2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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jeudi 13 février 2020

Maroc/ Sahara occidental. La répression se durcit contre les militants qui critiquent le roi, les institutions publiques et les représentants de l’État



Communiqué de presse
Durcissant la répression contre les voix pacifiques, les autorités marocaines ont lancé une nouvelle vague d’arrestations arbitraires et de poursuites judiciaires visant différentes personnes, notamment un journaliste, des rappeurs et des youtubeurs, la plupart étant pris pour cibles uniquement parce qu’ils ont critiqué le roi et de hauts fonctionnaires, a déclaré Amnesty International le 11 février 2020.
Elle a recensé les cas d’au moins 10 militants arrêtés illégalement, interrogés et condamnés à de lourdes peines depuis le mois de novembre. Quatre sont accusés d’« offense » ou d’« insulte » au roi ou à la monarchie, l’une des trois « lignes rouges » en matière de liberté d’expression au Maroc. Ces 10 personnes sont accusées d’« outrage » à des fonctionnaires ou des institutions publiques, infractions inscrites dans le Code pénal marocain.
« Pour les autorités marocaines, le concept de " lignes rouges " revient essentiellement à interdire toute critique de la monarchie et des institutions étatiques, et est employé avec un regain d’enthousiasme pour s’en prendre aux militants pacifiques et aux artistes. Des youtubeurs, des rappeurs et des journalistes sont désormais condamnés à de lourdes peines de prison au titre de lois répressives, a déclaré Heba Morayef, directrice du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International.
« Il est urgent que les autorités modifient le Code pénal du Maroc qui conserve un arsenal de dispositions criminalisant la liberté d’expression et est utilisé de manière illégale pour étouffer la dissidence dans le pays. »
Entre novembre 2019 et janvier 2020, neuf de ces 10 personnes et militants ont été condamnés à des peines d’emprisonnement comprises entre six mois et quatre ans.
Le 1er décembre, la police de Settat a arrêté le blogueur Mohamed Sekkaki, alias Moul El Kaskita, quelques jours après qu’il a diffusé sur YouTube une vidéo dans laquelle il critiquait le roi et la nouvelle taxe imposée aux utilisateurs de YouTube. Le tribunal de Settat l’a condamné à quatre ans de prison et à une amende de 40 000 dirhams marocains (environ 3 800 euros) en se fondant uniquement sur les dispositions du Code pénal relatives à l’« offense au roi » et à l’« outrage » envers des fonctionnaires. Son procès en appel a été fixé au 11 février.
Le 5 décembre, la police de Rabat a arrêté un influenceur présent sur YouTube, Omar Ben Boudouh, alias Moul El Hanout, pour outrage à des « fonctionnaires » et aux « institutions publiques » et « incitation à la haine ». Amnesty International a examiné le procès-verbal de son interrogatoire qui montre clairement qu’il a été interpellé pour des accusations fictives parce qu’il a exprimé ses opinions. Le 7 janvier, il a été condamné à trois ans de prison. Il a par la suite entamé une grève de la faim, qu’il poursuit à ce jour à la prison de Tifelt, où il est incarcéré.
Un autre influenceur et youtubeur, Youssef Moujahid, a été arrêté le 18 décembre et accusé d’« outrage » à des fonctionnaires et à des institutions publiques, et d’« incitation à la haine ». L’affaire concernant Youssef Moujahid a été intégrée à celle concernant Omar Ben Boudouh, car il publiait sur sa page Nhabek ya Maghribe des vidéos commentant les déclarations de ce dernier. Leur audience d’appel doit avoir lieu le 12 février.

Lire : www.amnesty.fr › presse › maroc-sahara-occidental-la-rpression-se-d...
Le 17 décembre, le tribunal de première instance de Meknès a condamné le lycéen Ayoub Mahfoud, âgé de 18 ans, à trois ans de prison et à une amende de 5 000 dirhams marocains (environ 475 euros) pour un post sur les réseaux sociaux. Il a été accusé d’« outrage » à des fonctionnaires et aux institutions publiques. Il a été remis en liberté provisoire le 16 janvier, dans l’attente de son audience en appel, qui doit avoir lieu le 30 mars.       
Un journaliste, Omar Radi, a été arrêté le 26 décembre pour un tweet qu’il avait publié dans lequel il critiquait le système judiciaire qui avait confirmé le verdict contre les contestataires du Hirak El Rif. Quelques jours après son arrestation, il a été remis en liberté provisoire, dans l’attente de la prochaine audience de son procès prévue le 5 mars.
Omar Radi a déclaré à Amnesty International que son entretien avec le media algérien Radio M, dans lequel il dénonçait ce qu’il qualifie d’expropriation de terres tribales par l’État, est la raison pour laquelle il a été interpellé à son retour d’Algérie.
Le 29 décembre, le rappeur Hamza Sabaar, alias STALiN, a été arrêté à Laayoune et condamné quelques jours plus tard à trois ans de prison pour un morceau de rap diffusé sur Youtube. Dans sa chanson, il dénonçait la détérioration de la situation socioéconomique dans le pays. Le 16 janvier, un tribunal a réduit sa peine à huit mois d’emprisonnement.
Le 24 décembre, les autorités de la ville de Tata ont arrêté le militant Rachid Sidi Baba. Le parquet l’a par la suite condamné à six mois de prison et à une amende de 5 000 dirhams marocains (environ 475 euros) pour avoir diffusé une vidéo sur YouTube, dans laquelle il disait sa frustration face à l’exploitation des terres par des investisseurs étrangers, sans que les populations locales ne bénéficient réellement de retombées positives. Le jugement dans cette affaire est attendu pour le 13 février.
Le 9 janvier, un tribunal de Khénifra a condamné Abdelali Bahmad, alias Ghassan Bouda, à deux ans de prison et à une amende de 10 000 dirhams marocains (environ 950 euros) pour « outrage » à la monarchie et à ses symboles. Le procureur a présenté à titre de preuves quatre publications postées par Ghassan Bouda sur Facebook. Selon son avocat, dans l’une de ces publications, il exprimait son soutien aux manifestations du mouvement Hirak El Rif.
« Les autorités marocaines doivent abandonner les poursuites et libérer toutes les personnes inculpées et condamnées uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. Elles doivent cesser de recourir à des dispositions archaïques du Code pénal pour criminaliser la liberté de parole, a déclaré Heba Morayef.
« Elles doivent réformer sans attendre le Code pénal afin de supprimer les articles qui sont utilisés pour étouffer la liberté d’expression. »

Complément d’information
Dans sa communication de mai 2017 pour l’Examen périodique universel (EPU), Amnesty International demandait aux autorités marocaines d’abroger ces dispositions, d’autant que le pays avait adopté un Code de la presse qui dépénalisait les infractions relatives à la liberté d’expression en 2016. Toutefois, dans le même temps, de nouvelles dispositions criminalisant l’« outrage » à l’islam ou à l’intégrité territoriale étaient réintroduites dans le Code pénal.
En octobre 2019, le Conseil national des droits de l'homme (CNDH) a présenté au Parlement une communication visant à modifier le Code pénal marocain, afin qu’il soit conforme aux principes de légitimité, de nécessité et de proportionnalité.

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mercredi 28 février 2018

Au Maroc, pas de place pour les journalistes indépendants



L’arrestation récente de plusieurs journalistes en lien avec les événements d’Al-Hoceima constitue la dernière illustration du dispositif serré de contrôle des médias mis en place par le pouvoir marocain. Celui-ci utilise selon les cas le boycott publicitaire, les campagnes calomnieuses ou le recours juridique dans un contexte où, malgré la récente réforme du Code de la presse présentée comme moderne, sont réintroduits dans le Code pénal les délits de presse.

Au Maroc, une génération de journalistes aguerris aux nouvelles technologies est pourtant en train de prendre la relève. En se libérant partiellement des contraintes économiques des entreprises de presse, ces micromédias relaient la parole populaire. Les journalistes essaiment surtout dans les régions, loin des grands centres urbains. Le hirak (mouvement) du Rif leur a donné l’occasion de s’illustrer. Pour faire face à l’omerta des médias audiovisuels publics et à la propagande menée par la presse proche du pouvoir, ce mouvement social a forgé ses propres outils de communication. Pariant sur la puissance des réseaux sociaux, des médias web régionaux ont couvert ce mouvement social depuis son lancement en octobre 2016. Le pouvoir est en train de sanctionner lourdement cet engagement. Actuellement, sept journalistes professionnels et journalistes-citoyens de la presse locale ou animant des pages d’information sur des réseaux sociaux ont été arrêtés en lien avec les événements dans la région d’Al-Hoceima : Mohammed Asrihi, Jawad Essabiri, Houcein El-Idrissi des sites d’information Rif24 et Rif Press, Abdelali Haddou de la web télévision Araghi TV, Rabii Lablaq correspondant de Badil. Ils sont poursuivis pour atteinte à la sécurité de l’État1. Leur démarche s’inscrit ainsi dans les pas des journalistes indépendants qui les ont précédés, tels que Ali Anouzla.

Une prétendue exception marocaine

Ali Anouzla est un journaliste marocain en liberté provisoire. Le directeur du site web Lakome est poursuivi depuis trois ans dans le cadre de la loi antiterroriste pour une affaire remontant à septembre 2013. Son procès n’a jamais commencé2. En août 2015 et malgré une situation juridique pesante, Anouzla décide de relancer son influent média. Sa ténacité contraste avec un paysage médiatique discipliné. « Vassalisées par le truchement d’éditeurs/journalistes, de subventions et autres en amont, les entreprises de presse sont sous le contrôle du pouvoir », décrit Ahmed Hiddas, professeur à l’Institut supérieur d’information et de communication (ISIC) de Rabat3.
Les autorités brandissent quant à elles l’élément de langage récurrent sur « l’exception marocaine » dans une région hostile aux médias. « Aucun journaliste n’a été emprisonné pour ses écrits depuis 2013 », martèle le gouvernement. Ce n’était pas faux jusqu’à récemment, mais cette situation n’était pas le résultat d’un élargissement des espaces de liberté d’expression. Au contraire, à partir de 2010, l’État a utilisé de nombreux moyens pour clore la parenthèse de la presse indépendante. 

Lire l'article : https://orientxxi.info/fr/auteur/salaheddine-lemaizi