2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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mardi 22 janvier 2019

Le Chibani de Malakoff, immigré arrivé d’Algérie pour « reconstruire la France, n’est plus

Le Chibani de Malakoff n’est plus

Louis Moulin| 20 janvier 2019


Malakoff, rue de la Tour. L’artiste Vince, ami de Nadir Dendoune, a utilisé une photo de son père pour réaliser cette fresque géante. LP/Anthony Lieures.

Mohand Dendoune, qui a prêté ses traits à cette œuvre bien connue des habitués du périphérique, est décédé vendredi. Son fils, le journaliste Nadir Dendoune, lui avait rendu hommage dans un film et un livre.

Deux mains qui ajustent une cravate, une bouche qu’on devine prête à sourire surmontée d’une moustache et des yeux désormais à jamais clos. « Le Chibani », fresque de l’artiste Vince qui habille depuis 2016 un immeuble de Malakoff, est bien connu des automobilistes qui passent à hauteur de la porte de Châtillon, sur le périphérique. La voilà orpheline de son modèle : Mohand Dendoune, le vieil homme qui lui a prêté ses traits, s’est éteint vendredi matin au seuil de ses 91 ans.
« Avec cette fresque, mon père est éternel, souffle son fils, le réalisateur et écrivain Nadir Dendoune. Et à travers lui, c’est à tous les chibanis que l’on rend hommage, tous ces autres papas qui ont fait preuve de courage en quittant leur pays, des gens que l’on a très peu mis en avant… Cette fresque est pour eux tous, elle ne nous appartient plus. »

samedi 24 mars 2018

Nadir Dendoune : "L'histoire de ma mère est universelle"


CULTURE lundi 19 mars 2018
Nadir Dendoune a tourné un documentaire sur sa mère, Messaouda Dendoune, portrait bouleversant d’une femme qui a quitté son monde en Algérie pour suivre son mari en France sur les chemins de l’immigration. Une histoire qui met enfin en lumière ces femmes de l’ombre. Interview.

Le Bondy Blog : Comment est venue l’idée de faire un film sur votre mère ?

Nadir Dendoune : Après que mon papa, atteint d’Alzheimer, a été placé dans une maison médicalisée, j’ai senti que ma mère avait besoin de parler, de raconter toute son histoire. Cette histoire, elle est universelle : celle de toutes les femmes qui ont tout quitté pour suivre leur mari dans cette folle aventure qu’est l’immigration. Une parole rare.

Le Bondy Blog  Voyez-vous son témoignage comme un morceau d’histoire ?

Nadir Dendoune :  Ce n’était pas mon but premier. Mais c’est vrai qu’il y a très peu de documents qui parlent de l’histoire de l’immigration sous cet angle-là, celui, des femmes notamment. Souvent, on la traite par le prisme du travail et du labeur des hommes.

Le Bondy Blog  : Comment avez-vous vaincu la pudeur de votre mère ?
Nadir Dendoune : 
Je la filme depuis pas mal de temps avec mon téléphone. Sa parole me semblait intéressante. Quand je montrais les vidéos à mon entourage, on me disait “ta mère, elle me rappelle la mienne”. J’ai senti que son histoire parlerait à beaucoup de gens. Ce film ne m’appartient plus : il représente en quelque sorte toutes les familles d’immigrés.

Le Bondy Blog : En quoi son témoignage est important ?

Nadir Dendoune : Ma mère a quitté sa Kabylie natale dans les trente glorieuses pour rejoindre son mari en France. Elle ne sait ni lire, ni écrire. A l’ère d’internet, elle ne sait toujours pas se servir d’un ordinateur. Elle a élevé neuf mômes dans un pays qui lui était totalement étranger. Ce n’est pas rien. Je voulais lui rendre hommage.
 Une femme courageuse, née dans les montagnes, de celles qui dans l’histoire de l’immigration ont fait le plus dur. Pourtant, elle ne revendique rien et ne s’apitoie pas sur son sort. Quelle force de caractère ! Quand elle regarde des jeux à la télé, elle se lève à l’heure de la prière pour demander à Dieu la victoire pour les candidats. Des gens qu’elle ne connait pas !

Le Bondy Blog  : Vous dites que votre mère ne représente pas qu’elle-même. 
En France, on pense que passés 50 ans, une personne ne sert plus à rien.
Nadir Dendoune : Une absurdité. Nos personnes âgées sont importantes. Les Africains qui disent qu’un vieux qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle, l’ont mieux compris que quiconque. Il est nécessaire de montrer cette histoire française à ceux qui ne la connaissent pas.

Le Bondy Blog : Une histoire française, vraiment ?
Nadir Dendoune : Cette histoire est française évidemment. Quand on a passé 60 ans dans un pays, on est du pays !

Le Bondy Blog : Le réalisateur qui tourne un documentaire sur sa mère doit-il faire face à des difficultés particulières  ?
Nadir Dendoune :  
Ma mère ne se serait jamais livrée si cela n’avait pas été moi qui tenais la caméra. L’intime joue et il faut parfois faire abstraction de cela. Se dire que ce n’est pas ma mère que je filme, mais une personne âgée, qui n’a jamais eu la parole. Dans le documentaire, elle dit que les gens d’aujourd’hui sont trop pressés, qu’ils ne prennent jamais le temps. Elle a raison. C’est pour ça que je la filme sur de longs plans. J’ai pris mon temps.

Le Bondy Blog : Votre mère, on a l’impression que c’est un morceau de Kabylie qu’une vie passée en France n’a pas altéré.
Nadir Dendoune : Quand on naît pauvre, c’est pour la vie. Dans le film on la voit faire la vaisselle. Elle a l’eau courante depuis des lustres, mais elle utilise un petit bol pour faire toute sa vaisselle. Je dis souvent que ces femmes ont inventé l’écologie avant Nicolas Hulot.
 Mais c’est depuis la France que ma mère a pu voyager. Elle a vu l’Australie, la Martinique, l’Espagne…

Le Bondy Blog : Quelque chose a changé pour votre mère depuis ce film ?
Nadir Dendoune : 
Avant, quand elle croisait ses amis dans le quartier, c’était la mère de Nadir Dendoune. Aujourd’hui, c’est moi le fils de Messaouda !

Le Bondy Blog : Vous avez grimpé l’Everest en 2008. C’est votre marque de fabrique d’être là où on ne vous attend pas ?
Nadir Dendoune :  Oui. Je veux faire comprendre que nous sommes des gens normaux. En 1967, une femme a décidé de faire le Marathon de Boston, elle a été insultée et des hommes ont tout fait pour l’empêcher de courir. C’est bien qu’on nous voit dans la boxe, le spectacle, le foot mais on ne doit pas nous cantonner à cela. Je fais des films pour faire chier l’establishment et j’en ai marre qu’on raconte nos histoires à notre place ! Aujourd’hui, il y a toujours des journalistes qui débarquent en banlieue comme s’ils étaient au zoo. Nous sommes en 2018. Si je veux faire un film, je le fais. Ma mère a cru qu’elle avait fait le plus dur en venant en France. Comme tous ceux qui l’ont précédé dans l’histoire de l’immigration, elle  arrivait en milieu hostile sans qu’elle ait rien fait pour provoquer. Ma force, elle vient de tous ces gens-là.

Propos recueillis par Idir HOCINI
Crédit photo : Camille MILLERAND
“Des figues en avril”, de Nadir Dendoune, sortie en salles le 4 avril, sera présenté en avant-première mercredi 21 mars à 19h30 dans le cadre du CinéClub du Bondy Blog au cinéma Le Studio d’Aubervilliers.
La séance sera animée par la rédaction du Bondy Blog suivie d’un débat avec le réalisateur
Adresse : 2 rue Edouard Poisson à Aubervilliers. Tarif unique : 4 euros
Si vous souhaitez participer à notre campagne de financement et aider au développement d’un média qui parle au quotidien des banlieues, ça se passe ici ! 

mercredi 25 octobre 2017

À lire : Passionnants, les deux derniers livres de Nadir Dendoune



Par M-J F, Solidmar, 25/10/2017

La bibliothécaire de mon village  m’a dit : « Prends celui-là, tu aimes la montagne, il te plaira » et me tend « Un tocard sur le toit du monde ». J’ai d’abord cherché la signification exacte du mot tocard : « Cheval de course médiocre. Personne incapable. »



Bildergebnis für nadir dendouneIncapable, Nadir ? On ne retient pas longtemps cette définition lorsqu’on se plonge dans ce récit passionnant de l’incroyable ascension d’un banlieusard qui ne connaît rien à l’alpinisme et qui pourtant réalise l’exploit d’aller au sommet de l’Everest. Il s’acharne, apprend, et finalement il sera un des seuls de l’expédition à atteindre le toit du monde où il est pris en photo exhibant un cœur découpé dans du carton, où est écrit 93, le numéro du département de sa banlieue.


L’autre richesse de ce livre est le côté humain de Nadir, son amour débordant pour sa famille, en particulier pour sa mère, à qui il dédie cet exploit ; sa manière d’encaisser le mépris, voire le racisme des membres  de l’expédition,  des pros équipés dernier cri, alors que lui n’a pu se  procurer que le minimum d’équipement.

Un beau film a été tourné à partir de ce livre : « L’ascension».




« Je suis attaché à ma culture de pauvre. J’aime les gens modestes, les miens » écrit Nadir sur la 4ème de couverture de son dernier livre : « Nos rêves de pauvres ».

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Il y raconte son enfance avec ses sept sœurs et son frère, une adolescence remuante, mais un amour indéfectible pour ses  parents, présent tout le long des deux récits, la maladie de son père qui s’éloigne progressivement de la réalité.  Nadir décrit son attachement à sa cité Maurice Thorez, ses rencontres qui le transforment, son séjour en Australie qui l’émerveille. Il se mobilise pour la Palestine et ne peut admettre qu’un mur stupide sépare ceux qui s’aiment. Nejma son premier amour lui ouvre un monde passionnant à travers la lecture. « Le jour où j’ai commencé à lire, c’était à presque trente-trois ans. » Elle lui établit une longue liste de livres à lire. « Et en refermant le dernier livre de la liste, « La Vie devant soi »,  je réalisai soudain que, moi aussi, j’avais le droit d’écrire. ». Ce droit d’écrire le conduira dans une école de journalistes.

Il écrit alors plusieurs livres : Lettre ouverte à un fils d’immigré, Journal de guerre d’un pacifiste : Bouclier humain à Bagdad (préfacé par Stéphane Hessel), ses « chroniques du tocard » paraissent dans Le Courrier de l’Atlas.


Une amie psychologue lui propose de rencontrer des prisonniers aux Baumettes. Beau chapitre où il raconte cette rencontre : « Au fil des mots, la confiance s’est installée entre nous, les langues se sont déliées. Je pouvais sentir chez eux une sincérité débordante. Leurs paroles manifestaient des enfances douloureuses et leurs regards étaient la preuve qu’ils continuaient à souffrir des blessures de leur passé.

La prison est remplie d’accidentés de la vie. On les enferme au lieu de les soigner, et on les brise davantage. Ils ressortent encore plus en colère. »



Nadir a tourné récemment un film sur sa mère  "Des figues en avril". Un témoignage rare et poignant sur la condition des femmes immigrées.

mercredi 13 septembre 2017

22/23 septembre : 3ème Fête des Alp’ternatives à Gap, Hautes Alpes



Thème général
La presse : outil de domination ou acteur 
de la démocratie ?
Vendredi 22 septembre au Club à Gap (à confirmer)
20h30 L’ascension (film) puis rencontre avec Nadir Dendoune (auteur d' »Un tocard sur le toit du monde »et journaliste indépendant.)


Samedi 23 septembre à Rambaud
A.G. d’Ensemble/PACG 05 :
– 9h AG statutaire de l’association  (bilan d’activité, moral, financier, élection CA…)
– 10h30 débat « que faire face à cette nouvelle situation politique ? »
12h30 apéro-pique nique partagé !14h ouverture des stands et de la buvette.

14h30 : Zoom : Energie en coopérative dans le 05 !

15h : Débat : Quels médias alternatifs pour aujourd’hui et demain ? avec des journalistes de différents médias de la presse alternative régionale et nationale.

16h spectacle de magie pour petits et grands ! avec Djiwan.

16h30 : Zoom : témoignage autour de l’accueil des migrants dans le 05.

17h : Rencontre  : la liberté de la presse en France et dans le monde : Edwy Plenel, fondateur de médiapart.

images (15)19h : Zoom : Quand la grève surgit ! témoignage de salarié-e-s de la ville de Gap et de la polyclinique.

19h30 : stand cuisine africaine + glaces
21h Concert/Bal : HBNF (Haut Buëch Night Fever)

prix libre :
– tarif minimum conseillé : 5 euros (on sauve les meubles), 10€ (on équilibre) et 15€ (à l’an prochain !!! ).*
réservez dès à présent ici: 
https://www.helloasso.com/associations/alp-ternatives/evenements/3eme-fete-des-alp-ternatives
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Hier au musée national de l'immigration, Nadir Dendoune a projeté en avant-première son film "Des figues en avril". Il a tout simplement filmé sa mère, Messaouda Dendoune, née en 1936 en Kabylie, arrivée en France en 1958. 
 Un témoignage rare et poignant sur la condition des femmes immigrées, sur l'inguérissable blessure de l'exil, sur la vieillesse, aussi. À voir absolument.