Blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental, de Palestine et du monde, créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala
2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas
El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.
Depuis les frappes américaines ayant visé des installations
nucléaires iraniennes dans la nuit de samedi à dimanche, l’Afrique se
trouve confrontée à une équation complexe mêlant prudence diplomatique,
solidarité religieuse et impératifs économiques. Cela explique les
réactions modérées de certains pays, qui ont pris position avec retenue.
Protestation devant la Maison Blanche à Washington. Photo Probal Rashid/ZUMA/SIPA
Pendant
ce temps, un silence assourdissant règne du côté de nos institutions.
Tandis que les organisations internationales appellent à la désescalade,
l’Union africaine se distingue par son absence de réaction. Pourtant,
si ce foyer de tension venait à s’embraser, le continent africain serait
parmi les premiers touchés, notamment par une inflation généralisée sur
de nombreux produits. La guerre russo-ukrainienne en offre un précédent
édifiant.
Il convient de souligner que de nombreux pays africains adoptent la politique de l’autruche, par crainte de représailles.
Il
faut dire que pendant plusieurs années, le pays de l’Oncle Sam a
financé des projets en Afrique par le biais de l’Agence des États-Unis
pour le développement international (USAID), dans le but de stimuler la
croissance, de réduire la pauvreté et d’améliorer les conditions de vie.
Ces programmes couvrent divers secteurs comme la santé, l’agriculture,
l’éducation, la bonne gouvernance, entre autres.
Peu après son
élection, Donald Trump a suspendu plusieurs programmes d’aide, ce qui
s’est fait ressentir dans de nombreux pays, notamment en Afrique du Sud,
pourtant première puissance économique du continent. Dans ce contexte,
il devient plus compréhensible que certains dirigeants africains évitent
de contrarier les États-Unis. Il ne faut pas non plus oublier l’AGOA,
censé prendre fin en septembre. Cet accord commercial, adopté en 2000,
offre aux pays d’Afrique subsaharienne un accès préférentiel au marché
américain pour divers produits, afin de stimuler leur économie. Or, le
locataire actuel de la Maison Blanche a déjà menacé de ne pas le
renouveler.
Cela démontre, une fois de plus, que l’Afrique peine à
tirer les leçons de ses erreurs. Il est temps que l’unité africaine
cesse d’être un simple slogan pour devenir une réalité concrète. Depuis
des années, on nous répète que l’avenir du monde passe par l’Afrique.
Mais de quelle Afrique parle-t-on ? De celle qui s’enorgueillit, de
manière exceptionnelle, lorsqu’elle parvient à parler d’une seule voix
sur la scène internationale ? Ou de celle qui dépend encore largement de
l’aide occidentale pour survivre ?
La République arabe sahraouie démocratique (RASD) a
appelé dimanche la Commission africaine des droits de l'Homme et des
peuples à réagir en urgence pour mettre un terme aux crimes de
l'occupation marocaine dans les villes occupées du Sahara occidental.
Cet appel a été lancé lors d'une intervention du coordonnateur de la
RASD avec la Commission africaine des droits de l'Homme et des peuples,
Weddad El-Mostafa, aux travaux de sa 69e session ordinaire qui se tient
par visioconférence du 15 novembre eu 6 décembre 2021, sur la situation
des droits de l'homme et des peuples entre deux sessions.
L’intervenant a mis en garde contre "la situation dangereuse dans les
territoires sahraouis occupés au vu d'un embargo policier ayant permis à
la machine de répression marocaine de commettre de graves crimes et
violations contre l'humanité en transgression flagrante des lois et des
coutumes internationales, en tête des quelles le droit international
humanitaire notamment après la reprise de la guerre dans la région suite
à la violation du cessez le feu par les forces marocaine le 13 novembre
2020".
Il a cité, à titre d'exemple, la situation de la militante Sultana
Khaya et sa famille, mises sous embargo à leur domicile pendant toute
une année, où elles subissent toute sorte d'intimidation et de
maltraitance y compris le viol.
Le colonialisme, comme l’impérialisme,
est une pratique de domination et de soumission d’un peuple par un
autre. Le désir de posséder et de contrôler les territoires d’autres
peuples est au cœur du colonialisme, un phénomène qui n’est ni nouveau
ni accidentel.
La colonisation européenne des sociétés
africaines n’est pas le fruit du hasard, car elle repose sur une volonté
bien calculée d’acquérir des matières premières et une main-d’œuvre bon
marché pour des industries en expansion. Avec les opportunités offertes
par l’industrialisation et l’esclavage en déclin, le capital a dû
trouver un moyen d’expansion et la route naturelle est devenue
l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie s’avérant non rentables (Williams
1944).
Parce qu’il s’agit d’une forme de
conquête, le colonialisme s’appuie fortement sur la puissance du pouvoir
impérial et suit un schéma qui rend difficile la décolonisation
complète des colonisés sans exercer une dose correspondante de violence
en représailles, car il affecte le psychisme par l’érosion culturelle et
un système éducatif volontairement structuré (Fanon 1967).
La terre d’un peuple est sa fierté et
son espoir, car elle rapporte son identité et façonne ses aspirations.
Comme l’écrit Nilene Omodele Adeoti Foxworth dans « Bury Me in Africa »
(1978), « un peuple sans terre est comme du bétail sur une terre nue,
sans rien pour brouter, il se morfond sans espoir ».
Celui qui contrôle la terre contrôle
tout ce qui est digne de la vie ; les richesses minérales, les rivières
et tout ce qui bouge dans leur ventre, les oiseaux et tout. La terre ne
perd pas de valeur, en tant que telle avec le temps, elle peut être mise
en gage pour n’importe quoi.
Beaucoup considéreraient un terrain
rocailleux et sablonneux aujourd’hui comme stérile, pour qu’il devienne
demain une mine de diamants ou d’or, et qu’il soit toujours gardé
jalousement. Les luttes de libération à travers le continent africain
ont été stimulées par la promesse d’une reprise de possession et de la
propriété de la terre, un héritage ancestral.
Les Africains ne peuvent pas vraiment se
considérer libres si la liberté ne se traduit pas par la propriété de
la terre, la propriété totale de la patrie. Il y avait eu des bains de
sang hideux à cause du désir ardent de contrôler la terre, à cause de
son importance dans la matrice de survie de l’homme. La terre est un
héritage dont la valeur est équitable pour la vie et ne peut donc pas
être mesurée en termes monétaires. https://www.moroccomail.fr/2019/03/30/le-maroc-doit-arreter-de-courir-avec-le-lievre...
Les Africains sont inséparables de leur terre.
Il est donc tristement décourageant
qu’un pays africain reste colonisé au XXIe siècle, non pas par les
accapareurs de terres européens habituels, mais par un autre frère
africain. Que le peuple du Sahara Occidental, aussi connu sous le nom de
République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), reste colonisé, ou a
été colonisé par le Maroc, voisin africain en premier lieu, qui est
censé jouer un rôle de » gardien du frère « , cela dégage l’odeur de
l’avarice, l’insensibilité et l’égoïsme absolu.
Et que le monde occidental, les
soi-disant champions de la démocratie ferment les yeux sur ce qu’on
appelle « l’altérité », donne une mauvaise réputation au terme
mondialisation, est un exemple de deux poids, deux mesures et un
poignard dans le dos de la justice internationale. Le fait que l’Afrique
regarde un frère se faire mutiler, tué et laisser pour mort est aussi
déchirant qu’enraciné dans l’appareil colonial que le continent a enduré
et qu’il subit encore avec le traumatisme qui en découle.
Ironiquement, le Maroc est membre de
l’Union africaine, anciennement Organisation de l’Union africaine (OUA),
dont les protagonistes et les fondateurs étaient idéologiquement clairs
sur ce qu’ils voulaient réaliser : la libération totale des peuples
africains. Avec le peuple sahraoui attaché à la machine coloniale d’un
frère, on peut se demander où sont les pères du continent et si la
fraternité a pris un nouveau nom.
A qui appartient la main du Maroc ?
Quelles cartes gagnantes tombent sur la table de poker africaine ? Et à
qui appartient la roulette de l’Union africaine et à quelle fin ?
Si le Maroc est sincère sur le fait
d’être africain, et sur ce qu’il ressent comme africain, comme le
stipule l’Acte constitutif de l’Union africaine dont il est signataire,
alors la noble chose à faire est de se comporter dans l’esprit africain.
Il est plutôt hypocrite de la part du Maroc de faire partie d’une
organisation qui prône la libération totale des griffes du colonialisme,
tout en parodiant le train du cirque de l’Empire.
C’est dans cet esprit de lutte
fraternelle que la SADC réaffirme son engagement en faveur de la
décolonisation du Sahara Occidental sous les chaînes coloniales
marocaines depuis 1975, comme il est de coutume. L’organe régional s’est
réuni à Pretoria, en Afrique du Sud, récemment, en solidarité avec le
peuple sahraoui dans son désespoir face à ses terres pillées et ses
rêves ardents.
S’exprimant lors de la Conférence de
solidarité de la SADC avec la République démocratique arabe sahraouie,
le président Mnangagwa a souligné que, sans une RASD libre, les rêves de
l’Afrique restent enfermés dans un coffre-fort ailleurs, donc la
libération du frère traumatisé devrait être la priorité absolue.
Cet appel a été lancé par d’autres
dirigeants de la SADC, qui ont estimé que la politique de diviser pour
régner à l’instigation de l’Empire devait être évitée avec le mépris
qu’elle mérite.
« La quête d’une paix durable et d’une
prospérité collective dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de
l’Afrique ne sera pas pleinement réalisée tant que le peuple sahraoui
travaillera et souffrira dans un cycle d’oppression et de privations,
perpétrées par un autre membre de la famille africaine. La libération du
peuple sahraoui doit être au premier plan de nos priorités
continentales « , a déclaré le président Mnangagwa.
« Nous rejetons totalement l’idée que
l’Union africaine (UA) n’a pas de locus standi dans le différend sur le
Sahara occidental. Les parties belligérantes sont des Africains qui se
battent pour des territoires en Afrique « , a-t-il réitéré.
Oui, comment l’UA peut-elle prétendre
qu’elle est incapable de maîtriser l’un des siens à contre-courant de la
nature? Le principe de « l’animalisme » qui dit que tous les animaux
sont égaux devrait s’appliquer à tous les membres, quelle que soit leur
influence.
Le Maroc ne devrait pas courir avec le
lièvre et chasser avec les chiens, et les Nations Unies ne devraient pas
traiter le Maroc avec clémence lorsqu’il s’agit de l’application du
droit international et des droits souverains des peuples colonisés.
Pourquoi le Maroc, connu sous le nom de colonisateur ou d’occupant
illégal pour l’euphémisme, devrait-il être autorisé à faire partie à la
fois de l’ONU et de l’UA ? C’est vraiment époustouflant.
Intervention au séminaire international
sur "Le rôle et la responsabilité de la France dans la résolution du
conflit au Sahara Occidental", Chahid Hafed, RASD, 28 février 2019
Mesdames et Messieurs, distingués invités,
Permettez-moi tout d’abord d’accueillir les invité(e)s et ami(e)s du
peuple sahraoui qui ont pris part à ces journées de commémoration du
43ème anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie
démocratique, État proclamé par le peuple sahraoui et à travers lequel
il a décidé son orientation politique claire visant à créer un État
démocratique fondé sur un système républicain, bâti sur la séparation
des pouvoirs, un État qui croit en l’Union africaine, et aux principes
d’amitié entre les peuples afin d’accomplir la coexistence pacifique, la
fraternité et l'amitié.
Je voudrais aussi remercier nos hôtes du ministère des Affaires
étrangères et de la Commission nationale sahraouie des droits de l'homme
d'avoir organisé cette rencontre pour que nous puissions comme
activistes et intéressés à la question de la décolonisation au Sahara
Occidental, discuter et échanger nos idées en mettant l'accent sur le
rôle que la France joue ou ne joue pas dans cette question qui nous
concerne toutes et tous.
Que veut la France des Sahraouis et du Sahara Occidental ?
1- Malgré la distance géographique qui sépare la France du Sahara
occidental, de nombreux facteurs nous rapprochent et de nombreux autres
ont mis nos deux pays en confrontations dans de nombreuses étapes
historiques. C'est pourquoi j'ai choisi de poser une série de questions
qui peuvent nous aider à soulever les préoccupations les plus
importantes de nos relations qui affectent nos vies, individuellement et
comme peuples.
2- Quel rôle la France joue-t-elle au Sahara Occidental? Pourquoi la
France insiste-t-elle encore à soutenir une occupation illégale,
militaire et violente dans ce pays colonisé? Quels sont les bénéfices
que la France reçoit de son soutien au Royaume du Maroc dans cette
aventure militaro-coloniale ? Comment ce soutien affecte-t-il les
intérêts de la France dans le reste de l'Afrique du Nord ? Comment cela
affecte-t-il également l'image de la France à l'échelle internationale ?
Comment les dirigeants français peuvent-ils expliquer leur soutien à un
régime monarchique dictatorial, qui non seulement viole le droit à
l'indépendance et à la liberté du peuple sahraoui, mais également les
droits civils, politiques, économiques et sociaux du peuple marocain
lui-même ? Que peut-en dire de la position de la France en matière de
libertés et de droits de l'homme face aux violations systématique par le
Maroc des droits de l'homme et du droit international humanitaire au
Sahara Occidental ? Pourquoi la France s’implique -t-elle dans cette
tentative de pousser l'Union européenne à violer le droit international
et le droit européen en soutenant le pillage illégal des ressources
naturelles du Sahara Occidental ? À qui profite réellement le pillage de
ces richesses ? Les Marocains peut-être? Ou bien les Français ? Ou
peut-être le peuple sahraoui, le facteur toujours absent et invisible
dans les équations de l'élaboration des politiques en France? Pour
combien de temps encore l'État français sera-t-il impliqué dans
l'obstruction à la solution politique juste et durable au Sahara
Occidental ? Pourquoi la France s'oppose-t-elle à la simple inclusion de
la protection des droits de l'homme dans la mission de la MINURSO ?!
Pourquoi s’oppose-t-elle aux efforts des États-Unis d'Amérique
d'intensifier le débat au sein du Conseil de sécurité sur la question du
Sahara occidental ? Jusqu’à quand la France sera-t-elle impliquée dans
les machinations et complots contre la République sahraouie au sein de
l'Union africaine à travers certains membres du groupe francophone
africain ? Pourquoi n'adopte-t-elle pas des politiques plus équilibrées
respectant la légalité internationale pour lier des relations fondées
sur le respect et les intérêts mutuels avec tous les pays du Maghreb
plutôt que de poursuivre la politique de privilèges pour le Maroc, une
politique qui a échoué pendant plus de six décennies ? Le régime
marocain mérite-t-il vraiment qu’on sacrifie les Sahraouis, les
Algériens et les Mauritaniens ? Et que pouvons-nous, en tant que
citoyens et militants sahraouis et f français, faire ensemble pour
changer cette attitude négative de la France? En somme, la question de
toutes les questions : Que veut la France des Sahraouis et du Sahara
Occidental ?
3- Ce sont là quelques questions que les Sahraouis et leurs amis ont
droit de mettre sur la table pour comprendre la nature de l'implication
française dans ce conflit de décolonisation.
4- Et bien sûr, je ne vais pas fournir de réponses à ces questions,
c’est là notre tâche à tous, et nous avons besoin d’une réflexion
collective plus profonde pour arriver à des réponses. Mais pour
approfondir le débat, je reviendrai avec vous un peu sur certains
chapitres du rapport franco-sahraoui, et ses relations avec l’histoire
de la colonisation du Sahara occidental.
5- Comme vous le savez, les pays
européens ont cherché depuis le 16ème siècle à coloniser le monde, y
compris la colonisation et la subordination des pays africains. C’est
triste de le rappeler mais il ne faut jamais oublier ce crime contre
l’humanité qu’est le colonialisme. Le peuple sahraoui pour sa part a été
victime des attaques de pirates européens : des Portugais, des
Espagnols, des Américains et bien d'autres, sur lesquels on trouve des
références datant du 14ème et 15ème siècle, espagnoles et portugaiss
surtout mais aussi américaines et britanniques. Des centaines, voire des
milliers de Sahraouis, ont été enlevés par des pirates et vendus sur
les marchés de l'esclavage en Espagne, au Portugal, et sont probablement
arrivés aux Amériques, qui étaient l'un des plus importants marchés
d'esclaves dans le monde à l'époque.
6- Ce ne furent probablement pas les premiers contacts entre Sahraouis
et Européens, mais ce phénomène d’agression qu’est le piratage fut
certainement parmi les motifs qui ont fait que les Sahraouis, comme le
prouve leur culture populaire orale soutenue par quelques références
écrites par des marins et aventuriers espagnols, portugais, américains
et même français, ces attaques pirates répétées ont fait que le
Sahraouis n’ont aucune confiance en l'homme blanc venant de la mer (de
l’Ouest), ce qui a poussé les tribus du Sahara Occidental, - toujours
selon des références historiques, des biographies de marins capturés par
les Sahraouis ou qui ont réussi à infiltrer et espionner la communauté
autochtone -, à organiser des escortes et des groupes de gardes sur les
plages pour avertir des attaques et les affronter éventuellement. On
peut citer ici un livre français qui relate l’une des plus ancienne
rencontres enregistrée avec les Sahraouis au 18ème siècle, le livre de Maurice Barbier: Trois Français au Sahara occidental en 1784-1786, publié par L’Harmattan en 1985.
7- Après que les pays européens ont
décidé d'envahir le continent africain, il était nécessaire pour eux de
diviser le continent en morceaux à travers la tristement célèbre
Conférence de Berlin en 1884 et à travers des accords bilatéraux entre
la France et l'Espagne qui ont tracé les limites de ce qui sera connu à
partir de 1912 comme le Sahara espagnol. La France a été l'un des
premiers pays à ce stade colonial, qui s’est taillé pour elle-même une
grande partie de l'Afrique du Nord et de l'Ouest. Des pays énormes en
superficie mais aussi en richesses. En effet, elle a cherché, depuis
l'accord de Berlin, et même avant, à mobiliser ses armées pour envahir
la région, et elle avait probablement des plans et des rêves coloniaux
plus grands encore que l'on peut imaginer. Mais surprise, voilà qu’elle
s’est heurtée à une résistance féroce et imprévisible des tribus
bédouines et indomptables du Sahara occidental, qui ont senti dans le
mouvement des armées françaises, en particulier dans le nord du
territoire mauritanien depuis les années 1900, un danger pour leur
souveraineté et leur autorité historique sur leur pays, et une menace
pour leur principale source de subsistance qui l’élevage l’élevage du
bétail à cause des restrictions qui ont née avec l’établissement des
frontières coloniales, alors qu’ils avaient l’habitude de se déplacer
librement sans aucune contrainte dans un domaine géographique énorme
entre l’Oued Drâa au nord et le fleuve du Sénégal au sud et de l'océan
Atlantique à l'ouest jusqu’aux villages du Mali à l'est.
8- Les Sahraouis se sont retrouvé pris au piège entre les frontières
créées par la France, à une époque où l'Espagne cachait encore ses
intentions coloniales et pénétrait pacifiquement sur les rives du Sahara
occidental sous prétexte d'échanges commerciaux. Ainsi, l'hostilité
envers les armées françaises était inévitable. Des centaines de
batailles acharnés entre les combattants sahraouis et les armées
françaises, de 1900 jusqu’à 1958 (avec la célèbre opération
hispano-franco-marocaine Écouvillon), des milliers de personnes
des deux côtés ont péri lors des combats dans la zone géographique qui
s'étend entre le nord de la Mauritanie, le sud-ouest de l’Algérie et le
sud du Maroc. (Quiconque intéressé par ce triste épisode peut consulter
les rapports d’officiers français qui ont vécu cette résistance et qui
ont écrit des rapports détaillés sur ces confrontations.)
9- Là, la France a exigé de l'État espagnol d’utiliser son armée au
Sahara Occidental pour contrôler la situation, ce qui a obligé Madrid à
le faire pour ne pas laisser l'excuse à la France d'inclure le Sahara
Occidental parmi ses colonies voisines. Pour cela la colonisation
militaire espagnole n’a commencé dans la pratique qu’en 1934, lorsque
l’armée espagnole a commencé à pénétrer dans les profondeurs du Sahara
occidental.
10- Malgré la présence espagnole au
Sahara occidental, les combattants de la résistance traditionnelle
sahraouie semblent avoir choisi de diriger leurs armes vers l’armée
française dans les pays voisins au lieu de combattre l’Espagne, qu’ils
considéraient comme une menace tolérable par rapport à la violence et à
la cruauté militaire adoptées par la France, en Algérie par exemple.
Mais depuis les années 1960, après une période de vide due à la
répression sévère subie par les Sahraouis pendant et après le processus
du tristement célèbre Écouvillon, un mouvement politique sahraoui
contre le colonialisme espagnol a vu le jour avec l’Organisation pour
la libération du Sahara et son jeune dirigeant Mohamed Sidi Brahim
Bassiri, un mouvement pacifique qui a malheureusement été cruellement
réprimé par les Espagnols en juin 1970 (la célèbre intifada de Zemla, la
première au Sahara occidental) et son leader est toujours disparus vu
que l’État espagnol refuse toujours de révéler toute la vérité sur son
sort. Les Sahraouis ont alors repris l’option de la lutte armée menée
par le Front Polisario, fondé en 1973, 26 mois seulement après la
répression de l’Intifada de Zmala le 17 juin 1970.
11- Après le succès du Front POLISARIO à attirer l'attention sur lui en
tant que jeune mouvement de libération et après avoir reçu le soutien de
certains États africains et contraint les autorités espagnoles à
négocier une solution en 1974, le Maroc, poussé par la France, est entré
en scène, saisissant l’occasion de la maladie du général Franco, pour
signer l'accord désastreux de Madrid et envahir le Sahara Occidental.
Là, la France de Giscard d'Estaing, soutenait le Maroc non seulement
diplomatiquement, mais lui fournissait également des armes, un soutien
politique et matériel énorme. Plus encore, la France complote avec la
Mauritanie et le Sénégal et utilise leurs territoires pour pousser ses
forces aériennes à une intervention directe contre le Front POLISARIO
dans ce que le gouvernement français a baptisé Opération Lamantin
qui s’est déroulée entre décembre 1977 et juillet 1978, et qui a causé
dans sa toute première opération surprise effectuée en décembre 1977 la
perte d’environ 100 martyrs sahraouis à la fois, selon les statistiques
du commandement français de cette attaque.
12- Et avec le recul, il semble que la
France a réalisé l'impossibilité pour l'armée marocaine de vaincre le
Front POLISARIO militairement, raison pour laquelle elle a cherché à
persuader le roi Hassan II de gagner du temps en s'engageant dans un
processus politique dans lequel le Front POLISARIO n'avait ni
l’expérience suffisante ni le pouvoir de contrer l'influence française
dans les couloirs des Nations Unies et du système international en
général. Et c’était le Maroc qui a supplié pour une intervention
internationale à la fin des années 1980 et a accepté à contrecœur le
Plan de règlement onusien africain de 1991. Ce fut là que la France a
finalement réussi à contrôler la question au sein du Conseil de sécurité
grâce à l’utilisation de son siège permanent et de son droit de veto.
13- La France n’a pas seulement empêché toute résolution pacifique du
conflit, mais s’oppose fermement à la surveillance et la protection des
droits de l'homme par la MINURSO. Ce qui nous incite à nous demander si
les gouvernements français successifs représentent vraiment les Français
et la France comme il se doit ? Représentent-ils vraiment les valeurs
de la Révolution française qui ont changé le monde en 1789 ? Où est le
citoyen français dans tout cela ? Et pourquoi les citoyens européens
laissent-ils à leurs gouvernements la possibilité de se s’ingérer de
manière inappropriée voire criminelle dans la politique intérieure des
pays pauvres, pillant leurs ressources et soutenant leurs régimes
dictatoriaux ? Ce sont toutes des questions posées par les peuples
africains, y compris le peuple sahraoui.
14- La France a également cherché, à travers la majorité de ses
représentants au Parlement européen, à renouveler des accords illégaux
avec le Maroc prévoyant notamment le pillage des richesses du Sahara
occidental, violant ainsi des arrêts clairs de la Cour de justice
européenne. La France officielle, ne joue pas le rôle qu'elle devrait
jouer en tant que force internationale censée porter l'héritage et les
principes de la Révolution française en faveur de la promotion et
protection de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, des droits de
l'homme et de la dignité humaine. Au contraire, elle joue un rôle
négatif et dangereux qui menace la sécurité et la stabilité de toute la
région nord-africaine.
15- La politique étrangère française est responsable de la prise en
otage de l'avenir de l'Afrique du Nord en raison de son choix de
soutenir le régime expansionniste marocain et de son incapacité à
accepter la véritable indépendance politique de l'Algérie après une
révolution populaire violente, qui a empêcher tous les calculs et les
rêves que la France avait dans le pays. La politique étrangère de la
Françafrique est également très dangereuse et sa poursuite fera perdre à
la France les derniers pays africains liés à Paris.
16- Par ailleurs, je ne peux pas manquer de rendre hommage aux
citoyennes et citoyens français et aux militantes et militants de la
solidarité qui se ont été aux côtés des Sahraouis à toutes les occasions
historiques et continuent de soutenir leur droit à l’autodétermination
et à l’indépendance. Ces femmes et ces hommes ont véritablement porté
haut et fort les principes de justice, de solidarité et de dignité et
défendent sans ambiguïté aucune le respect du droit international et du
droit international humanitaire au Sahara occidental, contrairement aux
gouvernements successifs de leur pays. Je rends hommage à ces militants
de la liberté et les générations futures du peuple sahraoui ne les
oublieront jamais.
17- Enfin, et je vous prie de m'excuser pour ma longue intervention,
mais je crois que 43 ans d'échec marocain à légitimer son occupation
sont suffisants pour convaincre quiconque qu'il est impossible que cette
absurdité continue. La France doit comprendre cela et réviser ses
politiques dans l'ensemble de la région. Elle doit peser ses intérêts et
comprendre que son véritable intérêt est de sauver le Royaume du Maroc
de la mauvaise gestion qu’il cause en raison des erreurs fatales
commises par le régime de Rabat. Ce ne sont pas mes paroles, mais celles
du cousin du prince, le prince Hichem Al-Alaoui, qui dit qu’il est
peut-être trop tard pour réussir la réforme de la monarchie marocaine en
une monarchie constitutionnelle en raison de la profondeur de la crise
économique, sociale et politique au Maroc. En d'autres termes, nous
pourrions assister ensemble à l'effondrement et à la désintégration du
Royaume du Maroc dans les prochaines années, à moins que la France et
les autres amis du Maroc ne se précipitent pour sauver ce qui peut être
sauvé. La clé du soutien de la France au Maroc consiste à lui permettre
de sortir du conflit du Sahara occidental sans subir de pertes majeures,
mais dans le strict respect du droit international. Je crois que les
Sahraouis sont en mesure de contribuer à aider le Maroc à sortir de
l'impasse dans laquelle il se trouve, en trouvant des moyens par
lesquels la RASD peut aider le Maroc à sortir de sa crise chronique.
18- Cela peut sembler étrange et plein d'optimisme ou de prétention,
mais l'histoire et ses leçons sont disponibles et consultables, et elle
dit que les pays coloniaux peuvent occuper un pays pendant des décennies
voire des siècles, mais à la fin leur chute est souvent si violente
qu'elle peut facilement détruire des empires.
Merci beaucoup pour le temps que vous m'avez accordé et j'espère avoir soulevé certaines des questions qui vous préoccupent.
Photos du séminaire : Ali Brahim Mohamed et Mustapha Sid Bachir. Autres images ajoutées par l'éditeur
La réunion africaine de haut niveau sur
les sources de financement du terrorisme qui aura lieu à Alger du 9 au
10 avril prochain dérange au Maroc dont les autorités soupçonnent que
leur pays sera dénoncé en raison de sa collusion avec le trafic de
drogue et sa position de principal pourvoyeur en cannabis des réseaux
narcotrafiquants qui sévissent au Sahel et qui servent de convoyeurs
pour assurer l’arrivée des “marchandises” à leurs destinations.
Anticipant une mise en accusation du royaume pour ce rôle qui est
connu de tous, le service en charge de la lutte antiterroriste au Maroc a
décidé de se défendre en utilisant la tactique de l’attaque. C’est
ainsi que le terroriste numéro 1 du Maroc, le patron du Bureau Central
d’Investigations Judiciaires (BCIJ), Abdelhak Khiam, dans une interview
accordée lundi dernier au site Le Reporter, n’a pas trouvé d’autre
sortie que d’accuser les réfugiés sahraouis de se livrer au trafic de
drogue.
Il sera extrêmement difficile pour le
Makhzen terroriste dont les trafiquants de cannabis pullulent dans toute
l’Europe et l’Afrique de s’exonérer de l’accusation qu’étant le
producteur principal de drogue dans la région et le 1er au monde selon
les différents rapports de l’ONU, il a forcément partie liée avec la
connexion des narcotrafiquants terroristes. Khiam et ses supérieurs aux
plus hauts niveaux de décision du Maroc ne peuvent démentir cette
réalité qui permet au royaume d’en retirer une partie financière qui lui
a permis de financer la guerre au Sahara Occidental.
L’Afrique n’est pas l’Europe ni l’ONU où
le Maroc jouit du veto français. Les Africains n’hésiteront pas à
appeler “un chat un chat”, en particulier si la réunion est présidée par
un algérien. On s’attend à un débat houleux avec le Maroc sur cette
question.
Mohammed VI et son gouvernement dans les territoires occupés du Sahara Occidental. D. R.
Par Houari Achouri –
Selon
des sources concordantes, le Maroc émet des réserves sur le choix du
Canadien Colin Stewart proposé par le secrétaire général des Nations
unies, Antonio Guterres, comme chef de la Mission des Nations unies pour
l’organisation du référendum au Sahara Occidental (Minurso) et aussi en
tant que son représentant spécial dans ce pays. En fait, en agissant
ainsi, le Makhzen veut tenter, par une manœuvre dilatoire, de faire
traîner encore cette affaire de décolonisation et de la compliquer
davantage.
La position du Maroc s’explique par son rejet du référendum
d’autodétermination sachant parfaitement qu’il conduirait le peuple
sahraoui à choisir l’indépendance de cette ex-colonie espagnole
qu’occupe le Maroc depuis 1975. Les réserves du Maroc sur la nomination
de Colin Stewart font ainsi partie des entraves de toutes sortes qu’il
dresse pour empêcher le règlement du conflit sur la base des principes
de la légitimité internationale qui garantissent le droit du peuple
sahraoui à l’autodétermination.
Contrairement
à ce qu’avance de manière mensongère et effrontée la propagande
marocaine le 29e Sommet des chefs d’État et gouvernements africains, qui
vient de s’achever à Addis Abeba, a été marqué par une nouvelle et
retentissante défaite pour le palais royal et la diplomatie marocaine.
Paralyse par la crise suscitée par le soulèvement du Rif Mohammed VI n’a
pas jugé prudent de se déplacer à Addis Abéba, anticipant un échec et
ses retombées jusqu’à l’intérieur du Maroc.
Ainsi, et malgré une délégation forte de plusieurs personnes, dont des
diplomates et des journalistes et un travail de lobbying qui a frise le
harcèlement, la délégation marocaine est rentrée bredouille à Rabat. Et
pour cause, elle a échoué à dessaisir l’Union africaine du dossier du
Sahara occidental pour en confier la gestion exclusive à l’ONU, où le
Maroc compte sur l’inconditionnel soutien de la France pour faire
avancer ses pions.
Échec et mat, donc, au roi du Maroc qui
aura certainement compris à ses dépens qu’il ne suffit pas de réintégrer
l’Organisation continentale pour pouvoir la retourner quelques mois
après en faveur de son projet annexionniste. En tout cas, les
résolutions prises lors de ce 19e Sommet sont sans ambiguïté.
Ainsi, la Conférence des chefs d’État africains «engage les présidents
de l’Union africaine et de la Commission de l’Union africaine, sur la
base de l’Accord-cadre entre l’Union africaine et l’ONU, le 19 mai 2017 à
New York, à assurer le soutien approprié à l’initiative que le
Secrétaire général de l’ONU envisage d’entreprendre pour parvenir à un
accord sur une solution consensuelle et définitive du conflit.»
La décision de la Conférence des Chefs d’États et de Gouvernement sur le
rapport du Comité pour la paix et la sécurité, dans sa résolution numéro
9, pour sa part, «réitère sa détermination à trouver une solution
globale au conflit du Sahara occidental et appelle les deux États
membres, le royaume du Maroc et la république arabe sahraouie
démocratique à s’engager dans des pourparlers directs et sérieux et
apporter la coopération nécessaire aux organes politiques de l’UA pour
le Sahara occidental».
La Conférence se félicite aussi de «l’engagement du Secrétaire général
des Nations unies à relancer le processus de négociation de bonne foi et
sans conditions préalables en vue d’obtenir une solution durable qui
doit prévoir le référendum du peuple du Sahara occidental, conformément
aux résolutions pertinentes des Nations unies et des décisions de
l’UA/OUA ».
Le chef de la diplomatie algérienne a salué le rôle des chefs d’État et
gouvernement africains quant à la recherche d’une solution juste au
problème sahraoui, loin de toute manœuvre machiavélique.
«Il y avait une tentative de certaines parties d’exclure ce dossier de
l’UA. Au contraire, l’Afrique a, dans ce sens, joué un rôle important
dans la recherche d’une solution au règlement de la crise», a indiqué
Abdelkader Messahel à la clôture du Sommet.
Et d’ajouter encore que «la résolution africaine sur le Sahara
occidental demande notamment au président de la Commission de l’UA, en
concertation avec le Conseil de paix de l’UA, de prendre des mesures
appropriées, y compris la revitalisation éventuelle du Comité des chefs
d’État en 1978, pour soutenir les efforts des Nations unies et
encourager les parties, aujourd’hui présentes toutes les deux au sein de
l’UA pour coopérer loyalement et en vue du succès du nouveau
processus.»
Après avoir fait le constat de l’échec de sa politique de la chaise vide
au sein de l’OUA, qualifiée alors par le défunt roi Hassan II de
«conférence tamtam», le Maroc a réintégré l’Organisation continentale en
janvier 2017 «sans conditions et en tant que membre», mais avec ce
calcul de pouvoir en exclure la Rasd en comptant sur les quelques
soutiens qu’il entretient financièrement.
Il se trouve que les poids lourds du Continent comme l’Algérie,
l’Afrique du Sud, le Nigeria et bien d’autres membres de l’Instance
africaine sont partisans d’une solution juste fondée sur la légalité
internationale, dont l’UA et l’ONU sont les garants. Le Maroc doit
s’attendre à d’autres déconvenues sur la scène diplomatique et non
seulement à l’UA et à l’ONU mais aussi l’Union européenne et au
Parlement européen, pour ne parler que de ces instances internationales.
Le Maroc n’est pas près d’accepter l’application des décisions de
l’Union africaine. Le comportement de cet Etat lors de l’élection du
nouveau président du Fonds international pour le développement agricole
démontre qu’il refuse de se conformer pleinement à son statut de membre
de l’organisation continentale.
Les 14 et 15 février 2017 se déroulait à Rome la 40e session du Conseil
des gouverneurs, la plus haute instance du Fonds international pour le
développement agricole. Les membres de ce Conseil étaient réunis pour
élire le nouveau président du Fida. Les pays africains avaient un
candidat : Gilbert Fossoum Houngbo, ancien ministre togolais.
Sa candidature avait été approuvée par l’Union africaine lors du 27e
Sommet de l’UA qui s’était déroulé à Kigali en juillet 2016. La Suisse,
la République dominicaine, le Mexique, l’Indonésie, l’Italie et la
Turquie ont également présenté des candidats. Mais Gilbert Fossoun
Houngbo doit aussi affronter une prétendante, pourtant du même continent
que lui : la Marocaine Ismahane Elouafi.
La logique aurait voulu que le Maroc ne présente pas de candidat
puisqu’il était désormais membre à part entière de l’Union africaine.
Son adhésion officielle à l’UA avait été entérinée à peine quinze jours
avant la tenue à Rome de la 40e session du Conseil des gouverneurs du
Fida. Lors du premier tour du scrutin, le candidat togolais arrive
premier avec 39,9% des voix tandis que la Marocaine est arrivée à
l’avant-dernière position avec à peine 5% des voix. Seuls trois pays
restent en lice pour le second tour, le Togo, l’Italie et l’Indonésie.
Les autres Etats se retirent et apportent leur soutien à un des trois
candidats restants… à l’exception du Maroc. Ce dernier opte pour un
«retrait neutre». Il refuse d’accorder son soutien au Togolais, violant,
pour la seconde fois consécutive, les principes de solidarité de l’UA.
Une décision qui a provoqué incompréhension et colère au sein des
délégations africaines.
Pour ce premier grand évènement international en qualité de membre de
l’Union africaine, il était attendu que le Maroc fasse preuve de
discipline et de solidarité. Il n’en fut rien, le Maroc reste braqué
dans sa logique «makhzenienne» qui consiste à imposer ses choix
politiques à la majorité.
Ce
que certains experts redoutaient est arrivé : moins de deux mois après
son retour au sein de l’Union africaine, le Maroc provoque une crise
diplomatique en demandant l’exclusion de la République arabe sahraouie
d’une réunion ministérielle.
Le roi Mohammed VI veut montrer que le Maroc ne cèdera pas sur la question du Sahara Occidental (AFP)
« Cette
crise constitue un précédent énorme. Le Maroc a dynamité la réunion »,
constate avec désolation un diplomate contacté par Middle East Eye.
Ni les négociations en coulisse, ni la menace de voir plusieurs
délégations partir, ni la venue exceptionnelle du secrétaire général de
la Commission économique pour l’Afrique (CEA, un organe des Nations
unies) n’ont réussi à faire plier le Maroc. Vendredi à Dakar,
alors que devaient débuter une réunion conjointe entre la CEA et l’Union
africaine, censée préparer la venue des ministres africains de
l’économie les 27 et 28 mars, le Royaume a réclamé l’exclusion de la
République arabe sahraouie démocratique, dont il refuse de reconnaître
l’indépendance, de la réunion au prétexte qu’elle n’est pas membre de
l’ONU.
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Une femme à la tête du gouvernement. Les applaudissements fusent,
l’indignation aussi. Jusque dans leurs désaccords, nombre de réactions se
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