Blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental, de Palestine et du monde, créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala
2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas
El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.
Le soutien du Podemos et notamment
de l'eurodéputé Miguel Urbán au Rif pourrait être à l'origine de
l'asphyxie de Ceuta par le Maroc. C'est l'analyse présentée par le
site espagnol El Confidencial. En effet, Ceuta est approvisionnée en
poisson du Maroc depuis des décennies, mais les douanes marocaines
ont interdit son exportation sans aucune explication.
Environ trois
tonnes entraient dans la ville chaque jour. Ils étaient vendus non
seulement sur les marchés, mais aussi dans les grands magasins, les
bars et les restaurants. El Confidencial indique que Rabat, comme
d'habitude, n'a pas informé les autorités espagnoles et seule la
presse marocaine apporte quelques éclaircissements. Ce qui s'est
passé à Tarajal est "la conséquence de la décision prise par
le Maroc d'effectuer des contrôles plus stricts sur les opérateurs
qui fournissent des marchandises à Ceuta", a déclaré mercredi
"Le 360", le journal numérique le plus lié au palais
royal.
Mauvais traitements, vol et harcèlement : le fardeau des « femmes-mulets » au Maroc
Un rapport parlementaire pointe les « mafias de la contrebande » qui
exploitent les porteuses de marchandises entre le royaume et l’enclave
espagnole de Ceuta.
Le Monde avec AFPPublié le 08 janvier 2020
Des
porteuses de marchandises à la frontière entre le Maroc et l’enclave
espagnole de Ceuta, en septembre 2017. FADEL SENNA / AFP
Un rapport parlementaire présenté mardi 7 janvier à Rabat s’alarme des conditions de travail « éprouvantes » des « porteuses de marchandises » entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta. « Exploitées par des mafias de la contrebande »,
ces femmes, dont le nombre est estimé à 3 500 et qui transportent des
marchandises en grande majorité légales, sont victimes de « mauvais traitements, de harcèlement et de vol », souligne ce rapport parlementaire, le premier sur ce sujet.
Des
milliers de porteurs marocains, hommes comme femmes, traversent au
quotidien la frontière entre le Maroc et l’Espagne, rémunérés par des
commerçants marocains pour transporter des marchandises espagnoles
destinées à être revendues au Maroc, comme des vêtements ou des produits
alimentaires.
En 2017,
au moins quatre porteuses sont mortes, piétinées dans des bousculades
ayant eu lieu à un poste-frontière situé entre la ville marocaine de
Fnideq et Ceuta, qui jouit d’un statut de port franc.
Quotas et chariots
Sous
la pression des ONG, les autorités marocaines et espagnoles avaient
promis d’agir. Un quota quotidien d’entrées et un système d’alternance
entre les hommes et les femmes avaient notamment été instaurés. Et
depuis avril 2018, les « hamalates » (porteuses), surnommées « femmes-mulets », transportent leurs marchandises dans des chariots plutôt que sur leur dos fourbu.
Mais
elles doivent souvent attendre de longues heures avant d’accéder à une
zone commerciale à l’entrée de l’enclave, regrette le rapport
parlementaire, qui pointe du doigt les « mafias de la contrebande qui les exploitent ». Le rapport préconise de mettre en place des alternatives, comme une « zone industrielle » dans le nord du Maroc, pour permettre la reconversion professionnelle des « porteuses ».
Sur un autre front, les produits alimentaires acheminés vers le royaume depuis Ceuta ne font l’objet d’« aucun contrôle sanitaire », ce qui « constitue une menace pour la santé » des consommateurs, accuse le rapport.
Des
médias locaux ont récemment fait état de la fermeture du
poste-frontière réservé aux porteurs et porteuses. Il n’a pas été
possible de confirmer cette information de source officielle.
Durant ces derniers mois, le Maroc a entravé la contrebande avec les
deux enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila et suspendu le commerce
légal avec cette dernière. Une manière de pousser Madrid à renoncer à sa
souveraineté sur ces territoires.
« Femmes mules » marocaines venues d’Espagne attendant pour passer la douane à Ceuta et rentrer au Maroc.
Fadel Senna/AFP, 20 septembre 2017
Elles transportent sur leur dos des paquets de dizaines de kilos et
si à Ceuta (pas à Melilla) elles peuvent pousser un chariot, le colis
peut alors peser plus de cent kilos. Elles se pressent, elles se
bousculent avec leurs marchandises dans le couloir métallique du Barrio
chino qui relie Melilla à Beni Enzar au Maroc. Elles essayent de
traverser la frontière autant de fois que possible dans une même matinée
pour, au total, gagner en fin de journée l’équivalent de quelques
dizaines d’euros. Elles supportent le harcèlement verbal et physique de
ceux qui sont chargés de surveiller la frontière, signale le rapport de la mission exploratoire de la chambre des représentants
(chambre basse du Parlement marocain) publié le 9 juillet 2019. Les
députés marocains se sont rendus au printemps à la lisière de la ville
espagnole de Ceuta. Ils mentionnent sans plus de précision « les organisateurs »
comme seuls responsables des tourments des contrebandières. Seul
Abdelfattah El-Aouni, député du Parti authenticité et modernité (PAM), a signalé à la presse avoir entendu de ses propres oreilles « des insultes à leur égard proférées par les autorités marocaines ». Elles sont entre 12 000 et 15 000, en majorité des femmes, à
trimbaler des marchandises de contrebande entre Ceuta et le Maroc, et
entre 3 000 et 5 000 à en faire autant entre Melilla et le Maroc,
d’après une estimation du gouvernement espagnol qui remonte à mai 2017.
Elles ont en général entre 30 et 60 ans, sont souvent analphabètes et
nombre d’entre elles sont des mères célibataires originaires de
provinces marocaines éloignées de deux villes espagnoles. Elles exercent
probablement l’un des métiers les plus pénibles. En 2018, deux d’entre
elles sont mortes en traversant la frontière et 84 ont été blessées
d’après le rapport parlementaire marocain. Un chiffre qui sous-estime la
réalité, selon des ONG espagnoles. Novact, Iridia ou l’association andalouse de défense des droits humains (Asociación Pro Derechos Humanos Andalucía, APDHA) dénoncent depuis des années les supplices qu’endurent les « femmes mules »,
comme les appelle la presse marocaine. Les forces de l’ordre espagnoles
portent aussi leur part de responsabilité, car elles donnent facilement
de la matraque.
Un « commerce atypique » qui rapporte
La contrebande s’effectue également en véhicules particuliers. Ceuta
exporte annuellement pour 700 millions d’euros de marchandises au Maroc,
selon l’estimation de Guillermo Martínez,
un ancien conseiller municipal aux finances. Quant à Melilla, ses
exportations seraient de l’ordre de 450 millions d’euros, selon le seul
calcul, effectué il y a une douzaine d’années, par la délégation du
gouvernement (préfecture) dans la ville. Nabil Lajdar, le directeur
général des douanes du Maroc, a de son côté donné une fourchette qui oscille entre les 1 100 et les 1 460 millions d’euros lorsqu’il a comparu, en févier, devant le Parlement. Grâce à ce « commerce atypique »,
comme le définissent les autorités locales, les deux villes enclavées
sur la côte nord marocaine et qui n’ont ensemble que 170 000 habitants
sur une superficie de 31 km2 vendent au Maroc presque l’équivalent des
exportations espagnoles en Australie. Mille six cents emplois locaux en
dépendent. Cela procure aussi des revenus fiscaux pour chacune des deux
municipalités, de l’ordre de 40 millions d’euros. Certes la tendance est
à la baisse, mais s’ils n’atteignent pas le niveau requis, l’État
espagnol compense le déficit budgétaire. Ce commerce, « c’est le moteur économique de Melilla », affirme Enrique Alcoba, qui préside la plateforme des entrepreneurs de la ville.
Pour le Maroc, la contrebande revêt une importance bien plus grande.
Elle donne du travail non seulement à 20 000 femmes et hommes « mules »,
mais également à plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les
provinces de Tétouan et de Nador. La chambre de commerce américaine à
Casablanca avait estimé, dans un rapport publié il y a une quinzaine
d’années, que jusqu’à 400 000 personnes vivaient de ce trafic, un calcul
qui semble aujourd’hui exagéré. C’est à cause de ce tohu-bohu commercial que ces deux frontières sont
les plus traversées, et peut-être aussi les plus chaotiques d’Afrique.
Plus de 6 millions de personnes passent annuellement à pied celle de
Ceuta et presque autant celle de Melilla. Entre 15 000 et
20 000 voitures en moyenne les franchissent quotidiennement, surtout
pendant l’été quand les immigrés marocains en Europe rentrent chez eux
en vacances. Seule la frontière entre San Diego (Californie) et Tijuana
(Mexique) dépasse de loin ces chiffres. À cela il faut ajouter les
223 500 Marocains qui, en 2018, se sont vu interdire l’accès à ces deux
villes par la police, car leurs papiers n’étaient pas en ordre d’après
le ministère de l’intérieur espagnol.
Trafics de cannabis, blanchiment et bakchichs
La contrebande se fait pour l’essentiel en dirhams, une monnaie cotée
à Ceuta et Melilla qui permet au Maroc d’épargner des devises. Elle
facilite aussi le blanchiment d’une partie des 12 milliards de dollars
(10,74 milliards d’euros) que génère selon l’estimation des Nations
unies le trafic de résine de cannabis dont le Maroc est le premier
exportateur mondial. C’est l’une des principales raisons de sa
persistance dans le temps, d’après les explications fournies par de
hauts responsables de la police et de la guardia civil (gendarmerie espagnole) qui ont accueilli dans les deux villes des délégations du Parlement européen. Ce commerce « atypique »
est aussi une source de revenus complémentaires pour les douaniers et
policiers marocains qui travaillent sur place. Aux bakchichs qu’ils
touchent des contrebandiers s’ajoute leur propre participation à ce
négoce. Le rapport parlementaire marocain signalait que parmi les
véhicules particuliers qui transportent aussi la contrebande à Ceuta,
des centaines appartiennent à des agents de la police et de la douane.
Ils ont droit, quand ils traversent la frontière, à un traitement « spécial ». Dans la province de Nador, dont la population a rapidement crû
jusqu’à dépasser les 600 000 habitants, l’arrivée d’une immigration
originaire des régions de l’Oriental ou de Fès pour travailler dans la
contrebande a aussi servi pour diluer son caractère rifain et donc
contestataire. « Dommage, disait en privé un responsable sécuritaire marocain, que la province d’Al Hoceima,la plus rebelle de toutes celles du Rif, ne soit pas située sur la frontière de Melilla ».
Entraver le commerce terrestre avec l’Espagne
Malgré l’importance économique, voire politique, de la contrebande,
le Maroc semble petit à petit s’atteler à en finir avec tout le commerce
terrestre avec l’Espagne. Le 1er août 2018
Rabat fermait, sans même en informer Madrid au préalable, la douane
commerciale de Melilla par où passaient des exportations légales —
47 millions d’euros en 2017 — vers le Maroc. Son ouverture datait
pourtant du traité de Fès de 1866
entre l’Espagne et le Maroc, et avait été reconfirmée, à la demande de
Rabat, en 1956. Le royaume enfin indépendant avait besoin d’exporter les
minerais du Rif et le seul port existant dans la région était celui de
Melilla relié à l’époque par le train au Maroc. Tétanisé par la peur de l’immigration irrégulière en provenance du
Maroc qui a battu un nouveau record l’année dernière, le gouvernement
socialiste espagnol n’a pas protesté après avoir été mis devant le fait
accompli. Les commerçants de la ville crient à l’asphyxie et sont même
descendus dans la rue pour le dire. Eux qui comptaient jusqu’alors sur
la hausse du commerce légal pour compenser le recul prévisible de la
contrebande... Car maintenant vient, en effet, le tour de la
contrebande. En janvier 2019, le ministre de l’intérieur Abdelouafi
Laftit a prôné devant le Parlement « une solution globale » à ce « problème grand et complexe ». Il a reconnu qu’elle ne pourrait être mise en œuvre sans provoquer des « dommages collatéraux »
parmi ceux qui en profitent. Un mois plus tard, Nabil Lajdar, le
directeur des douanes, a confirmé ces propos devant les députés en
évoquant surtout des arguments économiques. Selon ce dernier, à cause de
la contrebande le fisc marocain perd annuellement entre 360 et
540 millions d’euros en droits de douane, un chiffre que des experts
espagnols considèrent exagéré. Pourtant, le vrai problème économique est ailleurs pour le Maroc. La
contrebande a nui au développement du nord où des usines ont dû fermer
face à cette concurrence déloyale et où des investissements ne se sont
pas concrétisés par crainte de ce déferlement de produits bon marché
venus d’Espagne. Deux mois avant que Laftit n’intervienne devant le
Parlement, l’agence chargée du développement de la région
Tanger-Tétouan-Al Hoceima (Artta) avait déjà commandé, pour
180 000 euros, une étude
sur l’impact de la contrebande de Ceuta et ses alternatives. Cette
reconversion économique de la région qu’envisage Rabat serait bien plus
facile à faire en collaboration avec l’Espagne, mais le Maroc, qui ne
reconnaît pas la souveraineté espagnole sur ces deux villes, ne veut pas
en entendre parler. Les autorités marocaines ont aussi récemment interdit l’importation
de vêtements et chaussures neuves à partir de ces deux villes. À travers
le poste-frontière de Farhana, entre Melilla et le Maroc, les voitures
ne peuvent plus maintenant transporter des marchandises que dans leur
coffre et non pas sur les sièges. On est « en plein dans les caprices, aujourd’hui les fruits secs rentrent [au Maroc], demain les tissus rentrent, après-demain non ; on est dans l’incertitude la plus totale », se plaignait José Reyes, le président du patronat de Melilla, dans une interview avec Melilla Hoy, le journal local, le dimanche 4 août. « Chaque jour il est plus difficile de traverser cette frontière, ajoutait-il. Le Maroc veut étrangler Melilla économiquement, pour qu’on jette l’éponge et que nous nous en allions tous ».
Fermetures des frontières
Les fermetures des frontières au « commerce atypique »
à l’occasion des fêtes religieuses musulmane ou chrétienne ou des
vacances sont aussi de plus en plus longues. À Ceuta elles dureront cet
été 42 jours d’affilée, un record, pendant lesquels les « femmes mules »
seront au chômage technique. Un certain nombre de véhicules
continueront cependant discrètement à transbahuter des marchandises. Les
dates de ces fermetures sont, en théorie, décidées d’un commun accord
entre les autorités locales des deux pays, mais c’est en fait les
autorités marocaines que les fixent. Le dernier obstacle dressé par Rabat a consisté à mettre à jour une circulaire
qui interdit à ses diplomates et hauts fonctionnaires de mettre les
pieds dans les deux villes, même s’ils ne font que transiter pour se
rendre dans la péninsule ibérique en vacances. Et dire qu’il fut un
temps (1991) où le ministre de l’intérieur Driss Basri se rendait à
Ceuta ! Il y a encore quelques années, des
fonctionnaires de haut rang se regroupaient au sein de leur
administration à Rabat pour envoyer régulièrement le chauffeur de l’un
d’entre eux à Ceuta acheter des produits meilleur marché ou inexistants
au Maroc. On pouvait ainsi voir une voiture avec une plaque officielle
traverser la frontière remplie, jusque sur le siège avant, d’une marque
de couches pour bébés très prisée au Maroc. Au-delà des raisons économiques avancées par le Maroc, des diplomates
européens qui suivent de près le Maghreb soupçonnent Rabat de chercher à
ce que ces deux villes deviennent encore davantage un fardeau pour
l’État espagnol — elles sont déjà largement subventionnées — dans
l’espoir qu’il finira par les laisser tomber. Melilla appartient à
l’Espagne depuis 1497 et Ceuta, qui était sous domination portugaise,
est devenue espagnole en 1580, à une époque où le Maroc n’existait pas,
selon les historiens espagnols — ce que leurs collègues marocains
contestent. Autant le roi Hassan II
revendiquait à chaque occasion, notamment lors de son discours du trône,
la souveraineté marocaine sur ces enclaves, autant son fils Mohamed VI
garde le silence depuis 2007. Il a préféré mettre l’accent sur le
développement du nord de son royaume, spécialement des zones
environnantes de Ceuta et Melilla, en évitant d’inviter ces deux villes à
s’insérer dans le nouveau tissu économique qui émerge. Si la classe politique à Madrid ne réagit guère, l’inquiétude monte à
Ceuta, et plus encore à Melilla qui se sent plus vulnérable.
L’opposition de droite est celle qui se remue le plus. Fernando
Gutiérrez Díaz de Otazu, le député du Parti populaire de la ville, a
encore dénoncé en août 2019 l’attitude « inamicale » du Maroc dont il se demande s’il cherche à rendre la vie « insoutenable » à sa population majoritairement musulmane, mais espagnole, d’après l’Observatorio Andalusi,
un centre d’études qui dépend de la Conférence islamique d’Espagne. À
Ceuta les musulmans frôlent la majorité. L’extrême droite de Vox, qui a
fait un bon score électoral au printemps à Ceuta, demande sans
sourciller que l’Espagne prenne des mesures de rétorsion. Son leader
local à Melilla, Jesús Delgado, un médecin, exige que « plus une seule ambulance en provenance du Maroc ne puisse rentrer et que plus une seule Marocaine ne puisse accoucher »
à l’hôpital public de la ville. Plus de la moitié des accouchements qui
s’y pratiquent sont le fait de femmes marocaines non résidentes qui ont
traversé la frontière. Une forte proportion de Marocains sont également
reçus aux urgences.
La carte de l’Union douanière européenne
L’Espagne a à sa portée une parade face au Maroc, non pas pour
l’empêcher d’en finir avec la contrebande — pour des raisons
humanitaires c’est plus que souhaitable —, mais pour l’inciter à rouvrir
la douane de Melilla et à en ouvrir une deuxième à Ceuta. Ainsi le
commerce légal pourrait petit à petit remplacer celui que l’on dénomme « atypique ». Ces deux villes ne font pas partie de l’Union douanière européenne, car, pour conserver leur privilège fiscal — dont une TVA qui oscille entre 0,5 % et 10 %
au maximum — elles ont voulu en être exclues quand, en 1986, l’Espagne a
adhéré à ce qui allait devenir l’Union européenne. Leur frontière avec
le Maroc est donc hispano-marocaine et non pas euro-marocaine. Ceuta et Melilla pourraient demander à changer leur statut et à
rentrer dans l’union douanière. Il serait alors bien plus difficile au
Maroc de refuser l’ouverture d’une douane comme celle qui existait
jusqu’à l’année dernière. C’est en tout cas le gouvernement espagnol qui
devrait défendre cette modification auprès des institutions
européennes, une tâche à priori assez facile à mener à bien. Il n’est
pas certain qu’il veuille s’y atteler. Ce n’est pas souvent que les responsables politiques espagnols se
prononcent sur ce sujet. Lors d’une visite à Ceuta, en 2013, Iñigo
Méndez de Vigo, à l’époque secrétaire d’État à l’Union européenne, s’est
ouvertement opposé à l’inclusion de la ville à cette zone de
libre-échange améliorée, invoquant des arguments économiques saugrenus.
En fait, l’Espagne craint que le Maroc se fâche, car cette décision
renforcerait le caractère européen des deux enclaves espagnoles. Quand
on indispose le Maroc, on risque de subir ses représailles qui peuvent
aller, comme ce fut le cas pendant l’été 2014, jusqu’à interrompre sa
coopération avec l’Espagne en matière de sécurité, une suspension qui
provoqua l’affolement à Madrid. Et dont la menace continue à faire peur.