mardi 30 octobre 2018

Tragédie ! 20 jeunes hommes de Beni Chiker retrouvés morts à la plage de Charrana (Nador)




Dimanche 28 Octobre - 09:51










Tragédie ! 20 jeunes hommes de Beni Chiker retrouvés morts à la plage de Charrana (Nador) 










La population de Beni Chiker est en deuil. Une vingtaine de jeunes du district qui ont tenté de rejoindre l’Espagne clandestinement ont trouvé la mort après le chavirage de leur embarcation la nuit de vendredi 26 octobre.

Sur 24 migrants, quatre ont été sauvés par des pécheurs à bord de bateaux traditionnel.

Les 20 morts ont été jetés par la mer à Charrana, une commune située pas loin de leur point de départ.

Les cadavres ont été transportés à la morgue de l’hôpital Hassani de Nador.

lundi 29 octobre 2018

13ème audience du procès de l’historien et écrivain Maâti Monjib et des 6 journalistes encore reportée


Par Leïla Hallaoui, HuffPost Maroc

PROCÈS - A quelques heures de l’ouverture, ce mercredi 24 octobre, de la 13ème audience du procès de l’historien et écrivain Maâti Monjib et des 6 journalistes, c’est au siège de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) qu’avocats, journalistes et militants se retrouvent, comme le veut désormais la coutume. Tous forment un comité de soutien auquel Monjib tient à réitérer ses remerciements pour avoir été à ses côtés durant ce procès qui dure depuis trois ans. 
Maâti Monjib, Hicham Mansouri, Hicham Al-Miraat (de son vrai nom Hicham Kribchi), Abdessamad Aït Aïcha, Mohamed Essabeur, Rachid Tarik et Meriem Moukrim sont tous poursuivis dans cette affaire. Les 5 premiers doivent répondre de l’accusation d’atteinte à la sécurité de l’Etat “pour avoir organisé des formations sur Story Maker, une application en logiciel libre téléchargeable sur internet”, indique le comité de soutien. Tandis que les deux derniers sont accusés de n’avoir pas notifié au Secrétariat général du gouvernement (SGG) la réception d’un financement venant de l’étranger au profit de l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation (AMJI).
“C’est un dossier vide!” s’exclame l’ex-bâtonnier Abderrahman Benameur à la conférence de presse tenue, ce matin, par le comité de soutien. Pour cet avocat, “il n’est pas acceptable” que ce procès s’éternise d’audience en audience. “C’est anticonstitutionnel ces retards injustifiés par la justice qui a le devoir de trancher envers l’accusé. (...) Dans ce cas, on cherche à épuiser les accusés, la justice est utilisée comme s’il s’agissait d’un jeu”, plaide l’avocat bien connu pour son militantisme et son franc-parler. 
Son confrère Abderrahim Jamai a pris le relais pour pointer du doigt la gravité des chefs d’accusations: “l’atteinte à la sécurité de l’Etat est très grave et cela nous rappelle malheureusement les procès politiques que plusieurs personnalités comme Serfati et Laâbi ont vécus au Maroc”. Et d’estimer que “faire d’une accusation un fardeau qui pèse sur le dos des accusés est en soit une condamnation de la justice”.
“C’est un véritable cercle vicieux”, regrette, de son côté, le président de l’AMDH Ahmed El Haij, soulignant que les accusés sont à chaque fois appelés à des audiences qui ne durent que quelques minutes avant que le juge n’annonce un nouveau report. “Ce procès devient une épée de Damoclès au-dessus de la tête des accusés”, assure-t-il, rappelant que ces derniers risquent, pour 5 d’entre eux, une lourde peine de cinq ans de prison ferme et pour les autres une amende de 10.000 dirhams. “Tout cela pour avoir défendu la liberté de la presse”, déplore-t-il.
Maâti Monjib ne nie pas que le poids qu’il traîne avec ses co-accusés s’alourdit au fil du temps. Déterminé, l’homme ne baisse pas pour autant les bras et dénonce haut et fort le prolongement du procès mais aussi “la campagne de diffamation” dont il affirme faire l’objet. Pour lui et le comité de soutien, l’un comme l’autre visent à faire pression sur l’électron libre qu’il est, à le dissuader de publier ses écrits et ses opinions. Maâti Monjib parle d’une “propagande” dont il n’entrevoit aucune limite. “Depuis 2015, ce sont à peu près 300 articles diffamatoires à mon égard me traitant de tous les noms qui ont été publiés. Et je n’ai pas vraiment fait le compte”, nous confie-t-il. Et de préciser qu’au mois de mars dernier, des articles diffamatoires à son encontre étaient publiés au quotidien par différents supports.
Pour porter sa voix, il a choisi d’adresser une lettre au chef du gouvernement Saad-Eddine El Othmani, au mois de mai dernier, pour lui décrire “l’enfer” qu’il vit avec sa famille. “Au lendemain de ma lettre, le chef du gouvernement a déclaré qu’il était sensible à toutes les lettres qui lui sont adressées. Je ne sais pas si cela était une simple coïncidence, mais je peux vous assurer que j’ai été tranquille pendant les 15 jours suivants. Aucun article diffamatoire à mon encontre n’a été publié au cours de cette période”, déclare-t-il en réponse à une question du HuffPost Maroc au cours de cette conférence. 
Un répit de courte durée, regrette le penseur pour qui le combat se poursuivra encore longtemps. “Quant au chef du gouvernement, il n’a pas donné suite à ma lettre à ce jour”, nous affirme-t-il.
En attendant, Maâti Monjib et ses co-accusés se trouvent contraints de prendre leur mal en patience. L’Association marocaine pour le journalisme d’investigation n’est plus active. “Nous avons renouvelé la structure mais on n’a pas eu de récépissé”, déclare amèrement son président Rachid Tarik. Et de préciser que, pour boucler les projets de l’AMJI, il a fallu “travailler clandestinement” dans les locaux d’autres associations. “A présent, l’association est en stand-by!” se désole-t-il. 
Un état des lieux qui ne suscite aucune surprise, pour le représentant de Reporters sans frontières, Samir Bouaziz. Présent à cette conférence, ce dernier a déploré “l’acharnement mondial” contre la liberté de la presse et les journalistes. Le militant au bureau de l’ONG en Afrique du nord parle d’une tendance générale préoccupante visant ”à cibler des journalistes pour faire peur aux autres”, soutient-il, soulignant que le cas de Maâti Monjib ne peut être dissocié de cette tendance.
Le comité de soutien de Maâti Monjib et des 6 autres journalistes continue de protester. En plus de la conférence de presse, il tient dans l’après-midi un sit-in devant le tribunal de première instance de Rabat. 
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La 13ème audience du procès de Maâti Monjib et les 6 journalistes est reportée au mois de janvier.

Mohammed VI, roi d'Instagram

Les Marocains se demandent qui gouverne le royaume. « L’Obs » a publié des photos du roi Mohammed VI tirées d’Instagram, où visiblement, il voyage et s’amuse…



Depuis qu’il a largué sa meuf la princesse, il passe sont temps à voyager, à faire des selfies et fréquenter les rappeurs. C’est le seul roi au monde où quand tu vois passer des jet-skis, c’est le cortège royal. Il est en pleine crise de la cinquantaine. Quand tu passes ton temps à faire des photos en « tenues pop-rock » avec des stars de la téléréalité en écoutant du Maître Gim’s, c’est que t’en as ras el-hanout du protocole !
Son père, Hassan II « s’entourait d’académiciens, d’écrivains et d’artistes. » Bon ben Mohammed VI, son kiff c’est « les Anges de la télé-réalité » et les boxeurs full contact : chacun son truc ! Si ça se trouve son rêve c'est de participer à Secret Story : « Je suis le Roi du Maroc », ça fait un super secret.
‘Faut voir les photos sur Instagram : il pose en marcel fluo, il a pris trente kilos et il porte des chemises léopard. Il fait rayonner le Maroc à l'étranger mais au bout du compte, la seule chose qu'on voit briller c'est sa montre à 1 million 200.000 dollars... Voilà le tableau : Mohammed VI, était destiné à devenir un prince William et il finit comme Elton John !
C’est hyper pratique Instagram : tu peux suivre ton monarque partout dans le monde, pendant que toi tu crèves de faim dans ton souk… Les Marocains vont bientôt devoir s'inscrire sur Snpachat pour connaitre les prochaines réformes dans le pays. C'est vrai après tout, pourquoi être roi quand on peut être influenceur ? Aujourd’hui les rois ne comptent plus leurs sujets, ils comptent leur followers ! Et le pire dans tout ça c’est qu’on ne peut même pas savoir ce qu’en pense  Stéphane Bern, il est complètement débordé avec son loto du patrimoine !
Et pour couronner le tout - si j’ose dire dire - la princesse Lalla Salma s’est volatilisée. La rumeur court qu’elle aurait été vue avec Valérie Trierweiler chez un éditeur. Personne ne sait où elle est. L’audiovisuel publique là-bas, c’est vraiment la honte de la monarchie. En France, si Brigitte disparaît, y'a toute la rédac de Paris Match qui finit en réanimation dans l’heure qui suit ! Et puis de toute façon, Brigitte quand elle fait la gueule, on sait où elle est : elle part bouder au Touquet.
Il paraît que « Dans la nouvelle communication du palais, l’image s’est substituée au verbe ». En complément, on aimerait savoir ce qu’en pensent ses sujets !  En gros, le roi est nu… mais debout sur le bar de la discothèque.





https://emissiontele.com/actu/mohammed-vi-roi-dinstagram

samedi 27 octobre 2018

Entretien avec Maâti Monjib Maroc. « Ils n’ont qu’à m’arrêter si je suis coupable »



Entretien avec Maâti Monjib


Le 24 octobre est prévue devant le tribunal de première instance de Rabat la treizième audience d’un procès contre l’historien Maâti Monjib et six autres coaccusés. Les audiences précédentes de ce procès, qui a démarré en 2015, n’ont que rarement excédé quelques minutes jusqu’ici. Dans cet entretien exclusif, Monjib répond aux accusations.


Rabat, 2015. — Manifestation de soutien à Maâti Monjib, alors en grève de la faim.

Pour le comité de soutien, les accusations d’atteinte à la sécurité de l’État proférées à l’encontre de Maâti Monjib et de quatre des six coaccusés ne reposent sur rien. Outre Maâti Monjib, historien, journaliste et président de l’association Freedom Now, Hicham Khribchi, médecin et ancien directeur de Global Voices Advocacy, Hicham Mansouri, Mohamed Sber et Abdessamad Aït Aïcha sont accusés d’atteinte à la sécurité de l’État pour avoir organisé des formations sur Story Maker, une application en logiciel libre téléchargeable sur Internet. Ils risquent cinq ans de prison. Rachid Tarik et Maria Moukrim sont quant à eux poursuivis pour avoir omis de notifier au secrétariat général du gouvernement la réception d’un financement venant de l’étranger. Ils risquent une amende de 10 000 dirhams (919 euros).
Le dossier de l’accusation est totalement vide et le procès n’aura jamais lieu parce que tout le monde sait qu’il ne s’agit que de manœuvres destinées à tenter de les réduire au silence. En dépit de la mobilisation de nombreuses ONG1 en faveur des accusés, le pouvoir marocain n’a pas cessé de les menacer ou de les harceler. Orient XXI a demandé à Maâti Monjib les raisons pour lesquelles le régime marocain n’hésite pas à violer les engagements internationaux du royaume en matière de droits humains et de libertés publiques.
Les audiences précédentes de ce procès, qui a démarré en 2015, n’ont que rarement excédé quelques minutes jusqu’ici. Dans cet entretien exclusif, Monjib répond aux accusations.

Ignace Dalle. — Comment vivez-vous cet interminable procès et les accusations d’« atteinte à la sécurité intérieure de l’État » ? 
 Maâti Monjib. — Je le vis mal ! Surtout pour ma famille, c’est insupportable. Personnellement je risque cinq ans de prison ferme. Trois de mes coaccusés se sont réfugiés en Europe et je les comprends. Surtout que le régime ne rigole pas dans notre affaire. Hicham Mansouri, l’un des cinq poursuivis pour atteinte à la sécurité de l’État, avait déjà passé dix mois en prison entre 2015 et 2016.
Pour ma part, je n’ai pas pris la décision de quitter le Maroc, bien que c’eût été tout à fait compréhensible. Pour deux raisons. D’abord, parce que j’ai vécu longtemps à l’étranger comme exilé, au Sénégal et en Europe. Ce fut une longue souffrance. Je sais donc ce qu’est le mal du pays. Mes jeunes coaccusés l’ignoraient avant de partir, ayant toujours vécu au Maroc. Je les ai rencontrés en août 2018 à Paris. Ils souffrent de l’exil, surtout Samad Aït Aïcha, qui n’a pas de famille proche en France. Je les comprends et je les soutiens.
Ensuite, j’ai été visé par une campagne abjecte de diffamation et de mensonges montée par la presse contrôlée par les services de renseignement, comme le journal électronique Le 360, fondé par Mounir Majidi, le secrétaire particulier du roi. Je reste donc au Maroc pour prouver mon innocence. Ils n’ont qu’à m’arrêter si je suis coupable de tout ce dont ils m’accusent. Le 360 est spécialisé dans la diffamation de ceux qu’il considère comme des critiques de la monarchie autoritaire. Il offre des cachets confortables à des plumes célèbres en essayant ainsi de s’acheter une respectabilité. J’ai porté plainte contre ce média devant le tribunal de grande instance à Paris, car il dispose d’une adresse IP en France. Et bien, le Maroc n’a pas donné suite à la commission rogatoire en affirmant que Le 360 et les journalistes « diffamateurs », objets de ma plainte, ne disposent pas d’adresses connues. Nous avons fourni à la juge d’instruction toutes ces données, mais le Maroc continue à faire la sourde oreille. 


vendredi 26 octobre 2018

Les Marocains manifestent à Paris contre la «complicité de la France»

Fikri associations
Manifestation au Maroc après la mort atroce de Mohcine Fikri. D. R.
Par Kamel M. – Plusieurs associations marocaines ont signé un appel pour un rassemblement qui sera organisé à Paris ce samedi pour dénoncer la répression qui s’abat sur les Rifains depuis qu’ils se sont révoltés après la mort atroce de Mohcine Fikri à Al-Hoceima, le 28 octobre 2016.
Le rassemblement auquel prendra part également l’association des familles des prisonniers et disparus sahraouis coïncide avec le deuxième anniversaire de la mort de ce citoyen marocain, marchand de poissons, qui a été broyé dans une benne à ordures après l’intervention de la police marocaine alors qu’il tentait de récupérer sa cargaison saisie et détruite.
«Le meurtre horrible de Mohcine Fikri a suscité l’indignation partout au Maroc mais aussi en Europe. Il a été le point de départ d’un vaste mouvement social qui a gagné tout le Rif», notent les associations marocaines qui relèvent que «les manifestations n’ont pas cessé depuis d’éclater au Maroc et en Europe pour réclamer la fin des abus de pouvoir du régime». «Malgré les promesses du roi du Maroc, Mohammed VI, la seule réponse concrète à ce jour est la répression perpétrée par les forces de sécurité marocaine. Des centaines de prisonniers politiques sont actuellement incarcérés au Maroc. Des procès expéditifs, dans ce qui est un simulacre de justice, ont débouché parfois sur des lourdes peines allant jusqu’à 20 ans de prison ferme sous le fallacieux prétexte invoqué par tous les régimes dictatoriaux pour incarcérer les opposants, le tristement célèbre ‘’complot contre l’État’’», dénoncent-ils.
Ces associations estiment qu’«il est donc urgent qu’une mobilisation collective en France et en Europe se construise rapidement en solidarité au Rif et aux mouvements au Maroc pour dénoncer cette politique répressive et demander des comptes à L’État marocain qui n’a pas hésité à faire emprisonner des hommes, des femmes et des enfants innocents pour imposer son autorité au moyen de méthodes révoltantes, tel que des tortures physiques et psychologiques dans les geôles marocaines». «De même, ajoutent-elles, il est important de dénoncer la complicité du pouvoir français à la répression des mouvements sociaux au Maroc».
Ont participé à cet appel le Comité de soutien au mouvement rifain Paris, l’Association marocaine des droits humains, l’Association des travailleurs maghrébins de France, l’Association de défense des droits de l’Homme au Maroc, l’Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis, Riposte internationale et la Confédération nationale du travail.

Deuxième anniversaire de la mort de Mohcine Fikri


A partager et à diffuser autour de vous !
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LE Comité de Soutien au Mouvement Rifain à PARIS organise le Samedi 27 octobre à 17H30 une veillée à la mémoire de Mohcine FIKRI, martyr de la dignité, sur Fontaine des Innocents, place Joachim du Bellay, 75001 Paris
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jeudi 25 octobre 2018

Droits de l’homme. Zefzafi, la voix du Rif bâillonnée par le roi du Maroc

Le porte-parole du mouvement Hirak figure parmi les trois finalistes pour l’attribution du prix Sakharov pour la liberté de pensée. Le lauréat sera connu aujourd’hui.
Le jeter dans un obscur cachot de la prison d’Oukacha ne suffisait pas. Peu après l’arbitraire arrestation du porte-parole du mouvement populaire du Rif – Hirak –, Nasser Zefzafi, le 29 mai 2017, les séides du roi Mohammed VI diffusaient d’humiliantes images du militant emprisonné : zooms sur une ecchymose, gros plans sur chaque parcelle de son corps dénudé, dans le cliquetis d’un appareil photo. Lui : droit, imperturbable, regard fier, fiché dans l’œil de la caméra. L’odieux procédé ne pouvait discréditer les allégations de torture et de traitement inhumain et dégradant, reprises jusque dans un rapport du très docile Conseil national des droits de l’homme. Pour le Palais, il fallait surtout décapiter le Hirak, empêcher tout effet de contagion de ce mouvement social à d’autres régions du pays, souiller pour cela l’image de cet intrépide opposant. Peine perdue : Nasser Zefzafi reste une icône, il est même devenu le symbole de l’arbitraire qui s’abat, au Maroc, sur une génération priée de subir en silence la « hogra », le mépris que la monarchie voue au peuple. La justice, ravalée au Maroc au rang d’instrument de répression, l’a condamné le 27 juin dernier à vingt ans de prison. Le régime n’a pas fait dans la dentelle : il l’a accusé de « complot, de propagande visant à porter atteinte à la sécurité intérieure de l’État, à l’intégrité du royaume et sa souveraineté », de fomenter « une ­attaque ayant pour but la dévastation, le massacre et le pillage dans plusieurs régions ». Ses camarades détenus à Casablanca ont eux aussi écopé de lourdes peines, dans un verdict digne des années de plomb, destiné à réduire à néant l’élan de contestation pacifique qui avait pris corps à l’automne 2016, au lendemain de la mort de Mouhcine Fikri, un jeune vendeur de poisson broyé par une benne à ordures en tentant de récupérer sa marchandise saisie par la police.

Une région marginalisée

Le porte-voix du Hirak figure aujourd’hui parmi les trois finalistes encore en lice pour l’attribution par le Parlement européen du prix Sakharov pour la liberté de pensée, aux côtés du réalisateur ukrainien Oleg Sentsov et de 11 ONG engagées dans des opérations de recherche et de sauvetage des migrants en mer Méditerranée. L’eurodéputée (GUE/NGL) Marie-Christine Vergiat, dont le groupe défend sa candidature, y voit « un message fort en faveur de la justice sociale et contre la répression des mouvements pacifistes au Maroc et partout ailleurs ». Le lauréat sera connu aujourd’hui.

Un migrant tué et douze militaires blessés à la frontière entre le Maroc et Melilla

Un migrant tué et douze militaires blessés à la frontière entre le Maroc et Melilla

Environ 200 personnes ont réussi à passer dans l’enclave espagnole, dimanche, en escaladant la clôture.

Des migrants sont assis au sommet d’un clôture à la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Mellila, en 2015.

Douze militaires marocains ont été blessés, dont certains grièvement, dimanche 21 octobre, en essayant d’empêcher 300 migrants, dont un est mort, d’escalader la clôture séparant le Maroc de l’enclave espagnole de Melilla, a rapporté lundi l’agence de presse officielle marocaine MAP.

La veille, la préfecture de Melilla avait indiqué qu’un migrant avait été tué et 19 blessés lors de cette tentative de traversée de la frontière depuis la ville marocaine de Nador (nord). Environ 200 migrants ont réussi à passer à Melilla, selon les autorités espagnoles. Le ministère marocain de l’intérieur a de son côté déclaré lundi que 141 migrants ont été arrêtés lors de cette opération, sans préciser le nombre exact de ceux ayant tenté de passer en Espagne. Les migrants interpellés seront « renvoyés vers leurs pays d’origine », selon la même source.
La frontière séparant le Maroc de Melilla est protégée par deux grillages de six mètres de haut surplombés de barbelés coupants. Les deux seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’Union européenne sont situées le long des enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta.
L’Espagne est devenue la première porte d’entrée de l’immigration clandestine en Europe, avec plus de 47 000 migrants entrés depuis le début de l’année, dont environ 5 000 par voie terrestre selon l’Organisation internationale pour les migrations. Le Maroc est un pays de transit pour des milliers de migrants originaires d’Afrique subsaharienne espérant rejoindre l’Europe.
Les autorités marocaines, qui évoquent 54 000 tentatives de passage avortées depuis le début de l’année, multiplient depuis l’été rafles musclées et déplacements forcés de milliers de migrants subsahariens, suscitant de vives critiques des défenseurs de droits humains.

Au Maroc, la mort de Jamal Khashoggi ravive le souvenir de Mehdi Ben Barka



"L'Obs" lance "Maghreb café", un format hebdomadaire de suivi de l'actualité de la rive sud de la Méditerranée. Nous avons décidé de donner une place à tout ce qui suscite le débat, agite les réseaux, soulève l'enthousiasme ou l'indignation. Du tragique au drôle, du politique qui agace au people qui scandalise, du mouvement social au spectacle qui heurte ou provoque la polémique, "Maghreb café" s'en empare. 
Cinquante-trois ans séparent les meurtres des deux opposants. Pourtant, dans l'esprit de nombreux Marocains ou connaisseurs des pays arabes, l'assassinat de Jamal Khashoggi, le 2 octobre dans le consulat saoudien d'Istanbul, a immédiatement ravivé la mémoire de Mehdi Ben Barka, tué sur ordre du roi Hassan II, à Paris, en 1965.
Deux monarques sans scrupule soupçonnés d'avoir commandité les assassinats, deux opposants dont la voix était entendue à travers le monde, deux meurtres perpétrés hors des frontières nationales : les ressemblances entre les deux exécutions sont évidentes et alimentent les discussions depuis plusieurs jours. 
 
Le souvenir de l'ennemi numéro un du roi Hassan II est toujours vif dans les mémoires des Marocains. 
 Le 29 octobre 1965, en plein Paris, Mehdi Ben Barka est enlevé, près de la brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain. Le leader de gauche et chef de file des tiers-mondistes ne donnera plus jamais signe de vie. Mais cet enlèvement en plein Paris n'est pas passé inaperçu. Si les enquêteurs ne parviennent pas à reconstruire le fil des événements, la presse, elle, porte en "une" l'affaire qui fait scandale. De Gaulle est furieux et décapite les services secrets français. Quant aux relations franco-marocaines, elles seront durablement touchées.
L’image contient peut-être : texte
Tlaxcala
Comme Ben Barka, dont le corps a vraisemblablement été dissous grâce à des produits chimiques, selon les services israéliens impliqués dans l'enlèvement, Jamal Khashoggi a subi un sort horrible, démembré par les "liquidateurs" venus de Riyad pour l'éliminer puis dissimulés les restes du journaliste dans le jardin du consul. Un rapprochement entre les deux affaires qui n'a pas échappé aux commentateurs.
Peu importe les explications maladroites des autorités saoudiennes pour s'exonérer de responsabilité dans cet assassinat, elles ne convainquent personne :

L’investigation, un journalisme à haut risque au Maroc


Marie Verdier , La Croix ,e 24/10/201
 

Poursuivi pour atteinte à la sécurité de l’État, le journaliste marocain Hicham Mansouri, qui a déjà purgé une peine de dix mois de prison, a obtenu l’asile politique en France.

Son procès et celui de six autres journalistes et défenseurs des droits humains, douze fois reporté, qui devait s’ouvrir à Rabat ce mercredi 24 octobre a été reporté pour la treizième fois.





Hicham Mansouri . / Mathilde Errard 

« L’enquête c’est le travail de la police. » Combien de fois le journaliste marocain Hicham Mansouri a-t-il entendu cette sentence dans la bouche de policiers lorsqu’il dirigeait le programme de formation de l’association marocaine du journalisme d’investigation (AMJI) ? « Nous avons été accusés de former les jeunes à l’usage des smartphones et d’Internet, cela nous a attiré tellement d’ennuis », soupire le journaliste qui a trouvé refuge en France où il a obtenu, au bout de deux longues années de procédure, l’asile politique.  
De graves ennuis qui lui valent d’être poursuivi depuis 2015 pour « atteinte à la sécurité de l’État », à l’instar de cinq autres journalistes et défenseurs des droits humains marocains, dont l’historien et journaliste Maâti Monjib, connu pour ses prises de position critiques à l’encontre du régime. Deux autres sont poursuivis pour financement de l’étranger sans autorisation.

Le procès douze fois reporté
Les sept coaccusés en liberté provisoire – trois d’entre eux ont quitté le Maroc – étaient convoqués ce mercredi 24 octobre au tribunal de grande instance de Rabat. 

 https://www.alvinet.com/similaires/investigation-journalisme-haut...

Leur procès déjà douze fois reporté a été de nouveau reporté au 30 janvier 2019. « Le dossier n’est pas instruit, ces reports maintiennent une épée de Damoclès sur nos têtes », estime Hicham Mansouri.
Lorsqu’il était enfant, dans son village non loin de Ouarzazate, parce qu’il était petit et fluet, Hicham Mansouri avait au collège son stylo pour toute défense. Son petit journal satirique circulait dans la classe. « Tout le monde essayait de devenir ami avec moi pour échapper à la caricature ! », sourit-il.
Son blog « cafard »
« Le journalisme semblait une perspective impossible pour les gens du sud et des villages », poursuit-il. Sa passion pour l’écriture, il l’assouvit dans son blog « Srakzite » (« cafard ») au début des années 2000. Hicham a vingt ans et s’engouffre dans le vent d’ouverture qui souffle sur le règne du jeune roi Mohammed VI. « Je l’ai appelé cafard parce que nous sommes traités comme des cafards, parce que les cafards survivent envers et contre tout. Les propos que je tenais à l’époque seraient risqués aujourd’hui, depuis la fermeture de la parenthèse d’ouverture au Maroc dès 2008-2009. »


Des journaux remarquent alors le jeune blogueur et lui mettent le pied à l’étrier dans le journalisme. Puis, ce sera la rencontre avec l’universitaire Maâti Monjib et président de l’association Freedom Now pour la liberté d’expression au Maroc.
L’AMJI, créée en 2009 sera reconnue en 2011, deux jours après la création du mouvement du 20 février, né dans le sillage de la révolution tunisienne. L’appartement d’Hicham devient le QG informel de l’association. À mesure que le réseau de journalistes d’investigation s’étend dans le pays _ il couvre treize villes en 2013_ les intimidations se multiplient et finissent par tourner au cauchemar.
En prison la peur au ventre
L’association reçoit des visites des agents des services, le site Internet est piraté et remplacé par des contenus pornographiques. Hicham Mansouri est violemment agressé dans la rue le 24 septembre 2014, par un groupe d’hommes visiblement professionnels.
Le 17 mars 2015, profitant d’une relation qu’il entretient avec une femme séparée de son mari, des policiers, sans mandat d’arrêt, défoncent sa porte, obligent le couple à se déshabiller et se mettre au lit. Accusé de flagrant délit d’adultère, il est condamné à dix mois de prison ferme et incarcéré avec des détenus de droit commun.

 La vengeance commence en prison, avec des gens dangereux, des bagarres permanentes, la peur au ventre. Je ne sais pas comment j’ai survécu pendant dix mois. Je ne voyais plus que le noir autour de moi. C’est là que j’ai pris la décision de quitter le Maroc. Jamais je ne pourrai oublier ce que m’a fait mon pays ». Ses parents, eux, quittent leur village, pour échapper à la pression du voisinage.

Il écrit ses mémoires de prison
Lors de son incarcération, Hicham Mansouri est convoqué pour la deuxième affaire qui lui vaut depuis lors d’être poursuivi. « S’il y avait des preuves pour atteinte à la sécurité de l’État, je n’aurais d’abord pas pu quitter le Maroc, ensuite la France m’aurait expulsé vers le Maroc », plaide-t-il.
À 38 ans, il essaie de se reconstruire à Paris, écrit ses mémoires de prison, à partir du journal qu’il tenait dans sa cellule, poursuit des études de sciences politiques. Ensuite ? « J’ai appris en prison à ne pas regarder trop loin ».