2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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mercredi 24 décembre 2025

L’envers de la médaille du colonialisme franquiste au Sahara occidental : « Discrimination et racisme »

Isaías Barreñadaprofesseur de relations internationales à l’Université Complutense, publie un nouveau livre visant à relire de manière critique le colonialisme espagnol sur le territoire sahraoui. 

Des béni-oui-oui sahraouis accueillent des autorités espagnoles à El Ayoun, capitale du Sahara occidental. Fonds Antonio Bustamante

Miguel Muñoz, Publico, 20/12/2025

Traduit par SOLIDMAR

Miguel Muñoz Ortega est un journaliste espagnol. Depuis 2021, il fait partie de la section politique de Público, où il couvre l'actualité du PSOE et de la Moncloa. Il a débuté sa carrière dans la presse d'Albacete. Il s'est spécialisé dans l'information internationale et a travaillé pour La Nación au Costa Rica. En 2014, il a commencé à couvrir la politique et la société pour Cuartopoder. Il a aussi travaillé dans la communication politique institutionnelle. X

« Le colonialisme espagnol au Sahara occidental n’a pas été inoffensif ni bienveillant comme on le présente souvent. » C’est l’une des phrases figurant dans le synopsis d’un nouvel ouvrage consacré à la fin de la présence espagnole dans son ancienne colonie. Un « produit de la dictature franquiste », comme le définit son auteur, alors que l’on commémore les 50 ans de l’abandon du territoire sahraoui.

Isaías Barreñada est professeur de relations internationales à l’Université Complutense de Madrid (UCM). Dans Sahara occidental. 1975 : la fin du colonialisme franquiste (Catarata, 2025), il analyse en profondeur les événements de 1975 et des premiers mois de 1976, en s’appuyant sur une riche documentation historique et des témoignages de protagonistes de l’époque.

« Le livre a deux objectifs. Le premier est de rappeler le caractère franquiste du colonialisme au Sahara. Le second est de contribuer à une relecture critique du fait colonial espagnol au Sahara, en le débarrassant de cette manière paternaliste et, dans une certaine mesure, déresponsabilisante, de le caractériser », explique Barreñada dans un entretien avec Público.

Selon lui, le colonialisme espagnol a été présenté comme non violent par comparaison avec celui de la France en Algérie ou même du Portugal. « Il est vrai que, quantitativement, il y a eu moins de violence. Il y a eu des affrontements assez limités entre le Front Polisario et les autorités espagnoles dans les dernières années. Mais ils ont fait très peu de victimes », précise-t-il.

L’auteur rappelle qu’un discours de « civilisation » ou de « sédentarisation » de la population sahraouie autochtone s’est imposé. « On dit souvent qu’on en a fait des citoyens espagnols, alors qu’il s’agissait de demi-citoyens. Même les autorités ont reconnu par la suite qu’il s’agissait d’une citoyenneté très particulière et que, dans la pratique, ils étaient des citoyens de seconde zone. Cela permettait de masquer des pratiques coloniales et de dissimuler le fait qu’il y avait discrimination, racisme et d’autres formes d’abus », affirme-t-il.

Barreñada rappelle que les Sahraouis étaient relégués au poulailler dans les salles de cinéma, séparés des Blancs, et qu’ils n’avaient pas accès pendant longtemps aux piscines publiques. « Ils gagnaient moins et relevaient d’une justice différente », ajoute-t-il.

« Ce type de réalités est aujourd’hui peu présent dans les discours sur le Sahara », observe-t-il. « Les Sahraouis préfèrent sans doute, de manière aussi tactique, concentrer leurs luttes contre l’occupation marocaine, en laissant de côté la violence espagnole. Mais lorsqu’on creuse un peu, lorsqu’un climat de confiance s’installe, ils reconnaissent qu’ils étaient discriminés et qu’ils n’étaient pas réellement égaux. Cela n’empêche pas qu’il y ait eu des instituteurs espagnols inspirants ou de bonnes relations avec certains colons. »

Les événements de Zemla

Alors que le nationalisme sahraoui n’en était qu’à ses débuts, juin 1970 marque « un jalon dans la construction identitaire » du peuple sahraoui. Il s’agit des événements de Zemla. Le mouvement dirigé par Basiri convoqua une manifestation pour dénoncer les conditions de vie des Sahraouis. Les autorités franquistes réagirent avec brutalité et firent des victimes mortelles parmi les manifestants. Basiri fut arrêté puis disparut. Ce qui s’est réellement passé reste officiellement inconnu.

« Le mouvement de résistance sahraoui s’est heurté au franquisme, pas à une administration libérale. Et le franquisme résolvait les problèmes par la cooptation ou la répression. Et c'est ce qu'ils ont essayé de faire face au mouvement de Basiri. Le problème, c'est que les gens en voulaient plus », explique Barreñada. Les revendications étaient « gradualistes », mais les militants stockaient déjà des armes. « Ils se préparaient à d’autres niveaux de lutte et on leur a répondu par la violence. Basiri a disparu, mais d’autres aussi. Beaucoup ont été emprisonnés, ce qui a accentué la confrontation avec l’Espagne », souligne-t-il. À ce moment-là, quelque chose s'est également brisé avec les chefs de tribu, qui servaient d'intermédiaires entre les Espagnols et le nouveau mouvement nationaliste. À partir de ce moment, leurs revendications incluent la suppression de cette médiation.

« Ces événements ont accéléré la conscience décolonisatrice ». Le Front Polisario est fondé en 1973 et gagne progressivement l’adhésion de la population. « Certains de ceux qui avaient été réprimés ou persécutés à Zemla ont été, après des mois de prison ou d’exil, parmi les fondateurs du Polisario », explique Barreñada. Il y a, di-til, « une certaine  continuité dans la résistance de la part de certains militants.


Arrestation de militants du Front POLISARIO. Photo Revista de la Legión

La visite de l’ONU en mai 1975

Avec un POLISARIO déjà structuré et la pression de l’ONU pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination, le tournant décisif survient en mai 1975. La visite d'une délégation du Comité Spécial de Décolonisation des Nations Unies a donné lieu à des manifestations massives en faveur de l'indépendance dans les principales villes du territoire. « Elles ont surpris tout le monde et ont contribué, à la manière d'un détonateur, à ce que les autorités espagnoles décident l'abandon du territoire », indique le livre. Le POLISARIO s'est alors érigé comme « la force politique dominante » dans le territoire, comme l'a consigné ce Comité de l'ONU.

« Cela a été décisif. Tout le monde vous dit la même chose. Que ce soit un diplomate espagnol, un militaire, un activiste sahraoui, ou des gens ordinaires. Tous disent que tout a changé avec la visite de l'ONU », souligne l'auteur. La soi-disant Opération Hirondelle, qui a servi à rapatrier tous les Espagnols, commence à être conçue au moment où la mission des Nations Unies quitte le territoire, soutient Barreñada.

C'est-à-dire, raconte le professeur de l'Université Complutense de Madrid, qu'entre fin mai et début juin, les militaires disent déjà : « Nous devons préparer l'évacuation. Nous ne savons pas quand elle aura lieu mais il faut la préparer parce que nous partons ». À partir de ce moment-là, les enfants dans les écoles ont dit aux Espagnols que l'année suivante, ils ne commenceraient pas les cours. « Ils avaient déjà pris la décision, il n'a pas fallu attendre la Marche Verte », affirme Barreñada.

Rôle du PSOE et du PCE

Le livre aborde également le rôle joué à l'époque par les partis antifranquistes espagnols comme le PCE ou le PSOE. Concernant les premiers, Barreñada rappelle que leur action s'articulait sur deux plans. D'une part, ceux qui faisaient de la diplomatie entre partis. C'est-à-dire les gens qui étaient à l'étranger, à Moscou ou Prague. Ils représentaient officiellement le parti et étaient en relation avec les partis communistes du monde.

« Ils avaient des relations avec le Parti Communiste Marocain et mettaient dans le même sac les revendications pour la fin du protectorat avec la décolonisation de Ceuta et Melilla et tout ce que disaient les camarades marocains sans faire beaucoup de distinctions », souligne-t-il. Mais dans les structures communistes de l'intérieur de l'Espagne, « ils avaient une perception différente de ce qui se passait au Sahara. Beaucoup des militants communistes étaient punis en étant envoyés au Sahara faire leur service militaire », se souvient l'auteur.

Barreñada souligne qu'à partir de la fin des années 60, il existe des cellules du PCE parmi les soldats espagnols au Sahara. L'auteur a trouvé dans les archives historiques du parti les rapports qu'ils envoyaient de manière anonyme. Outre les démarches pour recruter plus de militants dans l'Armée, ces documents abordent les conditions « coloniales » dans lesquelles vivent les Sahraouis. « C'était un discours totalement différent de celui du département des relations internationales du PCE à Prague », affirme l'auteur.

Ce n'est qu'en 1975, précisément après la visite de la mission des Nations Unies, qu'un tournant a lieu. La position de Cuba, qui a commencé à soutenir [le POLISARIO], probablement influencée par la diplomate Marta Jiménez, l'une des participantes au Comité de l'ONU, a également joué, indique Barreñada. Santiago Carrillo lui-même a reconnu le changement abrupt de position.

Quant au PSOE, avec « beaucoup moins d'implantation » à ce moment-là, son cas fut différent. Barreñada souligne qu'il y avait certaines personnes avec des préoccupations « décoloniales » et que les socialistes ont dénoncé les Accords de Madrid par lesquels le territoire saharoui a été cédé en novembre 1975. Mais dans les actes de leurs congrès de l'époque, il n'y a pas une seule mention du Sahara, selon lui. « Au congrès de Suresnes (1974) on ne dit rien du colonialisme, par exemple. Ce sont des choses très frappantes », affirme-t-il.

Ensuite, en novembre 1976, Felipe González a visité les camps de réfugiés à Tindouf où il a promis son soutien au Sahara « jusqu'à la victoire finale ». Le POLISARIO a été invité au Congrès du PSOE en décembre 1976.

Dans ce contexte, Barreñada insiste sur le fait que ceux qui se sont mobilisés plus tôt étaient les organisations de gauche plus radicales comme une scission du PCE, le PCE (m-l), le FRAP ou la LCR. Les premiers sont allés jusqu'à envoyer un bateau depuis les Canaries avec de l'aide pour le Sahara.

 Couverture du du livre d'Isaías Barreñada

Reste-t-il des choses à savoir ?

Avec la nouvelle Loi sur les Secrets Officiels tant attendue, approuvée en Conseil des Ministres mais pas encore adoptée par le Parlement, des questions liées à la sortie de l'Espagne du Sahara Occidental devraient être connues, puisqu'il s'est écoulé 50 ans. Reste-t-il des choses à savoir ? Barreñada évoque les détails sur la répression. « Que s'est-il passé avec les gens qui ont disparu ou qui ont été réprimés ? Nous parlons aussi de peu de cas en comparaison avec les horreurs de l'Algérie ou d'autres endroits. Il y a une partie là-dedans qui est diluée et on ne sait pas très bien ».

D'autre part, le plus « sensible » pour l'auteur a trait « à la prise de décision durant les derniers mois du franquisme » et l'implication des autorités. Il prend comme exemple la figure de Juan Carlos Ier ou le rôle de Kissinger. « Ce qui se passe, c'est que beaucoup d'informations ont pu être reconstituées à partir d'archives de l'extérieur. Il faudrait les confirmer avec les archives d'ici et voir si tout concorde tel que ça a pu être reconstitué », ajoute-t-il.

« Je crois qu'il y a déjà une connaissance assez complète, plus ou moins, de ce qu'il y a eu. Mais il est possible que nous ayons encore une vision plus nette. Mais je crois que cela a plus à voir avec les manœuvres qu'a utilisées le Maroc pour se rendre indispensable auprès des USA et comment cela a correspondu à son besoin de garantir une transmission du pouvoir en Espagne de Franco à Juan Carlos pour ne pas mettre en péril ses intérêts », affirme Barreñada.

Le professeur rappelle qu'à cette époque, la renégociation des accords militaires et des bases était en suspens. « Ce que voulaient les USA, c’était que celui qui viendrait après Franco ne remette pas en cause ce qui avait été construit depuis 1953. C'était l'objectif », indique-t-il.

Des Sahraouis sympathisants du Front Polisario manifestant à El Ayoun quelques jours avant la Marche verte, fin octobre 1975. AFP

Barreñada souligne également quelques questions liées à la période d'Arias Navarro, c'est-à-dire après la mort de Franco. « Il y a des questions liées aux intérêts économiques. Il faut se souvenir que les accords tripartites avaient des annexes économiques qui ont été connues un ou deux ans après. Il y a des témoins qui parlent de gens qui ont profité du départ [des Espagnols] et des indemnisations. Tous ces détails ne sont pas suffisamment connus. Il y a des gens qui ont fait des affaires avec le départ et nous avons très peu de données là-dessus », précise-t-il.

Il n'y a pas non plus de données, poursuit Barreñada, sur la façon dont a été gérée la participation espagnole dans l'entreprise de phosphates Fosbucra. Jusqu'aux années 2003-2004, l'Espagne en a été copropriétaire. « Je me souviens d'une conversation à la SEPI (Société d'État de Participations Industrielles) à cette époque et ils nous ont avoué qu'ils n'étaient pas allés au Conseil d'Administration de Fosbucra depuis de nombreuses années. Ils reconnaissaient verbalement qu'il n'y avait aucune information. Tous ces éléments nous manquent pour avoir une idée plus claire », conclut-il.

mercredi 29 octobre 2025

Le Sahara occidental, dernière colonie d’Afrique, a besoin de l’indépendance, pas de l’autonomie
La proposition du Maroc viole la Déclaration universelle des droits de l’homme

Ahmed Aminu-Ramatu Yusuf, Premium Times Nigeria , 25/10/2025

Traduit par Solidarité Maroc

Ahmed Aminu-Ramatu Yusuf a travaillé comme directeur adjoint du Cabinet des affaires à la Présidence nigériane et a pris sa retraite comme directeur général (Administration) de l’Agence météorologique nigériane (NiMet). [Email : aaramatuyusuf[at]yahoo[dot]com]

La décolonisation du Sahara occidental n’est pas seulement une question d’histoire, de morale, de politique et de diplomatie. C’est, avant tout, une question de justice. Par conséquent, les êtres humains, en particulier ceux engagés dans une politique émancipatrice, dans le développement et dans la justice, devraient compatir, se solidariser et soutenir le peuple sahraoui de toutes les manières possibles, et par tous les moyens nécessaires, contre l’intransigeance du Maroc.

La République arabe sahraouie démocratique (RASD), mieux connue sous le nom de Sahara occidental, est la dernière colonie de l’Afrique. Elle a été techniquement remise au Maroc et à la Mauritanie par sa première puissance coloniale, l’Espagne, en octobre 1975, pour être recolonisée.

Ce mois d’octobre, donc, marque cinquante ans depuis l’invasion et l’occupation illégales du Sahara occidental par le Maroc. Mais il marque également le jubilé d’or de la résistance infatigable du peuple sahraoui contre l’occupation, et de sa lutte pour l’indépendance du Maroc.

De même, octobre marque cinquante ans de désespoir du Maroc, de déceptions politiques et d’échecs diplomatiques pour subordonner, contenir et neutraliser la lutte du peuple sahraoui. Il marque aussi la cinquantième année des propositions colonialistes sans fin du Maroc, qui offense le bon sens, transgresse la logique, viole les lois internationales et contrevient à l’éthique humaine civilisée.

De même, ce mois marque le jubilé d’or de la demande de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU) pour l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) sur le statut légal du Sahara occidental. La CIJ a conclu que, bien qu’il existât des liens entre le Sahara occidental et le Maroc dans la période précoloniale, ces liens ne rendaient pas l’un partie intégrante de l’autre. Par conséquent, le Sahara occidental est distinct et indépendant du Maroc. En tant que tel, le principe d’autodétermination s’applique pleinement au Sahara occidental.

C’est après cet avis de référence que le Maroc et la Mauritanie ont criminellement lancé leurs éléments lumpen pour occuper et se partager le Sahara occidental. Alors que la Mauritanie réalisa son erreur et se retira en 1979, le Maroc, archaïque, gouverné par une monarchie rétrograde, persiste dans l’occupation illégale du Sahara occidental !

Le Maroc, ayant échoué à faire interdire le Front Polisario, unique et authentique représentant du peuple sahraoui, qualifié comme « organisation terroriste » par ses alliés occidentaux et sionistes, fait maintenant miroiter une « Proposition d’autonomie du Sahara occidental ». D’abord soumise au Conseil de sécurité de l’ONU en avril 2006, cette proposition rebaptise de façon trompeuse le Sahara occidental occupé « Région autonome sahraouie ». Elle propose que le pouvoir soit partagé entre le Maroc et le Sahara occidental.

La proposition cherche à établir des organes législatifs et exécutifs pour la région autonome. Le Parlement proposé est composé de membres élus et nommés représentant divers groupes sahraouis, tandis que l’Exécutif sera nommé par le monarque marocain.

La proposition du Maroc, pour commencer, viole la Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU, qui déclare que « tous les êtres humains naissent libres et égaux ». Elle viole aussi l’article 20 (1) de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), qui affirme que « tous les peuples ont droit à l’existence. Ils ont le droit inaliénable et sans conteste à l’autodétermination. Ils détermineront librement leur statut politique et poursuivront leur développement économique et social selon la politique librement choisie ».

De plus, le Maroc propose d’être chargé de la sécurité, de la défense et de l’intégrité territoriale du Sahara occidental occupé ; de superviser sa justice et sa monnaie ; de garantir ses droits religieux et sa liberté ; et de décider des symboles nationaux de la région, y compris son drapeau et son hymne national.

La région, quant à elle, superviserait la police locale et les juridictions ; la planification et le développement économiques, y compris l’investissement, le commerce, l’industrie, l’agriculture et le tourisme. Elle gérerait aussi le développement des infrastructures, y compris les transports, les travaux publics, l’eau et l’électricité. Elle s’occuperait en outre des politiques sociales telles que l’éducation, l’emploi, la santé, le bien-être social, la sécurité sociale et les sports ; des affaires culturelles et environnementales ; et de la coopération avec les gouvernements régionaux étrangers.

L’« autonomie sahraouie » magique du Maroc est, pour le moins, offensante pour le sens commun ; elle insulte la logique ; elle nie l’avis consultatif de la CIJ ; viole les déclarations, résolutions et lois de l’ONU ; et contrevient gravement à tous les plans de paix élaborés par l’ONU et l’Union africaine (UA).

La proposition tente aussi de contourner les résolutions de l’ONU et de l’UA, qui cherchent de manière libérale et pacifique à résoudre l’occupation du Sahara occidental par le Maroc. Le plan, élaboré conjointement par l’ONU et l’UA, signé par le Front Polisario et le Maroc, validé par le Conseil de sécurité en 1990, stipule simplement que le peuple sahraoui devrait voter dans un référendum pour décider s’il veut être indépendant ou devenir partie intégrante du Maroc. Si le Maroc était sincère, pourquoi a-t-il refusé d’accepter l’accord qu’il a signé ?

La proposition du Maroc viole également l’avis consultatif de la CIJ, qui déclare que, entre le Sahara occidental et le Maroc, il n’existe pas de liens juridiques qui « pourraient affecter l’application de la résolution 1514 (XV) dans la décolonisation du Sahara occidental et notamment du principe d’autodétermination par l’expression libre et authentique de la volonté des peuples du territoire. »

Pourquoi le Maroc refuse-t-il de respecter cet avis simple de la CIJ ?

De même, pourquoi le Maroc, qui revendique civilité, libéralité et modernisme, a-t-il refusé de respecter toutes les résolutions de l’UA sur le Sahara occidental, et les décisions de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) ? En 2022, par exemple, la CADHP a jugé que l’occupation du Sahara occidental par le Maroc viole le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et a ordonné aux États africains d’aider à garantir l’indépendance du Sahara occidental.

La proposition d’autonomie du Maroc équivaut en outre à demander au Front Polisario d’abandonner ses objectifs, sa mission et ses buts ; à imposer un fait accompli d’occupation et de colonisation ; et à forcer le peuple sahraoui, à qui les lois internationales accordent le droit à l’autodétermination, d’accepter une autonomie qui est tout à fait non démocratique, antidémocratique, déshumanisante.

De même, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu sept décisions clés sur les accords commerciaux entre l’Union européenne et le Maroc. Toutes reconnaissent que le Sahara occidental est distinct et indépendant du Maroc ; soulignent l’importance du principe d’autodétermination en droit international ; et obligent les pays européens à respecter le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination. Pourtant, le Maroc et ses soutiens européens ont refusé d’obéir aux décisions de la CJUE !

Le Maroc, membre de l’ONU et de l’UA, devrait donc respecter et se subordonner totalement aux chartes de l’ONU et de l’UA. Il devrait également adhérer à l’avis de la CIJ, et aux décisions de la CADHP et de la CJUE.

Si le Front Polisario acceptait la proposition du Maroc — et que Dieu nous en préserve — il abandonnerait les glorieuses traditions de résistance du peuple sahraoui et sa riche culture de lutte. Ce serait également équivalent à jeter aux hyènes les gains historiques militaires, politiques, juridiques, diplomatiques et moraux du peuple sahraoui. Ce serait synonyme de suicide national.

Le Front Polisario devrait donc continuer ses luttes, avec plus de vigueur et de rigueur, pour l’indépendance du Sahara occidental dans l’esprit et la lettre de l’article 20 (2) de la CADHP, qui stipule que « les peuples colonisés ou opprimés ont le droit de se libérer des liens de domination par tout moyen reconnu par la communauté internationale. »

Que la proposition du Maroc soit soutenue par les USA, les pays de l’UE — spécialement la France et l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Israël sioniste et d’apartheid, et, bien sûr, certaines de leurs néocolonies à l’intérieur et à l’extérieur de l’Afrique — ne lui donne aucune crédibilité, ni ne la rend légitime.

La décolonisation du Sahara occidental n’est pas seulement une question d’histoire, de morale, de politique et de diplomatie. C’est, avant tout, une question de justice. Par conséquent, les êtres humains, en particulier ceux engagés dans une politique émancipatrice, dans le développement et dans la justice, devraient compatir, se solidariser et soutenir le peuple sahraoui de toutes les manières possibles, et par tous les moyens nécessaires, contre l’intransigeance du Maroc.

lundi 5 août 2024

Macron viole les droits des Sahraouis

En soutenant la position marocaine, Macron viole le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui

Dans son courrier du 30 juillet à Mohammed VI (25ᵉ anniversaire de son accession au trône), Macron reconnaît la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental1.

Or, ce territoire est inscrit depuis des dizaines d’années sur la liste des « territoires non autonomes » établie par l’ONU, c’est-à-dire des territoires à décoloniser.

Ce faisant, le président de la République viole non seulement un droit international — celui du peuple sahraoui à l’autodétermination — mais aussi une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU. Celle-ci – la 690 (29-04-1991) – a pour but l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental. Ce référendum n’a pu avoir lieu en raison de l’opposition du pouvoir marocain.

C’est un virage de la politique entre la France et le Maghreb.

Préparé depuis un an, il vise à instaurer un rapport privilégié avec Rabat, ce qui implique des conséquences importantes dans les relations avec l’Algérie. Cette dernière a immédiatement rappelé son ambassadeur.

Il est inadmissible qu’un tel changement de cap de la politique entre la France et le Maghreb soit décidé sans débat politique ni consultation du Parlement… Et ce à un moment où le rôle du gouvernement est censé se limiter à l’exécution des « affaires courantes ».

ENSEMBLE! dénonce ce « fait du prince » de la part de Macron. Et renouvelle son soutien au peuple sahraoui, en particulier à son droit à l’autodétermination.

 

Bagnolet, le 1ᵉʳ août 2024
ENSEMBLE!
Mouvement pour une Alternative de Gauche Écologiste et Solidaire


Pour compléter, vous pouvez lire :

Une réaction importante du porte-parole du Secrétaire général de l’ONU :

« Écoutez, je peux vous dire que nous avons vu ce qui est dit de la lettre transmise par le Président de la France au Roi du Maroc sur la question du Sahara Occidental.

Pour notre part, nous poursuivrons nos efforts concernant le Sahara occidental conformément aux résolutions du Conseil de sécurité.»

 

Notes

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vendredi 16 février 2024

Sahara occidental: cinquante ans après, quelles perspectives pour le Front Polisario?

Focus

Sahara occidental: cinquante ans après, quelles perspectives pour le Front Polisario?

Créé le 10 mai 1973, le Front populaire pour la libération de Sakia el-Hamra et du Rio de Oro – devenu une année plus tard le Front Polisario –, avait pour but de libérer ce territoire de 266 000 km2 de l’emprise espagnole. Le Sahara occidental s’appelait alors « Sahara espagnol » et était réclamé, à l'époque, à la fois par le Maroc et par la Mauritanie.


Le Front Polisario était, dans un premier temps, financé et armé par la Libye de Kadhafi, qui souhaitait être le soutien des mouvements de libération en Afrique. Le rôle a plus tard été repris par l’Algérie qui, à l’époque, confisquait les armes venant de Libye pour le compte du Polisario, ne voulant pas fâcher l’Espagne d’un côté et le Maroc de l’autre.

Cinquante ans jour pour jour après la naissance du mouvement, où en est-on de cette lutte pour l'indépendance d’un territoire dont les deux tiers sont aujourd’hui contrôlés par le Maroc ?

Un statu quo qui arrange tout le monde

Lors de son 16e congrès en janvier dernier au camp de Dakhla, l'un des combattants du Polisario a déclaré au journal Le Monde que « l’inaction de la communauté internationale nous condamne à une mort lente. Nous préférons, a-t-il dit, mourir avec dignité ». Un refus net du statu quo qui prédomine dans ce conflit post-colonial, le plus vieux sur le continent africain.

Publicitée statu quo est l’un des problèmes de ce conflit qui n’est pas géostratégiquement important pour attirer une attention suffisante qui fasse que la communauté internationale mette la pression sur les parties pour arriver à une résolution », affirme Aboubakr Jamaï, spécialiste du Maghreb et professeur de relations internationales à Aix-en-Provence. Cet universitaire remarque qu’il « y a toujours eu des conflits plus pressants pour la communauté internationale, comparé à un conflit qui est assez froid en réalité... On peut probablement dire que c'est un échec du Polisario, parce qu'il pensait qu'en décidant de rompre le cessez-le-feu, il allait pouvoir attirer cette attention-là. Force est de constater qu'il a perdu sur ce point, parce qu’il n’y a pas eu de regain d'intérêt en faveur de ce conflit, ce qui, à mon avis, joue en faveur du statu quo et qui est en faveur du Maroc ».kr Jamaï, c'est cette situation de statu quo qui fait que « les prémices d'une solution sont éloignées en raison de cette radicalisation des uns et des autres le président américain Donald Trump a reconnu la « marocanité » du Sahara, l’attitude marocaine fait écho à cette position même si, en question de droit international, rien n’a changé et que le Sahara, au regard des Nations unies, reste un territoire « non autonome ». Selon plusieurs observateurs, ce uo arrange finalement tout le monde, surtout les Européens qui ne veulent pas se brouiller avec le Maroc ou avec l’Algérie à cause de cette question. Ils ne veulent pas non plus aller contre la volonté des États-Unis.

La jeunesse du Polisario s’oppose à l’ancienne génération 

Aujourd’hui, il y a, au sein du mouvement Polisario, deux tendances qui s'opposent : la jeunesse qui réclame un changement de stratégie face au statu quo. Elle appelle à un durcissement de la lutte armée. Face à elle, la vieille génération parie toujours sur l’ONU et la communauté internationale pour résoudre ce conflit.

La position de cette jeunesse et son opposition est un élément très important qui vient d'apparaître dans l'équation sahraouie. Selon Ricardo Fabbiani, directeur de recherche sur le Maghreb à l’International Crisis Group, « c'est une opposition au leader, Ibrahim Ghali. La jeunesse réclame de faire monter un peu le niveau de combats et d’essayer de mener une espèce d'escalade militaire contre le Maroc, à l’intérieur même du territoire occupé, afin de faire monter la tenson dans la région ».

Une position qui va à l’encontre de la stratégie adoptée par le chef du Polisario, qui continue, lui, dans une certaine mesure à être ouvert à l'hypothèse de la reprise de pourparlers. « Cette opposition au sein du Polisario est surtout soutenue par la jeunesse. Il y a une génération de Sahraouis, dans les camps de Tindouf, qui a grandi dans l'atmosphère de cessez-le-feu de 1991 et donc l'accord de l'ONU pour organiser un referendum, qui n'a jamais donc eu lieu. C'est une jeunesse qui en a marre du statu quo et qui croit qu'il faut revenir aux armes pour libérer le territoire occupé », analyse Ricardo Fabbiani.

L’impuissance de l’ONU

Si ce long conflit marque également le manque d'intérêt géopolitique de la communauté internationale pour cette région, la guerre récente en Ukraine n’arrange pas les choses. « Finalement, on est revenu à une configuration internationale, États-Unis contre la Russie, Occidentaux contre ce qu'on appelait autrefois les non-alignés. Donc, le fait de revenir à une configuration qui n'est pas la guerre froide, mais qui y ressemble, ne va pas, en tout cas, dans le sens d'une régulation, souligne Pierre Vermeren, professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne. Cela étant dit, ce qui va être très important, c'est la sortie de la crise de l’Ukraine. Est-ce que la Russie va gagner, est-ce que qu'il y aurait un statu quo ? Est-ce que les États-Unis ou leurs alliés vont plutôt marquer des points ? »

► À écouter aussi : Sahara occidental [1/5] : avec les soldats du Front Polisario

C’est donc l’issue de ce conflit en Ukraine qui va déterminer le nouveau contexte international et qui fera naître, peut-être, un nouvel ordre mondial. Il faut rappeler, note Pierre Vermeren, « que cette question du Sahara, elle est en débat chaque année à l'ONU, que l'ONU est présente sur le terrain, que l'ONU a montré depuis très longtemps son impuissance, notamment à cause de la guerre froide, mais la guerre froide est finie depuis très longtemps et l'impuissance (de l’ONU) a demeuré ».

Actuellement, l'hypothèse d'une reprise de pourparlers semble difficile à envisager. Le Polisario exige une évolution de la position de l'ONU. Quant au Maroc, il a réussi à imposer une nouvelle réalité sur le front politique et diplomatique. Plusieurs pays africains et européens reconnaissent désormais la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

 

mercredi 24 janvier 2024

Rappel : Un référendum d’autodétermination reste la seule solution plausible pour résoudre la question sahraouie,

lundi 22 janvier 2024

Sultana Khaya : «Un référendum d’autodétermination est la seule solution pour la question sahraouie»

 

samedi 16 décembre 2023

Sahara occidental: les Nations unies appellent le Maroc à libérer des prisonniers sahraouis

Le Sahara occidental les Nations unies appellent le Maroc à libérer des prisonniers sahraouis du groupe de Gdeim Izik
< Voici l'appel lancé par le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (UNWGAD).
 Dans un avis datant du 11 octobre, le Groupe avait conclu que la détention de plusieurs militants sahraouis depuis 13 ans dans les prisons marocaines est illégale. pour les juristes et militants de l'indépendance du Sahara occidental, qui appellent désormais les autorités françaises à œuvrer pour obtenir leur libération. L’ONU a exhorté le Maroc, dans une note du 11 octobre, à libérer des manifestants indépendantistes sahraouis, des membres du groupe dit Gdeim Izik, qui a porté de nouvelles-plaintes-pour-tortures-contre-le-maroc-déposées-par-un-collectif-d-ong-et-avocats" avaient été déclarés coupables du meurtre de membres des forces de l’ordre lors du démantèlement du camp de Gdeim Izikfr/afrique/20220702-affaire-gdim-izik-nous-sommes-toujours-dans-le-cadre-d-une-détention-arbitraire" emprisonnés depuis 13 ans

 

samedi 9 décembre 2023

/La société civile sahraouie s’élève contre la prétention du Maroc de présider le CDH au vu de son bilan accablant dans ce domaine AfriqueInternational


La société civile sahraouie s’élève contre la prétention du Maroc de présider le CDH au vu de son bilan accablant dans ce domaine


La société civile au Sahara occidental a appelé, le Conseil des droits de l’Homme (CDH) des Nations unies à rejeter la candidature du Maroc pour la présidence du Conseil au titre de la session 2024 au vu de son bilan accablant en matière des droits de l’Homme en tant qu’Etat occupant militairement le Sahara occidental et refusant de coopérer avec les instances onusiennes.

Plus de 20 associations sahraouies des droits de l’Homme ont souligné, dans un communiqué commun, qu’à l’heure où le Maroc ambitionne de remporter la présidence tournante du CDH des Nations unies au titre de l’année 2024, un poste qui l’habilitera à assurer le suivi des milliers de plaintes relatives aux droits de l’Homme et émanant du monde entier, la société civile au Sahara occidental appelle le Conseil à rejeter la candidature de Rabat à ce poste.

Compte tenu du bilan accablant du Maroc en matière des droits de l’Homme, outre le fait qu’il s’agit d’un pays qui occupe militairement les territoires du Sahara occidental où sont commises les pires violations des droits de l’Homme, et qui refuse de coopérer avec les instances de l’ONU, « le Maroc n’est pas habilité à présider le CDH » , soutient le document.

Selon les représentants de la société civile sahraouie, le Maroc a horriblement échoué à répondre aux critères de base requis pour prétendre à la présidence du Conseil. En effet, depuis qu’il a été désigné membre du Conseil en 2022, il a intensifié ses intimidations à l’encontre des journalistes et des opposants à la politique de colonisation et contre les militants des droits de l’Homme.

Les pires violations des droits de l’Homme par le Maroc sont perpétrées sur les territoires sahraouis occupés depuis 1975 où « la situation des droits de l’Homme et la crise humanitaire prennent des dimensions dramatiques », souligne le communiqué, rappelant que Rabat s’était opposée, ces huit dernières années, à la visite du haut commissaire des droits de l’homme et d’autres observateurs et représentants d’organisations internationales.

APS

 

mardi 31 octobre 2023

Résolution de l’ONU sur le Sahara :


13:27 (il y a 1 heure)



 

dimanche 24 septembre 2023

Sahara Occidental : Autodétermination oui, autonomie non

L'une des principales tâches du Royaume du Maroc est de  défendre son occupation, la  marocanité du Sahara Occidental, et son plan d'autonomie.
Les autorités  marocaines essaient par tous les moyens d'orienter les reportages dans leur sens, de reconnaître la marocanité du Sahara Occidental, et de rendre la vie difficile au Front de libération du Sahara Occidental (Front Polisario ), aux groupes de solidarité,  et de faire pression sur les gouvernements pour qu'ils reconnaissent l’appartenance  de l'ancienne colonie espagnole au Maroc.
Une seule et unique "autonomie" veut être concédée par  Rabat aux Sahraouis, celle dictée par le roi. Ce qui est complètement différent de "l'autodétermination", à laquelle les habitants du Sahara Occidental ont un droit inaliénable proclamé par la déclaration des Droits de l'Homme. Le Sahara est libre de choisir !