2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

Affichage des articles dont le libellé est Le Caire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Le Caire. Afficher tous les articles

mercredi 28 novembre 2018

Maroc : les ingrédients d’une révolution sont réunis

27 novembre 2018

De Jerada à Zagoura en passant par les banlieues de Casablanca : les récentes manifestations mettent en lumière le contexte favorable à une révolution dans lequel le Maroc évolue depuis 2017
Au Maroc, les éditorialistes s’interrogent depuis plusieurs semaines sur le devenir du royaume. Le climat délétère et le manque de visibilité font craindre, à n’importe quel moment, un basculement vers l’inconnu.
Dans la rue, le langage qui excluait habituellement toute responsabilité du palais royal pointe aujourd’hui d’un doigt accusateur, la responsabilité directe du chef de l’État. La jeunesse, en particulier, montre une dureté de langage jamais observée depuis l’accession du roi Mohammed VI au trône en 1999.

Les Marocains sont-ils sur le point de vivre une révolution ?
Au regard du nombre de jeunes qui auront 25 ans entre 2017 et 2020, le géographe Laurent Chalard estime que cette période offre une fenêtre favorable à la révolution au Maroc (AFP)
À en croire la théorie élaborée en 2015 par le géographe Laurent Chalard, le Maroc se trouverait en tout cas, depuis 2017, dans une période propice aux soulèvements.
Selon lui, la combinaison de trois facteurs 
– l’autoritarisme, l’économie fragile et le pic des naissances 25 ans plus tôt 
– augmente considérablement la probabilité de déclenchement d’une révolution. 
- Le troisième paramètre expliquerait la forte mobilisation des manifestants de la place Tahrir, au Caire en 2011, ou dans l’avenue Habib Bourguiba, à Tunis la même année. En effet, les volumes des naissances ont connu leur apogée en Égypte et en Tunisie respectivement entre 1985-1988 et 1984-1987, ce qui signifie qu’en 2011, la population âgée de 25 ans était, en nombre, la plus représentée dans les pyramides des âges des deux pays, catalysant ainsi les mouvements de contestations dans la rue.
« L’émigration de la jeunesse marocaine vers les pays étrangers n’est pas suffisante pour contenir les tensions susceptibles de conduire à une révolution »
- Laurent Chalard, géographe
Contacté par Middle East Eye, le chercheur explique que d’un point de vue démographique, la période 2017-2020 offre une fenêtre favorable à la révolution au Maroc. 
« Même si les données civiles des naissances pendant les années 1990 au Maroc ne sont pas tout à fait précises, il est possible de reconstituer ces chiffres à partir des données du recensement général de 2014. Ainsi, la transition démographique, c’est à dire le processus de passage d’une hausse des natalités vers une baisse, a engendré un pic des naissances situé entre 1992 et 1995. Ce qui signifie que la population marocaine âgée de 25 ans sera la plus importante entre 2017 et 2020 », précise le géographe.


« Traditionnellement, on considérait les jeunes âgés entre 18 et 20 ans comme une locomotive des mouvements révolutionnaires. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Avec le retard de l’âge du premier mariage chez les jeunes hommes, et les différentes désillusions qui l’accompagnent, se crée une situation de frustration marquée par une perte de l’espoir. J’ajoute à cela que l’émigration de la jeunesse marocaine vers les pays étrangers n’est pas suffisante pour contenir les tensions susceptibles de conduire à une révolution », poursuit-il.
La transformation de la structure familiale au Maroc renforcerait également la prédisposition au déclenchement de mouvements révolutionnaires. 

 L’avènement d’une classe moyenne plus consistante
À ce propos, une étude commandée en 2007 par le gouvernement marocain aux démographes Emmanuel Todd et Youssef Courbage sur les implications culturelles de la transition démographique au Maroc fait ressortir, dans la synthèse que « l’endogamie est l’un des indicateurs de l’anti-individualisme du système familial : il existe un rapport entre le degré d’ouverture du système familial et le degré d’ouverture du système politique ».