Blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental, de Palestine et du monde, créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala
2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas
El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.
Dans
quels registres les Marocains pourraient-ils classer Saad Eddine El
Othmani, sinon dans ceux de l’hypocrisie, de la lâcheté et de la
soumission ? Lesquels des Marocains approuvent ce que vient de
commettre le chef du gouvernement de Mohammed VI, au nom du Parti de la
Justice et du Développement ? Il y a quelques mois, l’homme déclarait
pourtant, devant les partisans du PJD, que le Maroc rejetait toute
normalisation car celle-ci équivaudrait à un blanc-seing à la poursuite
des violations des droits du peuple palestinien. L’homme réaffirmait la
ferme volonté du Maroc de défendre les droits légitimes des
palestiniens, de rejeter tout processus de judaïsation ainsi que toute
atteinte aux droits des habitants de Jérusalem. Et le chef du
gouvernement marocain de poursuivre, sans équivoque:
-« Ce
sont des lignes rouges pour le Maroc, son roi, son gouvernement et
son peuple, et cela implique le rejet de toutes les concessions qui
pourraient être faites dans ce domaine. Nous rejetons également tout
processus de normalisation avec l'entité sioniste »
Mercredi
23 décembre, c’est un tout autre El Othmani qui est apparu. Penaud, il
s’est appliqué à parapher docilement, les accords de normalisation que
son suzerain, le roi du Maroc, a conclus avec les sionistes à la demande
de Trump, en échange d’une reconnaissance de la marocanité du Sahara.
L’humiliation
Pensant
connaitre l’homme, je m'attendais à ce qu’il démissionne plutôt que de
se prêter à une telle humiliation. J’attendais, au demeurant, beaucoup
du Parti de la Justice et du Développement. J’en espérais qu’il
s'abstienne de prendre part à ce gouvernement sur lequel il n’a jamais
eu aucun pouvoir, si ce n’est celui de nettoyeur ou d’égoutier. Une
entreprise née du déclin du printemps arabe et qui redonna à Mohammed
VI, tout comme à d'autres despotes arabes, la confiance et l’illusion
qu’il pouvait désormais affronter la colère du peuple revendiquant
liberté, dignité et éradication de la corruption.
Je
n'exclue pas, du reste, qu’El Othmani ait agi par conviction, après
s’être convaincu, lui-même, comme il est d’usage chez certains
islamistes lorsqu’ils tentent de justifier l’injustifiable, tantôt au
nom de « l'intérêt général », tantôt au nom de « l’éradication de la
corruption » ou au nom de « la nécessité faisant loi ». Attitude typique
des perdants, qui commencent toujours par se persuader avant d’amadouer
leurs contemporains.
Mais
je conçois, tout aussi bien, l’éventualité qu'El Othmani ait préféré
ne jamais avoir eu à cosigner l'accord en question, d'autant qu'il
avait manifesté très tôt, son opposition à toute normalisation.
L’islamiste qu’il est, ne peut, en effet, par définition et par
principe, reconnaître à l’entité sioniste une quelconque légitimité, ni
composer avec elle, comme c’est le cas chez les islamistes et les
consciences, sauf à appuyer l’injustice, l’oppression et la corruption.
Si cette dernière hypothèse devait se confirmer, El Othmani aura doublement fauté.
En
obéissant aux ordres, il s’est fourvoyé, renonçant à ses principes et à
ses convictions, afin de conserver sa fonction et jouir d’une aubaine,
somme toute, bien éphémère.
En
second lieu l’homme s’est acquitté d’une tâche qui incombait, du point
de vue, protocolaire à l’initiateur de la normalisation, le roi. En
endossant cette responsabilité, El Othmani a endossé le costume de
serviteur du prétendu commandeur des croyants et pour le compte d'un
régime indigne et corrompu qui ne représente pas les marocains ni ne
prend pas en considération leur opinion. En lui ordonnant de mener à
bien la tâche ingrate de signer les accords de normalisation, le roi
entendait probablement humilier et asservir le chef du gouvernement et
humilier et asservir ses partisans, dans le dessein évident d’opposer
les courants islamistes les uns aux autres et prouver sa capacité à
apprivoiser ceux-là mêmes qui brandissaient autrefois la bannière de
l’Islam en revendiquant réformes et changements et qui, pour son bon
plaisir, trahissent, aujourd’hui, les principes et les slogans qu'ils
ont toujours défendus.
Azzam Tamimi
est un universitaire et activiste politique palestinien et britannique,
affilié aux Frères musulmans. Il est actuellement présentateur
indépendant à Alhiwar TV Channel.
Il a dirigé l'Institut de la pensée politique islamique jusqu'en 2008.
Tamimi a écrit plusieurs livres sur la politique du Moyen-Orient et de
l'Islam, notamment « l'islam de partage du pouvoir », « l'islam et la laïcité au Moyen-Orient »
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La
première chaîne de télévision marocaine « Al Oula » a diffusé
l’interview accordée par El Othmani le 7 mai, dans son bureau.
L’interview de trop. Un exercice dont le contenu fut conforme au
contenant. Le décorum misérable des lieux et où le pompeux ridicule des
tapis assemblés en bandes, lubie toute makhzénienne, le dispute à
l’insolite panneautage de contreplaqués au mur, au famélique des
Aeschynanthus, dans leurs vulgaires pots de plastique surdimensionnés.
Et pour couronner cet improbable morceau de mauvais goût, un cadreur
aura eu la sotte idée de bannir le malheureux bouquet de fleurs, destiné
à égayer la table visiteurs, pour le disposer à même le sol, dans l’axe
de la caméra 1, au lieu de simplement l’escamoter.
Le
décor ainsi planté, tout ne sera plus qu’entendus. Des questions
doublées de sourires obséquieux de la journaliste, aux réponses
approximatives du Chef du gouvernement, ses hésitations, ses
rodomontades et ses lacunes. Les Marocains sont restés sur leur faim à
propos des questions cruciales telles que le véritable chiffre des
atteintes du virus, le rapatriement des vingt-sept mille (27.000) Marocains bloqués à l’étranger, l’ouverture des frontières, la loi 22/20
en projet et destinée à réprimer les auteurs de campagne de boycott, la
situation des plus fragiles des marocains, le fonds Covid-19…………..
L’interview de trop
C’est
la seconde fois qu’El Othmani s’exprime sur la pandémie face à la
presse. Le 14 mars déjà, interviewé par Mohamed Reda Laâbidi, Sanae
Rahimi et Youssef Belhaissi, il avait offert le triste spectacle de son
ignorance totale du dossier. De fait, le Palais semble en avoir exclu
le Chef du gouvernement et pris la décision de gérer, à l’interne, et
dans le secret absolu, l’Etat d’urgence sanitaire. Même si le roi avait
convié l’intéressé à la réunion restreinte du 17 mars à Casablanca, El
Othmani y était apparu comme un rédacteur lambda du procès-verbal de la
séance, plutôt que comme un décideur ou un véritable conseiller. Plus
tard, les Marocains auront la confirmation de cet ostracisme, lorsqu’on
apprendra que la gestion du fonds du Covid-19 lui échappait.
Le 20 avril, une information relayée par certains médias, prétendait que Boston Consulting Group
(BCG) prendrait en charge le déconfinement. Aussitôt démentie par les
responsables du cabinet international de conseil en stratégie,
l’information n’en demeure pas moins une piste sérieuse qui éclaire d’un
jour nouveau les mécanismes, les rouages et les auteurs de la méthode
marocaine du confinement et pourquoi pas du déconfinement en projet.
Sinon comment expliquer que la direction du groupe se soit précipitée
pour se fendre d’un communiqué de presse, niant d’un côté avoir reçu «mandat spécifique du gouvernement»
et reconnaissant de l’autre, que les analyses et les études effectuées
par BCG, ont bien été mises à la disposition du ministère marocain de
la santé, «dans un cadre strict de solidarité nationale et à titre gracieux». Le
doute qui plane sur la sincérité du propos est permis, les Anglo-saxons
sont réputés ne jamais rien mettre gracieusement à disposition de
tiers, fussent-ils des gouvernements étrangers.
Vu
sous cet angle, on comprend un peu mieux l’omerta qui entoure le
confinement, le Cabinet restreint et l’éloignement du Chef du
gouvernement. Elle trouve son explication dans le besoin du roi d’en
tirer une gloriole personnelle, tout comme le fit Hassan II qui
s’attribua la paternité de la « Marche verte ».
Quarante-cinq ans plus tard, des documents déclassifiés de la CIA
publiés par la presse espagnole, attestent qu’en 1975, de peur que
l’Espagne ne bascule dans le camp communiste et que le Sahara espagnol
indépendant ne tombe dans l’escarcelle de l’URSS, Henri Kissinger,
Secrétaire d’État américain, avait soufflé l’idée de la Marche en
question au roi Hassan II.
Aussitôt
ce dernier réunit une poignée de fidèles dont André Packard, son
architecte personnel à qui il confia la logistique. Il fit prêter
serment sur le coran aux Marocains de garder le silence sur ce qu’il
allait leur révéler. A Packard, il fit :
-« Pour vous Packard, je n’ai pas de bible, je me contenterai donc de votre parole d’honneur ! ». Toujours l’omerta !
En quête de gloriole
Mohammed
VI ferait donc du Hassan II, excluant les ministres du processus,
réunissant un cabinet restreint et mandatant une entreprise étrangère
pour lui souffler la solution, à charge pour l’armée, la gendarmerie,
la police, le ministère de l’intérieur avec ses supplétifs
pléthoriques, de l’appliquer y compris par la répression comme c’est de
plus en plus le cas. Une version qui fait sens, pour qui connaît le
contexte marocain et la propension de Mohammed VI à tirer une gloire
personnelle du moindre événement : panier du ramadan, campagne des
cartables, projets pompeux et fictifs, selfies…..
Dans un mémorandum de la CIA, daté du 6 septembre 1974 on pouvait lire :
-« Le
roi espère que la campagne qu’il a lancée pour récupérer le Sahara
espagnol, renforcera sa position et distraira l’opinion des problèmes
économiques et sociaux que connaît son pays […]. Mais s’il échoue, les
pressions internes seront telles qu’elles pourraient bien le faire
chuter »
L’histoire
se répète à l’identique, quarante-cinq ans plus tard. Le régime
marocain est en proie à une contestation tous azimuts. L’affairisme du
roi et de sa famille sont dénoncés de toutes parts. Sa fortune
personnelle est assimilée à de l’enrichissement illégal et au
détournement des richesses du pays. L’affaire du Rif empoisonne les
relations internationales avec ceux des pays qui ont accueilli et
continuent de le faire des réfugiés rifains, fuyant la répression et la
misère. Au Sahara occidental, la répression des indépendantistes aura
produit le résultat inverse de celui escompté et la communauté
internationale n’a toujours pas reconnu la souveraineté du Maroc sur
cette province. La crise économique et la désertion des investisseurs
étrangers mettent en péril une économie exsangue qui voit sa dette
grossir de manière exponentielle.
« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.
» écrivait Étienne de La Boétie. C’est bien parce qu’El Othmani est à
genoux qu’il consent ainsi à se faire humilier et vider de toute
substance. La décence aurait commandé qu’il démissionne. Ce serait mal
connaître notre homme qui a, comme ses prédécesseurs, goûté aux lambris
de la monarchie et à ses avantages en monnaie sonnante et trébuchante et
en nature. Moyennant quoi, l’homme fait mine d’ignorer le camouflet qui
lui est infligé.
On
l’aura compris, les Marocains ont depuis longtemps perdu tout espoir de
voir des politiciens dignes de ce nom, représenter leurs intérêts. Mais
ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ils ont le tort de se taire
et de jouer ainsi un rôle dans la domination et la honte qu’ils
subissent.
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