2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

Affichage des articles dont le libellé est Salah Elayoubi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Salah Elayoubi. Afficher tous les articles

samedi 22 août 2020

Maroc: tout sécuritaire, zéro sanitaire ! par salahelayoubi ​


Maroc : pour qui sonne le glas ? – Le blog de Salah Elayoubi

salahelayoubi.wordpress.com › 2014/08/18 › maroc-po

Nouvel article sur Le blog de Salah Elayoubi

 


Mohammed VI fait aujourd’hui les frais de la vanité dont il a fait preuve depuis son accession au trône. Tous les traitements apportés par le Palais et son cabinet de l’ombre, aux affaires du pays se sont révélés calamiteux. Ainsi se paie la confiscation des pouvoirs et leur accaparement par une poignée d’individus avec l’assistance et le secours de services de renseignements étrangers hostiles aux intérêts du peuple. Tous les ingrédients qui font les grandes mafias, entre despotisme, confiscation des pouvoirs, enrichissement illégal, captation des richesses, blanchissement de biens mal acquis, enlèvements, séquestrations, bastonnades, assassinats se trouvent ainsi réunis. Le traitement qui a été fait de la pandémie du Coronavirus constitue le plus grand révélateur de cette nature profonde du pouvoir marocain.

Aux premières heures du déclenchement de la pandémie, le palais s’était accaparé l’initiative, au détriment d’un gouvernement visiblement ignorant des effets mortifères du virus. On se souvient des interventions du Chef du gouvernement, pourtant médecin,  et dont les déclarations faisaient état de l’inoffensivité du virus, le comparant à une simple grippe ou encore de l’inefficacité des masques. Alors que El Othmani, flanqué de « son » ministre de la santé publique se fendait de déclarations qui allaient secouer de rires la toile et lui attirer une pluie de quolibets des internautes, le roi, assisté d’un cabinet restreint, faisait donner les blindés, la force publique et ses supplétifs. Ainsi, en même temps qu’on frappait les esprits et qu’on  battait parfois, face caméra, les récalcitrants au confinement, le régime faisait son battage publicitaire histoire de vendre au reste du monde,  le modèle marocain du traitement de la pandémie: tout sécuritaire, en oubliant le sanitaire. Les chaînes de télévision passaient soigneusement au crible leurs propres images,  n’en diffusant que les plus aseptisées d’entre elles, celles de rues propres, vidées de leurs citoyens, d’escouades disciplinées des forces de l’ordre et celles de transports de troupes flambant neufs d’où les soldats avaient mystérieusement disparu. Les producteurs avaient, en effet,  veillé à escamoter les images de soldats en battle-dress, armés de pied en cap qui auraient pu réveiller de douloureux souvenirs dans l’inconscient collectif des marocains et plus particulièrement des casablancais qui souffrirent en 1965 du quadrillage militaire de leurs quartiers et les tueries qui s’y déroulèrent.

Francis Bacon philosophe disait du mensonge: « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ». D’avoir si bien travesti la réalité marocaine, il semble en être resté ce quelque chose que des médias internationaux instrumentés ou pas et certains politiciens étrangers, s’emparèrent pour tresser des lauriers au Maroc. 

Mais tout comme le diable, la vérité est ailleurs. Elle ne se trouve ni dans les images du cabinet resserré autour du roi,  distillées par les médias aux ordres, ni dans les déclarations saugrenues du Chef du gouvernement, ni dans les satisfecit assumés par les chaines nationales d’information ni dans les promesses, à grand renfort de publicité mensongère, des aides spéciales Covid et encore moins dans tout ce qui a été entrepris  aux premières heures. 

La réalité se cache dans les détails des lois de finances successives confectionnées par des fonctionnaires dociles puis votées par des parlementaires domestiquées. Un processus qui perpétue d’année en année, la prédominance de l’administration du Palais et le bien-être du roi, de sa famille et sa cour, sur toute autre considération, si bien que tout se fait au détriment de secteurs clés comme l’éducation et la santé et, in fine, du bien-être du peuple marocain. 

Trois chiffres illustrent ce sinistre tableau : en 2019, le budget de la santé publique était de un milliard six cent millions (1.600.000.000) d’Euros. Celui du ministère de l'intérieur de deux milliards six cent millions (2.600.000.000) d'Euros, pour une population de quarante millions (40.000.000) d'habitants. Celui du Palais royal, dépassait les deux cent trente millions (230.000.000), pour une poignée d'individus.   

La vérité se cache ailleurs disais-je. Elle n’est ni dans le décorum architecturé par les médias officiels, ni sous les lambris des ministères,  ni dans la rhétorique éculée du plus beau pays du monde. Elle est dans ces innombrables vidéos dans lesquels s’expriment médecins, soignants, aides-soignants, rescapés de la tragédie ou simples citoyens qui sentirent le vent du boulet les frôler. Tous racontent la même histoire d’hôpital dont les urgences prévues pour une dizaine de lits accueillent une quarantaine de patients, abandonnés à leur sort, dans la crasse, sans prise en charge, sans soins, sans nourriture, dormant à même le sol sur une couche improvisée. D’autres que l’administration a refusé d’accueillir, préfèrent camper comme dans les jardins de l’hôpital Ibn Zohr,  dans l’espoir fou qu’on viendrait, un jour, les y chercher pour leur sauver la vie.  Un hôpital surnommé par dérision « Mamounia », du nom de ce palace de Marrakech,  dans lequel le régime a pris le pli de loger ses laudateurs cosmopolites, en récompense de leurs bons et loyaux services envers son image à l’étranger.

Il y a quelques mois,  Mohammed VI reconnaissait clairement  l’échec du modèle de développement dont il est le porteur et le principal responsable. Pourtant les militants du Hirak qui en firent état avant lui furent crucifiés. Le roi vient d’en faire de même, dans son dernier discours, à propos de son traitement de la pandémie. L’homme ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Mais loin de battre sa coulpe, comme de coutume, et comme il sied aux locataires du Méchouar, il s’est montré menaçant, se défaussant de toute responsabilité et  semblant chercher des coupables ailleurs que dans son giron.

On dit des régimes indignes qu’ils génèrent une courtisanerie opportuniste et sans conscience. Donnant, donnant. Mais lorsqu’ils s’en prennent à leurs contradicteurs,  journalistes, activistes, lanceurs d’alertes ou simples citoyens, ils préparent la ruine de la société et leur prochaine disparition. Le Maroc n’a jamais autant semblé aux portes de cet abîme-là.


Ce site gratuit est financé par la publicité. En savoir plus



mercredi 1 juillet 2020

Le temps des bourricots par salahelayoubi


Le temps des bourricots

par salahelayoubi
C’est le temps des grandes  manœuvres. L’heure est à la  mystification et aux manipulations  des deux côtés de la frontière maroco-algérienne ou algéro-marocaine.  C’est selon. Je n’ai aucune préférence. Pour moi qui n’ait pour seule patrie que la Liberté et l’Amour de mon prochain, je  m’en contrefiche souverainement et pour tout vous dire, républicainement.  Le Makhzen honni et le FLN pourri ne sont que les deux mamelles d’un même despotisme et les deux faces d’une même pièce saligaude qu’on nous sert depuis des décennies. Il n’y a que les atours qui changent: A l’est, médailles en toc, casquette à visière,  front bas et gros bides.
A l’ouest, toujours gros bide, front de primate,  jellaba et babouches. Sans oublier les paillettes qui vont avec, histoire de faire oublier la crasse qui squatte le cerveau.
Ce préambule pour vous dire que ça cogite ferme dans le bulbe de nos « amis » pour camoufler leurs méfaits et exorciser ou faire oublier ce qui-va-leur-arriver-tôt-ou-tard. Les deux frères ennemis, comme ils disent,  font semblant de se tirer les cheveux qu’ils ont bien crépus,  comme l’alfa. Ils font mine de s’étriper avec des lames en toc, de se regarder, en chien de faïence,  par-dessus les murs, les barbelés et les fossés,  mais se font risettes, mamours et  papouilles bien baveuses en se donnant du khouya par en-dessous.

A Rabat,  on ne drague plus tellement les bouseux du Golfe, depuis qu’on s’est retiré, la queue basse et peu fier  de la boucherie du Yémen, les mains et la jellaba ensanglantées. Et comme la nature a horreur du vide, on  entreprend assidûment l’Oncle Sam, des fois qu’il prendrait au locataire de la Maison Blanche, l’envie de dégommer l’Alaoui de service. On baratine sérieusement le yankee. On s’y efforce, on s’applique, tout comme la ménagère qui enfile soigneusement son fil dans le chat de l’aiguille, en tirant la langue. On ratisse large, à plus savoir quoi donner, à l’homme à la mèche jaune et rebelle, en échange d’une caresse  sur le museau.  Alors on lui commande des «Tu-tues», blindés et d’autres qui volent, vous savez les « couptires » qu’on paiera inchallah, à crédit. On lui  fourgue  même quelques arpents de terre caillouteuse pour une base militaire.
Avant, mais ça c’était avant, on missionnait  des prostipéripatétiputes dès lors qu’on manquait d’artiche, d’oseille, d’avoine pour payer ses fonctionnaires ou encore dès qu’il y avait du grabuge ou de la friture sur la ligne. Elles  allaient soulager les braguettes de vieux gras-du-bides,  du côté de « Coït-city » ou encore d’«Abu Dabe». Des fossiles dont popol refuse obstinément de faire, ne serait-ce qu’un bref coucou aux demoiselles de déshonneur. On avait même organisé, un temps, des ponts aériens et des centaines d’hectares gratos,  pour que ces vieillards indignes au bouc et à la tignasse passés au cirage noir et aux sandales crasseuses, pointure 56,  puissent venir cuisser impunément et à domicile, puceaux et pucelles, moyennant pétrodollars.
Tout ça ramenait bien évidemment du flouss au bercail et faisait un chouya baisser la tension entre les capitales. Mais depuis, les tagines aux pruneaux et la chatte brune ne font plus recette. Avec la chute du mur, les puterelles platines, épis de blé ou rouquines et les putaires au regard bleu azur ou vert émeraude, ont définitivement supplanté les brunes arbies, au grand bonheur des chèques en blanc et en turban. Du coup, les bouseux ont troqué le couscous contre le goulash et échangé la cupidité et l’opportunisme maghrébins contre la vénalité et la con-cul-pisse-anse slaves. Ce faisant, ils s’épargnent désormais, les redoutables gri-gris et escobarderies enseignées dans les écoles du Makhzen et même dans les familles où toute morale a disparu et où l’argent a tout remplacé même l’honneur. Finies, les marocouenneries, les maroconneries et autres « Qoualebs », les suppositoires, ainsi nommés parce que tu ne les sens que lorsqu’on te les a glissés profond.

A Alger, ce n’est guère mieux. « L’gaz » et « l’pitrole » comme ils disent là-bas, ne valent plus lourd. Alors on se dit qu’on est mal barrés avec tous ces Hiraks qui attendent derrière la lourde, le déconfinement,  pour revenir à la charge et exiger leur quote-part de drahems, de travail, de santé, d’écoles, d’universités et tout et tout  et qui ne rêvent que d’en découdre avec la hogra. Tout comme chez l’autre bghal, le bourricot à gauche, en descendant l’escalier.
Tiens ? Mais bon sang mais c’est bien sûr ! C’est le même Hirak, les mêmes têtes, les mêmes garçons et filles. Les mêmes peuples magnifiques, assoiffés de liberté, de dignité, de justice, d’amour et de tout ce qui fait l’humain bordel ! Mêmes revendications, mêmes désespoirs et mêmes méthodes raffinées de le faire savoir et de manifester. Sans heurts, sans haine et sans violence. En face, dans le camp qui a bu la honte jusqu’à la lie et avalé le calice,   on déploie les mêmes méthodes que le bourricot d’à-côté. Même pourriture, bac moins quinze. Mêmes milices, mêmes voyous ratés. Et des casques, des visières, des boucliers, des armes, des protège-couilles, des gare-tibias, des lacrymos des balles.  «caouatchou», par milliers.
Des deux côtés de “la frontière qu’un esprit lumineux  a surnommé  “ les « zouj bghals »,  les deux bourricots”, on   fourbit ses armes et on prépare un déconfinement façon harissa et moutarde forte. D’ici qu’on nous concocte une escarmouche pour faire oublier que d’un côté de la frontière comme de l’autre, tout n’est plus que honte et disgrâce et que l’heure est aux voleurs et aux grands criminels.
Il est venu le temps des bourricots et des ânes. Mais comme un clin d’œil complice aux deux pauvres peuples, l’histoire a choisi pour régner au Palais El Mouradia un locdu dont le seul nom est une insulte et comme locataire des Sablons, celui dont le seul titre est une offense à l’Islam.

Ce site gratuit est financé par la publicité. En savoir plus
salahelayoubi | 28 juin 2020 à 2:32 | Catégories : Uncategorized | URL : https://wp.me/p1Qm0m-CW
   Voir tous les commentaires
Commentaire

Nouvel article sur Le blog de Salah Elayoubi

lundi 24 juin 2019

Les tyrannies changent, les tyrans demeurent !




Le blog de Salah Elayoubi, 23/6/2019


Il y a une gradation dans l’horreur de la répression pratiquée par les dictateurs à l’endroit de leurs compatriotes ou des peuples qu’ils dominent. Elle est tributaire de l’époque dans laquelle elle se produit. Elle est également proportionnelle à la paranoïa et la schizophrénie du tyran qui l’exerce.
Mussolini avait imaginé un supplice diabolique et terriblement efficace dans un pays oû l’honneur et la dignité sont parfois placés au-dessus de tout. Il ordonnait de menotter ses dissidents à un poteau avant de  leur faire boire de force un breuvage composé essentiellement d’huile de ricin. Puis on conviait le public à venir contempler le spectacle, odeur pestilentielle et mouches garantis. La plupart de ceux qui subirent ce traitement avilissant ne demandèrent pas leur reste.
Hitler et son administration de la mort ne s’embarrassait pas de préjugés. Il donnait la mort de masse au moyen de fusillades collectives, de chambres à gaz ou de camps d’extermination.
Staline, quant à lui, avait recours au goulag ou à la balle dans la nuque. Cinquante millions de ses compatriotes y ont goûté.
Le Shah d’Iran et sa tristement célèbre Savak,  plongeaient les opposants dans d’énormes marmites d’huile bouillante en entamant le cérémonial par les pieds, les mains attachées et le corps suspendu au-dessus de la friteuse improvisée. Les opposants finissaient par avouer tout et son contraire avant de finir ébouillantés.
Les tyrans contemporains nourrissent une grande nostalgie pour cette période « bénie » où parfois un homme seul pouvait décider de la mort de dizaines de milliers d’autres. Les temps ont changé, et les dictateurs ont réduit leurs prétentions sur la vie de leurs contradicteurs. Ils tirent encore parfois sur la foule quand la bastonner ne la contraint plus. Et les ignominies ont évolué. On fait à présent appel aux tribunaux où siègent des “juges téléphoniques” entendez par là qu’ils reçoivent des instructions venues d’en haut:
-”Celui-là, tu me le soignes ! Tu lui donnes une bonne leçon”
– “L’autre, tu l’envoies au frais pour…..on va dire dix ans, selon ton humeur ! C’est toi qui voit et c’est selon !”.
On détruit les familles en ruinant le père, en le privant de son gagne-pain, en le harcelant au travail. Bien plus sordide: on s’en prend aux familles des détenus en expédiant ces derniers à l’autre bout du pays, car on n’ignore pas que l’argent viendra à manquer et les visites se raréfier.
Toute cette tirade pour vous dire que la tyrannie continue d’avoir lieu sous nos yeux et que nous l’alimentons par notre silence comme nous alimenterions un feu qui pourrait, un jour ou l’autre, nous consumer !
Publicités
Report this ad

lundi 2 juillet 2018

Maroc : Cette injustice qui brise les consciences et fait se consumer les cœurs


Nouvel article sur Le blog de Salah Elayoubi

Maroc : Cette injustice qui brise les consciences et fait se consumer les cœurs

par salahelayoubi
Courdappel Pour accéder aux salles d’audience de la Cour d’appel de Casablanca, il faut en passer par un escalier monumental de vingt-sept marches. Interminables. Réplique absurde et misérable d’une  architecture coloniale qui se voulait grandiloquente, brandie en guise d’épée de Damoclès, afin de mieux frapper l’esprit des indigènes et impressionner les éventuels contradicteurs d’entre eux. Le colonisateur parti, les réflexes sont restés. Le Makhzen  se les est naturellement appropriés, pour mieux terroriser le petit peuple.
Dans cet escalier de dix mètres de large, il n’y a pas un seul  garde-corps, pas une seule rambarde ou filière pour ceux qui seraient à la peine, les vieillards, les impotents et autres handicapés. Point d’escalator ni d’ascenseur non plus. Il en va ainsi de la vie au Maroc. Point de salut ni de soutien aux plus faibles.
Et les deux paliers intermédiaires n’y feront rien,  ceux qui empruntent cette interminable montée sont condamnés à la subir, comme première étape d’un long calvaire qui leur fera boire le calice de l’injustice jusqu’à la lie. Car n’allez surtout pas, l’espace d’un instant, imaginer ceux qui détiennent les leviers du pouvoir et de l’argent,  fouler ces marches. Ceux-là en seront quittes pour un simple appel téléphonique. La punition est exclusivement  réservée  aux pauvres parmi les pauvres, aux sans-voix et aux sans-grades. Des justiciables comme ils disent et qui n’ignorent rien de ce qui les guette,  au bout de cette interminable escalade: un supplice ourdi par une justice aux ordres qui intime le silence,  brise les consciences et fait se consumer les cœurs des familles et des bien-aimés.

vendredi 19 janvier 2018

La répression de la révolte du Rif a fait perdre au Maroc toute crédibilité

Sur la pancarte : “Non à la militarisation du Rif”, lors d’un rassemblement de protestation, le 13 janvier 2018, à Rabat. PHOTO / YOUSSEF BOUDLAL / REUTERS.
Il restera de l’année 2017 le souvenir d’une année noire pour le Maroc en général. Et pour le Rif en particulier [le 28 octobre 2016, le pêcheur Mohcine Fikri meurt broyé dans une benne à ordures dans la ville d’Al-Hoceima. Une tragédie à l’origine d’un mouvement de contestation, le Hirak, portant des revendications économiques et sociales].
Nasser Zefzafi [figure emblématique du Hirak, détenu depuis le 29 mai 2017] et ses compagnons avaient, en effet, osé l’impensable, interpeller directement le roi sur l’ostracisme que la région subit depuis toujours de la part de l’administration centrale, quand d’autres, au fond du désespoir, adressent des vivats insupportables au premier de leurs tourmenteurs !

La détresse du peuple marocain

Étrangement, en cette année de disgrâce, lorsqu’il s’est agi d’opprimer, il ne fut plus question d’isolement, ni d’enclavement, ni de manque de moyens, le Makhzen [l’appareil étatique marocain] trouvant alors les ressources techniques et humaines afin de mettre le Rif à un jet de grenade lacrymogène de Rabat. On a même pu apprécier la dextérité avec laquelle les forces de l’ordre manipulaient les nouveaux équipements, comme les drones, afin d’espionner les manifestants ou coordonner leurs attaques contre eux.
Face à des manifestants pacifiques qualifiés par le régime d’émeutiers ou de séparatistes, le pouvoir marocain a déployé ses meilleurs moyens répressifs : gendarmerie, police antiémeutes, forces auxiliaires, sans oublier policiers en civil et supplétifs du désordre, les jeunesses royalistes. Ces derniers instrumentalisés comme voyous et casseurs avaient pour but de donner du crédit à la répression sauvage qui s’est alors abattue sur les véritables patriotes, manifestant la détresse du peuple marocain, face à la misère et au dénuement.

Il restera de cette année 2017 le souvenir d’une poignée de militants rifains courageux, dont on a voulu taire le discours intelligent et bien construit. Si bien construit que le régime marocain y a lu la résurgence d’un nationalisme rifain, imaginaire ou réel, qu’il croyait avoir enterré à tout jamais, avec des décennies d’une éducation abrutissante, de médias et d’imams aux ordres du Makhzen. Ce serait oublier que ceux du Rif, à qui on tournait le dos, avaient fini par regarder ailleurs pour y chercher les sources d’inspiration et d’espérance. Ils avaient simplement trouvé dans la tragédie qui les accablait les ressorts de leur survie physique autant qu’intellectuelle. La parenté exilée en Europe et en Amérique, le surgissement de la parabole avec ses chaînes satellitaires, puis l’arrivée d’Internet, sans oublier le système D rifain, ont largement contribué à leur salut.

Un régime qui s’enfonce dans l’ignominie

Autant le dire, le régime marocain a perdu la guerre du Rif en 2017, parce qu’il y a laissé toute crédibilité. Dans plusieurs quartiers d’Al-Hoceima, d’Imzouren, de Tamassint, les populations ont tourné en bourrique des policiers-voyous. Tantôt coupant à travers champs pour rejoindre les manifestations, tantôt abandonnant la rue pour se réfugier en terrasses pour y conspuer les forces de l’ordre, contraintes, par dépit ou par vocation, de s’en prendre aux biens privés, faute de pouvoir casser du manifestant. Tantôt en entonnant des slogans et des concerts de casseroles dans la pénombre totale. Tantôt en affamant les policiers par des grèves générales, rideaux baissés.

dimanche 7 janvier 2018

La monarchie marocaine, ce vecteur de la contamination de la triche, de l’escroquerie et de la corruption



Nouvel article sur Le blog de Salah Elayoubi

6/1/2018
On s’interroge bien souvent sur les raisons qui font de notre pays, l’antre de la triche, de l’escroquerie et de la corruption. Des comportements indignes qu’on observe bien évidemment dans tous les pays du monde et qui trouvent leur origine dans la nature même de l’être humain, lorsqu’il cède aux sirènes de la cupidité et de l’argent facile.  Mais au Maroc, le  phénomène s’est fait  pandémie. Rien, ni personne  n’y échappe plus ; ni écoles, ni universités, ni hôpitaux, ni administrations, ni politiques…….
Aux origines du fléau, la méthode Hassan II
Hassan II jouant du tambourinPour comprendre une grande part du phénomène, il faut remonter aux années soixante-dix, en ce fameux jour de l’été 1972, lorsque après avoir échappé au second coup d’Etat, Hassan II réunit ses officiers, pour leur conseiller « de faire de l’argent, pas de la politique ». L’homme ne se doutait pas que ce qui relevait jusqu’alors de l’épiphénomène de la corruption et de l’artisanat de la fraude, allait se transformer en épidémie. Et pour mieux s’assurer de la docilité des plus timorés et/ou  des moins affairistes de ses collaborateurs qu’ils furent proches ou lointains, le dictateur les « soumit » par la rente. « On ne refuse pas un cadeau de Sa Majesté ! » avait l’habitude de prévenir l’entourage royal. Une menace à peine voilée pour ceux qui étaient plutôt tentés d’écarter le piège de la corruption.
Dans un livre collectif  intitulé « Transmettre », Céline AlvarezChrisophe AndréCatherine GuéguenMatthieu RicardFrédéric LenoirIlios KotsouCaroline Lesire, expliquent les mécanismes de la transmission. Celle-ci étant au cœur même de la condition humaine, elle  se fait par un lien; du parent vers l’enfant, de l’enseignant vers l’élève……... Les auteurs parlent alors d’une transmission  verticale, mais  évoquent également une transmission horizontale.
Au micro de Mathieu Vidard, de France Inter, Ilios Kotsou, l’un des co-auteurs, s’appuyant sur des études scientifiques, cite l’exemple de l’élève qui,  en voyant un autre tricher, augmente considérablement ses chances de se transformer, à son tour,  en tricheur. Le premier producteur de la délinquance, poursuit l’auteur,  est le niveau de délinquance de l’entourage. Il appelle cela la « transmission négative », une sorte de contamination.
Plutôt l’opportunisme, que le Patriotisme, plutôt la rente que la Musique
Ainsi,  l’on entend un peu mieux que lorsque la plus haute autorité du pays,  donne en 1972, le signal de la curée, il faut évidemment s’attendre au pire, doublé d’une totale impunité. Particulièrement lorsque l’on sait que le défunt despote ne s’est pas arrêté aux militaires. Il en a fait de même avec les politiciens, encourageant leur vénalité et leurs appétits les plus sombres, au détriment du patriotisme le plus élémentaire. Exilé à Paris, Driss Basri a si bien narré  la méthode Hassan II,  le 7 mars 2005,  dans l’interview intitulée « L’exil et le Royaume »,  qu’il avait alors accordée à François Soudan,  de Jeune Afrique.  Le Vizir déchu y expliquait  comment il avait reçu une ferme de deux-cent vingt (220) hectares,  à six kilomètres de Mohammedia, au lieu-dit « La Gazelle », des mains mêmes d’Hassan II,  avant qu’une fois dépouillé de tous ses titres, puis déboulonné par Mohammed VI,  il vit son eau potable coupée et la facture réclamée par les services concernés.
https://salahelayoubi.wordpress.com/2018/01/06/la-monarchie-marocaine-ce-vecteur-de-la-contamination/

jeudi 22 juin 2017

Pas un jour sans que le Makhzen ne tabasse des manifestants pacifiques, et autres coups de gueule de Salah Elayoubi

Il ne se passe pas un jour sans que le Makhzen ne tabasse des manifestants pacifiques et n'en interpelle certains, avant de les inculper de charges imaginaires. Parmi ces charges, celles de coups et blessures sur un représentant de la loi dans l'exercice de ses fonctions. Quand on sait que les manifestants agissent pacifiquement, les mains vides et quand on voit l'équipement des policiers, casqués, bottés et armés de boucliers, de guêtres, de brodequins, de matraques, de gaz lacrymogènes, on ne peut s'empêcher de penser à des accusations montées de toutes pièces. Qui s'en étonnera, au vu des agissements de ce régime indigne ?!

*****


J'ai regardé cette vidéo de ce marchand ambulant dont on a jeté et piétiné les quelques cageots de poisson frais ! Personne parmi nos irresponsables au gouvernement ou ailleurs n'oserait donner des instructions afin que soient arraisonnés et détruits les chalutiers de tous ces généraux qui pillent nos réserves halieutiques à longueur d'année pour les transformer en devises déposées dans les paradis fiscaux ?!

*****


Cette fois le Makhzen a définitivement perdu la tête. Ses sbires ont investi des mosquées à Nador pour en extirper de force d'honnêtes citoyens qui s'y recueillaient ou y méditaient ! Il n'y a que le colonialisme qui avait osé pareille ignominie !

*****

 La police marocaine procéderait systématiquement à des prélèvements de l'ADN des militants rifains sans préavis du parquet. Connaissant les méthodes mafieuses du régime marocain, on peut imaginer le pire qui pourrait être fait de ces échantillons, comme la fabrication de fausses preuves dans des affaires de terrorisme, de grand banditisme ou de trafic de drogue !
*****

Le Ministère de l'intérieur a demandé au gouvernement de retirer à l'Association Marocaine des Droits de l'Homme (AMDH) la qualité d'association d'utilité publique. Voilà l'Intérieur rattrapé par ses vieux démons de ministère de souveraineté.
Ceux qui nous bassinaient à propos de démocratisation et de la prétendue volonté du régime d'apaiser la situation, comme Macron en seront pour leurs frais !