2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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samedi 23 mai 2020

Pour Adonis, le néolibéralisme est la « véritable pandémie »


« Quel monde pour demain ? », s’est interrogé, avec colère et amertume, le grand poète syrien Adonis, dans le quotidien libanais Al-Akhbar
Selon Adonis, « la plus belle des planètes risque d’être défigurée par ses propres enfants » (AFP)
Par MEE,20 mai 2020

Adonis, l’auteur de Prends-moi, chaos, dans tes bras, a dressé, dans le quotidien libanais Al-Akhbar, un tableau pessimiste de l’humanité confrontée à la pandémie du nouveau coronavirus.
« Ô nature-mère-Terre, à qui devrons-nous nous adresser et comment ? Regarde avec nous l’uniformité dominante, jusqu’au totalitarisme de la maladie et son universalisme, car au lieu que les peuples témoignent les uns pour les autres de la compassion et de la solidarité, nous voyons des peuples en punir d’autres, leur interdisant même d’acquérir le traitement, tout en leur envoyant leurs ‘’aides’’ et des ‘’cadeaux’’ dans les avions de la mort et de la destruction ».
Le ton est donné. Adonis, Syrien exilé en France, ne déroge pas à sa verve rageuse contre les puissants du monde et les cerbères politiques et religieux.
« Les ‘’intérêts’’, aussi minimes soient-ils, prédominent sur les ‘’causes’’, aussi importantes soient-elles. Ces intérêts sont liés au pouvoir et à l’argent et étendent exagérément leurs influences jusqu’à effacer la présence humaine en elle-même pour imposer la présence de la machine », s’insurge le poète, considéré comme l’un des plus grands depuis la disparition du Palestinien Mahmoud Darwich.

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Pour Adonis, alias Ali Ahmad Saïd Esber, la véritable « pandémie universelle » est ce « néolibéralisme dans sa forme américaine qui dirige en chef d’orchestre les chorales de la domination ‘’culturelle’’ […] au nom de la mondialisation ».
Une « mondialisation de la vulgarité qui glorifie le marché et le quantitatif, la machine et la chose ». Et selon lui, cette glorification va très loin, vers une horreur : la « destruction de la Terre ». Mais aussi la destruction de « la relation entre l’homme et la nature ».
Ainsi, « la plus belle des planètes risque d’être défigurée par ses propres enfants » en y créant « asiles et cavernes » : « des hangars de la technique et de ses machines, des casernes pour envahir et piller, des conteneurs de déchets, en commençant par les déchets radioactifs… »

« Quel rôle peuvent jouer les Arabes ? »

Mais où en est l’« homme arabe » dans cette catastrophe planétaire ? « L’humanité entière fait face à la pandémie de coronavirus, sauf dans le monde arabo-islamique : ses peuples sont occupés, du nord au sud et d’est en ouest, à s’exterminer les uns les autres, individuellement et collectivement », lance le poète en regrettant que la pandémie ne soit appréhendée que dans une perspective fataliste.
« Les Arabes n’ont participé à aucune des grandes révolutions », poursuit Adonis en citant les révolutions matérielle, électronique et biotechnique.
« Depuis quatorze siècles, les peuples arabes continuent à vivre comme des ‘’enfants’’ dans des pays qui ne sont que des ‘’garderies’’ surveillées par la politique religieuse. »

Les épidémies vues par les auteurs du Maghreb et du Moyen-Orient au cours des siècles
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Une « stagnation » qui contraste avec « la gigantesque présence quantitative ‘’matérielle’’ des Arabes », leur « espace stratégique » et leurs « richesses économiques et financières ». Mais tout cela, finalement, « ‘’n’appartient pas’’ aux Arabes », souligne encore l’auteur de Feuilles dans le vent.
« Quel rôle peuvent jouer les Arabes, scientifiquement et moralement, dans le destin du genre humain ? Resteront-ils dans leurs ‘’garderies’’ où en sortiront-ils ? Et comment ? », interroge le poète, âgé aujourd’hui de 90 ans.
« Sur la base de quel droit, de quelle religion, les Arabes aujourd’hui refusent-ils la pensée et la rationalité, les droits civiques, les libertés ? Comment peuvent-ils accepter l’inégalité entre l’homme et la femme et la culture de l’excommunication ? N’est-ce pas là une négation de l’humain ? », poursuit-il.
Tout ce que peuvent les Arabes, selon Adonis, est offrir ce « nouveau veau d’or noir », ce « jus de cadavres », au « maître-esclave » fabriqué par le « libéralisme sauvage occidental ».

mercredi 2 août 2017

Despotisme, néolibéralisme et changement climatique conduiront le Maroc à la catastrophe

par Jawad Moustakbal, Middle East Eye, 21/7/2017
Original Despotism, neoliberalism and climate change: Morocco's catastrophic convergence



Les déclarations sur « l’exception marocaine » pendant le Printemps arabe sonnent creux à présent que se propagent les protestations contre des politiques élitistes qui nient la dignité de la majorité
Le vendredi 28 octobre 2016, un incident tragique et fatal s’est produit dans la ville d’Al Hoceima, dans le nord-est du Maroc, lorsqu’un agent de l’État a saisi les marchandises de Mouhcine Fikri, un vendeur de poisson, et les a jetées dans un camion à ordures. Lorsque le vendeur a grimpé désespérément dans le camion pour récupérer son poisson, « un policier local a ordonné au conducteur du camion-benne de démarrer le compacteur et de ‘’le broyer’’ », selon des militants et des témoins. Le camion a horriblement broyé Fikri, causant sa mort.
Cette tragédie et les protestations qui l’ont suivie ont rappelé la vague de manifestations que le Maroc a connues au début du Mouvement du 20 février en 2011, pendant le dit Printemps arabe. Elles ont incité les Marocains à poursuivre leur lutte pour la dignité, la liberté et la justice sociale et ont montré que le processus de transformation réelle au Maroc – et plus largement en Afrique du Nord et en Asie de l’Ouest – n’est pas encore terminé. 
Davantage, le désir de changement a été contrarié par les dirigeants et les élites depuis le départ. Ces élites voulaient que ce « printemps » soit passager et celui-ci s’est vite transformé en automne, écrasant les espoirs de tous ceux qui étaient descendus dans les rues pour demander le respect de leur droit inaliénable à la dignité et à la liberté.
« Nous étions seulement au début d’un processus révolutionnaire de long terme qui durera des années et des décennies », a déclaré Gilbert Achcar, professeur d’études sur le développement et les relations internationales à l’École d’études orientales et africaines (SOAS). « Comme dans tout processus historique de ce genre, il y aura des hauts et des bas, des révolutions et des contre-révolutions, des progrès et des retours de manivelle ».
Des personnes en deuil portent le cercueil de Fikri dans la ville d’Al Hoceima, au nord du Maroc, le 30 octobre (Reuters)
Avec la connivence de la plupart des élites politiques et intellectuelles, les dirigeants se sont hâtés de promouvoir la soi-disant exception marocaine comme la règle. Néanmoins, cette proclamation de stabilité a été contredite par ces récents incidents et la mobilisation rapide et conséquente qui a eu lieu dans plus de 40 villes du Maroc ces derniers mois.