2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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mardi 2 décembre 2025

Esclavage moderne en vitrine : le cri de détresse de Rachid, boulanger marocain, sur TF1

 Salma Semmar, actu-maroc, 2/12/2025

Sous les lumières de TF1, c’est un visage fatigué mais digne qui est apparu dimanche soir dans l’émission « Sept à huit ». Celui de Rachid, boulanger marocain installé en Eure-et-Loir, venu raconter quatre années d’exploitation et d’illusions brisées. Un témoignage rare, qui met en pleine lumière la réalité des travailleurs sans papiers en France, souvent indispensables mais invisibles.


Arrivé en 2020 après plus de vingt ans de métier au Maroc, Rachid croit alors saisir une chance : un poste en boulangerie, un logement, la promesse d’une future régularisation. L’offre lui parvient via un groupe d’entraide WhatsApp, comme pour beaucoup de travailleurs migrants qui se fient au bouche-à-oreille. À l’autre bout du fil, son futur patron, Anthony M., tient un discours séduisant… mais refuse déjà de parler salaire, comme le révèlent les enregistrements audio diffusés par TF1.

La réalité, une fois sur place, est tout autre. Le laboratoire est insalubre, les normes d’hygiène sont bafouées, des rats circulent, la chaîne du froid n’est pas respectée. Rachid, lui, accepte de rester. Il se persuade que le travail finira par payer et qu’un contrat stable lui ouvrira les portes de la préfecture. Au bout de trois mois, il obtient enfin un contrat… de vingt heures. Sur le papier seulement : dans les faits, il travaille sept jours sur sept, y compris malade, sans compter ses heures.

Les conditions de vie sont à l’avenant. Logé au-dessus du commerce, sans bail ni protection, il occupe ce qu’il décrit comme « une chambre qui ressemble à une cave » : pas de chauffage, vitres cassées, cafards, humidité, cartons et matériel entassés autour de son lit. Cet hébergement de fortune permet aussi à l’employeur de le faire descendre à n’importe quelle heure pour « donner un coup de main », brouillant totalement la frontière entre temps de repos et temps de travail.

Lorsque la boulangerie commence à décliner, la situation bascule. Les salaires ne sont plus versés régulièrement, puis cessent purement et simplement d’être payés. Le commerce finit par fermer. Pour Rachid, tout s’effondre : pas de contrat, pas de ressources, pas de papiers, et seulement 500 euros en poche après quatre ans de labeur. Coupé de sa femme et de ses enfants restés au Maroc, qu’il n’a pas vus depuis cinq ans, il confie à la caméra avoir eu des pensées suicidaires face à cette impasse.

C’est une association d’aide aux travailleurs migrants qui va lui tendre la main. Conseillé et accompagné, Rachid décide de porter plainte pour traite d’êtres humains, qualification pénale qui vise notamment l’exploitation par le travail dans des conditions indignes. Placé en garde à vue, l’employeur conteste tout en bloc devant les journalistes : il se dit « la plus grande victime » de cette histoire, assure que son salarié ne travaillait que quatre heures par jour et jure ignorer sa situation irrégulière. Une version mise à mal par un document clé : une lettre de motivation adressée à la préfecture, signée de sa main, dans laquelle il appuie la demande de régularisation de Rachid.

Le reportage s’inscrit dans un numéro de « Sept à huit » consacré aux « travailleurs de l’ombre », ces sans-papiers omniprésents dans l’agriculture, le bâtiment, la restauration ou la boulangerie, sans lesquels certains secteurs tourneraient au ralenti. Il rappelle que des affaires similaires ont déjà conduit à des condamnations pour traite d’êtres humains en France, notamment dans la restauration ou les exploitations agricoles, où des travailleurs marocains ont été employés dans des conditions qualifiées d’« indignes » par la justice.

Au Maroc, le récit de Rachid résonne tout particulièrement. Il illustre le parcours de milliers de travailleurs qualifiés qui, après des années d’expérience dans leur pays, partent tenter leur chance en Europe avec l’espoir d’un avenir meilleur pour leur famille. Le cas de ce boulanger expérimenté, réduit à vivre dans un logement insalubre et privé de salaire, rappelle cruellement combien cet espoir peut parfois se transformer en piège.

L’enquête judiciaire suit son cours. Mais, au-delà du sort de Rachid et de la responsabilité de son ex-employeur, ce témoignage pose une question dérangeante : combien de boulangers, de serveurs, d’ouvriers du bâtiment ou de saisonniers agricoles vivent, en silence, la même réalité ? Dimanche soir, le visage de Rachid a donné un nom à cette misère cachée. Et rappelé que derrière chaque baguette croustillante vendue à l’aube, il y a parfois l’histoire d’un homme venu de loin, prêt à tout pour gagner dignement sa vie… mais que le système laisse sans défense.

samedi 11 janvier 2020

Violences policières : France 2 et BFMTV, zélées auxiliaires de la préfecture

Qu’elles s’exercent contre les manifestants opposés à la réforme des retraites ou contre un coursier mort à la suite d’un contrôle routier, les violences policières sont légitimées ou édulcorées par le JT de France 2 et par BFMTV. Etonnamment, dans l’affaire du décès de Cédric Chouviat, c’est TF1 qui présente la version la plus équilibrée.
« On revient sur la mobilisation hier contre la réforme des retraites et sur les incidents assez sérieux en fin de cortège à Paris, propose la présentatrice de BFMTV vendredi matin. Seize blessés parmi les forces de l’ordre, vingt du côté des manifestants. » Presque un match nul. « C’est la première fois depuis le début du mouvement que la question de la violence s’invite comme ça dans le débat. » Elle « s’invite » toute seule, vraiment ? Quant à la « première fois », on voit que le présentateur de BFMTV n’était pas dans le cortège du 5 décembre dernier, resté bloqué près de trois heures boulevard Magenta pendant que les forces de l’ordre nassaient la place de la République et l’inondaient de gaz, au point que l’impressionnant nuage de lacrymogènes atteignait deux fois la taille des immeubles.

« LFI demande la démission du préfet de police de Paris, Didier Lallement », rapporte le présentateur. « Ils veulent briser le mouvement social par le pourrissement et par la force, s’indigne le député Alexis Corbière. On n’a pas le droit d’utiliser des fonctionnaires de police pour frapper sur d’autres fonctionnaires. » Ni pour frapper sur quelque manifestant pacifique que ce soit, qu’il soit fonctionnaire ou pas.
La présentatrice fait appel à un témoin de première main. « Raphaël Maillochon, vous étiez hier au cœur du dispositif mobile du maintien de l’ordre. » C’est-à-dire embedded avec les policiers, comme à l’accoutumée. « Est-ce que vous avez constaté une violence supérieure de la part des manifestants et une réponse différente des forces de l’ordre ? » « Il n’y a pas eu de changement de doctrine de maintien de l’ordre… » D’où la survenue des habituelles violences. « … Ce qui a pu créer de la violence de la part des manifestants et de la violence légitime de la part des forces de l’ordre puisqu’elle est encadrée légalement. » Légitimes, les coups de matraque et le coup de pied (filmés par Marcel Aiphan) infligées à une paisible manifestante qui cherchait à ramasser son téléphone et qui a fini à l’hôpital ? Pour les dévoués propagandistes de BFMTV, toute violence policière est donc « légitime ».
Selon Raphaël Maillochon, la survenue de violences est due à la configuration du parcours de la manif. Au lieu de larges avenues et de vastes places, « hier, nous sommes passés dans des petites rues ». Pour le reporter, la rue de Chateaudun est une « petite rue », la place Saint-Augustin une mini-placette. « … Avec des policiers de la BRAV que j’ai suivis et qui étaient de chaque côté du trottoir avec les manifestants au milieu. » Le meilleur moyen de créer un climat serein et apaisé, l’extrême violence de ces unités de la Brigade de répression des actions violentes (récente résurrection des « voltigeurs ») ayant été maintes fois documentée, notamment par une enquête de Libération revenant sur leurs méfaits le 5 décembre dernier.