2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

Affichage des articles dont le libellé est Donald Trump. Afficher tous les articles
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mercredi 20 novembre 2024

Le retour de Donald Trump, un atout pour le Maroc*

Le président élu des Etats-Unis pourrait notamment mener à terme son projet, laissé inachevé il y a quatre ans, d'ouvrir un consulat américain à Dakhla, une ville du Sahara occidental. Un territoire revendiqué depuis des décennies par le royaume.

Marianne Bliman, Les Échos, 16/11/2024

Certains pays redoutent le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, d'autres pas. C'est le cas d'Israël, dont les dirigeants de droite et extrême droite ont salué avec un enthousiasme non feint les premières nominations annoncées par le président élu, parmi lesquelles celle de Mike Huckabee, ancien gouverneur de l'Arkansas et prochain ambassadeur des Etats-Unis à Jérusalem. C'est aussi le cas du Maroc.

En décembre 2020, à la fin de sa première présidence, Donald Trump avait annoncé sur Twitter avoir « signé une proclamation reconnaissant la souveraineté marocaine » sur le Sahara occidental - un territoire dont le statut postcolonial n'est pas réglé, le Maroc en contrôlant plus de 80 % à l'Ouest (et revendiquant ainsi sa « marocanité »), et le mouvement du Front Polisario soutenu par l'Algérie moins de 20 % à l'Est. Le roi Mohammed VI s'était alors empressé de remercier chaleureusement l'Américain, marquant sa « profonde gratitude » pour une prise de position qu'il n'avait alors pas hésité à qualifier d'« historique ».

Consulat à Dakhla, investissements

Même tonalité cette année. Donald Trump à peine réélu, Mohammed VI lui a exprimé toutes ses félicitations. « Les Marocains sont à la fête avec le retour de Donald Trump » aux affaires, juge Antoine Basbous, directeur de l'Observatoire des pays arabes. Ainsi peuvent-ils espérer, enfin, l'ouverture d'un consulat américain à Dakhla. Juste avant l'arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, l'ambassadeur des Etats-Unis s'était rendu dans cette ville du Sahara occidental - une première pour un diplomate américain de ce rang - pour lancer officiellement le processus. Mais l'administration Biden a laissé en l'état le dossier.

 A l'époque, Donald Trump avait également promis jusqu'à 3 milliards de dollars d'investissements - dont une large part aurait été réservée aux banques, hôtels et secteur des énergies renouvelables marocains. Après quatre ans d'inaction en la matière sous la présidence Biden, Rabat espère également qu'ils deviendront bientôt réalité.

Le sujet du Sahara occidental est central pour les autorités marocaines. « Il conditionne tout », souligne Antoine Basbous. Si Donald Trump va au bout de ce qu'il avait engagé lors de premier mandat, les Marocains « seront redevables d'une grande dette à son égard », anticipe-t-il. « Les intérêts américains vont être servis, en guise de remerciements. »

Israël, avec les guerres dans la bande de Gaza et au Liban, figurera en haut de la pile des sujets diplomatiques de Donald Trump à son arrivée à la Maison-Blanche. Les accords d'Abraham signés en septembre 2020 à Washington avaient permis une normalisation des relations de l'Etat hébreu avec les Emirats arabes unis et Bahreïn, mais aussi avec le Maroc. Celui-ci pourrait aider à la relance du processus de ces accords.

*Terme générique utilisé par les médias prépondérants pour désigner le makhzen [NDLR Solidmar)

lundi 21 juin 2021

Ignacio Cembrero : ENTRETIEN. « Depuis la décision de Trump, le Maroc bombe le torse »


Le journaliste espagnol Ignacio Cembrero est spécialiste du Maghreb et de la question du Sahara Occidental. Dans cet entretien accordé à TSA, il parle de la récente crise entre le Maroc et l’Espagne, le chantage migratoire exercé par les autorités marocaines et les développements attendus dans le conflit sahraoui.

Une grave crise a éclaté récemment entre le Maroc et l’Espagne. Doit-on s’attendre à ce qu’elle s’estompe ou, au contraire, peut-elle s’exacerber ?

Elle est toujours là, la crise, elle n’a pas l’air de se terminer. L’Espagne a demandé l’implication des États-Unis pour résoudre la crise mais je ne sais pas qu’elle est la réponse américaine.

Donc la crise est toujours là et je ne pense pas qu’elle va disparaitre très bientôt, loin de là. Je pense qu’elle va durer, d’autant plus qu’on aura au début de l’été le verdict du tribunal de justice européen de Luxembourg, qui sera probablement défavorable aux intérêts du Maroc en ce qui concerne les accords signés entre l’Union européenne et le Maroc. Je pense que cela va contribuer à prolonger un peu plus la crise.

Le tribunal peut invalider les accords d’association et de pêche entre l’Union européenne et le Maroc à cause justement du Sahara occidental, parce que ces accords ont été signés sans consulter la population sahraouie.

C’est en tout cas la thèse que soutiennent les avocats du Polisario et c’est peut-être la thèse que va faire sienne le tribunal. Dans ce cas, il invalidera les accords et le Maroc se fâchera beaucoup avec l’Union européenne parce qu’il se sentira en quelque sorte désavoué.

Les pressions du Maroc peuvent-elles infléchir la position de l’Espagne sur le dossier sahraoui ?

Je crois que sur ce dossier rien d’important ne va changer, parce que l’Espagne ne va pas modifier sa position sur le conflit du Sahara occidental et aucun pays de l’Union européenne ne va la modifier.

Les pressions du Maroc ne s’exercent pas seulement sur l’Espagne, elles se font aussi sur l’Allemagne à cause principalement du dossier du Sahara occidental, parce que l’Allemagne est le seul pays européen qui, après la décision de Donald Trump de reconnaitre la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, a montré ouvertement sa désapprobation.

Dans cette crise, le Maroc a tenté d’utiliser les migrants clandestins comme levier de pression… 

Oui, entre 8 000 et 12 000 personnes sont entrées dans la ville de Ceuta entre le 17 et le 19 mai, à 97 % des Marocains et 3 % des Subsahariens.

Parmi eux, il y a eu à peu près 20 % de mineurs, dont la plupart sont désormais sous la tutelle de la ville. Pour alléger la situation dans la ville, ils vont être envoyés dans d’autres coins de l’Espagne.

Donc le Maroc a utilisé, non seulement une population civile, mais également des enfants pour faire pression sur l’Espagne. Et c’est bien pour cela qu’il y a eu, pour la première fois depuis très longtemps, une résolution qui a été approuvée la semaine dernière par le Parlement européen reprochant au Maroc entre autres l’utilisation de la population civile, plus particulièrement des enfants, pour faire pression sur un État membre de l’Union.

À quelles conséquences devrait-on s’attendre après cette affaire ?

L’Europe en général a été assez complaisante avec le Maroc. C’est le premier pays du Sud de la Méditerranée qui reçoit des aides de l’Union européenne et qui reçoit également des millions d’euros pour combattre l’émigration irrégulière qui arrive en Espagne.

Depuis fin 2018, le Maroc a reçu plus de 340 millions d’euros uniquement pour améliorer l’efficacité du contrôle de ses frontières et de ses côtes. Et apparemment, ça n’a pas été très efficace puisque l’année dernière, plus de 23 000 immigrés irréguliers sont arrivés aux Iles Canaries, pour la plupart des Marocains et la majorité en provenance du Sahara occidental qui est en théorie un territoire extrêmement militarisé et très contrôlé.

L’Espagne envisage d’intégrer les enclaves de Ceuta et Mellila dans l’Espace Schengen. C’est une conséquence du chantage marocain ?

Je crois que les autorités espagnoles ont pris enfin conscience de la vulnérabilité des deux villes et à partir de là, elles envisagent de prendre certaines mesures pour renforcer leur caractère européen.

Parmi les mesures qui sont envisagées,  demander à l’Agence européenne du contrôle des frontières (Frontex) d’être présente dans les deux villes, ce qui n’est pas le cas jusque-là.

L’autre option, c’est de faire rentrer les deux villes dans l’espace Schengen et la troisième, c’est de les faire rentrer dans l’Union douanière européenne. Ces trois mesures sont à l’étude suite à ce qui s’est passé entre le 17 et le 19 mai.

L’hospitalisation en Espagne du président Brahim Ghali est-elle vraiment la cause de la crise entre le Maroc et l’Espagne ? 

L’hospitalisation du président Brahim Ghali n’est pas à l’origine de la crise. Ce n’est qu’un prétexte. Je crois que l’origine de la crise remonte au mois de décembre avec l’annonce de la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et en même temps l’établissement de relations diplomatiques entre le Maroc et Israël.

C’est là l’origine de la crise parce qu’à partir de là, la diplomatie marocaine bombe le torse. Elle est convaincue qu’elle va pouvoir faire pression sur les pays de l’Union européenne, à commencer par l’Espagne, ancienne puissance coloniale, pour qu’ils changent leur position sur la question du Sahara et qu’ils suivent la voie montrée par Donald Trump.

Le président Biden va-t-il remettre en cause la décision de son prédécesseur ?

Je ne le pense pas. La nouvelle administration a été ambigüe. Ce que je constate en tout cas, c’est que l’administration Biden n’a pas voulu par exemple que les manœuvres Lion 2021 se déroulent au Sahara occidental.

Ces manœuvres ont commencé le 7 juin et sont en train de se terminer. Elles allaient de façon très accessoire se dérouler au Sahara occidental.

La nouvelle administration américaine n’a pas l’intention non plus d’ouvrir un consulat à Dakhla comme cela avait été annoncé du temps de Donald Trump. Donc même si l’administration Biden ne fait pas machine arrière, elle gèle un peu le développement des décisions prises par Trump.

Lors de son hospitalisation en Espagne, le président Brahim Ghali a été entendu par un juge espagnol. Que s’est-il passé ?

C’est un Sahraoui résidant en Espagne et une association qui ont porté plainte contre lui pour tortures, kidnapping, séquestration, assassinats et toutes sortes de choses.

Il a été auditionné le 1er juin par un juge de l’Audience nationale, qui est la plus haute instance pénale espagnole. Le juge a estimé que les plaignants n’apportaient pas des preuves convaincantes et donc il n’a pas pris de mesures restreignantes à l’égard de Brahim Ghali.

Il aurait pu le mettre en prison de façon provisoire s’il y a avait des preuves convaincantes, ou à défaut, il aurait pu lui retirer son passeport et l’assigner à résidence pour qu’il ne quitte pas l’Espagne.

Le juge n’a pris aucune mesure et Brahim Ghali a quitté l’Espagne pour rentrer en Algérie. Donc je dirais que d’un point de vue judiciaire, l’affaire est à peu près terminée.

 L’Algérie vient d’appeler à la désignation d’un envoyé spécial pour le Sahara occidental. Pensez-vous que ça va se faire ? 

J’espère bien que ça va se faire. Ce qui empêche la désignation d’un envoyé spécial, c’est essentiellement le fait que le secrétaire général des Nations-Unies traîne les pieds.

Mais je crois que ça va se faire parce que non seulement l’Algérie a fait la demande, mais aussi Antony Blinken, le nouveau secrétaire d’État américain, a dit qu’il fallait nommer au plus vite un envoyé spécial pour le Sahara Occidental.

Le problème, c’est que les autorités marocaines ne veulent plus retourner à la table des négociations avec le Polisario pour discuter comme avant. Désormais, les autorités marocaines ont communiqué aux Américains et aux Nations-Unis, que si elles retournaient à la table des négociations, ce ne serait que pour parler de leur plan d’autonomie comme solution au conflit du Sahara occidental.

Donc même si le secrétaire général nomme un nouvel envoyé spécial, je doute fort que cela signifie la reprise des négociations entre le Maroc et le front Polisario.

Au vu de la conjoncture et des éléments actuels, comment voyez-vous la suite du dossier sur le court et moyen termes ?

Déjà je ne pense pas que d’autres pays vont suivre l’exemple des États-Unis. Je ne pense pas non plus que les négociations sur le Sahara vont reprendre parce que le Maroc ne veut discuter que du plan d’autonomie.

Je pense que la guéguerre qui a repris en novembre tout au long du mur de défense et qui n’est pas d’une grande intensité, va certainement continuer, mais sans qu’il se produise des changements militaires importants.

La seule chose que j’entrevois, c’est peut-être une crise entre le Maroc et l’ensemble des pays de l’Union européenne à cause de la sentence attendue du tribunal sur les accords qui incluent le Sahara, et peut-être aussi avec les États-Unis si ces derniers demandent une modification du mandat de la Minurso.

C’est une rumeur qui court et je n’oserai pas l’affirmer ouvertement : les États-Unis demanderaient au mois d’octobre une modification du mandat de la Minurso pour qu’elle ait enfin des compétences en matière d’observation des droits de l’Homme.

Déjà, en 2013, l’administration Obama avait essayé de modifier le mandat de la Minurso dans ce sens, mais deux pays s’étaient fortement opposés. C’était la France et l’Espagne.

On verra ce qui va se passer au mois d’octobre, si vraiment l’administration Biden revient à la charge sur ce projet. Il est vrai que la Minurso est la seule force déployée par les Nations-Unies qui n’a aucune compétence en matière des droits de l’Homme.

Je pense que le Maroc se fâchera davantage avec l’Europe après le verdict de Luxembourg, peut-être aussi avec l’administration Biden…

Je ne parle pas du Maroc, parce que le Maroc est un grand peuple. Je parle du Makhzen ou des autorités marocaines. Elles n’ont aucun problème à se fâcher avec tout le monde.


samedi 20 février 2021

Tlaxcala : 27 sénateurs US demandent à Biden de revenir sur la décision malavisée de Trump sur le Sahara occidental

Tlaxcala via 57231hpv112065.ikoula.com 




Url: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=30873

Les sénateurs Jim Inhofe (Républicain de l’Oklahoma et Patrick Leahy (Démocrate du Vermont) ont amené aujourd'hui 25 de leurs collègues du Sénat à envoyer une lettre exhortant le président Biden à revenir sur la décision erronée de son prédécesseur de reconnaître officiellement les revendications illégitimes de souveraineté du Royaume du Maroc sur le Sahara occidental et à réengager les USA dans la poursuite d'un référendum sur l'autodétermination du peuple sahraoui du Sahara occidental.

Les sénateurs ayant signé cette lettre sont : Sens. John Boozman (R-Ark.), Angus King, Jr. (I-Maine), Mike Rounds (R-S.D.), Joe Manchin III (D-W.Va.), John Hoeven (R-N.D.), Deb Fischer (R-Neb.), Richard Shelby (R-Ala.), Sheldon Whitehouse (D-R. I.), Maria Cantwell (D-Wash.), Susan M. Collins (R-Maine), Rob Portman (R-Ohio), Kevin Cramer (R-N.D.), Shelley Moore Capito (R-W.Va. ), Cory Booker (D-N.J.), Lisa Murkowski (R-Alaska), Jack Reed (D-R.I.), Kyrsten Sinema (D-Ariz.), Roger Wicker (R-Miss.), Mazie K. Hirono (D-Hawaii), Cindy Hyde-Smith (R-Miss.), Jeanne Shaheen (D-N.H.), Chris Van Hollen (D-Md.), Mark Kelly (D-Ariz.), Ben Ray Lujan (D-N.M.) et Dick Durbin (D-Ill.).
[R : Républicain ; D : Démocrate ; I : Indépendant]

Voici le texte intégral de cette lettre :

    Cher Président Biden :

    La décision abrupte de l'administration précédente, le 11 décembre 2020, de reconnaître officiellement les revendications illégitimes de souveraineté du Royaume du Maroc sur le Sahara occidental a été à courte vue, a sapé des décennies de politique américaine cohérente et a aliéné un nombre important de nations africaines. Nous vous demandons respectueusement de revenir sur cette décision malavisée et de réengager les États-Unis dans la poursuite d'un référendum d'autodétermination pour le peuple sahraoui du Sahara occidental.

    Le sort du peuple sahraoui est dans l'incertitude depuis que les Nations unies ont adopté une résolution appelant à un référendum sur l'autodétermination en 1966. Pendant plus de cinq décennies, à la suite de l'action des Nations unies, l'objectif simple et fondamental du peuple sahraoui de décider librement de son sort a été entravé et soumis à de multiples promesses non tenues.

    La question des revendications de souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental n'est pas nouvelle. La Cour internationale de justice a rejeté ces revendications en 1975, déclarant clairement que les documents et informations fournis par le Maroc « n'établissaient aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara occidental et le Royaume du Maroc ». Malgré le jugement sans ambiguïté de la Cour, le Maroc a maintenu sa revendication illégale sur le Sahara occidental et, après la décolonisation, a tenté d'annexer le territoire par la force. Le peuple du Sahara occidental, agissant par l'intermédiaire du Polisario, a défendu ses droits et ses terres.

    Après plus d'une décennie de violence, les Nations unies sont finalement intervenues en 1991 et les deux parties ont convenu d'un cessez-le-feu et d'une voie à suivre. Dans le cadre du « Plan de règlement », le Maroc et le Sahara occidental ont convenu d'organiser un référend 

Lire :  Url: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=30873

 

dimanche 7 février 2021

Suzanne Sholte: nous espérons que l'administration Biden annulera la décision de Trump sur le Sahara occidental

4/2/2021

WASHINGTON - La présidente de l'ONG américaine, Defense Forum Foundation, Suzanne Sholte, a déclaré mercredi espérer que l'administration Biden annulera la "mauvaise décision" de l'ex-président américain Donald Trump sur la reconnaissance de la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

"J'ai très bon espoir que nous serons en mesure de convaincre l'administration Biden de revenir sur la mauvaise décision prise par le président Trump", a indiqué Suzanne Sholte, lors d'une déclaration à l'agence de presse sahraouie (SPS).

Elle a indiqué qu'elle se sent "confiante parce que les gens qui connaissent et soutiennent" la question sahraouie, "qu'ils soient républicains ou démocrates, conservateurs ou libéraux, ont une chose en commun, à savoir qu'ils regardent la question sous l'angle juridique et qu'ils ne peuvent pas être achetés. Ils se soucient vraiment de l'état de droit et de la justice".

La présidente de l'ONG américaine a notamment rappelé, qu'après la reconnaissance par Trump de la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, sa Fondation "l'a immédiatement appelé à revenir" sur sa décision et à "reconnaître à la place le gouvernement légitime de la République sahraouie", soulignant que c'est une "occupation illégale".

Elle a, en outre, ajouté qu'au cours de ses plus de 25 ans d'expérience sur le conflit au Sahara Occidental, elle "a constaté que les seules personnes qui reconnaissent" les prétendues revendications du Maroc, "ignorent les faits et l'histoire de cette question ou pire, elles obtiennent des faveurs inconvenantes du Maroc, notamment pots-de-vin et soutien financier".

La responsable américaine assure que son organisation va poursuivre son travail pour "soutenir" la cause sahraouie et pour "annuler" la décision de Trump.

"Nous avons un argumentaire fort parce que nous sommes du bon côté de d’histoire, de la justice et de l'état de droit", soutient Mme Sholte.

"Nous voulons souligner que notre engagement continu à mettre fin à l’occupation illégale du Maroc, de manière à ce que le peuple du Sahara occidental et ceux qui vivent encore en tant que réfugiés pourront retourner dans leur patrie", a-t-elle encore indiqué.

Mme Sholte a rappelé les vives réactions exprimées par de nombreuses personnalités américaines de premier plan, telles que le sénateur républicain Jim Inhofe, qui a qualifié la décision de Trump de très malavisé, estimant que "c'est très ironique, car c'est Trump lui-même qui a dénoncé la corruption du lobby marocain en 2016".

Elle a également rappelé la position de la communauté internationale concernant la question sahraouie, soulignant que la Cour internationale de justice et la Cour européenne de justice ont toutes deux rejeté la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et qu'aucun Etat au monde ne reconnaît cette prétendue souveraineté marocaine sur le territoire occupé.

A cet égard, elle a exprimé son "admiration pour les efforts consentis par le peuple du Sahara occidental pour construire un Etat moderne et démocratique". "C'est une République qui embrasse les valeurs démocratiques, la liberté d'expression, le droit de vote, l'économie de marché libre et c'est remarquable ce qu'ils ont pu réaliser, même s'ils vivent toujours comme des réfugiés à cause de cette occupation illégale ", a-t-elle affirmé.

La Defense Forum Foundation est une fondation américaine à but non lucratif qui se consacre à la promotion d'une défense nationale forte et à la promotion de la liberté, de la démocratie et des droits de l'homme à l'étranger.

Elle est surtout connue pour ses forums sur la défense et la politique étrangère au Congrès, organisés régulièrement au Capitole au profit du personnel du Congrès, et pour son travail à l'étranger en faveur de la liberté, des droits de l'homme et de la dignité des peuples.


mercredi 30 décembre 2020

Mohammed VI, un règne sans honneur, par salahelayoubi


Nouvel article sur Le blog de Salah Elayoubi



Manifestation pro-palestinienne du 10 décembre 2017 Photo AFP Fadel Senna

« Qui sacrifie la liberté pour un peu de sécurité, ne mérite ni l’une ni l’autre »

En soi et dans l’absolu, la normalisation avec Israël n’aurait eu aucun impact s’il s’était agi  d’un pays Lambda avec lesquels nous serions en froid ou en conflit. Le pays est, en effet, à des milliers de kilomètres du notre. Nous n’avons ni frontières communes ni intérêts contradictoires. Nous n’avons jamais été en guerre, sauf à mener un semblant de coalition, en 1967 et en 1973, avec les partenaires de la Ligue arabe dont le moins que l’on puisse en dire est qu’elle réunit une assemblée de dictateurs corrompus que l’ex-président Moncef Marzouki qualifiait de « malfrats ».

Au contraire de nos pays, Israël est une démocratie, même si la démocratie ne s’applique complètement qu’à ses propres citoyens. Élément qui prêcherait en faveur de la paix, près d’un million d’israéliens et plusieurs ministres du gouvernement,  sont d’origine marocaine. Il est, au demeurant,  toujours tentant d’établir ou de rétablir des relations d’amitié et de coopération avec un pays avancé technologiquement et qui peut aider le vôtre à se sortir du sous-développement. Le pays  est un modèle en matière de développement. Même si ce dernier n’est rendu possible que grâce aux milliards de Dollars d’aides injectés par les lobbys juifs et évangélistes américains. Israël est à l’avant-garde des technologies dans l’éducation, l’agriculture du désert, l’industrie, la conquête spatiale, l’aéronautique, l’armement et dans bien d’autres domaines. Tout le contraire des pays arabes.  

Mais à plus d’un titre, Israël nous rappelle l’Afrique du Sud de l’Apartheid. Même développement, au détriment des populations autochtones. Mêmes crimes, même ségrégation et un lobbying surdimensionné qui aida le régime à se maintenir par la force des baïonnettes et des canons, avant son effondrement en 1991.

Dans le cas d’espèce, la normalisation avec le régime israélien est révoltante, à plus d’un égard:

1- Elle est le fait d’un seul homme, Mohammed VI,  réputé pour son mépris souverain, envers la classe politique et ses compatriotes, au point qu’il ne prend la peine de consulter ni la première ni les seconds. A ce titre,  la décision est pour le moins,  illégitime,  d’autant que l’écrasante majorité des Marocains est vent debout contre l’initiative en question.

2- Avoir instrumentalisé l’Islam, à ce point, durant soixante ans, se proclamer Commandeur des croyants, accepter la charge de président du Comité « Al Quds » et défenseur des lieux saints de Jérusalem et finir ainsi, relève d’une profonde schizophrénie. L’initiative est une trahison des intérêts des palestiniens et plus généralement, des musulmans.

3- On ne peut décemment agir ainsi et faire table rase des crimes commis par Israël depuis 1948, entre assassinats, meurtres, vols des terres, annexion des territoires, emprisonnements, ni espérer un répit dans tous ces crimes. Il ne peut, en outre se conclure de paix sans justice, sans reddition des comptes.

4- On savait que le régime marocain frayait avec l’état hébreu et entretenait des relations coupables avec ses services secrets depuis plus de soixante ans. Mais c’était plutôt le fait d’Hassan II. Mohamed VI commet l’erreur d’entériner le processus et de le reprendre à son compte, au pire moment, celui où Israël s’est enfoncé dans ses travers,  sous le gouvernement de Benyamin Netanyahu. 

5- L’initiative a ceci de grave qu’elle constitue un blanc-seing et un encouragement à la politique d’Apartheid et d’annexions entreprises par Israël.

6- Les Palestiniens, dont les dirigeants se sont considérablement enrichis, en collaborant activement avec Israël, se retrouvent seuls et abandonnés de tous. La normalisation sera menée au détriment de leur cause. Avec ce nouveau coup de poignard dans le dos, ils ne peuvent plus rien espérer, en termes de paix ni de récupération de leur terre.

7- Israël n’a jamais établi de relations avec un pays, sans en infiltrer l’appareil politique et espionner ses responsables et sa population. Des pratiques condamnables qui laissent envisager que le partenaire conserve toujours une arrière-pensée d’ourdir un mauvais coup et de vous trahir.

8- Mohammed VI aurait dû faire montre d’un minimum de retenue sinon de prudence. Il s’est au contraire, montré bien piètre à la manœuvre, malgré tout ce qu’en chantent ses laudateurs. Il a également fait la démonstration de sa grande faiblesse et de son absence totale de clairvoyance. Donald Trump est, en effet, sur le départ, après la pire présidence que les USA aient connu, en termes de comportement personnel, de politique étrangère, de traitement de la pandémie du Coronavirus, d’impulsivité et de déclarations frappées du coin de la bêtise. Céder ainsi au diktat d’un président “loser”, met le Maroc en porte-à-faux et son dossier du Sahara, à la merci du prochain locataire de la Maison Blanche qui plus est, est un adversaire politique du précédent. Il aura beau jeu de remettre les pendules en prenant le contrepied de son prédécesseur et en détricotant la pelote de ses bourdes et de ses inepties.

9- Le monarque normalise au pire moment,  alors que Netanyahu se trouve empêtré dans un processus judiciaire pour corruption. Il est lâché par ses électeurs et ses partenaires au gouvernement. L’initiative ressemble donc à s’y méprendre à une opération de sauvetage du soldat Netanyahu, un ennemi juré de la cause palestinienne et un adversaire de la solution des deux États. 

10- Plus grave, Donald Trump s’est fendu d’une simple déclaration présidentielle qui n’engage, pour le moment que la présidence. Or,  seul le congrès est habilité à confirmer voter et/ou prendre une telle décision de politique étrangère, lourde de sens. Mohammed VI et ses souffleurs viennent de faire la démonstration éclatante de leur  ignorance. 

11- Mohammed VI commet une lourde erreur en mettant dans la même balance et sur le même pied d’égalité, deux dossiers que tout oppose diamétralement. Ce faisant, il conforte ce sentiment qui prévaut,  auprès de la communauté internationale, qu’il reconnaît de facto, que le dossier du Sahara est affaire d’occupation illégale tout autant que l’est,  l’occupation de la Palestine.

12- La véritable décision en matière de reconnaissance est aux mains de l’ONU. Mohammed VI ne fait que tromper son peuple. Une vieille habitude de la monarchie.

13- Le PJD et ses comparses ont prouvé de manière éclatante leur parfaite inutilité dans le système voulu par la monarchie. Le marocain de la rue prend conscience de la vacuité de sa classe politique. Le silence complice des uns, les applaudissements des autres, l’indigence de tous, ne font que confirmer que le moment est venu de renvoyer tout ce petit monde à ses études,  sinon à la maison.

Mohammed VI entreprend de normaliser une vieille relation. Secrète et  coupable, frappée du sceau de la trahison et de l’infamie. Tout le contraire de ce que dicte l’intelligence. Il sauve, pour un temps, son trône qui vacille de son propre fait, lui qui fit pourtant naître de grandes espérances aux premières années de son règne. Hassan II lui avait pourtant ouvert un magnifique boulevard, en démocratisant à la fin de ses jours.  Mais l’homme se révèle, au contraire de son père, inculte, inconsistant et incapable de vision et d’intelligence politique, cédant à ses souffleurs. L'homme pense pouvoir sauver son régime au même titre que son père le fit,  lorsqu’il décréta la marche verte. Quarante-cinq ans plus tard, le dossier du Sahara empoisonne toujours la vie des Marocains, en raison des maladresses, des travers et des crimes de la monarchie et sa mafia.  Le rétablissement des relations avec Israël, dénoncé partout, y compris de l’intérieur, en raison de ses crimes,  achève de jeter le discrédit sur un règne dont il faut bien dire qu’il est à l’image de la paix qu’on s’apprête à signer : sans honneur !  

 

mardi 29 décembre 2020

Aminatou Haidar, prix Nobel alternative à La Patrie News : “Je ne reconnais au Maroc aucune autorité sur mon pays et sur ma personne”

Exclusif / Aminatou Haidar, prix Nobel alternative à La Patrie News : “Je ne reconnais au Maroc aucune autorité sur mon pays ni sur ma personne”

Prix Nobel alternatif, plus prestigieuse distinction en matière de défense des droits de l’Homme, Aminatou, au fil des ans et de ses combats pacifiques, a fini par devenir l’égérie qui, à son corps défendant, et au péril de sa vie et de sa santé, a fini par incarner la noblesse et l’impétueuse détermination de son peuple, dont la noblesse le dispute ardemment à la fierté et au courage. Egale à elle-même, alors que le cessez-le-feu violé par le Maroc, a fait que le conflit armé vient de reprendre dans la zone tampon d’El Guerguerat, la Ghandi sahraouie accepté de répondre à nos questions en toute transparence.

Entretien réalisé par Mohamed Abdoun

 

La Patrie News:  En dépit de la continuelle surveillance policière dont vous êtes l’objet, et la victime aussi, vous avez réussi, le mois de septembre passé, à mettre en place l’ISACOM (instance sahraouie contre l’occupation marocaine). Si l’on part du constat que vous n’avez jamais perdu de vue votre objectif final, qui est la libération de votre peuple du joug colonial marocain, à quelle logique répond cette stratégie nouvelle qui, il faut le dire, a mis dans l’embarras Rabat et ses relais médiatico-politiques ?

 Aminatou Haidar: Personnellement je crois que notre stratégie comme militants pour les droits humains et les droits de notre peuple à l’autodétermination, la liberté et l’Indépendance n’a jamais changé. Oui, elle s’est développé lentement pendant les 3 dernières décennies, mais c’était principalement à cause du manque d’expérience, mais aussi de la répression continue que nous avons tous vécue  comme défenseurs des droits humains.

Pour l’ISACOM, c’ est le développement normal qui répond actuellement à la situation d’occupation et de menaces qui domine sur la vie et la sécurité des civils sahraouis sous occupation. C’est d’ailleurs pour cela que nous étions parmi les premiers à appeler la Croix Rouge internationale pour assumer sa responsabilité dans la protection des civils sahraouis sous occupation, puisque le Sahara Occidental est un pays occupé  et en plus une zone de guerre maintenant, et donc doit être traitée  sous la loi humanitaire internationale et la 4ème convention de Genève et être une question de décolonisation à  régler.

Quelques jours, ou semaines plus tard, vous avez été empêchée de voyager en compagnie de votre fils sous prétexte que vous seriez atteinte du coronavirus. Espéraient-il vraiment vous faire taire en agissant ainsi, ou s’agissait-il d’une manœuvre qui trahit le désespoir et la grande confusion du Makhzen ?

Je crois vraiment que les autorités marocaines ne savent plus comment agir pour faire face à la situation d’occupation qu’ils gèrent avec beaucoup de maladresse, de violence, et d’improvisation au Sahara Occidental. Les gens croient peut-être que les autorités d’occupation marocaine savent ce qu’ils sont entrain de faire dans leur colonie, mais ce n’est pas le cas. Prenons par exemple la façon avec laquelle ils ont répondu à  la  constitution de notre ONG  » Instance Sahraouie Contre l’ Occupation Marocaine »   (l’ISACOM) . Au début il n’y a eu aucune réaction officielle,  par contre après le premier jour une vaste et féroce  campagne médiatique  de diffamation s’est lancée contre ISACOM et surtout contre moi personnellement, et après une semaine  une déclaration-menace de la part du Procureur du Roi du Maroc à El Aaiun occupé a été publiée par la MAP . Depuis lors des membres  du bureau exécutif de l’ ISACOM se trouvent sous surveillance et assignation à résidence sans aucune procédure juridique. Quant à moi j’ ai passé deux mois dans la même situation jusqu’au jour de mon départ aux Îles Canaries à la date du 02/12/2020.  Ils ont essayé par une honteuse  tentative de m’empêcher de voyager, car ils ont été  surpris par mon défi à  leur décision de me mettre sous surveillance, en  ignorant peut-être que personnellement je ne leur reconnais aucune autorité ni sur ma personne ni sur mon pays.

Le Maroc, il faut  le rappeler à tout le monde, est une puissance d’occupation illégale au Sahara Occidental, il n’a donc aucune légitimité et nous ne devons pas accepter d’être soumis à sa politique coloniale .

Question trois : Vous avez déjà évoqué le grand dépit des jeunes Sahraouis face à la politique du fait accompli du Maroc, et le silence complice de la communauté internationale. Pour l’éternelle pacifiste que vous êtes, est-ce que le choix des armes est la seule et unique voie de salut qui leur reste?

Je suis vraiment triste parce que la communauté internationale a  laissé tomber les Sahraouis et leur représentant légitime, le Front Polisario, qui ont donné   30 ans à  l’ONU pour organiser un simple referendum d’autodétermination. L’histoire va enregistrer que c’est la mission onusienne la plus facile du monde qui a coûté  plus d’un  milliards de dollars, l’effort de centaines voir des milliers de fonctionnaires onusiens, et la vie et le futur de plusieurs générations de Sahraouis trahis  par l’ONU.

Cela dit, aussi pacifiste que je peux être, je n’ai aucun argument pour convaincre mes compatriotes de croire à  cette paix, qui, il faut le souligner n’a jamais été une paix pour eux, car les Sahraouis pendant ces 30 ans étaient  seuls à  payer le prix de cette fausse-paix par des martyr, des prisonniers politiques, des victimes de toute sorte de violations, des morts par assassinats , des réfugiés  qui soufrent eux aussi de la longue attente qui ne semble pas finir.

Je dirais que ni l’ONU ni aucun autre pays, aussi grand et influent qu’il soit, ne peut convaincre les Sahraouis qu’ils peuvent croire en la médiation, la justice et le sérieux de l’ONU, ou n’importe quelle autre organisation. Elles ont toutes failli à leur promesse aux Sahraouis et permis au Maroc de violer nos droits, exploiter nos richesses et même renforcer son fait accomplit colonial dans notre pays. Le choix du peuple sahraoui à  reprendre les armes, on peut le critiquer comme on veut comme pacifistes, mais nous n’avons pas d’arguments pour les dissuader de le suivre comme un moyen légitime de lutte pour la liberté.

 Les militants favorables à l’indépendance, dont vous faites partie, sont les victimes de mesures d’intimidation et de provocations qui entravent leurs mouvements. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Je crois qu’il n' y a pas besoin de vous raconter ce que nous, comme citoyens sahraouis sous occupation, vivons à  cause de l’occupation marocaine. Vous pouvez prendre n’importe quel rapport ou communiqué  de n’importe quelle organisation internationale et vous allez voir que le Maroc viole tous les droits civils, politiques, économiques, culturels, et autres en plus de violer notre droit fondamental à  l’autodétermination, la liberté et l'indépendance.

 Comment vivez-vous ces pressions et surveillances de tous les instants ?

Nous la vivons comme prix nécessaire à  payer pour la liberté. Nous sommes comme tout les autres peuples qui ont payé  leur liberté très chèrement, comme  on méritera de l’ obtenir.

 Suivre ce conflit armé à partir des territoires occupés ne doit pas être facile, à cause e l’intox des médias locaux et de la censure. Comment faites-vous pour vous adapter à cette situation nouvelle et stressante puisque le cessez-le-feu dure depuis une bonne trentaine d’année ?

Effectivement, nous n’avons aucune confiance dans les médias marocaines. Ils sont tous, sans exceptions très loin de toute crédibilité, et ils ont toujours servi la propagande marocaine. Les médias internationaux eux aussi manquent de présence et de suivi, bien sûr ils ne peuvent que très mal suivre la situation. Mais, nous arrivons quand même à  avoir les infos véridiques et crédibles à  travers les médias sahraouis, mais aussi à  travers les médias algériens qui suivent la question et les développements avec professionnalisme et sérieux. Il y a aussi plusieurs autres médias internationaux, surtout dans les pays voisins tel en Espagne ou même en Mauritanie qui nous servent de sources crédibles. Et en somme, nous arrivons malgré tout à avoir l’info  aussi à travers les moyens de communications, maintenant que chaque citoyen peut être une source crédible d’infos.

Quel message voudriez-vous lancer à la communauté mondiale, au conseil de sécurité de l’ONU, et à son SG, qui tarde à désigner un nouveau représentant pour le Sahara Occidental ?

Je leur dis à tous qu’ils ont failli magistralement à leurs droits envers le peuple sahraoui, mais surtout envers la Charte de l’ONU et la loi internationale. Ils doivent se sentir coupables car c’est à  cause de leur inaction que le Maroc continue à  occuper illégalement notre pays. Pour le Conseil de sécurité, il est grand temps qu’il traite la question sahraouie sous l’article 7 comme un cas d’agression militaire par le Maroc contre l’État sahraoui. Le Maroc doit simplement abandonner le territoire et laisser la République sahraouie et son peuple jouir de son indépendance et de ses ressources. Pour le SG, je lui rappelle qu’il nous avait dit dans son dernier rapport que la situation au Sahara Occidental est calme. Je ne vois pas de quel calme il parle, parce que la situation est catastrophique maintenant. Il est grand temps de faire imposer le respect de la légalité internationale au Sahara Occidental.

 L’incident de 2009, qui a fait plier le Maroc, vous rendant mondialement célèbre au péril de votre vie, est encore gravé dans les mémoires. Il a fait voler en éclat le mythe de la souveraineté marocaine sur ses « provinces du sud ». Depuis, sa proposition d’autonomie, avancée comme une forme de « concession », ne passe toujours pas. Pourquoi ce refus obstiné de tenue d’un référendum d’autodétermination, alors que la démocratie et le droit international passent assurément par-là ?

C’est l’erreur que toutes les puissances coloniales et d’occupation ont commise partout. Je n’ai vraiment pas de réponse pour cette question sauf celle donnée  par le General Giap, quand il a dit que le colonialisme était « un mauvais élève qui ne retient pas les leçons ». Ce que le Maroc essaye de faire a déjà été essayé  par la France un peu partout, y inclus en Algérie sans résultats, mais le Maroc croit toujours qu’il peut réussir à  faire soumettre un peuple en lutte pour ses droits, alors nous devons lui rappeler la leçon.

 Plusieurs monarchies arabes soutiennent de facto le fait accompli colonial du Maroc en décidant d’ouvrir des représentations consulaires à Laâyoun , dans les territoires occupés. La RASD est pourtant un Etat arabe et musulman. Est-ce qu’on assiste à son reconfiguration géostratégique à la faveur de ce processus de normalisation ?

Tout ce que le Maroc fait au Sahara Occidental est nul et sans aucune importance légale ou politique. En fin de compte il va devoir partir de notre pays, et nous déciderons alors ce que nous allons faire de ces kiosques de corruptions, et je ne dirai pas consulats, car si'ils veulent mériter ce titre diplomatique ils doivent aller le chercher chez le propriétaire de la souveraineté au Sahara Occidental, le peuple sahraoui, et son représentant légitime, le Front Polisario et la République sahraouie.

Comment réagissez-vous à la déclaration de Trump, qui reconnait illégalement la marocanité du Sahara Occidental contre la normalisation de Rabat avec l’entité sioniste

Mon opinion sur la proclamation du Président sortant Donald Trump: la proclamation du Président sortant Donald Trump sur le Sahara Occidental, n’ a aucune valeur juridique ni politique, simplement parce que ni Trump ni quelqu’un d’ autre a le droit de donner ce qui ne lui appartient pas à ceux qui ne le méritent pas. Le Peuple Sahraoui est le seul et exclusif propriétaire et souverain du Sahara Occidental et c’ est à lui seul de décider son destin.

En plus Trump porte atteinte au droit internationale et aux principes des Nations Unis et de l’ Union Africaine et  s'  est attaqué même à un droit fondateur de la  nation américaine, à savoir le droit à l’ autodétermination des peuples. C’ est donc une décision qui n’ a pas de base juridique et doit être refusée et rejetée par toutes les nations libres.

 

dimanche 2 février 2020

Vidéo. A Casablanca, des manifestations contre le « deal du siècle »


Vidéo. A Casablanca, des manifestations contre le « deal du siècle »


Présenté par Donald Trump et Benjamin Netanyahu le 28 janvier, le nouveau plan de paix pour le Proche Orient attise la colère des militants pro-palestiniens dans le monde.
 Au Maroc, les associations soutenant la cause ont décidé d’organiser une manifestation ce jeudi 30 janvier devant le consulat américain, accusant l’administration américaine «d’alignement total sur la position israélienne, d’infraction au droit international, et de déni aux palestiniens aux droits humains élémentaires».