S’exprimant, il y a quelques semaines lors de la réunion
annuelle organisée par l’ONG indépendante « Movimiento por la paz »
(Mouvement pour la paix), la militante féministe Aïcha Ech-Chenna a
avancé des chiffres effrayants au sujet des nouveaux-nés abandonnés au
Maroc.
« Le Maroc veut tout, c’est pourquoi nous vivons dans la
schizophrénie. La réalité est que 50.000 enfants sont abandonnés chaque
année. Par ailleurs, en moyenne 24 bébés sont jetés à la
poubelle par jour. Il n’y a pas de nombre officiel de mères
célibataires, mais il y a 10 ans, elles étaient déjà plus d’un
demi-million », a déclaré la présidente de l’association Solidarité féminine créée en 1985. Des propos relayés par le média espagnol Mujerhoy qui revient sur la « mission » endossée très tôt par la quasi-octogénaire d’agir en faveur des mères célibataires.
« Lorsque nous avons commencé ce travail, en 1981, nous l’avions
fait pour que les mères célibataires arrêtent d’errer dans les rues,
dans des conditions inhumaines », se souvient la militante qui a
travaillé en tant qu’infirmière ou encore animatrice d’éducation
sanitaire et sociale. Cette femme de terrain a rapidement constaté qu’il
était plus efficace de former la mère, lui apprendre un métier pour
être autonome plutôt qu’essayer vainement de faire reconnaître le bébé
par le père biologique qui se détourne de la mère dans la plupart des
cas.
La militante a ainsi rappelé l’importance d’apprendre à ces femmes à « être
autonomes, à regagner l’estime de soi, à être responsables, car une
autre vie dépend d’elles. Avant d’être quelque chose avec laquelle la
société les étiquette, elles sont des mères. »





