2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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mercredi 4 septembre 2019

Malika El Aroud, citoyenne belge et grand-mère de soixante ans, détenue depuis onze mois dans un Centre fermé[1] !



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par Luk Vervaet, 3/9/2019

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Ces dernières années, je suis devenu visiteur de quelques personnes détenues dans des centres pour réfugiés et des centres psychiatriques.[1]
Ces institutions totales, comme la prison, où on enferme celles et ceux dont on ne veut pas ou dont on ne veut plus. Il y a les réfugiés, qui n’ont rien fait d’autre que d’être sans papiers, un document d’identité nationale étant devenu la seule preuve que vous êtes un être humain et que vous existez. Et puis il y a ces détenus qui ont fini leur peine en prison mais qui n’ont pas la nationalité belge, et qui, même s’ils sont nés en Belgique et y ont passé leur vie, sont soumis à une double peine, celle de l’expulsion selon la nouvelle loi de février 2017. Et cela se fait par centaines. Il y a enfin les interné(e)s, qui ont commis des actes, parfois violents, à cause de leur maladie.

J’en profite pour saluer les familles de toutes ces personnes, qui, elles aussi, se trouvent souvent seules et isolées, rejetées par la société et leur communauté qu’elle s’appelle catholique ou musulmane ou que sais-je. Une salutation aussi à tous les visiteurs et visiteuses anonymes de ces prisons, qui essaient d’y assurer le lien avec le monde extérieur et d’entretenir une ligne d’humanité.

Parmi ces humains exclus, nous avons construit une nouvelle catégorie. Celle des déchu(e)s de la nationalité belge. Cette catégorie s’est créée surtout après le vote unanime au parlement fédéral (par un oui ou par abstention) de la loi du 20 juillet 2015 sur la déchéance de la nationalité, loi « visant à renforcer la lutte contre le terrorisme »[2]. À ce propos, j’ai écrit quelques articles, dont un sur Fouad Belkacem[3] et un autre sur le pays vers lequel nos parlementaires veulent les expulser, le Maroc.[4]

Depuis près d’un an, je rends régulièrement visite à Malika El Aroud. Elle a été arrêtée le jeudi 11 octobre 2018, mise sous les verrous d’abord dans le Centre pour illégaux à Bruges, puis dans le Transit Center la Caricole, tout près de l’aéroport de Zaventem. Son crime ? Être déchue de sa nationalité belge par un arrêt du 30 novembre 2017 de la Cour d'appel de Bruxelles.  Une déchéance toujours bloquée, grâce au travail acharné de ses avocats du bureau Jus Cogens qui ont obtenu un blocage de son expulsion par le Comité des droits de l’homme de l’ONU.

Malika avait été condamnée à huit ans de prison en Belgique. De décembre 2008 à décembre 2016 elle les a purgés dans les prisons de Mons, de Lantin et de Berkendael. Une peine extrêmement dure, pour « implication dans la création, la direction et financement d'un groupe à visées terroristes ». Huit ans de prison ferme, faits sans un jour de sortie, sans un jour de libération conditionnelle. 
Depuis sa libération, elle a été suivie de près par la Sûreté de de l’État et la police. 
Pendant les deux années qui ont suivi sa libération, elle n’a fait aucune déclaration, entrepris aucune activité publique ou politique. Elle a seulement essayé de reconstruire sa vie à partir de zéro, contre vents et marées. Elle a suivi des cours de néerlandais quatre fois par semaine pour s’intégrer dans sa nouvelle commune. Elle s’est occupée d’amener et de rechercher sa petite-fille de cinq ans à l’école et de préparer les repas pour sa petite famille. Jusqu’à ce jour du 11 octobre 2018 où ils ont décidé de l’arrêter.

Citation du livre de Christine Taubira Murmures à la Jeunesse 
Malika El Aroud est belge. Elle est arrivée en Belgique en 1964, quand elle avait 5 ans. Elle est allée à l’école à Schaerbeek et à Saint-Josse. Elle a fait sa vie en Belgique et n’a été que quatre fois au Maroc, à 13 ans, à 16 ans, à 22 et à 32 ans, à l’occasion de la mort de son père. Pourtant, c’est vers ce pays que l’État belge veut l’expulser. Sous prétexte que Malika dispose également de la nationalité marocaine.

Inévitablement, cette expulsion annoncée se fait dans l’indifférence totale ou provoque une justification parce qu’il s’agit de « Malika El Aroud, la sorcière moderne, la veuve noire du Jihad ». 

Je rencontre cette terrible veuve, qui porte un beau turban sur la tête et une robe colorée, depuis un an, dans des conditions de détention difficiles à vivre pour tout être humain. Nos contacts sont chaleureux, bien que nous ne partagions pas la même vision du monde ou croyance religieuse. Et nous arrêtons nos conversations quand nous avons tous les deux envie d’une cigarette.

Pour ma part, le débat pour (re)juger Malika n’a pas lieu d’être.  
D’abord, parce que, comme on dit : elle a payé, elle a fait sa peine dure jusqu’au bout. 
Et si on veut un débat sur son idéologie et ses opinions, ouvrons aussi le débat (et un procès) sur l’idéologie et les pratiques du « bon côté », c’est-à-dire, du nôtre dans la guerre injuste contre l’Afghanistan et dans toutes les horreurs et monstruosités qui l’ont suivie.   

Par la déchéance de la nationalité, la Belgique pratique un racisme d’État, qui crée deux catégories de citoyens. Si Malika El Aroud s’appelait Martine Dupond, on l’expulserait où ? On assiste en Belgique, non à une justice antiterroriste, mais à une politique de destruction. Et comme a dit Gandhi : « Œil pour œil et le monde finira aveugle ! »

La loi sur la déchéance de la nationalité doit être retirée. Malika El Aroud doit être libérée.



[2] Le parlement belge a approuvé ce projet de loi avec « pas moins de 96 ‘oui’ et 48 ‘abstentions’ (et 6 absents). Pas un seul député n’a voté contre le projet, signifiant qu’aucun parti de l’opposition (cdH, FDF, Ecolo-Groen, PP, PS, PTB-go!, sp.a, VB) ne s’y est opposé » dans « La déchéance de nationalité : comment un thème de l’extrême-droite s’invite dans les campagnes électorales », http://analysesdesdiscours.blogspot.be/2016/02/la-decheance-de-nationalite-comment-un.html

lundi 3 septembre 2018

Déchéance de la nationalité, expulsions, non-protection consulaire des binationaux… Banalités ou vrais dangers ?




par Luk Vervaet

Ces dernières années, la discrimination d’État liée à la nationalité, a été justifiée par la lutte contre le terrorisme et contre la (grande) criminalité. Pas une seule objection au Parlement belge contre la nouvelle loi de juillet 2016 sur la déchéance de la nationalité belge de personnes condamnés pour terrorisme[1]. Pas de grand bruit non plus quand ce même parlement a voté la nouvelle loi du 9 février 2017 permettant l’expulsion de détenus possédant une autre nationalité. [2] Cette nouvelle loi supprime l’interdiction d’expulser les étrangers, nés en Belgique ou arrivés avant l’âge de douze ans, et elle élargit les motifs pour les expulsions. Nos autorités se vantent déjà des résultats de cette loi : si en 2012, il y a eu 378 expulsions, 629 en 2013 et 625 en 2014, les chiffres ont pris un envol spectaculaire à partir de 2015, avec 1.437 expulsions, puis 1.595 en 2016 et enfin 1.622 en 2017 !

La loi sur la déchéance de la nationalité n’est pas passée en France. Elle y a même provoqué la démission d’une ministre. 
Rien de tout cela en Belgique : il ne s’agit que de terroristes et de criminels qui n’ont pas leur place parmi nous. Et surtout, le fait de s’opposer à ces lois pourrait causer des ennuis, permettre l’accusation d’avoir des sympathies pour le terrorisme. C’est ainsi qu’on raisonne dans notre pays. 
On balaie ainsi toute réflexion sur le fait que la question de la nationalité n’a rien à voir avec un délit commis, qu’il s’agit de la réintroduction de la double peine, qui ne vaut pas pour les belgo-belges et qu’on réalise dans les faits les revendications de l’extrême droite fasciste.

Après les lois de 2016 et de 2017, la loi du 9 mai 2018 de Reynders et de Geens franchit un nouveau pas, qui fait partie de la même logique d’exclusion par la discrimination selon la nationalité. Dorénavant est inscrit dans la loi que les binationaux seront privés d’une assistance consulaire, une fois qu’ils se trouvent dans le pays de leur deuxième nationalité et que ce pays s’oppose à une aide belge. 
Bien que cette loi touche des dizaines de milliers de concitoyens, des raisons pour banaliser cette mesure sont avancées. 
Ça a toujours été comme ça, rien de nouveau, me disent certains. Que la Belgique n’accorde pas d’aide aux Belgo-Marocains qui se trouvent au Maroc, le pays de leur deuxième nationalité, est tout à fait logique et normal, me disent d’autres. Sinon, à quoi ça sert d’avoir une deuxième nationalité ? Aussi, ce n’est que dans le cas où le pays de la deuxième nationalité s’oppose à une protection belge. Ou encore, me disent-ils, ce sont les lois et des accords internationaux qui stipulent les règles à adopter concernant les binationaux. La Belgique et le Maroc ne font que les appliquer…