2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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jeudi 25 octobre 2018

Droits de l’homme. Zefzafi, la voix du Rif bâillonnée par le roi du Maroc

Le porte-parole du mouvement Hirak figure parmi les trois finalistes pour l’attribution du prix Sakharov pour la liberté de pensée. Le lauréat sera connu aujourd’hui.
Le jeter dans un obscur cachot de la prison d’Oukacha ne suffisait pas. Peu après l’arbitraire arrestation du porte-parole du mouvement populaire du Rif – Hirak –, Nasser Zefzafi, le 29 mai 2017, les séides du roi Mohammed VI diffusaient d’humiliantes images du militant emprisonné : zooms sur une ecchymose, gros plans sur chaque parcelle de son corps dénudé, dans le cliquetis d’un appareil photo. Lui : droit, imperturbable, regard fier, fiché dans l’œil de la caméra. L’odieux procédé ne pouvait discréditer les allégations de torture et de traitement inhumain et dégradant, reprises jusque dans un rapport du très docile Conseil national des droits de l’homme. Pour le Palais, il fallait surtout décapiter le Hirak, empêcher tout effet de contagion de ce mouvement social à d’autres régions du pays, souiller pour cela l’image de cet intrépide opposant. Peine perdue : Nasser Zefzafi reste une icône, il est même devenu le symbole de l’arbitraire qui s’abat, au Maroc, sur une génération priée de subir en silence la « hogra », le mépris que la monarchie voue au peuple. La justice, ravalée au Maroc au rang d’instrument de répression, l’a condamné le 27 juin dernier à vingt ans de prison. Le régime n’a pas fait dans la dentelle : il l’a accusé de « complot, de propagande visant à porter atteinte à la sécurité intérieure de l’État, à l’intégrité du royaume et sa souveraineté », de fomenter « une ­attaque ayant pour but la dévastation, le massacre et le pillage dans plusieurs régions ». Ses camarades détenus à Casablanca ont eux aussi écopé de lourdes peines, dans un verdict digne des années de plomb, destiné à réduire à néant l’élan de contestation pacifique qui avait pris corps à l’automne 2016, au lendemain de la mort de Mouhcine Fikri, un jeune vendeur de poisson broyé par une benne à ordures en tentant de récupérer sa marchandise saisie par la police.

Une région marginalisée

Le porte-voix du Hirak figure aujourd’hui parmi les trois finalistes encore en lice pour l’attribution par le Parlement européen du prix Sakharov pour la liberté de pensée, aux côtés du réalisateur ukrainien Oleg Sentsov et de 11 ONG engagées dans des opérations de recherche et de sauvetage des migrants en mer Méditerranée. L’eurodéputée (GUE/NGL) Marie-Christine Vergiat, dont le groupe défend sa candidature, y voit « un message fort en faveur de la justice sociale et contre la répression des mouvements pacifistes au Maroc et partout ailleurs ». Le lauréat sera connu aujourd’hui.