Lettre ouverte au ministre de l'Intérieur
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15:39 (il y a 2 heures)
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Lettre ouverte de plusieurs associations, dont la LDH, au ministre de l'Intérieur,
M. Castaner
Paris, le 26 juin 2019
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Monsieur le ministre,
Des
hommes et des femmes s’automutilent ou tentent de se suicider dans les
centres de rétention administrative (CRA). Au cours de ces quinze
derniers mois, deux hommes se sont donné la mort dans ces lieux où
l’administration enferme des personnes pour les expulser du territoire
français. D’autres se révoltent ou expriment leur désespoir à travers
des lettres publiques, des grèves de la faim, des émeutes ou des
tentatives d’incendie. Ces actes qui se multiplient à une fréquence
inédite sont le résultat d’une politique inacceptable qui a conduit à
une situation extrêmement alarmante.
Le
gouvernement fait le choix d’utiliser l’enfermement en rétention comme
outil d’une politique d’expulsion, banalisant la privation de liberté
des personnes étrangères à travers des instructions aux préfet·e·s qui
viennent aggraver celles de vos prédécesseurs. La disproportion des moyens utilisés au service de cette politique de plus en plus carcérale est inédite.
Le
nombre de places en rétention a ainsi augmenté de 25 % depuis début
2018 (+ 480 places) et vous prévoyez la construction de nouveaux CRA. Un
tel développement de l’enfermement administratif ne s’était pas produit
depuis la politique sécuritaire mise en œuvre par Nicolas Sarkozy il y a
plus d’une décennie.
La
dernière loi Asile et Immigration de septembre 2018 a doublé la durée
maximale de rétention et permet désormais d’enfermer toutes les
personnes visées durant trois mois, ce qu’aucun gouvernement français
n’avait jamais jusqu’à lors proposé. Or, les statistiques sont formelles
: enfermer plus longtemps ne permet pas d’expulser plus. En revanche,
être privé·e de liberté derrière des barbelés pendant 90 jours, c’est
subir une machine à enfermer qui brise des vies, dans un environnement
carcéral oppressant. Des enfants sont traumatisés par cette expérience,
des personnes perdent leur emploi ou leur logement, des familles sont
séparées, des malades voient leur prise en charge sanitaire interrompue
ou amoindrie. | |||





