2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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vendredi 24 décembre 2021

Guerre du Rif : comment une "harka" de résistants rifains s'est transformée en armée régulière

Rachid Oufkir, 23/12/2021 

Abdelkrim avec un combattant en position de tir derrière une mitrailleuse HOTCHKISS

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La lutte contre l'impérialisme espagnol a progressivement transformé une "harka" de résistants rifains en une armée régulière , permanente(près de 65 000 hommes), et cela a nécessité le développement d'une bureaucratie militaire, une chaine de commandement centralisé, de direction des opérations et des responsabilités identifiées.
En résumé, le Rif fonctionnait comme un État indépendant, une république fédérale indépendante et moderne, proclamée le 18 septembre 1921. Les soldats rifains modernes étaient bien formés. ils recevaient régulièrement leurs traitements. 
 
 En 1921 , on comptabilisait 30.000 soldats qui avaient des compétences techniques et entraînés au maniement de différents types d'armes de guerre modernes . Les troupes engagées étaient composées de différentes unités militaires notamment, l'Infanterie, la cavalerie, l'artillerie, le génie ( l'ensemble des techniques d’attaque et de défense des places, des postes, et de construction des infrastructures nécessaires aux armées au combat.), Les transmissions ( unité spécialisée dans la mise en œuvre des systèmes d'information et de communication militaires) une force navale , pris à titre de butin de guerre.
Pour information ; l'armement, les arsenaux de fusils et de munitions, des canons ( ex. Krupp ) les équipements, les véhicules, des chars , les ressources militaires rifaines étaient soit achetés soit pris à l'ennemi lorsqu'ils furent abandonnés
"À la tête de plusieurs harka regroupant chacune plusieurs milliers d’hommes, les chefs rifains croient avant toute chose aux vertus de la mobilité et de la rapidité. Bénéficiant d’une connaissance inégalée du terrain, leur tactique repose essentiellement en la multiplication de raids ponctuels et limités afin de rallier les tribus non encore soumises, tout en divisant l’effort des unités espagnoles. Farouches soldats et très bons tireurs, les combattants rifains battent les troupes espagnoles à plusieurs reprises (défaites de Dhar Abarran et d’Anoual en 1921, de Tizi 3ezza en 1924, etc.) et obligent ainsi l’armée espagnole à évacuer la région à la fin de l’année 1924, laissant les autorités françaises seules devant les revendications d’Abd el-Krim.
Face à la complexité géographique du Rif et à l’opiniâtreté des harkas rifaines, structurées et particulièrement bien armées, l’armée française est contrainte de revoir, dans l’urgence, sa conception, non seulement des opérations coloniales, mais également de l’appréciation de la technicité et en particulier de l’aviation".

Lire :
Gilles Krugler
Le colonel Paul Armengaud et l’émergence de l’emploi tactique de l’aviation (1925-1928)

 

lundi 20 décembre 2021

FREDERIC WEHREY
Maroc : les multiples répercussions de la rébellion du Rif (1921-1926)

 Frederic Wehrey (bio), The New York Review of Books, 18/12/2021 Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Comme il se doit pour un mouvement anticolonial qui a créé le modèle de ceux qui ont suivi, la révolte berbère des années 1920 se répercute aujourd'hui sur un siècle d'histoire.

Une gravure représentant Abdelkrim Al Khattabi à cheval dirigeant les rebelles du Rif contre les forces espagnoles, Maroc, années 1920 ; Apic/Getty Images

Un soir d'octobre dernier, je suis monté dans un bus à Rabat, la capitale marocaine, pour un voyage d'une nuit vers la côte méditerranéenne. Après plusieurs heures, nous grimpions dans les montagnes du Rif, le véhicule gémissant et se balançant dans les virages en épingle à cheveux. Le Rif est une chaîne de montagnes relativement récente - géologiquement plus jeune que les sommets plus connus de l'Atlas et moins grandiose - qui s'élève à pic depuis la mer au nord, mais qui s'abaisse en escarpements doux au sud.

Dans la pénombre du clair de lune, le paysage paraissait assez inquiétant : des massifs imposants tapissés de maquis, des bosquets de cèdres et de sapins, et des ravins profonds entourés de rochers calcaires. Il n'était pas difficile de comprendre comment, il y a cent ans, ce terrain a fait naître la peur dans le cœur des jeunes conscrits de l’Espagne, qui gouvernait le nord du Maroc en tant que protectorat, alors qu'ils étaient confrontés à une insurrection féroce du peuple amazigh indigène, également connu sous le nom de Berbères.

« La pire guerre, au pire moment, dans le pire endroit du monde », a écrit un journaliste espagnol à propos du conflit de cinq ans connu sous le nom de guerre du Rif.

Les combats ont commencé au début du mois de juin 1921, lorsque des tribus rifaines ont tendu une embuscade à un petit contingent de forces espagnoles sur un affleurement rocheux de la frange nord du Rif, le mont Ubarran. Rétrospectivement, cet engagement n'était que l'escarmouche initiale d'une bataille beaucoup plus importante et, du point de vue espagnol, catastrophique, qui s'est déroulée un mois plus tard dans et autour du village voisin d'Annual (accentuation de la dernière syllabe). Le désastre d'Annual, comme on l'appelle aujourd'hui en Espagne, a entraîné la mort d'au moins 13 000 soldats espagnols, infligée par seulement 3 000 Rifains. Pendant dix-huit jours, les combattants ont assiégé des soldats espagnols mal entraînés et des troupes indigènes dans des avant-postes ensablés, les privant de vivres et d'eau - certains soldats ont dû boire leur urine - et les abattant à coups de fusil ou de poignard alors qu'ils se repliaient pêle-mêle vers l'enclave espagnole de Melilla. Le commandant espagnol sur le terrain, un célèbre général imprudent du nom de Manuel Fernández Silvestre, a péri dans la mêlée, peut-être par suicide. Sa dépouille n'a jamais été retrouvée.

 

Le campement espagnol à Annual après sa prise par les Rifains, Maroc, 21 juillet 1921. Photo12/UIG via Getty Images

 C'est la pire débâcle militaire de l'histoire moderne de l'Espagne et sans doute la plus grave défaite qu'une armée coloniale européenne ait subie sur le continent africain, dépassant même la déroute de l'armée italienne à la bataille d'Adoua en Éthiopie en 1896. Ses conséquences se sont propagées en Afrique du Nord, en Méditerranée et en Asie, atteignant même les USA, où elle a suscité la sympathie du public pour la cause rifaine et électrisé les panafricanistes noirs usaméricains tels que les disciples de Marcus Garvey. Le centenaire d’Annual en juillet de cette année est passé pratiquement inaperçu dans le monde anglophone, mais il reste une grande source de fierté pour les Amazighs des montagnes du Rif, un héritage troublant pour la monarchie marocaine et un traumatisme national persistant en Espagne.

La nouvelle de la déroute d'Annual plonge l'Espagne dans une crise politique. Elle incite l'opinion publique à réclamer l'abandon du protectorat espagnol au nord, qui existe depuis 1912 grâce à un accord avec la France, qui gouverne le territoire au sud. Elle a contribué au renversement du gouvernement parlementaire espagnol et à l'instauration de la dictature du général Miguel Primo de Rivera. Elle a également donné lieu à une campagne de vengeance et de reconquête du Maroc par l'armée espagnole, qui a permis l'ascension fulgurante d'un jeune officier espagnol nommé Francisco Franco Bahamonde.

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samedi 12 août 2017

Les blessures ouvertes du Rif

Hisham Aidi, professeur à Columbia University (School of International and Public Affairs) revient sur l'histoire du Rif depuis les années 20, et de sa famille, pour éclairer les enjeux des affrontements actuels.
Des couvre-feux, des barrages routiers, des points de contrôle sur les autoroutes menant à Al Hoceima au nord-est du Maroc, des quartiers entourés de camions militaires, la police qui s’en prend physiquement aux manifestants, des arrestations massives, des militants enlevés dans les rues : depuis le 26 mai – le premier jour du Ramadan – la ville d'Al Hoceima a été le théâtre d’un chaos continu, qui a atteint son paroxysme lors d’une journée d'affrontements sanglants le 26 juin dernier, que l'on appelle désormais l'Eid noir de 2017. Les tensions sont vives dans le Rif avec d’intenses manifestations depuis octobre 2016 suite au décès aux mains de la police d’un jeune vendeur de poissons, écrasé dans un compacteur de déchets alors qu’il tentait de récupérer ses marchandises confisquées. 

Une sorte de trêve a depuis été négociée à la mi-mai lorsqu’une délégation ministérielle s’est rendue dans la ville d'Al Hoceima en promettant divers projets de développement.
Or le 26 mai, date à laquelle Abdelkrim Al Khattabi – fondateur de la République du Rif – s'était rendu aux Français en 1926, est tombé cette année un vendredi. En début de matinée, des milliers de jeunes se sont rassemblés dans les villes du nord-est du Maroc, brandissant des drapeaux de la république et des pancartes affichant le portrait d'Abdelkrim. Anticipant les problèmes à la veille du Ramadan, le gouvernement de Rabat avait transmis aux imams de la région du Rif le même sermon préventif et quiétiste du vendredi. Lorsque Nasser Zafzafi, impétueux et éloquent leader des manifestants, est entré dans la mosquée principale d'Al Hoceima, l'imam était déjà à la moitié de son sermon intitulé « La sécurité est une bénédiction », mettant en garde les jeunes marocains contre l’appel à la protestation diffusé sur le net et dénonçant les manifestants comme des fauteurs de troubles. Au moment où l'imam marqua une pause, Zafzafi prit la parole, l’accusant de charlatan parrainé par le régime. « Qu'est-ce que fitna peut bien signifier quand nos jeunes ont peu à manger? » « À qui appartiennent les mosquées? À Dieu ou au gouvernement? »
L'imam n'a jamais pu terminer son khutba. Zafzafi a fait son propre sermon face à une foule rassemblée à l'extérieur de la mosquée. Des affrontements de rue ont éclaté entre les manifestants et les forces de sécurité, alors que ces dernières tentaient d'arrêter Zafzafi et son entourage pour « entrave… à la liberté de culte ». Les protestations et les sit-in se sont rapidement répandus dans le nord et dans les principales villes du centre du Maroc. Des milliers de personnes ont traversé le pays en chantant: « Reste en paix, Abdelkrim, nous continuerons ta lutte ! » Le lundi matin suivant, le ministère de l'Intérieur a annoncé que Zafzafi et des dizaines de militants, artistes et journalistes avaient été arrêtés.
Il y a a peine une décennie, une pareille tournure d'événements - des milliers de manifestants à l'échelle nationale brandissant des drapeaux pan-berbères et clamant «Vive le Rif !» - aurait été difficile à imaginer. 



jeudi 29 juin 2017

Les rébellions du Rif, d'hier à aujourd'hui

par Laurence De Cock et Mathilde Larrère, Les détricoteuses, 28/6/2017
Depuis le début du XXe siècle, le Rif se distingue par des actes de résistance aux différents oppresseurs colonialistes ou gouvernementaux. En octobre dernier, après la mort tragique d’un pêcheur, cette région du nord du Maroc s’est à nouveau embrasée. Quels sont les ressorts de ce mouvement « Hirak », auquel le roi ne réagit que par la répression ?

jeudi 15 juin 2017

Le Rif, c'est aussi la première guerre de décolonisation du XXe siècle

Le Rif, c'est aussi la première guerre de décolonisation du XXe siècle, un épisode effacé de l'historiographie officielle au Maroc. 
Les révoltés d'Al Hoceima se réclament aujourd'hui d'Abdelkrim el Khattabi et de son éphémère République. Pour en savoir plus, on trouve dans les archives de la BNF, en ligne sur le site Gallica, ce livre de Pierre Sémard, publié en 1926 par la Librairie de l'Humanité.