps en vacances à l’étranger? Cela fait longtemps que les partis, à commencer par ceux de la gauche et plus spécialement les socialistes, ont renoncé à jouer leur rôle. Le pire c’est que certains hommes politiques marocains le reconnaissent en privé mais ils ne bougent pas le petit doigt pour que cela change. C’est une classe politique qui, à quelques exceptions près, a vendu son âme. Et dire que l’on retrouve des partis politiques marocains dans les internationales conservatrice, socialiste…
Le roi s’est, en effet, débarrassé d’Abdelilah Benkirane en mars 2017 après l’avoir empêché, à travers des hommes sa confiance, de former un gouvernement. Il était pourtant le vainqueur des élections d’octobre 2016 qu’il avait gagnées avec davantage de députés qu’en 2011. Mais il ne faut pas s’y tromper. Le but ultime du palais c’est de se débarrasser du parti de Benkirane (le Parti de la Justice et du Développement, PJD) et, en général, de l’islam politique. Pour cela, on a encouragé la création ou la résurrection de formations artificielles, d’abord le Parti Authenticité et Modernité (PAM), il y a une bonne dizaine d’années, puis, plus récemment, le puissant ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, a été parachuté à la tête du Regroupement national des indépendants pour lui insuffler une nouvelle vie. Pour le moment, ces opérations de création d’alternatives à l’islam politique n’ont pas vraiment abouti.