2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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jeudi 26 novembre 2020

El Othmani, l’humiliation



 

par salahelayoubi

El Othmani, l’humiliation

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Azzam Tamimi

Dans quels registres les  Marocains pourraient-ils classer Saad Eddine El Othmani, sinon dans ceux de l’hypocrisie, de la lâcheté et de la soumission ?  Lesquels des Marocains approuvent ce que vient de commettre le chef du gouvernement de Mohammed VI, au nom du Parti de la Justice et du Développement ?  Il y a quelques mois, l’homme déclarait pourtant, devant les partisans du PJD,  que le Maroc rejetait toute normalisation car celle-ci équivaudrait à un blanc-seing à la poursuite des violations des droits du peuple palestinien. L’homme réaffirmait la ferme volonté du Maroc de défendre les droits légitimes des palestiniens, de rejeter tout processus de judaïsation ainsi que toute atteinte aux droits des habitants de Jérusalem. Et le chef du gouvernement marocain de poursuivre, sans équivoque:

-« Ce sont des lignes rouges pour le Maroc, son roi,  son gouvernement et son  peuple, et cela implique le rejet de toutes les concessions qui pourraient être faites dans ce domaine. Nous rejetons également tout processus de normalisation avec l'entité sioniste »

Mercredi 23 décembre, c’est un tout autre El Othmani qui est apparu. Penaud, il s’est appliqué à parapher docilement, les accords de normalisation que son suzerain, le roi du Maroc, a conclus avec les sionistes à la demande de Trump, en échange d’une reconnaissance de la marocanité du Sahara.

L’humiliation

Pensant connaitre l’homme, je m'attendais à ce qu’il démissionne plutôt que de se prêter à une telle humiliation. J’attendais, au demeurant,  beaucoup du Parti de la Justice et du Développement. J’en espérais qu’il s'abstienne de prendre part à ce gouvernement sur lequel il n’a jamais eu aucun pouvoir, si ce n’est celui de nettoyeur ou d’égoutier. Une entreprise née du déclin du printemps arabe et qui redonna à Mohammed VI, tout  comme à d'autres despotes arabes, la confiance et l’illusion qu’il pouvait désormais affronter la colère du peuple revendiquant liberté, dignité et éradication de la corruption.

Je n'exclue pas, du reste,  qu’El Othmani ait agi par conviction, après s’être convaincu, lui-même,  comme il est d’usage chez certains islamistes lorsqu’ils tentent de justifier l’injustifiable,  tantôt au nom de  « l'intérêt général », tantôt au nom de « l’éradication de la corruption » ou au nom de « la nécessité faisant loi ». Attitude typique des perdants, qui commencent toujours par se persuader avant d’amadouer leurs contemporains.

Mais je conçois,  tout aussi bien,  l’éventualité qu'El Othmani ait préféré ne jamais avoir eu à cosigner  l'accord en question, d'autant qu'il avait manifesté très tôt, son opposition à toute normalisation. L’islamiste qu’il est, ne peut, en effet, par définition et par principe, reconnaître à l’entité sioniste une quelconque légitimité, ni composer avec elle, comme c’est le cas chez les islamistes et les consciences, sauf à appuyer l’injustice, l’oppression et la corruption.

Si cette dernière hypothèse devait se confirmer,  El Othmani aura doublement fauté.

En obéissant aux ordres, il s’est fourvoyé,  renonçant à ses principes et à ses convictions, afin de conserver sa fonction et jouir d’une aubaine, somme toute, bien éphémère.

En second lieu l’homme s’est acquitté d’une tâche qui incombait, du point de vue,  protocolaire à l’initiateur de la normalisation, le  roi. En endossant cette responsabilité, El Othmani a endossé le costume de serviteur du prétendu commandeur des croyants et  pour le compte  d'un régime indigne et corrompu qui ne représente pas  les marocains ni  ne prend pas en considération leur opinion. En lui ordonnant de mener à bien la tâche ingrate de signer les accords de normalisation, le roi entendait probablement humilier et asservir le chef du gouvernement et humilier et asservir ses partisans, dans le dessein évident d’opposer les courants islamistes les uns aux autres et prouver sa capacité à apprivoiser ceux-là mêmes qui brandissaient autrefois la bannière de l’Islam en revendiquant réformes et changements et qui, pour son bon plaisir,  trahissent,  aujourd’hui,  les principes et les slogans qu'ils ont toujours défendus.

Texte original de Azzam Tamimi

Interprété de l'arabe par Salah Elayoubi

Azzam Tamimi est un universitaire et activiste politique palestinien et britannique, affilié aux Frères musulmans. Il est actuellement présentateur indépendant à Alhiwar TV Channel. Il a dirigé l'Institut de la pensée politique islamique jusqu'en 2008. Tamimi a écrit plusieurs livres sur la politique du Moyen-Orient et de l'Islam, notamment « l'islam de partage du pouvoir », « l'islam et la laïcité au Moyen-Orient »


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lundi 11 mai 2020

Maroc - El Othmani, l’humiliation de trop, par salahelayoubi


El Othmani, l’humiliation de trop

par salahelayoubi
La première chaîne de télévision marocaine « Al Oula » a diffusé l’interview accordée par El Othmani le 7 mai, dans son  bureau. L’interview de trop. Un exercice dont le  contenu fut conforme au contenant. Le décorum misérable des lieux et où le pompeux ridicule des tapis assemblés en bandes, lubie toute makhzénienne,  le dispute à l’insolite panneautage de contreplaqués au  mur, au famélique des Aeschynanthus, dans leurs vulgaires pots de plastique surdimensionnés. Et pour couronner cet improbable morceau de mauvais goût,  un cadreur aura eu la sotte idée de bannir le malheureux bouquet de fleurs, destiné à égayer la table visiteurs, pour le disposer à même le sol, dans l’axe de la caméra 1, au lieu de simplement l’escamoter.
Le décor ainsi planté, tout ne sera plus qu’entendus. Des questions doublées de sourires obséquieux de la journaliste,  aux  réponses approximatives du Chef du gouvernement, ses hésitations, ses rodomontades et ses lacunes. Les Marocains sont restés sur leur faim à propos des questions cruciales telles que le véritable chiffre des atteintes du virus, le rapatriement des vingt-sept mille (27.000) Marocains bloqués à l’étranger, l’ouverture des frontières, la loi 22/20 en projet et destinée à réprimer les auteurs de campagne de boycott, la situation des plus fragiles des marocains, le fonds Covid-19…………..
L’interview de trop
C’est la seconde fois qu’El Othmani s’exprime sur la pandémie face à la presse. Le 14 mars déjà, interviewé par Mohamed Reda Laâbidi, Sanae Rahimi et Youssef Belhaissi,  il avait offert le triste spectacle de son ignorance totale du dossier. De fait, le Palais semble en avoir exclu le Chef du gouvernement et pris la décision de gérer, à l’interne, et dans le secret absolu,  l’Etat d’urgence sanitaire. Même si le roi avait convié l’intéressé à la réunion restreinte du 17 mars à Casablanca, El Othmani y était apparu comme un rédacteur lambda du procès-verbal de la séance,  plutôt que comme un décideur ou un véritable conseiller. Plus tard, les Marocains auront la confirmation de cet ostracisme, lorsqu’on apprendra que la gestion du fonds du Covid-19 lui échappait.
Le 20 avril,  une information relayée par certains médias, prétendait que Boston Consulting Group (BCG) prendrait en charge le déconfinement. Aussitôt démentie par les responsables du cabinet international de conseil en stratégie, l’information n’en demeure pas moins une piste sérieuse qui éclaire d’un jour nouveau  les mécanismes, les rouages et les auteurs de la méthode marocaine du confinement et pourquoi pas du déconfinement en projet. Sinon comment expliquer que la direction du groupe se soit précipitée pour se fendre d’un communiqué de presse,  niant d’un côté avoir reçu «mandat spécifique du gouvernement» et reconnaissant de l’autre,  que les analyses et les études effectuées par BCG, ont bien été mises à la disposition du ministère marocain de la santé, «dans un cadre strict de solidarité nationale et à titre gracieux». Le doute qui plane sur la sincérité du propos est permis, les Anglo-saxons sont réputés ne jamais rien mettre gracieusement à disposition de tiers,  fussent-ils des gouvernements étrangers.
Vu sous cet angle, on comprend un peu mieux l’omerta qui entoure le confinement, le Cabinet restreint et l’éloignement du Chef du gouvernement. Elle trouve son explication dans le besoin du roi d’en tirer une gloriole personnelle, tout comme le fit Hassan II qui s’attribua la paternité de la « Marche verte ». Quarante-cinq ans plus tard, des documents déclassifiés de la CIA publiés par la presse espagnole,  attestent qu’en 1975,  de peur que l’Espagne ne bascule dans le camp communiste et que le Sahara espagnol indépendant ne tombe dans l’escarcelle de l’URSS, Henri Kissinger,  Secrétaire d’État américain, avait soufflé l’idée de la Marche en question au roi Hassan II.
Aussitôt ce dernier réunit une poignée de fidèles dont André Packard, son architecte personnel à qui il confia la logistique. Il fit prêter serment sur le coran  aux Marocains de garder le silence sur ce qu’il allait leur révéler. A Packard, il fit :
-« Pour vous Packard,  je n’ai pas de bible, je me contenterai donc de votre parole d’honneur ! ». Toujours l’omerta !
En quête de gloriole
Mohammed VI ferait donc du Hassan II, excluant les ministres du processus, réunissant un cabinet restreint et mandatant une entreprise étrangère pour lui souffler la solution, à charge pour l’armée, la gendarmerie,  la police, le ministère de l’intérieur avec ses supplétifs pléthoriques,  de l’appliquer y compris par la répression comme c’est de plus en plus le cas.  Une version qui fait sens, pour qui connaît le contexte marocain et la propension de Mohammed VI  à tirer une gloire personnelle du moindre événement : panier du ramadan, campagne des cartables, projets pompeux et fictifs, selfies…..
Dans un mémorandum de la CIA, daté du 6 septembre 1974 on pouvait lire :
Le roi espère que la campagne qu’il a lancée pour récupérer le Sahara espagnol,  renforcera sa position et distraira l’opinion des problèmes économiques et sociaux que connaît son pays […]. Mais s’il échoue, les pressions internes seront telles qu’elles pourraient bien le faire chuter »
L’histoire se répète à l’identique,  quarante-cinq ans plus tard. Le régime marocain est en proie à une contestation tous azimuts. L’affairisme du roi et de sa famille sont dénoncés de toutes parts. Sa fortune personnelle est assimilée à de l’enrichissement illégal et au détournement des richesses du pays.  L’affaire du Rif empoisonne les relations internationales avec ceux des pays qui ont accueilli et continuent de le faire des réfugiés rifains, fuyant la répression et la misère. Au Sahara occidental, la répression des indépendantistes aura produit le résultat inverse de celui escompté et la communauté internationale n’a toujours pas reconnu la souveraineté du Maroc sur cette province. La crise économique et la désertion des investisseurs étrangers mettent en péril une économie exsangue qui voit sa dette grossir de manière exponentielle.
« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. » écrivait Étienne de La Boétie. C’est bien parce qu’El Othmani est à genoux qu’il consent ainsi à se faire humilier et vider de toute substance. La décence aurait commandé qu’il démissionne. Ce serait mal connaître notre homme qui a, comme ses prédécesseurs, goûté aux lambris de la monarchie et à ses avantages en monnaie sonnante et trébuchante et en nature. Moyennant quoi, l’homme fait mine d’ignorer le camouflet qui lui est infligé.
On l’aura compris, les Marocains ont depuis longtemps perdu tout espoir de voir des politiciens dignes de ce nom, représenter leurs intérêts. Mais ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ils ont le tort de se taire et de jouer ainsi un rôle dans la domination et la honte qu’ils subissent.

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