Après
43 ans, les Sahraouis exilés dans des camps près de la ville de
Tindouf, en Algérie, se prennent à espérer un retour dans les
territoires « occupés » par le Maroc. Mais malgré la reprise des
négociations entre le royaume et le Front Polisario, les 21 et 22 mars
en Suisse, malgré l’optimisme affiché par les négociateurs, la jeune
génération s’impatiente. Elle se dit prête à reprendre les armes en cas
de nouvelle déception.
Circulant entre les blindés capturés aux forces marocaines,
Addou El Hadj, ancien combattant et conservateur du Musée national de la
résistance sahraouie à Rabouni, près de Tindouf (Algérie), oscille entre consternation et fierté.Consternation devant les armes et les méthodes employées pour réduire son peuple au silence entre 1975 et 1991. Et fierté devant l’arsenal que celui-ci, « entré dans le conflit avec quelques chameaux », a saisi et retourné contre l’ennemi pendant les années de guerre.
180 000 réfugiés au milieu du désert
Malgré tout, depuis quelques mois, les signes d’une décrispation apparaissent. « La Commission des droits de l’homme des Nations unies à Genève a condamné le Maroc pour faits de torture », rappelle Abba Salek El Hassan, le président de la Commission nationale des droits de l’homme sahraouie.
Brahim Ghali, secrétaire général du Front Polisario et président de la République arabe sahraouie démocratique. | OUEST-FRANCEEn décembre, des négociations ont ainsi pu reprendre sous l’égide de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental. L’ancien président allemand Horst Kölher a organisé un deuxième round de discussions en Suisse, les 21 et 22 mars. Il espère bien réussir là où plusieurs de ses prédécesseurs ont échoué : trouver une issue à un différend qui maintient près de 180 000 réfugiés au milieu du désert depuis plus de 40 ans.





