2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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mercredi 28 mai 2025

Les sociétés civiles de Tunisie, Jordanie et Maroc s'inquiètent des violences faites aux femmes

 

Lilia Blaise, RFI, 27/5/2025

En mai dernier, un colloque sur les féminicides a réuni les sociétés civiles tunisienne, jordanienne et marocaine, à Tunis, pour dresser le bilan de la lutte contre les violences faites aux femmes. Le constat reste accablant malgré les changements législatifs dans ces pays ces dernières années.

Lors d'une conférence régionale sur les crimes de féminicide en Tunisie, au Maroc et en Jordanie, le 14 mai 2025 à l'hôtel Mechtel de Tunis.
Lors d'une conférence régionale sur les crimes de féminicide en Tunisie, au Maroc et en Jordanie, le 14 mai 2025 à l'hôtel Mechtel de Tunis. © Avec l'aimable autorisation d'Aswat Nissa

« Une vision sociétale dans laquelle la femme est la cause de la violence »

Une vision aussi partagée par la Jordanienne Banan Abouzaineddin de l'association Takatoat : « Dans notre pays, la femme est toujours comprise dans le cadre de la famille et protégée par celle-ci. Cette idée ancre la vision sociétale que la femme est la cause de la violence et non pas qu'elle peut la subir, à cause de son genre. »

Côté marocain, la journaliste indépendante Camélia Echchihab, créatrice de la page Stop Féminicides Maroc, s'occupe elle-même de recenser les féminicides en compilant des données dans les médias, via la section fait-divers : « J'en suis arrivée à 50 féminicides en 2023, une trentaine en 2024, et là, actuellement, j'en suis à sept pour 2025. Mais tous ces chiffres ne sont pas du tout exhaustifs, ils ne représentent que la partie émergée de l'iceberg et ils sont très en deçà de la réalité. »

Une réalité qui peine à mobiliser une prise de conscience des politiques, en réaction au phénomène, dans les trois pays.

Selon moi, aujourd'hui, la priorité n'est pas donnée à la violence à l'égard des femmes, parce que, aujourd'hui, la priorité, c'est la famille. On a remarqué que le nom même du ministère a changé et, en même temps, on trouve la famille qui devance la femme et cela veut dire pour moi que, la famille, c'est la priorité. Les violences viennent en second lieu. Eh bien sûr, il y a la lourdeur de l'administration. Normalement, par exemple, l'observatoire, lorsqu'il élabore un rapport et fournit ses rapports au ministère de tutelle qui est le ministère de la famille, c'est pour aider les décideurs pour mettre des programmes, des stratégies, pour formuler des politiques publiques. Mais étant donné que la priorité, ce n'est plus la femme, ce ne sont plus les violences, alors tout ça tarde un peu.

mercredi 30 août 2023

Amnesty. Mettez fin à la régression des droits humains en Tunisie

Les avancées obtenues après la révolution de 2011 en Tunisie sont menacées. Depuis qu’il s’est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet 2021, le président Kaïs Saïed multiplie les attaques contre les droits humains, en portant atteinte à la liberté d’expression et d’association ainsi qu’au droit à un procès équitable. Les propos racistes qu’il a tenus en 2023 ont déclenché une vague de violence envers les personnes migrantes et réfugiées dans le pays.

Répression de l’opposition politique et attaques contre la liberté d’expression

Des parlementaires et autres responsables politiques tunisiens de premier plan, des journalistes, des défenseur·e·s des droits humains et des militant·e·s ont été pris pour cible pour avoir contesté la mainmise du président sur tous les pouvoirs et la répression menée par son gouvernement. Ces personnes ont fait l’objet d’arrestations et de détentions arbitraires, d’interdictions de voyager et d’enquêtes pénales.

Les autorités tunisiennes ont pris tout particulièrement pour cible des membres d’Ennahda, le plus grand parti d’opposition du pays, en ouvrant une enquête pénale à l’encontre d’au moins 21 membres de ce parti, dont 12 sont en détention. En avril 2023, elles ont arrêté Rached Ghannouchi, dirigeant d’Ennahda et ancien président du Parlement de Tunisie, aujourd’hui dissous. Cet homme fait l’objet d’une enquête pour « complot contre l’État » et « tentatives visant à changer la forme du gouvernement ». Le 15 mai 2023, un tribunal antiterroriste l’a condamné à un an d’emprisonnement pour les propos qu’il a tenus publiquement lors d’un enterrement l’an dernier, faisant l’éloge du défunt et le qualifiant d’« homme courageux » qui ne craignait pas « un dirigeant ou un tyran ».

Depuis le 25 juillet 2021, la justice a ouvert des enquêtes visant au moins 39 personnes qui n’avaient fait qu’exercer pacifiquement leur droit à la liberté d’expression, dont certaines ont été jugées par un tribunal, en vertu du Décret-loi n° 54, qui offre une large latitude aux autorités pour réprimer la liberté d’expression et s’ingérer dans la vie privée en ligne.

En outre, le président Kaïs Saïed s’est attaqué à plusieurs reprises à l’indépendance de la justice en dissolvant le Conseil supérieur de la magistrature et en révoquant arbitrairement 57 juges et procureurs.

Les personnes migrantes et réfugiées en grand danger en Tunisie

Le président Kaïs Saïed a déclaré que « des hordes d’immigrés clandestins provenant d’Afrique subsaharienne » avaient déferlé sur la Tunisie et étaient à l’origine « de violences, de crimes et d’actes inacceptables ». Il a ajouté que c’était une situation « anormale » qui s’inscrivait dans le cadre d’un plan criminel conçu dans le but de « métamorphoser la composition démographique de la Tunisie » et de la transformer « seulement en un État africain qui n’appartienne plus au monde arabo-islamique ».

Les attaques contre des Africain·e·s noirs se sont multipliées dans les deux semaines qui ont suivi le discours du président : des groupes sont descendus dans la rue pour s’en prendre à des personnes migrantes, réfugiées ou demandeuses d’asile et la police a procédé à des dizaines d’arrestations arbitraires. Les tensions raciales à Sfax, dans le sud du pays, ont connu une escalade qui s’est soldée par la mort d’une personne migrante en mai et celle d’un Tunisien en juillet. À la suite de ces décès, les autorités ont expulsé de force des dizaines d’Africain·e·s noirs migrants ou demandeurs d’asile vers la 

Agissez maintenant en appelant le président tunisien et d’autres autorités à mettre fin à la répression de plus en plus dure des droits humains, notamment du droit à la liberté d’expression et d’association, à faire respecter les droits des personnes migrantes et réfugiées et à ne pas compromettre l’indépendance du pouvoir judiciaire.

 

mardi 13 août 2019

Fin du calvaire pour les 36 migrants ivoiriens abandonnés dans le désert




Les 36 migrants retenus depuis samedi 3 août à la frontière tuniso-libyenne ont pu regagner la Tunisie. Crédit : FTDES
Les 36 migrants retenus depuis samedi 3 août à la frontière tuniso-libyenne ont pu regagner la Tunisie. Crédit : FTDES
Les 36 migrants ivoiriens abandonnés depuis cinq jours dans le désert, à la frontière tuniso-libyenne, ont finalement pu être secourus après de longues négociations entre l’ambassade ivoirienne, l’OIM et les autorités tunisiennes. Ils ont été pris en charge dans un centre de l’agence onusienne jeudi soir mais leur avenir reste flou.

C’est la fin du calvaire pour les 36 migrants ivoiriens retenus depuis samedi 3 août à la frontière entre la Tunisie et la Libye. Parmi eux se trouvaient plusieurs femmes et quatre enfants.
Selon leurs témoignages recueillis par le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), ils ont été arrêtés samedi dans leur appartement de la ville côtière de Sfax et envoyés dans le désert tunisien, dans une zone militarisée.
Ce n’est finalement que dans la soirée du jeudi 8 août que les migrants ont pu être secourus, après de longues négociations entre l’Organisation internationale des migrations (OIM), l’ambassade ivoirienne et les autorités tunisiennes.
"Les 36 migrants ont été transférés dans un centre de l’OIM en Tunisie", précise à InfoMigrants Paola Pace, chef de projet à l'OIM Tunisie, qui ne veut pas donner plus de précisions sur leur localisation pour "des raisons de sécurité".
Selon l’agence onusienne, les migrants étaient très éprouvés et fatigués. Ils n’ont pas eu accès à de l’eau et de la nourriture pendant deux jours. "Nous sommes en train de vérifier leur état de santé", signale Paola Pace qui ajoute que la femme enceinte "va relativement bien".
"Personne ne doit être laissé en détresse dans le désert"
Tunis avait affirmé que ces personnes avaient tenté d’entrer illégalement dans le pays depuis la Libye. Des allégations fausses, selon l’association FTDES. L’OIM précise également qu’aucun ressortissant soudanais ne faisait partie du groupe, contrairement aux informations données par les autorités tunisiennes.
"Peu importe la manière dont ils se sont retrouvés là. Personne ne doit être laissé en détresse dans le désert", insiste Paola Pace. "La Libye est en guerre, on ne peut pas renvoyer des gens dans ce pays".
Reste à savoir ce que vont devenir ces Ivoiriens. L’OIM assure que des "solutions adaptées à chaque personne" allaient être trouvées mais l’agence reste floue sur la suite des événements.
Selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) en Tunisie, contacté par InfoMigrants, aucun Ivoirien du groupe n’est un demandeur d’asile. Néanmoins, "s’ils expriment leur souhait de déposer une demande d’asile, nous interviendrons", prévient le HCR.
Renvoyés en Côte d’Ivoire ?
Le FTDES pense qu’un accord a été trouvé entre les autorités et les migrants. "Les autorités les ont probablement autorisés à entrer en Tunisie à condition qu’ils s’engagent à quitter le territoire", déclare à InfoMigrants Romdhane Ben Amor, de l’association. "Il s’était passé la même chose avec l’histoire du Maridive". En juin dernier, les autorités tunisiennes avaient laissé 75 migrants secourus par le navire Maridive débarquer au port de Zarzis. Les migrants avaient dû accepter préalablement de rentrer dans leur pays.
"Dans le cas du Maridive, les migrants avaient subi une forte pression psychologique afin qu’ils acceptent les termes de l’accord", déplore Romdhane Ben Amor. "On refuse que ce genre de pratique ne se répète."
 

Et aussi

lundi 5 février 2018

Visite de Macron en Tunisie : la France perd la boussole des droits humains

Communiqué de plusieurs associations de défense des droits humains

Humanite.fr, 3/2/2018

Organisée par l’Institut Français de Tunisie le 1er février 2018, la Journée Franco-Tunisienne de la société civile aurait pu être l’occasion pour le président français d’écouter l’analyse de la société civile quant au climat de plus en plus tendu relatif aux droits humains et à la mise en place des acquis et instances instaurées  par la Constitution.
Résultat de recherche d'images pour "macron en tunisie"En réalité, la rencontre ne s’est soldée que par quelques mains serrées et une belle photo de famille.
Cette société civile tant louée par M.  Macron lors de son allocution à l’Assemblée des Représentants du Peuple ainsi que dans  ses déclarations à la presse n’a pas eu la possibilité de faire entendre sa voix et aurait voulu avoir les explications du président Macron quant à ses propos tenus lors de la conférence de presse conjointe du 31 Janvier 2018 avec son homologue tunisien.
Interpellé par un journaliste à propos du rapport de l’organisation Human Rights Watch dénonçant les violences policières survenues lors des manifestations qui ont eu lieu en début d’année en Tunisie, le Président Macron a déclaré que « ces arrestations ont été faites dans le cadre d’un État de droit ».  Le Président Macron a également ajouté que « Parfois on a tendance à confondre les gravités et à considérer qu’une dénonciation vaut toutes les autres ».
De tels propos traitent par le mépris les signaux d’alarme lancés récemment par de multiples acteurs de la société civile tunisienne quant à l’impunité qui accompagne la brutalité policière, les arrestations arbitraires ainsi que les conditions de détention, la menace pesant sur la liberté d’expression et de la presse ainsi que la diabolisation des mouvements de revendications sociales, économiques et environnementales.
Par ailleurs ils affirment l’existence inconditionnelle d’un État de Droit en Tunisie, en dépit d’absence des instances garantes de celui-ci, première parmi toutes la Cour Constitutionnelle, et malgré des pratiques judiciaires, sécuritaires et institutionnelles allant à l’encontre des principes constitutionnellement proclamés par la Tunisie.
Aussi, les organisations de la société civile signataires de ce communiqué expriment leur mécontentement quant aux propos du Président Macron face aux questions des droits humains en Tunisie et leur déception quant au temps consacré à un véritable dialogue avec cette société civile lors de sa visite en Tunisie. Elles tiennent également à rappeler le caractère universel et indivisible des droits humains qui ne peut en aucun cas permettre d’exception ni de hiérarchie entre droits.

Signataires :


Al Bawsala

Forum Tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES)

Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD)

Ligue Tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH)

Association Tunisienne de défense des libertés individuelles (ADLi)

Organisation contre la Torture en Tunisie (OCTT)

Touensa

Aswat Nissa

Avocats Sans Frontières (ASF)

ACAT France

dimanche 4 février 2018

Tunisie: des ONG accusent Macron de ne pas avoir entendu la société civile

Communiqué de plusieurs associations de défense des droits humains

Humanite.fr, 3/2/2018

Organisée par l’Institut Français de Tunisie le 1er février 2018, la Journée Franco-Tunisienne de la société civile aurait pu être l’occasion pour le président français d’écouter l’analyse de la société civile quant au climat de plus en plus tendu relatif aux droits humains et à la mise en place des acquis et instances instaurées  par la Constitution.
En réalité, la rencontre ne s’est soldée que par quelques mains serrées et une belle photo de famille.
 
Cette société civile tant louée par M.  Macron lors de son allocution à l’Assemblée des Représentants du Peuple ainsi que dans  ses déclarations à la presse n’a pas eu la possibilité de faire entendre sa voix et aurait voulu avoir les explications du président Macron quant à ses propos tenus lors de la conférence de presse conjointe du 31 Janvier 2018 avec son homologue tunisien.
Interpellé par un journaliste à propos du rapport de l’organisation Human Rights Watch dénonçant les violences policières survenues lors des manifestations qui ont eu lieu en début d’année en Tunisie, le Président Macron a déclaré que « ces arrestations ont été faites dans le cadre d’un État de droit ».  Le Président Macron a également ajouté que « Parfois on a tendance à confondre les gravités et à considérer qu’une dénonciation vaut toutes les autres ».
 
De tels propos traitent par le mépris les signaux d’alarme lancés récemment par de multiples acteurs de la société civile tunisienne quant à l’impunité qui accompagne la brutalité policière, les arrestations arbitraires ainsi que les conditions de détention, la menace pesant sur la liberté d’expression et de la presse ainsi que la diabolisation des mouvements de revendications sociales, économiques et environnementales.
 
Par ailleurs ils affirment l’existence inconditionnelle d’un État de Droit en Tunisie, en dépit d’absence des instances garantes de celui-ci, première parmi toutes la Cour Constitutionnelle, et malgré des pratiques judiciaires, sécuritaires et institutionnelles allant à l’encontre des principes constitutionnellement proclamés par la Tunisie.
 
Aussi, les organisations de la société civile signataires de ce communiqué expriment leur mécontentement quant aux propos du Président Macron face aux questions des droits humains en Tunisie et leur déception quant au temps consacré à un véritable dialogue avec cette société civile lors de sa visite en Tunisie. Elles tiennent également à rappeler le caractère universel et indivisible des droits humains qui ne peut en aucun cas permettre d’exception ni de hiérarchie entre droits.
 
Signataires :
 
Al Bawsala
Forum Tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES)
Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD)
Ligue Tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH)
Association Tunisienne de défense des libertés individuelles (ADLi)
Organisation contre la Torture en Tunisie (OCTT)
Touensa
Aswat Nissa
Avocats Sans Frontières (ASF)
ACAT France


verture dans 3

jeudi 20 juillet 2017

“Tout est à reconstruire”: entretien avec Fausto Giudice, écrivain, traducteur et éditeur

par Rim Ben Fraj, 

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Photo Khabab Abdelmaqsoud


Sa mère était allemande et s'appelait Marguerite, elle l'a donc appelé Fausto, d'après Faust, de Goethe. Ses grands-parents étaient des harragas venus en barque de Sicile en Tunisie en 1900. Il a grandi dans la Tunisie de l'indépendance, qu'il a quittée pour l'Europe en 1967.
 
2017-07-19-1500478988-2785592-logofbrouge2.jpg Mais il n'a jamais coupé les liens avec le pays de son enfance, dans lequel il est revenu en 2011, "une fois levé l'unique obstacle entre le pays et moi, Zaba". En 2012, il a créé une maison d'édition à Tunis, workshop19, qui a publié six livres à ce jour, dont celui d'un jeune écrivain tunisien, Farouq Ferchichi. Elle est en train de préparer une nouvelle formule d'édition de livres en ligne.

Fausto Giudice, qui êtes-vous?
Fausto Giudice: Je suis un Italien de 67 ans, installé depuis 6 ans à Tunis, où je suis revenu vivre après la chute de Ben Ali. J'ai grandi à Tunis dans les années 50 et 60, mes grands-parents étaient des harragas siciliens arrivés en 1900. J'ai quitté la Tunisie en 1967, mais j'ai toujours gardé des liens avec des camarades tunisiens émigrés ou exilés.. Durant mes années en Europe, j'ai fait toutes sortes de métiers, entre autres journaliste à l'Agence de presse Libération et au quotidien du même nom qui lui a succédé, et aussi à la Radio France-Culture. J'ai réalisé des enquêtes sur la condition des immigrés en France et en Europe, publiées sous forme de deux livres (Têtes de Turcs en France, 1989, et Arabicides, 1992, éditions La Découverte), et d'une série de reportages radio et écrits.
Pendant toutes ces années, j'ai été engagé, en France comme en Suède, dans la solidarité avec les demandeurs d'asile et les réfugiés menacés de renvoi vers les pays qu'ils avaient fui. J'ai même fait un bref passage aux Nations-Unies, comptant des cadavres au Burundi et enquêtant sur des massacres et disparitions quotidiens, mais la machine bureaucratique de l'ONU m'a rapidement remercié. Je prenais sans doute trop d'initiatives. J'ai aussi traduit des livres en suédois et en français, dont le roman de Nanni Balestrini sur la révolte des ouvriers de FIAT à Turin en 1969, Vogliamo Tutto (Nous voulons tout), et les mémoires d'un jeune Est-Allemand devenu nazi avant de rompre avec ce milieu, Ingo Hasselbach (Jeunesse perdue, 1995).
Bien sûr, en cinquante ans de vie adulte, j'ai eu le temps de faire beaucoup d'autres choses. Pour les raconter, il faudrait un livre, que j'espère bien pouvoir finir d'écrire et publier de mon vivant.